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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>endroit qui soit tous les endroits</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Lyon, Grenoble</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;manie des images, et leurs cons&#233;quences&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique71" rel="directory"&gt;2008 | Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rature&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot341" rel="tag"&gt;Lyon, Grenoble&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1679.jpg?1352732659' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Cet endroit est tous les endroits. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avoir not&#233; cela &#224; propos d'une image retrouv&#233;e (on me demandait un &#171; visuel &#187; &#224; propos de mes lectures avec Vincent Segal, il suffisait de retrouver la date : &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article102&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;MC2 Grenoble, le 7 mars 2007&lt;/a&gt; et la planche d'images s'affichait sur l'&#233;cran de l'ordinateur, alors que je n'ai aucune raison sinon d'aller y voir &#8211; archives que leur propre profusion &#233;touffe, signe d'&#233;poque ?). &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces moments entre la pr&#233;paration et les r&#233;glages, l'apr&#232;s-midi, et la lecture ou le spectacle, le soir, les musiciens savent quoi faire, pas moi. Depuis pas mal d'ann&#233;es, je photographie ces lieux o&#249; on est : architectures standardis&#233;es de ce qu'on demande ou attribue &#224; la culture. Un escalier, des am&#233;nagements pi&#233;tons, une pi&#232;ce &#233;clair&#233;e. Une silhouette d'homme (gardien ?) sorti s'allumer une cigarette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On m'aurait montr&#233; cette image, hier, sur un &#233;cran, est-ce que j'aurais seulement retrouv&#233; prise o&#249;, et dans quelle ville ? En l'examinant, hier, parmi plusieurs dizaines d'autres, celle-ci, ce sera la seule, je la duplique sur le &#171; bureau &#187; de l'ordinateur. Je me dis : &#171; c'est une sc&#232;ne de peur, une sc&#232;ne pour la peur &#187;. Pourtant, rien, tout est calme. Il y a ce type qui s'allume une cigarette, il y a ce v&#233;lo gar&#233; aupr&#232;s, il y a ces pi&#232;ces &#233;clair&#233;es qui sont sans doute des locaux de service, avec une fonction pr&#233;cise, des plannings, des registres, des instruments. &lt;br class='autobr' /&gt;
On construit un monde disproportionn&#233;. Il veut, ici, t&#233;moigner de l'importance qu'on accorderait &#224; ce qui nous repr&#233;sente, lieu pour l'assembl&#233;e, le rite, le spectacle. &#192; preuve, avec Vincent nous &#233;tions leurs invit&#233;s, et ils ne sont pas tant &#224; nous accorder cette confiance (et vraiment bien re&#231;us, au MC2 Grenoble). Les autres images prises au m&#234;me lieu ne me provoquent la m&#234;me envie de m'y attarder. Je comprends, sur celle-ci, que les points lumineux en haut &#224; gauche sont simplement le reflet, sur la face m&#233;tallique brillante dessous cette passerelle qui relie les deux b&#226;timents, des locaux &#233;clair&#233;s d'o&#249; l'homme est sorti. C'est le d&#233;doublement, l'illusion, qui cr&#233;e l'&#233;tranget&#233;, de m&#234;me que le b&#226;timent dans mon dos, celui dans lequel on va jouer avec Vincent et o&#249; il s'est enferm&#233; dans la loge, se refl&#232;te sur le carrelage opaque au-dessus de l'escalier vide. Si j'&#233;tais photographe, ou conscient de ces choses, j'aurais fait une seule image, et pas les quarante que j'ai l&#224; sur mon &#233;cran. Un meilleur appareil photo (le mien est tr&#232;s basique) me permettrait peut-&#234;tre de grossir l'image suffisamment pour une perception pr&#233;cise de ce qu'il y a dans le local &#8211; ce qui m'int&#233;resserait d'ailleurs plus que le visage de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors pourquoi la peur ? Celle qu'un monde continu s'&#233;bauche : on peut passer de cette image &#224; une autre, et c'est une autre ville, une autre ann&#233;e m&#234;me, et pourtant on retrouvera le m&#234;me escalier vide, on apercevra le m&#234;me local &#233;clair&#233;, et ce sentiment de disproportion dans la nuit de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'avais la patience, dans cette profusion des images stock&#233;es dont rien n'incite &#224; me d&#233;barrasser (quand on change de machine, la capacit&#233; de stockage augmente, la proportion de ce qu'occupent ces images &#8211; place au regard de laquelle vingt ans de textes, articles, ateliers, &#233;bauches, projets et conf&#233;rences est d&#233;risoire &#8211; reste &#224; peu pr&#232;s fixe), j'extrairais une s&#233;rie &#171; silhouette seule au loin dans d&#233;cor urbain &#187;. Je sais (mais o&#249;, depuis quelle voiture, dans quelle ville), en avoir encore r&#233;cemment fix&#233;e une &#8211; ah oui, &#231;a me revient, mais il m'a encore fallu le d&#233;tour par l'agenda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cette association, hier soir, en retrouvant cette image et me disant &#171; sc&#232;ne de peur, sc&#232;ne pour la peur &#187; est li&#233;e cependant &#224; cette silhouette indiff&#233;rente, et ce geste reconnaissable m&#234;me &#224; telle distance de s'allumer une cigarette, le cendrier pos&#233; &#224; c&#244;t&#233; induisant que c'est tout &#224; fait habituel, et que cette nouvelle habitude dans nos villes d'avoir une porte de b&#226;timent affect&#233;e aux fumeurs ne se traduit pas par une mer de m&#233;gots &#224; terre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, pas seulement. C'est l'escalier, ce sont les reflets, c'est la place laiss&#233;e au vide, c'est la s&#233;paration du temps. C'est le fait que l'image n'est pas la construction d'un photographe. C'est le fait aussi, qui ne regarde et ne concerne que moi, de cette peur : ce que j'y reconnais n'est pas li&#233; &#224; l'image. C'est C'est uniquement que l'image accueille et fixe, un instant, ce que je porte de peur, et qui d&#233;sormais me d&#233;borde, avant m&#234;me qu'aucun cri soit possible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1104 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/MC2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/MC2.jpg?1235928349' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>amis de l'ancienne litt&#233;rature</title>
		<link>http://tierslivre.net/spip/spip.php?article1500</link>
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		<dc:date>2011-01-18T14:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>
		<dc:subject>salons, festivals</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;faut-il multiplier ces initiatives ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique71" rel="directory"&gt;2008 | Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rature&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;livre, &#233;dition, librairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot137" rel="tag"&gt;salons, festivals&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1500.jpg?1352732513' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Depuis septembre, la priorit&#233; c'&#233;tait publie.net, et pas mal de r&#233;organisation ici, apr&#232;s l'ann&#233;e Qu&#233;bec. Donc plein de questions ces jours-ci sur r&#233;organisation du site, et comment aussi mieux rassembler ces 5 ans d'archive, puisque c'est mon seul et unique paysage esth&#233;tique, pas de &lt;i&gt;livre&lt;/i&gt; en cours.
