<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
	<link>https://www.tierslivre.net/spip-443/</link>
	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?id_mot=745&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Paul Jessup | &#034;somehow&#034;, un journal de Rockville, Maryland</title>
		<link>http://tierslivre.net/spip/spip.php?article3346</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tierslivre.net/spip/spip.php?article3346</guid>
		<dc:date>2013-05-02T17:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Ellingsen, Berit</dc:subject>
		<dc:subject>Jessup, Paul</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon, traducteur</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;petite incursion web chez quelques auteurs de fiction anglophone&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;ceux de l'&#233;crire web&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot744" rel="tag"&gt;Ellingsen, Berit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot745" rel="tag"&gt;Jessup, Paul&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot757" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon, traducteur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3346.jpg?1359278781' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Les proches le savent depuis Lovecraft, Bartleby, et l'&#233;pisode Hemingway : je ne suis pas angliciste, je suis parfaitement conscient des limites que cela m'impose pour entrer dans le texte-source, d&#233;crypter ses strates, et longtemps que je suis &#224; l'&#233;cole des Claro et Markowicz pour ne pas me risquer na&#239;vement dans ce qui est beaucoup trop pr&#233;cieux pour l'ab&#238;mer, la &lt;i&gt;traduction&lt;/i&gt;. Mais c'est un exercice que je pratique depuis avant m&#234;me la publication de mon premier livre, il y a plus de 30 ans, exercice qu'on fait pour soi, un &lt;i&gt;training&lt;/i&gt; de la langue prise dans une autre m&#233;canique. Puis est venu aussi l'&#233;pisode &lt;i&gt;Bible 21&lt;/i&gt; initi&#233; par Fr&#233;d&#233;ric Boyer, avec Cadiot, Alferi, Echenoz, Alphant, Roubaud et d'autres, mon refus initial et puis l'insistance de Fr&#233;d&#233;ric pour que je me lance dans &lt;i&gt;J&#233;r&#233;mie&lt;/i&gt;, partant du principe qu'il sollicitait des traducteurs en fonction de leur langue &#224; eux, la langue-cible. C'est apr&#232;s visite de la colline de Providence que ce lien de Lovecraft avec cette disposition spatiale de la ville a d&#233;clench&#233; pour moi le souhait de le retraduire, sans &#233;laguer, sans enlever le touffu, en laissant r&#233;sonner tout l'h&#233;ritage, et en privil&#233;giant ce rapport au lieu, qui ancre le fantastique et le rend implacable. Chaque phrase parfois est un d&#233;fi, mais je me sens &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/list/collection-3643-lovecraft-nouvelle-traduction/page/1/date&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chez moi&lt;/a&gt; dans cette logique.
&lt;p&gt;Pour publie.net c'est un enjeu d&#233;cisif : la m&#233;diation entre les langues, confi&#233;e aux grandes maisons, dans leurs bourses d'&#233;changes de Francfort ou Londres, renforce encore le consensus, en normalisant encore plus une offre qui devient peu &#224; peu la m&#234;me dans tous les a&#233;roports du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai crois&#233; l'univers de &lt;a href=&#034;http://beritellingsen.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Berit Ellingsen&lt;/a&gt;, il y a quelques mois, via twitter (@BeritEllingsen) : elle vit &#224; Stavanger, sur la c&#244;te sud-ouest de la Norv&#232;ge, ville portuaire, industrielle, p&#233;troli&#232;re, elle &#233;crit en norv&#233;gien des articles pour la presse scientifique, et se consacre &#224; la fiction directement en anglais &#8211; ses 2 premiers livres, &lt;i&gt;The Empty City&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Beneath The Liquid Skin&lt;/i&gt; sont donc publi&#233;s aux USA, ainsi que ses r&#233;cits courts. Son livre &lt;i&gt;The Empty City&lt;/i&gt; propose 76 s&#233;quences (130 pages) br&#232;ves ou ultra-br&#232;ves avec vision de la ville, ses ciels, sa situation entre montagne et mer, mais la fait se refl&#233;ter depuis tous les mythes urbains o&#249; la mer serait pr&#233;sente. Le fait que pour Berit l'anglais soit une langue &#233;trang&#232;re a facilit&#233; ma d&#233;cision. Nous avons achet&#233; les droits de &lt;i&gt;The Empty City&lt;/i&gt;, qui sera notre premi&#232;re publication de litt&#233;rature &#233;trang&#232;re contemporaine &#8211; et &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814506862/dans-le-blanc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans le blanc&lt;/a&gt; sur publie.net|ouvrez comme premi&#232;re course d'essai...