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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>Proust #19 | on disait qu'&#224; une p&#233;riode de h&#226;te convenait un art rapide</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Baudelaire, Charles</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac, Honor&#233; de</dc:subject>
		<dc:subject>Benjamin, Walter </dc:subject>
		<dc:subject>Proust, Marcel </dc:subject>
		<dc:subject>Cendrars, Blaise </dc:subject>
		<dc:subject>vitesse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;de la vitesse chez Proust (et de l'&#233;criture aussi, un peu)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;2013 | Proust est une fiction &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot125" rel="tag"&gt;Baudelaire, Charles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot168" rel="tag"&gt;Balzac, Honor&#233; de&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot174" rel="tag"&gt;Benjamin, Walter &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot182" rel="tag"&gt;Proust, Marcel &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot635" rel="tag"&gt;Cendrars, Blaise &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot720" rel="tag"&gt;vitesse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3232.jpg?1373273337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='http://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;retour sommaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On disait qu'&#224; une &#233;poque de h&#226;te convenait un art rapide, absolument comme on aurait dit que la guerre future ne pouvait pas durer plus de quinze jours, ou qu'avec les chemins de fer seraient d&#233;laiss&#233;s les petits coins chers aux diligences et que l'auto pourtant devait remettre en honneur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vitesse est partout chez Proust, et elle l'est comme une conqu&#234;te, et d'abord comme conqu&#234;te spatiale &#8211; le train, la voiture, l'avion. Vitesse de l'onde &#233;lectrique, vitesse de la voix transmise par le t&#233;l&#233;phone. Vitesse qui ne bouleverse pas l'espace initialement d&#233;fini (on t&#233;l&#233;phone &#224; sa grand-m&#232;re, on re&#231;oit les appels d'Albertine) mais bouleverse les modes de relation dans l'int&#233;rieur de cet espace. La &lt;i&gt;&#171; guerre future &#187;&lt;/i&gt; s'enlisera quatre ans, et Proust le sait pertinemment quand il &#233;crit qu'elle durerait &lt;i&gt;&#171; quinze jours &#187;&lt;/i&gt;. Qu'est-ce qu'un &lt;i&gt;&#171; art rapide &#187;&lt;/i&gt; ? Un balzacien comme lui ne peut ignorer la phrase-cl&#233; de Louis Lambert : &lt;i&gt;&#171; toute po&#233;sie proc&#232;de d'une rapide vision des choses &#187;&lt;/i&gt;. La vitesse est l'&#233;l&#233;ment qui permet de d&#233;rouler le mouvement circulaire en l'amplifiant sans cesser de le laisser percevoir au contraire comme oppression et contrainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt; des personnages rapides : Saint-Loup volant sur les tables, Morel dans son ascension sociale, comme d'autres personnages semblent inclus dans une dur&#233;e triple de la biographie ordinaire, ainsi Odette devenue Mme Swann. Le narrateur n'est pas rapide : il regarde les tableaux d'Elstir bien trop longtemps quand tout le salon Guermantes l'attend, il remet toujours au lendemain la sortie de l'h&#244;tel de Balbec, la visite aux Verdurin. C'est dans cette distension de temps avant une action &#233;nonc&#233;e qu'il instaure son creusement. L'art rapide aurait-il pour contrainte de pr&#233;senter des &#233;l&#233;ments de haute densit&#233;, dont la r&#233;ception s'ex&#233;cute dans un temps bref ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'appr&#233;cie particuli&#232;rement, parce qu'il me semble tellement en osmose avec la phrase ouverte de Proust, ce &lt;i&gt;Pr&#233;lude en r&#233;&lt;/i&gt; que Chopin limite &#224; quarante-deux secondes. La phrase de Proust inclut des &#233;l&#233;ments de haute densit&#233; qui la brisent ou l'alourdissent, de longtemps pr&#233;par&#233;s et amen&#233;s, et qui r&#233;sonnent encore longtemps pendant que le narrateur est d&#233;j&#224; &#224; d&#233;ployer une nouvelle figure.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
&lt;object width=&#034;480&#034; height=&#034;272&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;//www.youtube.com/v/V1yx7IgoDfY?hl=fr_FR&amp;version=3&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowscriptaccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;//www.youtube.com/v/V1yx7IgoDfY?hl=fr_FR&amp;version=3&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;272&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On disait qu'&#224; une &#233;poque de h&#226;te convenait un art rapide &#187;&lt;/i&gt; : prendre tr&#232;s au s&#233;rieux cette phrase et la prolonger jusque dans l'organisation de la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt;, o&#249; chaque chambre d&#233;ploy&#233;e s'installe dans un temps de dur&#233;e nulle &#8211; le