&lt;p&gt;Me balladant dans ces rubriques &#171; fiction &#187; de Tiers Livre, sans savoir si je dois les transf&#233;rer vers la partie &lt;i&gt;face B&lt;/i&gt;, ou si c'est c'est ce labo plus discret dans le site que je dois r&#233;installer ici, je retraverse cet article avec une photo prise dans une des Borders &#224; New York, alors qu'ils viennent de d&#233;clarer leur bilan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce texte que j'avais pris comme titre pour le recueil diffus&#233; &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814501911/soci%C3%A9t%C3%A9-des-amis-de-l-ancienne-litt%C3%A9rature&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur publie.net&lt;/a&gt;, et l&#224; aussi reprise envisag&#233;e, avec ce qu'appris depuis lors sur les epubs et les images.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rature&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rature (c'&#233;tait le nom officiel) tenait &#224; en conserver la coutume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouvait des r&#233;cits de lecteurs : c'&#233;tait un gage de prestige, dans certaines villes et certains temps, de dispara&#238;tre plusieurs heures et, qui dans une chambre, qui dans un train, qui parfois m&#234;me en pleine ville, sur un banc public, &#224; une terrasse, de s'absorber dans une lecture sans flux. Donc on ne recevait rien : r&#233;ellement, on n'&#233;tait plus dans le flux. Les livres qui servaient &#224; ces usages n'&#233;taient pas aptes &#224; recevoir le flux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons, d&#233;sormais, ces cabines hors flux. Nous avons appris combien il est bon, pour l'exercice mental, de se s&#233;parer du flux. Nous savons le faire sans le pr&#233;texte de mots qui surviennent encore, et sont &#233;videmment la trace fossile d'un flux plus ancien : le voyage de Marco Polo racont&#233; &#224; son compagnon de cellule, lequel l'ins&#232;re dans un livre et voyez, six cents apr&#232;s on lit toujours le m&#234;me livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons ce avec quoi nous avons rompu. La biblioth&#232;que est g&#233;n&#233;rale, et non plus confin&#233;e &#224; ces anciens silos &#224; livres. Vous y acc&#233;dez par le flux. Le temps et les lieux sont dans le flux, par les images, par les documents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, &#224; cette conf&#233;rence sur Marco Polo, dont le livre s'intitulait &lt;i&gt;Livre des merveilles&lt;/i&gt;, comment s'&#233;tonner que la Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rature n'ait rassembl&#233; que si peu de monde ? Et que le conf&#233;rencier, devant une assembl&#233;e aussi minime, ait pr&#233;f&#233;r&#233; qu'on abr&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut entretenir ce qui ne suppose pas qu'on l'entretienne. Les grandes ic&#244;nes qu'ils mettent en valeur au-dessus de leurs estrades n'auraient-ils pas &#233;t&#233;, comme nous-m&#234;mes, gens de flux, du grand flux ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_882 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/Barnes2.jpg?1227858497' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>les lieux de convocation &#233;taient tenus secrets</title>
		<link>http://tierslivre.net/spip/spip.php?article1520</link>
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		<dc:date>2010-03-13T06:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>sur la ville</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;stages de r&#233;acclimatation &#224; la repr&#233;sentation plurielle de la ville&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique71" rel="directory"&gt;2008 | Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rature&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;sur la ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot111" rel="tag"&gt;fantastique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1520.jpg?1352732531' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On &#233;tait donc convoqu&#233; alors pour deux jours, et la nuit qui les relie. On apportait chacun de quoi boire, de quoi manger : on d&#233;posait le tout sur une table dans l'angle, on partageait, c'&#233;tait aussi un moyen de faire connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convocation &#233;tait arbitraire. Les cabines avaient &#233;t&#233; con&#231;ues au nombre de cinq, elles projetaient simultan&#233;ment les images. Parfois toutes superpos&#233;es sur l'&#233;cran, parfois cantonn&#233;es &#224; champs s&#233;par&#233;s. Lorsque les images se superposaient, elles devenaient parfois difficile &#224; d&#233;m&#234;ler : d'une trame devenue floue &#233;mergeait soudain un d&#233;tail plus immobile &#8211; c'&#233;tait cela, la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, &#224; quoi nous &#233;duquait-on, sinon &#224; ce peu qu'on per&#231;oit et organise de la profusion constante d'un r&#233;el en mouvement, pourquoi pas une sorte de version plus &#233;labor&#233;e des classiques tests de &lt;a href=&#034;http://www.actukine.com/archive/2008/03/21/cecite-cognitive.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;c&#233;cit&#233; cognitive&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moments importants, au milieu de la nuit. Dans ce basculement de la nuit. M&#234;me ici, en sous-sol, le refroidissement &#233;tait sensible. Et la masse de silence au dehors, ou au-dessus, de m&#234;me que ce sentiment palpable d'une &#233;longation du temps. La fatigue aussi comptait, les d&#233;fenses tombaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois vous vous rendiez compte qu'une seule image immobile occupait depuis longtemps l'&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles n'&#233;taient pas miraculeuses en elles-m&#234;mes, les images. Ici, au centre de surveillance, se nouaient toutes les cam&#233;ras de la ville. Parkings souterrains, couloirs d'h&#244;pitaux, circulations aux grands carrefours, visages anonymes s'inscrivant devant un distributeur automatique (on raconte qu'une fois, dans un des stages, un des participants s'&#233;tait reconnu sur l'image &#8211; toute la s&#233;ance en avait &#233;t&#233; troubl&#233;e). C'est l'accumulation, la fusion, le passage, qui recr&#233;aient disait-on cette impression de ville sans sa coque, de vie sans ses murs, en gardant les fen&#234;tres, les &#233;tages, les fuites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouvait des variantes, le lendemain. Les participants pouvaient r&#233;agir aux sc&#232;nes projet&#233;es, faire en sorte que leur choix p&#232;se sur les r&#233;currences, les superpositions, les rythmes. Se dessinait une ville qui alors &#233;tait celle de ceux rassembl&#233;s ici. Un visage aper&#231;u, surgissant sur un trottoir devant une des gares, pouvait revenir de fa&#231;on obsessive. Une galerie commerciale des pourtours pouvait devenir infinie, comme &#224; s'y r&#233;veiller sans cesse et qu'elle n'aurait pas de sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, &#224; la fin, se consid&#233;rait-on comme augment&#233;e, plus complexe. On vous disait rarement ce qui, c&#244;t&#233; administration, de votre comportement dans la ville, avait motiv&#233; qu'on vous convoque. On sortait, il &#233;tait d&#233;j&#224; nuit noire. Le bruit seul semblait plus nerveux, direct, de ne pas vous parvenir depuis sa reproduction technique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_902 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cinema2.jpg?1228025528' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>chaque mardi 9 heures</title>