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a bien plus &#224; faire. Un autre twitt aper&#231;u avant-hier, qui ne me concerne pas : Berit s'adresse &#224; amie auteur &#224; elle, qui vient apparemment de se casser le poignet. Une visite &#224; l'univers de la canadienne Chris Galvin, la discussion s'engage, et quelques heures plus tard Berit m'a communiqu&#233; les noms, adresse twitter et blogs de 8 auteurs qu'elle croise via ses propres publications dans les revues US.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constat : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pour 3 d'entre eux, le blog a le m&#234;me usage que pour nous ici, espace de journal, de compte rendus de lectures, de voyages
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une coupe encore tr&#232;s distincte, li&#233;e &#224; l'&#233;conomie de la presse magazine : la vitalit&#233; de la fiction dans les magazines, qui a toujours marqu&#233; l'histoire de la litt&#233;rature am&#233;ricaine, continue d'&#234;tre pour ces auteurs (y compris la Norv&#233;gienne de Stavanger) le lieu de publication essentiel
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; absence totale de passerelles entre les romans publi&#233;s dans ces petites maisons d'&#233;dition qui ressemblent aux n&#244;tres, et notre propre univers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc des blogs qui ne ressemblent pas forc&#233;ment aux n&#244;tres, parce qu'ils passent le relais au site du magazine pour la publication, qui reste le lieu d'&#233;change. Du coup, assez facile de rep&#233;rer quelques-unes de ces plaques tournantes, ansi le site de la revue &lt;a href=&#034;http://www.strangehorizons.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Strange Horizons&lt;/a&gt; o&#249; on retrouve leurs noms, ainsi le partage des fonctions d'auteur et d'&#233;diteur, je n'ai pas encore &#233;crit &#224; Jeff Van Der Maer mais je sais qu'il sera bient&#244;t sur notre route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re remarque : le support magazine a contribu&#233; &#224; renforcer l'autonomie du genre. La fibre fantastique nou&#233;e par Edgar Poe s'est renforc&#233;e avec Lovecraft. Le vieux &lt;a href=&#034;http://weirdtalesmagazine.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Weird Tales&lt;/a&gt; semble d'ailleurs toujours en bonne sant&#233;. La notion de &lt;i&gt;fantasy&lt;/i&gt;, qu'on ravalerait &#224; la litt&#233;rature populaire, devient chez eux une monde fictionnel complexe, susceptible de formes aussi savantes que Lovecraft.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ci-dessous, voici les 8 liens que m'a communiqu&#233;s Berit. Je n'ai pas tout explor&#233;, parce que je suis tomb&#233; assez vite sur le travail de Paul Jessup, qui indique sur son compte twitter vivre &#224; Rockville, Maryland. J'ai suivi la recommandation de Berit, et je vais proposer &#224; Paul Jessup que nous accueillons &#224; publie.net|publie.papier son &lt;i&gt;Stone Dogs&lt;/i&gt;. Dans son &lt;i&gt;Journal&lt;/i&gt; en ligne, des analyses d'auteur, Truman Capote, Allen Ginsberg, mais aussi les surr&#233;alistes, ou Cocteau &#8211; et ces jours-ci il lit les 124 r&#234;ves de Perec, &lt;i&gt;La boutique obscure&lt;/i&gt;, qui para&#238;t sous son titre fran&#231;ais en traduction US.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce journal est une &#233;criture blog, rien de construit comme sa fiction, mais j'y reconnais justement ce style-flux que nous utilisons pour le web, une image qu'on d&#233;veloppe et qu'on laisse. R&#233;gal pour moi que &#8211; non pas traduire, mais comme lire avec le clavier &#8211; quatre fragments d'un journal avec lequel je me sens affinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 8 liens propos&#233;s par Berit Ellingsen, et son commentaire : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Chris Galvin (@ChrisGNguyen), site &lt;a href=&#034;http://chrisgalvinwriter.