r&#233;veil &#224; Balbec, les jeux de lumi&#232;re dans la persienne, comme avant l'endormissement &#224; Combray, comme les bruits de la rue de Paris le matin (et des deux salles de bain mitoyennes) dans &lt;i&gt;La Prisonni&#232;re&lt;/i&gt;, conditionnent que la dur&#233;e enti&#232;re associ&#233;e &#224; telle p&#233;riode biographique du narrateur se voie condens&#233;e dans un battement de conscience, qu'elle s'&#233;vanouisse dans le sommeil ou se refasse dans le jour naissant. La rapidit&#233; de Proust c'est la condensation du temps r&#233;f&#233;rentiel, et la capacit&#233; &#224; absorber dans la phrase des &#233;l&#233;ments de perception du monde qu'une vitesse diff&#233;rente de d&#233;placement a affect&#233; dans sa nature m&#234;me. C'est aussi le r&#244;le narratif des descriptions de phrases musicales (pas seulement la sonate de Vinteuil, mais la r&#233;currence de ces descriptions), li&#233;es par nature &#224; leur temps d'ex&#233;cution. Proust y proc&#232;de par la violence de cette mutation quantitative du rapport au r&#233;el, qu'induisent le train, la voiture, le t&#233;l&#233;phone. Et il y proc&#232;de par pure dislocation ou d&#233;mat&#233;rialisation du r&#233;el convoqu&#233; &#8211; les vagues, les poiriers en fleurs, les visages et les noms. La co&#239;ncidence de ce bouleversement d'une vitesse r&#233;elle et de son choc sur la phrase d&#233;multiplie l'effectivit&#233; de la narration de Marcel Proust (mettons Rimbaud en amont, et Beckett en aval) pour notre appropriation contemporaine du r&#233;el, o&#249; ces notions de vitesse et d'abstraction des perceptions se sont &#233;largies &#224; l'extr&#234;me, mais sans forc&#233;ment cr&#233;er une rupture aussi essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Flaubert est &#224; la fronti&#232;re, avec le bateau &#224; vapeur de &lt;i&gt;L'&#201;ducation sentimentale&lt;/i&gt;, comme Balzac avec la page sur les locomotives d'&lt;i&gt;Un d&#233;but dans la vie&lt;/i&gt; &#8211; mais on s'en tenait &#224; un monde &#224; dimension anthropomorphique. Baudelaire est all&#233; plus loin que Flaubert et Balzac r&#233;unis, quant au temps r&#233;f&#233;rentiel nul, avec son fameux &lt;i&gt;&#171; Un &#233;clair, puis la nuit&#8230; &#187;&lt;/i&gt; tel que comment&#233; par Walter Benjamin. Mais cela, ils seront seulement deux contemporains &#224; l'entendre : Proust et Cendrars. Mais Proust ne semble pas avoir pris connaissance de &lt;i&gt;Prose du Transsib&#233;rien&lt;/i&gt; (qui lui serait peut-&#234;tre rest&#233; illisible), et Cendrars se choisit comme a&#238;n&#233; R&#233;my de Gourmont. Celui qui rend visite &#224; Proust c'est Paul Morand, qui &#233;crira que l'&#233;lectricit&#233; est la &#171; &lt;i&gt; plaie &#187;&lt;/i&gt; de leur &#233;poque. Le monde est mal fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenant sur cet art rapide, Proust continue : &lt;i&gt;&#171; On recommandait de ne pas fatiguer l'attention de l'auditeur, comme si nous ne disposions pas d'attentions diff&#233;rentes dont il d&#233;pend pr&#233;cis&#233;ment de l'artiste d'&#233;veiller les plus hautes. &#187;&lt;/i&gt; Il invente donc ce que nous nommons &lt;i&gt;&#233;conomie de l'attention&lt;/i&gt;, et nous en remet la responsabilit&#233; entre les mains : ce qui est notre t&#226;che n'induit rien quant &#224; la rapidit&#233; d'ex&#233;cution ni &#224; la forme de ce que nous produisons, simplement cr&#233;e un vecteur d'intensit&#233; &#8211; le &lt;i&gt;haut&lt;/i&gt; chez l'autre est toujours disponible, &#224; nous de le convoquer et de nous y imposer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Image ci-dessus : &#233;ciuse sur la Vivonne &#224; Illies-Combray.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[5] j'entendis avec joie une automobile sous la fen&#234;tre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Baudelaire#Proust</dc:subject>
		<dc:subject>train, voiture, avion</dc:subject>
		<dc:subject>vitesse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;c'est Proust qui fit conna&#238;tre l'automobile &#224; Baudelaire&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;2013 | Proust est une fiction &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot716" rel="tag"&gt;Baudelaire#Proust&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot719" rel="tag"&gt;train, voiture, avion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot720" rel="tag"&gt;vitesse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;