		<link>http://tierslivre.net/spip/spip.php?article1523</link>
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		<dc:date>2009-09-22T11:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;crivain, un m&#233;tier ?</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;des r&#233;alit&#233;s strictement associ&#233;es au devenir du lieu qui les enferme&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique71" rel="directory"&gt;2008 | Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rature&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot238" rel="tag"&gt;&#233;crivain, un m&#233;tier ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot326" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1523.jpg?1352732534' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&#199;a y est, c'est annonc&#233; (merci &lt;a href=&#034;http://www.actualitte.com/actualite/13644-Martiniere-rassembler-troupeaux-brebis-editeurs.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ActuaLitt&#233;&lt;/a&gt;), le Seuil quitte le cocon de la rue Jacob et du 57 rue de Seine, pour rejoindre, dans le 14&#232;me, le giron de La Martini&#232;re, ce groupe banquier qui se l'&#233;tait achet&#233; avec tout le catalogue, il y a 6 ans maintenant. Cela compl&#232;te bien le plan social et les d&#233;parts volontaires.
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, comment ne pas penser que les difficult&#233;s actuelles de ces maisons d'&#233;dition, leur difficult&#233; &#224; s'ouvrir aux r&#233;flexions actuelles, l'impossibilit&#233; &#224; modifier leurs pratiques de travail, les hi&#233;rarchies pour la prise en main d'un vrai site, les exp&#233;rimentations n&#233;cessaires pour &lt;i&gt;apprendre&lt;/i&gt; le livre num&#233;rique, n'&#233;taient pas li&#233;es &#224; ces couloirs labyrinthiques, m&#234;me avec &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article90&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vue magnifique&lt;/a&gt; sur les toits de Paris, et ces gens en position de pouvoir, dont quelques kilos de papier jauni occupent en permanence la chaise dans le bureau vide ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hiver dernier, ayant &#224; traverser une derni&#232;re fois le corridor du 57 rue de Seine, ce bout de texte. Que deviendra le concierge ? Sans doute que, bien s&#251;r, les derniers chapitres de mon &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique49&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Incendie au Hilton&lt;/a&gt; ne sont pas sans ressemblance (involontaire, bien s&#251;r) avec cette p&#233;riode qui finit, aux craquements de plus en plus perceptibles...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;chaque mardi 9 heures&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En cette p&#233;riode, je venais l&#224; chaque mardi 9h. On trouvait le couloir une fois pouss&#233;e la lourde porte de bois vert sur la rue, dont le bruit imm&#233;diatement cessait. C'&#233;tait plus sonore, ici, mais seulement vos pas, o&#249; la pluie sur la verri&#232;re, l&#224;-haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En haut des marches on appuyait sur le bouton &#233;lectrique pour lib&#233;rer la porte, &#224; droite. Certains prenaient ce maigre ascenseur, souvent en panne, moi je montais &#224; pied. Au deuxi&#232;me &#233;tage on saluait, il y avait d'autres marches, un autre couloir, le petit bureau avec ce type jamais l&#224; mais une fois que je m'&#233;tais cru autoris&#233; &#224; m'y installer pour un bref rendez-vous il avait fait toute une sc&#232;ne, d'ailleurs c'est de ce jour que psychologiquement jamais pu me sentir &#224; l'aise : trop d'immobilit&#233;, ici. S&#233;par&#233;s du monde, ici. On repassait quatre mois plus tard, pareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait mieux &#224; l'&#233;tage. L&#224;, juste sous la lumi&#232;re du ciel (ces bureaux minuscules et encombr&#233;s, &#224; l'&#233;tage sup&#233;rieur, ne prenaient jour que par ces vasistas donnant sur le ciel), &#231;a travaillait, &#231;a parlait, &#231;a revivait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; une p&#233;riode de ma vie. Ceux qui sont venus, ils reconna&#238;tront les marches, elles disent tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'est arriv&#233; une chose bizarre : retombant &#224; nouveau sur ces photos (parce que &#231;a a r&#233;cemment &#233;t&#233; refait, le corridor, les marches, les murs), comprendront cette s&#233;paration progressive du monde, o&#249; la ville enferme les habitants dans les lieux qu'ils occupent, d&#233;couvrant donc &#224; nouveau cette photo je n'ai pas reconnu imm&#233;diatement o&#249; prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant. &#192; gauche, il y avait le concierge. Jamais eu l'occasion de lui parler : ils sont rares, ceux qui ont su sauver un tel travail. Dans la petite loge vitr&#233;e, assis &#224; la m&#234;me table supportant invariablement un saladier de fruits (oranges, pommes, bananes, mais y touchait-il ?), il avait dans son champ de vision &#224; la fois, c&#244;t&#233; gauche, ceux qui arrivaient par le corridor, et, c&#244;t&#233; droit, sa t&#233;l&#233;vision aussi invariablement allum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le midi, il devait faire la sieste : le rideau &#233;tait tir&#233;. Je sais parfaitement, le quartier, la rue, le num&#233;ro, o&#249; est la porte de bois vert. Je n'y entre plus : la peur me prend d&#232;s le d&#233;but de la rue, ou celle qui donne en face. Alors je contourne. L&#224;-haut, dans ce bureau vide o&#249; il passe &#224; intervalles irr&#233;guliers, ce petit bonhomme &#233;nerv&#233; qui m'avait fichu dehors parce qu'on troublait sa royaut&#233;, ses habitudes, doit toujours les conserver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville en enferme combien, de ces royaumes sur lesquels lentement et inexorablement ses murs se referment : on a un mot pour &lt;i&gt;d&#233;pli&lt;/i&gt;, on n'en a pas pour le processus inverse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_905 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/corridor02.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/corridor02.jpg?1228026059' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>bancs publics</title>