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://chrisgalvinwriter.wordpress.com/&lt;/a&gt;. &#171; Some fantastic stories, mostly short but a few long ones. best stories are creative nonfiction. She's working a book about her travels and life with inlaws in Viet Nam. &#187; Recommandation particuli&#232;re : &lt;a href=&#034;http://www.asiancha.com/content/view/1100/326/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Flood season&lt;/a&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Katy Fish (@KathyFish). Site : &lt;a href=&#034;http://kathy-fish.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://kathy-fish.com/&lt;/a&gt;. &#171; My favorite story by Kathy Fish is &lt;a href=&#034;http://kathy-fish.com/2013/01/20/if-your-name-is-buzz-aldrin-you-pretty-much-have-to-be-a-space-man/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Spaceman&lt;/a&gt; and &lt;a href=&#034;http://www.storyglossia.com/27/kf_orlando.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Orlando&lt;/a&gt;. &#187;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paul Jessup (@pauljessup). Site : &lt;a href=&#034;http://pauljessup.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://pauljessup.com/&lt;/a&gt;. &#171; is a surrealist, his &lt;i&gt;Stone Dogs&lt;/i&gt; is my favorite &#187;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Matthew Salesses (@salesses). Site : &lt;a href=&#034;http://matthewsalesses.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://matthewsalesses.com/&lt;/a&gt;, &#171; writes realistic stories about family life and race/culture &#187;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Kristine Ong Muslim (@kristinemuslim). Site : &lt;a href=&#034;http://kristinemuslim.weebly.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://kristinemuslim.weebly.com/&lt;/a&gt;, &#171; has surreal short stories and poetry, most of her work is short though &#187;. Recommandation particuli&#232;re : &lt;a href=&#034;http://southernpacificreview.com/2012/11/06/zombia/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zombie&lt;/a&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jeff Van Der Maer (@JeffVanDerMaer). Site : &lt;a href=&#034;http://www.jeffvandermeer.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.jeffvandermeer.com/&lt;/a&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faith Gardner (@FaithGardner). Site : &lt;a href=&#034;http://faithgardner.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://faithgardner.blogspot.fr/&lt;/a&gt;. Recommandation particuli&#232;re : &lt;a href=&#034;http://www.decompmagazine.com/windowwoman.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Window Woman&lt;/a&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rochita Loenen-Ruiz (@rcloenenruiz). Site : &lt;a href=&#034;http://rcloenenruiz.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://rcloenenruiz.com/&lt;/a&gt;. &#171; Rochita Loenen-Ruiz is a young Philipino writer. She writes mostly SFF, but this is a magical realist story from her home country about. &#187; Recommandation particuli&#232;re : &lt;a href=&#034;http://www.fantasy-magazine.com/fiction/hi-bugan-ya-hi-kinggawan/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hi Bugan ya Hi Kinggawan&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et rien n'emp&#234;che d'extrapoler, ainsi vers l'&#233;trange Hal Duncan (@Hal_Duncan et site &lt;a href=&#034;http://www.halduncan.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.halduncan.com&lt;/a&gt;) ou l'&#233;diteur John Joseph Adams (@JohnJosephAdamas et site &lt;a href=&#034;http://www.johnjosephadams.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.johnjosephadams.com/&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Post-scriptum : dans le sens inverse, contacts pris &#8211; et chaleureux &#8211; par exemple avec &#233;tudiants en traduction de Columbia et de NYU (Emmanuelle Ertel). Prenons les devants : accueillons en fran&#231;ais ces jeunes (ou moins jeunes) auteurs US, la d&#233;marche r&#233;ciproque s'&#233;tablira d'elle-m&#234;me. Pour Berit Ellingsen, &lt;i&gt;Une ville vide&lt;/i&gt; parution printemps prochain, et j'esp&#232;re bien l'accord rapide de Paul Jessup pour &lt;i&gt;Stone Dogs&lt;/i&gt;, mais si parmi vous, auteurs, affinit&#233; avec telle d&#233;marche ou tel texte, n'h&#233;sitez pas &#224; nous le dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Paul Jessup | Somehow&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;quatre fragments extraits du &lt;a href=&#034;http://pauljessup.