<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
	<link>https://www.tierslivre.net/spip-443/</link>
	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?id_mot=525&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Jos&#233; Angel Valente | Sur la langue des oiseaux</title>
		<link>http://tierslivre.net/spip/spip.php?article59</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tierslivre.net/spip/spip.php?article59</guid>
		<dc:date>2005-03-12T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>_ tiers livre, grandes pages</dc:creator>


		<dc:subject>Ancet, Jacques </dc:subject>
		<dc:subject>Valente, Jos&#233; Angel (Espagne)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;chaque dimanche, une page singuli&#232;re de litt&#233;rature&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;le mag | grandes pages&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot215" rel="tag"&gt;Ancet, Jacques &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot525" rel="tag"&gt;Valente, Jos&#233; Angel (Espagne)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;traduction Jacques Ancet, &#169; Les &#233;ditions Corti - voir liens propos&#233;s ci-dessous par Ronald Klapka...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Toute exp&#233;rience extr&#234;me du langage tend &#224; sa dissolution. Comme la forme tend &#224; sa dissolution dans toute exp&#233;rience extr&#234;me de la forme. La forme dans sa pl&#233;nitude pointe infiniment vers l'informe. En fait, sa pl&#233;nitude ne consisterait qu'&#224; informer l'informe et &#224; dispara&#238;tre dans cet acte de signification. Il s'ensuit que la signification ultime de la forme est une nostalgie de dissolution. Le mouvement cr&#233;ateur lui-m&#234;me, l'&lt;i&gt;Ursatz&lt;/i&gt;, le mouvement originaire, qui pourrait &#234;tre un autre aspect, un autre nom de l'Unique, de l'Un ou de l'Unicit&#233;, r&#233;alise l'abolition infinie des formes, leur r&#233;immersion dans le cycle infini des formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus, dans la vision du monde soufi, et plus exactement dans la vision du monde mystique d'Ibn'Arabi, se situe entre les notions de &lt;i&gt;fana&lt;/i&gt;, an&#233;antissement, et &lt;i&gt;baqa&lt;/i&gt;, perp&#233;tuation. &#034;La disparition d'une forme dans son &lt;i&gt;fana&lt;/i&gt; se produit &#224; l'instant de la manifestation de Dieu dans une autre forme (&lt;i&gt;Sagesse des proph&#232;tes&lt;/i&gt;). Dissolution perp&#233;tuelle des formes dans le divin, con&#231;u &#224; son tour par la th&#233;ologie grecque non anthropomorphiste comme &#233;tranger ou indiff&#233;rent &#224; la forme et, bien s&#251;r, &#224; la figuration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'exp&#233;rience des limites ultimes du langage convergent le po&#232;te et le mystique. Etablis tous deux sur ces limites, il n'y a pas, en ce qui concerne la nature et le processus de la parole po&#233;tique, de diff&#233;rences sensibles entre l'un et l'autre. Aucune forme extr&#234;me d'exp&#233;rience po&#233;tique - et ce sont elles seules qui nous int&#233;ressent ici - ne pourrait &#233;chapper &#224; ce que, dans sa belle introduction aux po&#232;mes mystiques d'Hussein Mansur al-Hall&#226;j (857-922), dit de ces derniers Samir-Ali, leur plus r&#233;cent traducteur en langue fran&#231;aise : &#034;La po&#233;sie est, chez Hall&#226;j, la forme supr&#234;me que, provisoirement, juste avant le silence ultime, prend la pens&#233;e quand elle doit se surpasser dans l'insurpassable.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la parole po&#233;tique ne s'accomplit, ne s'incarne que sur ce bord extr&#234;me du silence ultime qu'elle contient et o&#249; elle se dissout. Cette parole n'a pas d'autre territoire propre que celui que d&#233;crit la tr&#232;s belle formule d'Hall&#226;j : &#034;Les d&#233;serts de la proximit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parole, donc, de la limite, du bord ou de l'imminencce, la parole po&#233;tique n'est pas proprement le lieu d'un &lt;i&gt;dire&lt;/i&gt;, mais d'un &lt;i&gt;appara&#238;tre&lt;/i&gt;. Le po&#232;me, &#224; l'instar du Seigneur de l'oracle, ne dit, n'affirme ou ne nie rien, mais fait signe ; il signifie, donc, l'indicible, non parce qu'il le dirait, mais parce que l'indicible comme tel appara&#238;t, se montre dans le po&#232;me, lieu, centre ou point instantan&#233; de la manifestation. C'est pourquoi le po&#232;me, la parole po&#233;tique ou le langage po&#233;tique n'appartiennent jamais au &lt;i&gt;continuum&lt;/i&gt; du discours mais supposent sa discontinuit&#233; ou son abolition radicale. La nature de la parole po&#233;tique est donc de se consumer ou de se dissoudre dans l'&#233;clat ou la transparence de son apparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le po&#232;me est le lieu o&#249; s'accomplit la nostalgie de la dissolution de la forme, o&#249; le langage reste en suspens (&lt;i&gt;Je ne sais quoi qu'ils vont balbutiant&lt;/i&gt; - Jean de la Croix), arr&#234;t&#233;, &#233;bloui par ce qui se manifeste en lui, et o&#249; les notions d'espace et de temps, les notions de soi-m&#234;me ou de moi connaisent avec le langage leur dissolution, leur &lt;i&gt;fana&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que le langage s'embrase ou se dissout dans l'&#233;clat ou la transparence de l'apparition, de m&#234;me le moi qui voit s'embrase-t-il et se dissout-il dans la transparence de la vision, dans &#034;un &#233;tat o&#249; toutes les forces de la conscience s'unissent / en se tournant vers une vision qui d&#233;truit tous ceux qui voient.&#034; Et encore : &#034;Errant dans les d&#233;serts de la proximit&#233; [...] Et dans la proximit&#233;, la vision de moi s'absenta de moi / Au point que j'oubliai mon nom.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discontinuit&#233; du discours et du temps, rythme d'une fulgurante apparition et d'une cessation de tout (&lt;i&gt;tout cessa, je cessai&lt;/i&gt; - Jean de la Croix) d'une radicale suspension du langage [...] L'association de ce que nous avons appel&#233; rythme naturel de la parole po&#233;tique aux textes sacr&#233;s est un second point de contact entre le po&#232;te et le mystique. La langue po&#233;tique a &#233;t&#233; la langue originaire du sacr&#233; dans toutes les traditions. Langue primordiale, langue de la r&#233;v&#233;lation solaire, la parole po&#233;tique correspondrait, dans les formes extr&#234;mes envisag&#233;es ici, &#224; ce qui dans le Coran s'appelle la langue des oiseaux. &#034;Et Salomon fut l'h&#233;ritier de David et il dit : - Oh ! hommes, on nous a enseign&#233; la langue des oiseaux, et toutes les gr&#226;ces se sont r&#233;pandues sur nous.&#034; Langue o&#249; se sont op&#233;r&#233;es la destruction du sens et de la suspension du temps : celle de l'oiseau inextinguible...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