		<link>http://tierslivre.net/spip/spip.php?article1855</link>
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		<dc:date>2009-08-13T07:16:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>sur la ville</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>
		<dc:subject>Rome, Italie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;une nouvelle fa&#231;on d'honorer les morts et valoriser les espaces publics de la ville&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique71" rel="directory"&gt;2008 | Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rature&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot111" rel="tag"&gt;fantastique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot113" rel="tag"&gt;Rome, Italie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1855.jpg?1352732814' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De l'avis g&#233;n&#233;ral, ce n'&#233;tait pas une mauvaise solution. La cr&#233;mation avait progress&#233;, mais pas assez. La r&#233;gulation des places dans les cimeti&#232;res traditionnels, et les concessions &#224; dur&#233;e limit&#233;e avaient port&#233; leurs fruits, mais pas assez. Dans nos villes nouvelles, on avait tellement de mal &#224; humaniser ces espaces interm&#233;diaires, leur donner un minimum de sens ou de personnalit&#233;. Le mobilier qu'on y employait avait comme premier crit&#232;re cette stabilit&#233; dans la dur&#233;e, ce c&#244;t&#233; indestructible, m&#234;me, quand on y arrivait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait d&#233;but&#233; l'exp&#233;rience seulement dans quelques villes partenaires, avec l'avis sollicit&#233; des comit&#233;s de quartier des associations d'habitants. On avait commenc&#233; tout doucement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais tout le monde y trouvait son compte. De nombreux articles avaient rappel&#233; combien il &#233;tait agr&#233;able, dans le monde anglo-saxon, de se promener dans des cimeti&#232;res devenus de v&#233;ritables parcs, et sans murs. Ou bien comment au moyen-&#226;ge les morts &#233;taient rassembl&#233;s aupr&#232;s de l'&#233;glise, et comment, dans la tradition protestante, on avait le droit de se faire inhumer au bout de son jardin. Et combien de civilisations, loin de la n&#244;tre, pratiquaient un culte des anc&#234;tres (on n'en &#233;tait pas l&#224;) qui leur offrait une fr&#233;quentation famili&#232;re des maisons et appartements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il s'agissait d'un banc, le banc portait votre nom. S'il s'agissait d'un arr&#234;t de bus, une marque rappelait aux voyageurs en instance votre pr&#233;sence. S'il s'agissait de coll&#232;gues de travail, d'enseignants d'un &#233;tablissement, on pouvait affecter aux tombes le dessous d'une rampe ou d'un escalier dans les dalles, l'acc&#232;s &#224; un centre commercial, &#224; une administration. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les villes qui avaient choisi l'exp&#233;rience, les proches des d&#233;funts d&#233;coraient, am&#233;nageaient, entretenaient : c'&#233;tait cela de gagn&#233; pour la communaut&#233;, mais ouvrait &#224; de v&#233;ritables personnalisations. On trouvait des jardins exotiques, des micro-univers qui multipliaient le plaisir &#224; la d&#233;ambulation. Fr&#233;quent aussi d'y voir se tenir des r&#233;unions : c'&#233;taient des lieux de convivialit&#233; nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville neuve se souvenait (mais un peu, juste un peu) de ce qu'elle devait au temps des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/bancs-publics.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/bancs-publics.jpg?1250147791' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>motifs de plainte</title>
		<link>http://tierslivre.net/spip/spip.php?article562</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tierslivre.net/spip/spip.php?article562</guid>
		<dc:date>2009-07-09T19:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon, carnets perso</dc:creator>


		<dc:subject>sur la ville</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>vie quotidienne (questions sur la)</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon, Grenoble</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;32 | un service m&#233;connu de l'administration de la ville&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique71" rel="directory"&gt;2008 | Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rature&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;sur la ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;vie quotidienne (questions sur la)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot341" rel="tag"&gt;Lyon, Grenoble&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton562.jpg?1352732199' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ici on pouvait venir se plaindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la gare, on avait parfois du mal &#224; suivre les indications : trop de ces bureaux et services, ou directions. C'&#233;tait une double porte de verre, et il fallait sonner &#224; l'entr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un hall de verre carrel&#233;, du mobilier gris, et un homme derri&#232;re un guichet. Des gens qui attendent sur des chaises : rare qu'il n'y ait pas d'attente, ici, mais qui leur en voudrait. On allait voir l'homme &#224; son guichet. Si devant lui il y avait quelqu'un d&#233;j&#224;, on attendait. S'il y avait plusieurs personnes, on attendait derri&#232;re les personnes : ils avaient tendu un genre de ruban bleu &#233;lastique, sur des pieds de m&#233;tal inox, on attendait &#224; distance. On n'aurait pas entendu ce que le premier, l&#224;-bas, &#233;tait en train de dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a allait relativement vite. Venait votre tour. On vous demandait si effectivement vous veniez vous plaindre, si vous aviez motif de vous plaindre. Pour moi, oui, c'&#233;tait &#233;vident. On prenait votre carte : chacun a sa carte, et doit s'en munir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il la glissait dans son syst&#232;me de lecture optique, alors vous &#233;tiez dans leur machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait fini pour l'homme du guichet, et sa t&#226;che. Vous alliez vous asseoir sur une des chaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous disposiez d'un code d'appel, on surveillait les lumi&#232;res orange avec les num&#233;ros qui s'affichent &#224; intervalle r&#233;gulier, pr&#233;c&#233;d&#233;s d'un signal sonore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne se parlait pas, de chaise &#224; chaise. Quand le nouveau code s'affichait, il &#233;tait suivi d'une indication : D9, par exemple, signifiait que vous seriez re&#231;u bureau D9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai attendu l'apparition de mon code : derri&#232;re l'homme du guichet