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;journal en ligne&lt;/a&gt; de Paul Jessup, janvier 2013 &#8211; l'adverbe &lt;/i&gt;somehow&lt;i&gt; est quasi intraduisible, en tout cas dans l'usage qu'en fait Paul, mais semble la cheville qui fluidifie les figures, ou leur permet de prendre &#233;cart, donc je le place comme titre de ces 4 fragments, mais rien de plus !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1 &#8211; parfois l'heure est cass&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme le temps lui-m&#234;me casse, des montres &#233;cras&#233;es au sol et leurs aiguilles comme des mains pointant hors du verre bris&#233;, et le temps lui-m&#234;me s'&#233;coulant en flaques de mercure. Ses jours ne sont plus des jours, ses heures non plus des heures, ses minutes plus des minutes et ses secondes des secondes qui n'existent pas parce que les secondes n'ont plus de r&#233;alit&#233;. Le temps est seulement quelque chose qui voudrait exister mais n'existe pas, et m&#234;me pas de la fa&#231;on dont nous voudrions qu'il existe, il avance vite ou doucement selon notre perception et elle seule. Les heures peuvent se dilater ou se comprimer selon n'importe quoi qu'on fasse, mais ainsi au moins les heures ont l'air d'exister et le temps a l'air d'exister m&#234;me dans cet &#233;tat de temps cass&#233;. Un &#233;tat qui n'est rien d'autre que tout advenant &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me demande qui je suis &#8211; est-ce que le temps commande aux changements de personnalit&#233; de quelqu'un ? Comment pouvons-nous changer et rester li&#233; pourtant &#224; qui nous sommes, &#224; ce que nous aurions voulu &#234;tre selon ce que nous souhaitions que nos futurs ressemblent ? C'est difficile de r&#233;sumer ces sensations en somme &#8211; toutes les promesses de l'enfance qui finissent juste d&#233;vast&#233;es sur des bouts de papier qu'on aurait jet&#233;s dans l'oc&#233;an. C'est dur de ne pas voir les &#233;toiles qui &#233;taient les m&#234;mes &#233;toiles quand tu &#233;tais gosse et te demandais quelle part de toi t'accompagnerait pour la suite. Peut-&#234;tre que c'est encore l&#224;, peut-&#234;tre pas, mais s'il y a une connexion d'une fa&#231;on ou d'une autre, une peau d'oignon sur la r&#233;alit&#233;, chaque version de toi-m&#234;me alors comme une ombre, reli&#233;e pour chaque &#233;poque avec des tissus de m&#233;moire tendus jusqu'au plus fin, comme une peau de tambour, pr&#234;te &#224; &#234;tre battue et d&#233;chir&#233;e sous l'orage du jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre quand m&#234;me qu'il y a une chanson qui relie tous ces points de ta vie, ou une odeur, ou un lieu qui changerait &#224; peine d'une ann&#233;e sur l'autre au fil de tous les ans. Toutes ces promesses rest&#233;es en arri&#232;re et chacune devenue solide et alors ? Est-ce que tu es forc&#233; d'honorer cette mouture, cette id&#233;e de toi dont tu avais fait promesse il y a si longtemps ? Comme une vieille photo cette mouture s'&#233;vanouit et persiste comme un fant&#244;me. Est-ce que tu dois honorer une promesse faite aux fant&#244;mes ? Est-ce qu'ils ont quoi que ce soit pour toi, sinon cette rage vide de la nuit, ces effrois et coups o&#249; vont se noyer tes pens&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant quand elle revient, la m&#233;moire, d'une mani&#232;re ou d'une autre tu sens bien que tu as perdu un bout de qui tu &#233;tais, et de qui tu es devenu. Et m&#234;me si c'est juste un fant&#244;me qui s'agite autour de toi, et que tu ne peux rien faire contre cette perte, tout ce qui est perdu est l&#224; toujours, et quand tu te souviens de cette fois, assis sur la plage et regardant comment dans le ciel naissaient les &#233;toiles et que la voie lact&#233;e te semblait l'explosion d'un nuage d'&#233;toiles tu ne peux plus t'arr&#234;ter de penser &#224; celui que tu voulais &#234;tre, il y a si longtemps. Et tout ce qui a chang&#233; emball&#233; et empaquet&#233; dans quelque chose d'autre, mais toi il te reste de penser &#224; ces choses que tu as perdues. Est-ce que c'est toi, qui es perdu aussi ? Est-ce que tu peux tirer sur ces cordes et ramener les morceaux rest&#233;s en route ? Ou est-ce qu'ils sont noy&#233;s dans les mar&#233;es du monde, comme les heures cass&#233;es de ces aiguilles bris&#233;es sur le sol ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2 &#8211; l'impossibilit&#233; de parler aux &#233;trangers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais ni ce que c'est ni pourquoi, mais chaque fois que je suis dehors avec des gens, et qu'on se sent bien et qu'on a du bon temps, de bonnes conversations aussi, &#224; un certain point du soir c'est une d&#233;pression. Je ne suis pas s&#251;r de comment l'expliquer, ce n'est rien qui soit d&#251; &#224; quelqu'un ou quelque chose, mais une part de moi-m&#234;me qui tombe dans une d&#233;pression &#233;crasante et je dois partir, je ne peux pas rester plus, je me sens coupable de cela et devient encore plus d&#233;prim&#233; parce que je crois qu'ils pensent que je ne veux pas rester plus avec eux, qu'ils ont fait quelque chose de travers alors que non. Peut-&#234;tre qu'en fait cela se relie pour moi &#224; quelque chose qui est plein de murs, d&#233;borde de parties cach&#233;es de moi-m&#234;me, des d&#233;guisements de moi-m&#234;me, pas moi tout entier, juste des morceaux de moi-m&#234;me qui font qu'on ne me choque pas, mais que je n'entre pas dans une dispute ou ce genre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est bizarre, parce qu'autrefois je me lan&#231;ais dans la discussion, brassant des id&#233;es dans un sens ou dans l'autre, d&#233;battant, ou partant de nouveaux points de vue, mais chaque fois j'arrivais &#224; ce point o&#249; le partage &#233;tait plus important que les divisions, et m&#234;me la conversation, je ne sais pas. Mais ce mur, cette fa&#231;on de m'y cacher, c'est pour cela que &#231;a m'en coupait, comme si tout ce qui m'entourait n'&#233;tait plus rempli que d'ombres, que tout &#233;change devenait plus difficile, toutes ces conversations devenant tellement compliqu&#233;es, et que je finissais perdant un &#224; un des pi&#232;ces et des morceaux de moi-m&#234;me, &#224; ce point qu'&#224; la fin il n'y avait plus que ces murs, et des murs avec des trous, des rambardes comme dans ces b&#226;timents br&#251;l&#233;s, et que personne ne pouvait les voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si peu s&#251;r, c'est bizarre, tant chaque fois j'ai envie &#224; nouveau de sortir, de voir des gens, passer du temps avec eux, parler jusqu'&#224; l'aube et s'amuser et tout &#231;a, mais certains jours si terrifi&#233; de ce que je sais qui va arriver, et qu'&#224; certain point de la nuit je ne serai plus capable de rien faire de plus, que tout ce qui nous lie sera perdu et sans but et irr&#233;el, et que m'environnera cette d&#233;pression qui me fera partir. Il y a la peur toujours qu'&#224; la fin il n'y ait plus rien de vrai ni palpable, que tous les liens et les conversations soient seulement cette fum&#233;e vague tout autour, et vide.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3 &#8211; putain les mots des fois&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;je n'ai pas &#233;crit ou lu tant que &#231;a depuis un mois en gros ce qui est triste mais quelquefois &#231;a arrive, et quand &#231;a se produit &#231;a me prend un fichu temps pour extirper &#224; nouveau ce bordel d'&#233;criture de ma machine, tu sais, pas juste quelques paragraphes ou m&#234;me trois lignes de ci ou de &#231;a, ce qui est p&#233;nible c'est juste de repousser la merde au loin et de repousser la merde au loin et repousser encore plus de merde au loin jusqu'au moment o&#249; &#231;a va t'es content avec &#231;a&lt;br class='autobr' /&gt;
est-ce que je suis si content de ce que j'&#233;cris ? c'est pas &#231;a vraiment, et y a des paquets d'auteurs qui s'en passent et il y en a qui disent qu'&#234;tre heureux de ce qu'on &#233;crit c'est le signe que &#231;a stagne comme de l'eau dans une mare quand au bout d'un temps il y a cette couche verte qui s'accumule en surface et si rago&#251;tante que m&#234;me les grenouilles ne s'y risquent pas... et ce n'est pas ce que je veux pour moi, alors d'un c&#244;t&#233; c'est plut&#244;t bien que je ne sois ni heureux ni content, que j'en demande plus, et que je sois l&#224; &#224; pousser le truc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et bordel alors c'est m&#234;me lire qui devient plus difficile parce que je vais me mettre &#224; lire des livres et je me prendrai la t&#234;te dans les mains et je crierai PUTAIN CE TRUC et d&#233;chirerai les pages et les boufferai et les ficherai &#224; la po&#234;le pour les cuire et te les virerai d'ici comme le clodo de passage parce