&lt;a href='http://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sommaire g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;&lt;br&gt; &lt;a href='http://tierslivre.net/spip/spip.php?article3209' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pr&#233;c&#233;dent&lt;/a&gt; _ &lt;a href='http://tierslivre.net/spip/spip.php?article3212' class=&#034;spip_in&#034;&gt;suivant&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On dit que c'est la seule et unique fois que Baudelaire eut l'opportunit&#233; d'un voyage en automobile. Qu'il refusa la fourrure et le bonnet de cuir que lui proposait Marcel Proust, lequel s'enveloppa de son habituelle vigogne et ne lui en tint pas rigueur. De s'en tenir &#224; son demi manteau us&#233;, mais noir avec &#233;charpe, faisait partie du personnage Baudelaire. Il se tint d'ailleurs raide et silencieux toute la promenade, sur les hauts de Honfleur jusqu'au promontoire du grand estuaire. Il semble que Marcel Proust ait consid&#233;r&#233; sa proposition, et qu'elle soit accept&#233;e, comme quelque chose d'aussi haut et singulier que l'estime qu'ils partageaient pour l'art de la phrase &#8211; et c'est peut-&#234;tre pour cela qu'ils n'en prononc&#232;rent pas. Il semble que dans un message pneumatique &#224; un proche, mais dont nous n'avons pas trouv&#233; de trace mat&#233;rielle, Proust ait qualifi&#233; d'arrogance ce mutisme obstin&#233;, ce refus aussi d'accepter la moindre convention (la fourrure et le bonnet). Et que Baudelaire, ramen&#233; &#224; Honfleur au retour, dans un adieu parfaitement civil, ait seulement marmonn&#233; : &#8212; C'est bien bruyant, pour peu de vitesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>[10] qui avait fait se cabrer mon cheval, un avion</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>vitesse</dc:subject>
		<dc:subject>biographie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;singuliers anachronismes de l'aviation dans la Recherche&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;2013 | Proust est une fiction &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot720" rel="tag"&gt;vitesse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot723" rel="tag"&gt;biographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;
&lt;a href='http://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sommaire g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;&lt;br&gt; &lt;a href='http://tierslivre.net/spip/spip.php?article3217' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pr&#233;c&#233;dent&lt;/a&gt; _ &lt;a href='http://tierslivre.net/spip/spip.php?article3219' class=&#034;spip_in&#034;&gt;suivant&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le train et la voiture, comment l'avion n'aurait-il pas &#233;t&#233; un th&#232;me obligatoire pour Marcel Proust ? L'avion surgit, il faut l'&#233;crire. Il l'&#233;crit dans la splendeur de son fait. Se l'offrir, plus cher qu'une Rolls-Royce, plus cher qu'un yacht. En faire un objet de litt&#233;rature : qui d'autre, puisque c'est attest&#233; par Kolb, aurait eu cette id&#233;e de faire peindre sur un avion ce vers de Mallarm&#233;, &lt;i&gt;Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui ?&lt;/i&gt;. Mais l'avion ne peut r&#233;p&#233;ter dans la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt; ce qui s'est pass&#233; avec le passage de la cal&#232;che &#224; cheval de la marquise de Villeparisis, &#224; la voiture automobile lou&#233;e avec son chauffeur pour la m&#234;me promenade. Le train aussi, premi&#232;re sc&#232;ne l'arriv&#233;e &#224; Combray aux vacances, deuxi&#232;me sc&#232;ne la nuit en train pour la premi&#232;re arriv&#233;e &#224; Balbec, ne pourrait laisser se reproduire une sc&#232;ne simplement d&#233;calqu&#233;e en structure. Alors Marcel Proust a cet &#233;blouissement : l'avion sera dans le ciel parfaitement bleu, l'avion volera sur la mer bleue. Il y a la guerre qui approche et menace au nord et &#224; l'est, on enverra l'avion au Sud. Et ce sera une sc&#232;ne tragique, mais pour qu'elle soit infiniment tragique elle devra &#234;tre infiniment d'amour. Marcel Proust n'oublie aucun d&#233;tail : l'avion doit &#234;tre reli&#233; au livre, en 1914 &lt;i&gt;Swann&lt;/i&gt; est d&#233;j&#224; publi&#233;, il a commenc&#233; la grande spirale circulaire qui l'emportera. L'avion s'&#233;crase dans la mer et le pilote de vingt-six ans est noy&#233;, c'&#233;tait celui qui aussi avait &#224; charge de dactylographier son livre. Marcel Proust a &#233;crit ce texte d'une traite, comme d'un cri dans la douleur et le deuil. Ce sera l'&#233;bauche, d&#233;sormais plus rien n'importe, s'il y a trace &#233;crite le livre saura bien la rejoindre. Mais Marcel Proust l'architecte n'a aucun moyen d'ins&#233;rer l'avion ni la mer ni le corps du jeune pilote noy&#233; dans son livre. Ce serait dans un deuxi&#232;me livre, mais Marcel Proust sait qu'il n'y aura pas de deuxi&#232;me livre. Ce 30 mai 1914, d'un seul jet de trois pages, Marcel Proust a invent&#233; Agostinelli et la mort d'Agostinelli, et prit marque pour faire entrer l'avion en litt&#233;rature, juste apr&#232;s les &lt;i&gt;a&#233;roplanes de Brescia&lt;/i&gt; &#233;crits par Kafka (il ne le sait pas) et &lt;i&gt;Pylone&lt;/i&gt; qu'&#233;crira William Faulkner (il ne le saura pas). Agostinelli na&#238;t et meurt dans une lettre de Marcel Proust, &#224; cause de l'avion m&#234;me et du ciel bleu, pour le sens du tragique, et une page de livre qui n'entre pas dans la grande ronde circulaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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