il y avait une porte m&#233;tallique grise plut&#244;t lourde, &#224; deux battants. L'ambiance changeait : des boxes vitr&#233;s &#224; demi hauteur, une moquette marron, et des &#233;clairages qui se limitaient &#224; chacun des boxes. Je n'avais pas id&#233;e de ce que signifiaient les appellations comme D9, en fait c'&#233;tait simple : elles &#233;taient affich&#233;es en vert au-dessus des boxes, et j'ai trouv&#233; facilement le D9. C'&#233;tait une dame de l'autre c&#244;t&#233; : elle m'a redemand&#233; ma carte, la m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; titre de v&#233;rification &#187;, a-t-elle pr&#233;cis&#233;. Je n'aurais pas pens&#233; qu'on puisse tricher &#224; cette &#233;tape-l&#224;. Il y avait cinq guichets d'ouverts, j'ai compt&#233;, occup&#233; chacun par une silhouette pench&#233;e, et une autre silhouette en tenue bleue r&#233;glementaire de l'autre c&#244;t&#233; de la table, entre les parois du box. On n'entendait pas de bruit : &#224; cause de cette moquette tout d'abord, du plafond tr&#232;s haut avec ses canalisations techniques, ses gaines et c&#226;bles, et puis l'&#233;paisseur des parois de verre s&#233;parant les boxes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui, de toute fa&#231;on, aurait souhait&#233; parler fort, lorsqu'il s'agissait d'exposer le motif de sa plainte ? C'est ce que me disait la personne du guichet D9 : &#171; Vous souhaitez donc exposer le motif de votre plainte&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela prenait du temps, mais &#233;videmment, une fois qu'on &#233;tait l&#224;, sur ce tabouret tournant de cuir noir (j'ai observ&#233; : tabouret tournant de cuir noir, pied scell&#233; fixe sur le sol, et puis un second &#224; c&#244;t&#233;, on pouvait donc venir se plaindre &#224; deux, accompagner un ami, je crois, n'aurait pas &#233;t&#233; permis &#8211; on se plaint seul &#8211;, mais venir en couple, ou se faire escorter d'un de ses parents, ou escorter soi-m&#234;me son enfant, si c'est l'enfant qui avait eu motif de se plaindre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons &#224; &#233;tablir quelques renseignements pr&#233;alables &#187;, m'a dit la personne que j'avais en face, &#224; mesure qu'un &#233;cran avec une suite de cases blanches s'affichait sur sa machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voyais bien ses mains, dans la lumi&#232;re, et j'ai remarqu&#233; une bague. Je percevais peu son visage, j'ai suppos&#233; que c'&#233;tait par discr&#233;tion : cela les engage moins, eux qui re&#231;oivent les plaintes. Et ce n'est pas leur travail de les r&#233;gler, ni de permettre que vous leur demandiez plus que d'&#233;tablir strictement ce qui vous a amen&#233; l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'agit juste de v&#233;rifier &#187;, a-t-elle pr&#233;cis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi qu'on a plusieurs bureaux de cette sorte dans la ville, mais qu'on n'est pas libre de celui susceptible d'accueillir votre plainte : c'est d'ailleurs normal, dans bien des domaines nous avons &#224; ob&#233;ir &#224; la cartographie administrative de la ville, on en a le r&#233;flexe. Mes renseignements &#233;taient corrects, on est pass&#233; &#224; la page &#233;cran suivante : je m'&#233;tais renseign&#233;, avant de venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous allons maintenant &#233;tablir la cat&#233;gorie de la plainte, m'a-t-elle pr&#233;cis&#233; d'une voix remarquablement calme, et puis l'&#233;valuer selon les grilles de traitement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai sugg&#233;r&#233; que peut-&#234;tre je pourrais en tenir le r&#233;cit, faire &#233;tat de mes motifs, et puis elle d&#233;cider de ces param&#232;tres d'&#233;valuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai une proc&#233;dure &#224; respecter &#187;, a-t-elle dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle avait commenc&#233; &#224; entrer diff&#233;rentes donn&#233;es : pourtant c'&#233;tait seulement celles de la carte que je lui avais remise : &#171; On ne s'en sortirait pas, sinon &#187;, elle a insist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_916 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/guichet2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/guichet2.jpg?1228654566' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>la ville &#233;tait triste</title>
		<link>http://tierslivre.net/spip/spip.php?article1823</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tierslivre.net/spip/spip.php?article1823</guid>
		<dc:date>2009-06-27T07:58:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>lire num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>politique, soci&#233;t&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;d'un &#233;tat psychique collectif, et de pourquoi les blogs se taisaient&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique71" rel="directory"&gt;2008 | Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rature&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot249" rel="tag"&gt;lire num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot289" rel="tag"&gt;politique, soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1823.jpg?1352732786' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;zone&#034;&gt;
Lire via feuilletoir Calameo les 25 fictions br&#232;ves de &lt;i&gt;Recherche d'un nouveau monde&lt;/i&gt; (travail en cours, double-cliquer sur l'ic&#244;ne) :&lt;div style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;div style=&#034;font-weight: bold;&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://calameo.com/books/0000060413d1baab9f7de&#034;&gt;Fran&#231;ois Bon | Recherche d'un nouveau monde&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;padding-top: 8px;&#034;&gt;&lt;object classid=&#034;clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000&#034; width=&#034;240&#034; height=&#034;147&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://v.calameo.com/1.0/cmini.swf?bkcode=0000060413d1baab9f7de&amp;langid=fr&amp;clickTo=view&amp;clickTarget=_blank&amp;autoFlip=0&amp;showArrows=0&amp;page=1&#034;&gt;&lt;param name=&#034;scale&#034; value=&#034;noscale&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;loop&#034; value=&#034;false&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;salign&#034; value=&#034;t&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;wmode&#034; value=&#034;transparent&#034; /&gt;&lt;embed src=&#034;http://v.calameo.com/1.0/cmini.swf&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; scale=&#034;noscale&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034; loop=&#034;false&#034; salign=&#034;t&#034; wmode=&#034;transparent&#034; style=&#034;width:240px; height:147px&#034; flashvars=&#034;bkcode=0000060413d1baab9f7de&amp;langid=fr&amp;clickTo=view&amp;clickTarget=_blank&amp;autoFlip=0&amp;showArrows=0&amp;page=1&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On peut aussi t&#233;l&#233;charger sur publie.net la s&#233;rie pr&#233;c&#233;dente : &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article192&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rarure&lt;/a&gt;, 46 histoires br&#232;ves. On recommande aussi : &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article242&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Habakuk, prof&#233;rations concernant l'&#233;tat du monde et de soi-m&#234;me&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Recherche d'un nouveau monde&lt;/i&gt;, on vous offre libre t&#233;l&#233;chargement version iPhone/Sony Reader, PDF, 76 pages :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1269 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://tierslivre.net/spip/IMG/pdf/FBon_NouveauMonde_eBook.