que&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PUTAIN CE TRUC&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ce bouquin t'envoie du lourd tu crois que jamais tu serais capable d'en faire autant et tu te compares toi &#224; ce que &#231;a te fait et tu reprends tes propres id&#233;es et tu te torches avec parce que&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PUTAIN CE TRUC&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est juste que je ne suis pas content de ce que j'&#233;cris. Mais oh, c'est toujours le pire qui revient chaque fois que je commence t'es d'accord ? Oui, d'accord. d'un autre point de vue, j'ai juste besoin de pousser le truc devant et avoir le culot de penser oh &#231;a c'est le pire cette fichue merde et tous ces bizarres r&#234;ves avec des g&#233;ants et des millions de chats fant&#244;mes qui te sortiraient de la bouche parce que &#231;a c'est moi et yeah je serai jamais aussi bon que XYZ ou ZYX ou PPP ou n'importe quelle s&#233;rie al&#233;atoire des lettres de l'alphabet qui transforment &#231;a en &#233;quation d'alg&#232;bre et tellement litt&#233;raires et tellement v&#233;ridiques et tellement idiots et tellement et ci et ci et ci&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mais je m'en fous de toute fa&#231;on, je ne serai pas &#199;A parce que moi c'est pas &#231;a et je les emmerde je ne serai jamais &#231;a&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4 &#8211; le g&#233;nie de la mort c'est ton art&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un autre instant liminal &#8211; entre les maisons et les h&#233;bergements, remballant et d&#233;m&#233;nageant une fois de plus, cette ann&#233;e j'ai habit&#233; en tant d'endroits, cinq ou six et l&#224; un autre qui se profile et encore un autre apr&#232;s &#231;a. C'est pas facile quand tu n'as plus le sens du lieu, apr&#232;s t'&#234;tre enracin&#233; quelque part pendant dix ans presque, et que tout cela ne te laisse qu'une impression d'eau, tous les jours comme de l'eau. Et dehors il y a la neige qui tombe et recouvre tout, le lac en face est gel&#233; et moi je pense &#224; tout ce froid dehors &#8211; ce fichu froid &#8211; et comment rien ne bouge plus dans le froid, que toute cette neige est comme autant de petites morts tombant en flaques autour de moi. Les r&#233;verb&#232;res envoient leur lumi&#232;re sur la neige, et moi &#231;a me fait comme si le vide &#233;tait partout, peut-&#234;tre que c'est l'eau de la vie, peut-&#234;tre que c'est la neige, peut-&#234;tre que c'est mon calepin d'&#233;crivain qui me laisse comme &#231;a enfonc&#233; ou plant&#233;, je ne sais pas, mais le vide a rejoint tout ce qui m'entoure, un vide m&#234;me dans l'air que tu inspires, et peut-&#234;tre quelque chose alors que tu entre-aper&#231;ois bien au-del&#224;, je ne sais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre que je pourrais m'ancrer &#224; nouveau et retrouver la confiance, peut-&#234;tre pas, et je ne sais m&#234;me pas si je le souhaite. Aussi bizarre et confus que &#231;a puisse appara&#238;tre parfois, il y a d'autres avantages &#224; &#234;tre ainsi &#224; la d&#233;rive, d'avoir ta vie chang&#233;e et chang&#233;e et chang&#233;e. Ce n'est pas facile de trouver la prise o&#249; tu vas t'accrocher, oui c'est &#231;a, mais quelque chose se produit qui se produit toujours. Il faut apprendre &#224; se d&#233;couvrir &#224; un autre niveau, et tu t'aper&#231;ois de qui tu es autrement, et de quoi tu es capable ou pas capable, tous ces trucs changeants et dans le flux, et toutes les d&#233;cisions sont des d&#233;cisions difficiles, sans rien qui les retienne et m&#234;me pas un rep&#232;re moral. Et toute chose devient ainsi autre chose, et toi tu d&#233;couvres tout avec une pr&#233;cision de cristal comme de danser &#224; trois heures du matin dans le carrefour gel&#233; des rues, avec des lunes affam&#233;es t'&#233;clairant les pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'eau peut &#234;tre la vie, ils disent dans l'&lt;i&gt;Orph&#233;e&lt;/i&gt; de Cocteau. Que cette eau peut &#234;tre la vie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#169; Paul Jessup tous droits r&#233;serv&#233;s &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.pauljessup.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pauljessup.com&lt;/a&gt;, trad FB Creative Commons BY-NC-SA&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