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 877.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772396308' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois Bon, Recherche d'un nouveau monde
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Recherche d'un nouveau monde, 25 : la ville &#233;tait triste&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On &#233;tait triste. Beaucoup plus triste qu'on voulait bien l'avouer. On avait perdu du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait pas tant du c&#244;t&#233; de l'ennemi : qu'ils gagnent, c'&#233;tait une bataille, et rien de plus fluctuant, voire cyclique, que ces r&#233;sultats. Qu'une petite escouade de polichinelles vides abandonnent leur coquille d&#233;j&#224; jolie, d&#233;j&#224; dor&#233;e, mais pas assez &#224; leur go&#251;t, pour venir se complaire dans un r&#244;le aussi creux, aux ordres directs du chef, cela ne nous concernait pas vraiment non plus : on n'avait jamais eu affaire &#224; eux, on se contentait de les rayer de son atlas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait plut&#244;t ce mouvement g&#233;n&#233;ral qui effrayait : ne plus entendre d'autre point de vue. Les radios, par exemple, devenaient tristes. Ce qu'ils mettaient en place allait durer, comment ne feraient-ils pas peser tous leurs efforts sur leur propre dur&#233;e. Ce qui &#233;tait triste, c'est cette valeur moyenne qui perdurait, quand tout s'&#233;croulait autour : usine qui ferme, mais c'&#233;tait l&#224;, juste &#224; c&#244;t&#233; de chez toi. R&#233;formes mises en place, mais cela affectait m&#234;me les nouvelles t&#234;tes, &#224; l'&#233;cole maternelle ou primaire, quand tu passais aupr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant le jeu continuait : on disait d'un ton un peu triste que les &#233;tudiants n'achetaient plus de livres, mais on m&#234;lait les chiffres de ces pav&#233;s &#224; lire dans le m&#233;tro ou sur la plage (c'&#233;tait le clich&#233;, personne ne lisait plus que &#171; sur la plage &#187;), et on se gardait de diffuser les chiffres concernant les plus n&#233;cessaires &#8211; on se moquait de vous, m&#234;me, qui pr&#233;tendiez savoir la fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, dans l'architecture c'&#233;tait fait : on installait progressivement, dans les quartiers, mais aussi centre-ville, ces galeries &#224; l'&#233;conomie, toutes minces, cens&#233;es prot&#233;ger des vents et des pluies, ou vous permettre un peu d'ombre, mais avant tout &#233;vitaient le bruit du monde. Les radios, les journaux, plus besoin. Voir le voisin, le sans-abri, le ch&#244;meur, les immeubles, les chariots au rabais dans le super-march&#233;, l'affluence veule &#224; ces &#171; soldes &#187; comme si tout n'&#233;tait pas d&#233;j&#224; assez pacotille, plus besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne vous s&#233;parait pas des autres, on ne vous s&#233;parait pas de vos amis, on n'interdisait pas d'adresser la parole &#224; quiconque vous croisiez, mais il en &#233;tait des galeries comme du climat politique : une inflexion, une nuance. On marchait &#224; l'abri, et quand bien m&#234;me les parois sont transparentes on ne regarde plus au dehors. On peut adresser la parole aux autres, mais le silence de la galerie est trop commode alors on se tait et on traverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait dit que la multiplication des galeries, permettre qu'on puisse aller de chaque point de la ville &#224; tout autre sans les quitter (y passaient d&#233;sormais, silencieusement et tr&#232;s vite, ceux qui savaient manier ces sortes de patins &#224; quatre roues qu'on visse sous ses chaussures, une musique tr&#232;s forte sur les oreilles) allait favoriser les &#233;changes, r&#233;gler en partie l'encombrement automobile &#8211; il n'en &#233;tait rien. Les galeries avaient recouvert la ville, et elles restaient vides, silencieuses. Tristes, oui : on avait perdu le go&#251;t de tout cela, le go&#251;t du monde. Une usine de plus fermait, les bureaux se vidaient, les librairies &#233;taient vides, on continuait, pourtant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1268 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/508.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/508.jpg?1246089026' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>visa d'entr&#233;e </title>
		<link>http://tierslivre.net/spip/spip.php?article1818</link>
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		<dc:date>2009-06-23T11:14:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>Montr&#233;al (Qu&#233;bec)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;j'avais d&#233;cid&#233; d'accepter l'&#233;preuve propos&#233;e&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique71" rel="directory"&gt;2008 | Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rature&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot338" rel="tag"&gt;Montr&#233;al (Qu&#233;bec)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1818.jpg?1352732783' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait pas si facile, d'obtenir son visa d'entr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On devait en arrivant montrer un billet de retour, valide. Sinon, demander un permis de r&#233;sident, ou un permis de travail. Dans le premier cas, &#224; vous d'&#233;tablir que vous disposiez des ressources n&#233;cessaires, et que votre s&#233;jour &#233;tait fond&#233;, par quelles raisons. Dans le second cas, c'&#233;tait &#224; votre employeur d'&#233;tablir qu'il n'existait pas, sur place, de personne susceptible d'effectuer ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vous donnait bien s&#251;r toutes les indications, les services o&#249; s'adresser &#8211; mais les directives variaient selon les provinces &#8211; pour ouvrir un dossier personnalis&#233;. Alors vous communiquiez ce num&#233;ro de dossier obtenu pr&#233;alablement au service des visas (on vous pr&#233;cisait aussi qu'il &#233;tait &#171; communiqu&#233; par voie &#233;lectronique &#224; la totalit&#233; des points d'entr&#233;e &#187; au nouveau monde), et on vous donnait r&#233;ponse dans un d&#233;lai de trois semaines maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on pouvait peut-&#234;tre imaginer se contenter du visa touristique avec billets de retour : mais pas grand-chose de possible sur place en termes administratifs, m&#234;me pas mettre vos enfants &#224; l'&#233;cole, quant &#224; vous-m&#234;me b&#233;n&#233;ficier d'un travail, exclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'aurait pas cru &#231;a si difficile, pourtant : ils se vantaient du cosmopolitisme de telle de leurs grandes villes, et apr&#232;s tout est-ce que ce n'&#233;tait pas le pays entier qui s'&#233;tait b&#226;ti de ces apports ? Mais la vieille terre se rigidifiait partout. Bien loin, l'id&#233;e d'un eldorado de vie facile, pourvu qu'on accepte d'ici la rudesse et l'espace, qu'on se fasse &#224; leur silence concernant eux-m&#234;mes, et la fa&#231;on dont silencieusement ils accomplissaient, partout o&#249; ils &#233;taient, leurs t&#226;ches et travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vous expliquait surtout qu'il y avait une part assez consid&#233;rable d'exceptions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela, qui parfois &#233;tait difficile &#224; comprendre : qu'on vous refuse l'acc&#232;s ordinaire, parce qu'on vous consid&#233;rait comme une exception. &#171; La liste de nos exceptions est trop grande, cela complique au lieu de simplifier &#187;, avait avou&#233; l'employ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, selon que vous veniez en qualit&#233; d'inspecteur d'incidents ou d'accidents, que vous &#233;tiez eccl&#233;siastique ou t&#233;moin d'un fait non ordinaire, que vous pouviez attester &#234;tre l&#224; pour &#233;tudes, ou artiste en tourn&#233;e, ou.... Alors le mieux, vous expliquait-on, &#233;tait de pr&#233;tendre &#224; conqu&#233;rir de vous-m&#234;me votre droit d'entr&#233;e. Le b&#226;timent &#233;tait une ancienne usine, directement entre l'a&#233;roport et la ville. Si les conclusions &#233;taient n&#233;gatives, on vous ram&#232;nerait aux avions sans m&#234;me vous l'avoir fait traverser, la ville. Ceux d'ici connaissaient bien ce vieux b&#226;timent, facilement visible : une ancienne usine, avec encore la vieille chemin&#233;e de brique rouge. Un b&#226;timent plat au milieu, pour l'administration, les guichets et les papiers : tout cela solidement prot&#233;g&#233;, portique de d&#233;tection, consigne pour les cartables et appareils &#233;lectroniques, puis premier guichet de tri avant qu'on puisse disposer d'une consultation &#233;ventuelle &#224; l'&#233;tage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient accueillants, avaient leur franc-parler, mais c'&#233;tait de derri&#232;re leurs guichets transparents, &#224; verre blind&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout autour, les chambres ne proposaient pas le confort de chambres d'h&#244;tel. Vous aviez trois semaines, peu importe le confort : l'enjeu, c'&#233;tait sortir, mais c&#244;t&#233; ville, votre visa d&#251;ment rempli avec votre passeport dans le cartable repris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la structure en U, on n'aurait pu entrer ni sortir, que par ce premier couloir avec le portique et les guichets. Au fond, une passerelle donnait acc&#232;s aux couloirs des chambres. Les vitres restaient closes, une cantine vous offrait gracieusement une nourriture banale mais suffisante, et vous aviez du temps pour &#233;tablir votre dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une sorte de d&#233;fi : d&#233;montrez et convainquez, &#233;tablissez l'int&#233;r&#234;t pour vous et pour nous (c'&#233;tait la formule officielle, lorsqu'on sollicitait son admission), de votre pr&#233;sence ici sur ce sol, dans nos villes. Le refus serait d&#233;finitif, mais apr&#232;s acceptation on vous laissait en paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais d&#233;cid&#233; de tenter cette voie. J'avais trois semaines pour y r&#233;ussir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1262 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/507-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/507-2.jpg?1245755585' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>pr&#233;-retraite des &#233;crivains</title>
		<link>http://tierslivre.net/spip/spip.php?article1515</link>
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		<dc:date>2009-06-17T22:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;crivain, un m&#233;tier ?</dc:subject>
		<dc:subject>Suisse, Allemagne, Autriche</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;d&#233;di&#233; aux Michelin et autres mis sur la touche : les &#233;crivains acceptant de ne plus publier re&#231;oivent une pension de l'&#201;tat&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique71" rel="directory"&gt;2008 | Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rature&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot238" rel="tag"&gt;&#233;crivain, un m&#233;tier ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot343" rel="tag"&gt;Suisse, Allemagne, Autriche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1515.jpg?1352732526' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Pas de jour en ce moment sans que les usines ferment, et les radios disent beno&#238;tement : &#034;la crise&#034;. Tu parles. Aujourd'hui c'est Michelin qui envoie 1800 personnes au rebut, mais attention : &#034;pas de licenciement, des gens qui ont 55 ans, qui sont de toute fa&#231;on en fin de carri&#232;re&#034;. Moi c'est &#231;a que j'ai, 56, et difficile de me licencier tout seul. Alors &#224; nouveau ce texte sur la pr&#233;-retraite de nous autres, &#233;crivains.&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le moratoire dont j'avais &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/tumulte/spip.php?article430&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;autrefois rendu compte&lt;/a&gt; avec pr&#233;cision, qui consistait &#224; ne pas publier d'ouvrages nouveaux pendant deux ans, le temps d'assainir la situation de l'&#233;dition et faire le point quant &#224; ses usages nouveaux, avait donc &#233;t&#233; une intention louable, mais qui s'&#233;tait effondr&#233;e d'elle-m&#234;me, aucun des acteurs sollicit&#233;s n'en ayant respect&#233; la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait cependant obtenu de l'&#201;tat, en compensation, quelques avantages : qu'est-ce que cela leur co&#251;tait, au regard des budgets reconduits pour la masse des th&#233;&#226;tres, centres dramatiques, cirques et op&#233;ras, centres chor&#233;graphiques etc. ? La litt&#233;rature, tout le monde s'en moquait bien. Moi-m&#234;me, combien j'avais d'amis de mon &#226;ge, qui n'avaient pas choisi les chemins artistiques, et qui d&#233;sormais n'avaient plus d'activit&#233; professionnelle ? Ceux qui avaient partag&#233; avec moi l'&#233;cole d'ing&#233;nieur, licenci&#233;s ou au placard. Ceux qui enseignaient, d&#233;j&#224; le terme de la carri&#232;re. Pour la plupart, les formes administratives diff&#233;raient : reconversion (tout en sachant qu'elle ne convertissait &#224; rien d'autre qu'au temps d&#233;finitivement libre), pr&#233;-retraite, mise en disponibilit&#233; avec un petit pactole, en attendant de percevoir la retraite officielle : il para&#238;t qu'aux entreprises cela co&#251;tait moins cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils faisaient quoi, tous ceux-l&#224;, sinon s'&#233;tonner que de mon c&#244;t&#233; il &#233;tait difficile de ralentir le rythme des obligations, et de moins en moins facile de surmonter l'angoisse r&#233;guli&#232;re &#224; cette pr&#233;carit&#233; grandissante, reconstituer de bric et de broc les revenus qui vous permettraient plus ou moins bien de tenir ? C'est vrai qu'avec les cinquante-cinq ans c'&#233;tait plus difficile de mobiliser l'&#233;nergie : oh, on ne sent pas moins fort, ni moins endurci, plut&#244;t qu'on a du mal &#224; s'imposer les t&#226;ches artificielles &#8211; voyez, j'&#233;cris ce texte, au lieu de r&#233;pondre &#224; mes obligations alimentaires ou contractuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais donc souscrit &#224; cette proposition, valid&#233;e par les diff&#233;rentes organisations professionnelles : le livre en cours d'impression para&#238;trait, mais depuis mes cinquante-cinq ans en mai dernier, l'engagement pris de ne plus publier. Fini les livres. Qui y perdait ? J'avais re&#231;u quelques messages sardoniques, les avais effac&#233;s d'ailleurs de mon site Internet. On avait &#233;t&#233; une cinquantaine &#224; en b&#233;n&#233;ficier. On recevrait donc une pension, plut&#244;t mince, mais qui avait le m&#233;rite de la r&#233;gularit&#233;. On s'engageait &#224; laisser le terrain libre aux jeunes auteurs. Apr&#232;s tout, qu'eux-m&#234;mes ne souhaitent pas s'embarrasser de ce que ceux de ma g&#233;n&#233;ration s'&#233;taient us&#233;s &#224; continuer, stages, articles et autres commandes, cela ne me regardait pas. Oui, une &#233;poque finissait bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc les ennuis qui commencent : en quoi cela me g&#234;nait de ne plus publier de livre, si mes sites Internet accueillaient bien mieux, et de fa&#231;on bien plus efficace, ce qu'il me semblait important d'exp&#233;rimenter &#8211; ce texte par exemple ? Et que ce ne soit pas du tout lucratif, quand le livre l'&#233;tait si peu, quelle importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224; : pour ceux qui ont &#233;tabli ce syst&#232;me, c'est encore trop. En renon&#231;ant &#224; la publication de livres pour recevoir cette modeste pension de reconversion, j'aurais d&#251; renoncer soi-disant &#224; toute &#233;criture visible, en particulier celle-ci, tenue sur mon site personnel. On surveillait m&#234;me d'&#233;ventuels surgissements d'h&#233;t&#233;ronymes, m'avait-on pr&#233;venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, que faire ? Si modestes soient mes besoins, j'aurais du mal &#224; me passer de cette prime de pr&#233;-retraite. Mais je compte bien ne pas cesser ici d'&#233;crire, sur ce site, ces fictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On met en cause mon droit &#224; la pr&#233;-retraite. Il en est quoi, pour les autres ?&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/beton2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/beton2.jpg?1227970231' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>des tournesols pour Hadopi</title>
		<link>http://tierslivre.net/spip/spip.php?article1786</link>
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		<dc:date>2009-05-22T22:02:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>web, &#233;crans, r&#233;seaux</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;premiers tests effectu&#233;s grandeur nature dans les villes, sous un mode artistique&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique71" rel="directory"&gt;2008 | Soci&#233;t&#233; des amis de l'ancienne litt&#233;rature&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;web, &#233;crans, r&#233;seaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1786.jpg?1352732753' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#199;a y est, les pyl&#244;nes avaient &#233;t&#233; install&#233;s. Ce n'&#233;tait pas simple. Il fallait d'abord &#233;viter les circulations intempestives de machines portables, et les transports de machines lourdes d'un quartier ou d'une cit&#233; &#224; l'autre. Ces barri&#232;res de m&#233;tal peintes par juste &#233;conomie &#224; l'antirouille rouge y pourvoyaient : c'&#233;tait parfait, ne passaient que les v&#233;hicules et les bagages v&#233;rifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait eu plus de mal pour les machines fonctionnant directement dans les appartements, les entreprises. Les flux transitant par les bornes et les standards n'&#233;taient pas d&#233;tectables avec assez de pr&#233;cision. On devait op&#233;rer par recoupement territorial. Toutefois, dessin&#233;s par un de nos artistes de r&#233;f&#233;rence, ces pyl&#244;nes ne g&#226;chaient en rien le paysage des villes. L'artiste les avait appel&#233;s des &lt;i&gt;tournesols&lt;/i&gt;, on replantait en somme la ville de fleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la circulation des v&#233;hicules avait perdur&#233;, ils n'auraient pas &#233;t&#233; efficaces. Mais est-ce que tout le monde n'en avait pas assez, de la circulation automobile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'avait dit, et on avait inscrit le mot dans le projet de loi : il fallait &#171; mailler &#187;. Un tournesol ne servait &#224; rien. Trois ou cinq tournesols en r&#233;seaux permettaient imm&#233;diatement la localisation des flux, et donc les utilisateurs parasites, les faux joueurs, les provocateurs (m&#234;me si ceux qui appelaient &#224; l'insurrection, la d&#233;sob&#233;issance, le piratage, on les avait &#233;limin&#233;s assez vite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui disait que les tournesols, envahissant les aires libres de la ville, la d&#233;paraient ? On avait tant de pyl&#244;nes pour tout. Les poteaux d'alimentation &#233;lectrique, au d&#233;but de l'autre si&#232;cle, on ne s'y &#233;tait pas habitu&#233;s ? Les r&#233;verb&#232;res d'&#233;clairage public, pour surveiller la nuit, on ne s'y &#233;tait pas habitu&#233;s ? Et les parcm&#232;tres, et les couloirs de circulation des autobus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'accommoderait parfaitement des tournesols.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/FlushingMeadows.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/FlushingMeadows.jpg?1243029823' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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