<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
	<link>https://www.tierslivre.net/spip-443/</link>
	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?id_mot=1130&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>73 | G&#246;teborg de nuit, No&#235;l 1979</title>
		<link>http://tierslivre.net/spip/spip.php?article5101</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tierslivre.net/spip/spip.php?article5101</guid>
		<dc:date>2022-01-16T16:23:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Munch, Edward</dc:subject>
		<dc:subject>1979</dc:subject>
		<dc:subject>G&#246;teborg (Su&#232;de)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Su&#232;de, G&#246;teborg, 1979, Edward Munch&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot92" rel="tag"&gt;Munch, Edward&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot1070" rel="tag"&gt;1979&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?mot1130" rel="tag"&gt;G&#246;teborg (Su&#232;de)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='http://tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;73 | G&#246;teborg de nuit, No&#235;l 1979&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Et ce job tu finirais par t'en d&#233;brouiller, puisque fin d&#233;cembre de la m&#234;me ann&#233;e 1979, tu avais accompagn&#233; ce grand &#233;chalas de Ducros, ing&#233;nieur sp&#233;cialis&#233; m&#233;tallurgie (je me souviens de son nom mais plus de son pr&#233;nom, je crois qu'on s'appelait par nos patronymes : il &#233;tait venu au d&#233;but &#224; Bombay avec moi, on avait appris &#224; cohabiter &#224; preuve cette &#233;chapp&#233;e &#224; Goa, il r&#234;vait d'une &#233;chapp&#233;e &#224; Goa, &#231;a ne me serait pas venu sans lui cette id&#233;e), je me rodais &#224; cette promiscuit&#233; contr&#244;l&#233;e des missions et chantiers &#8212; quand on franchissait une &#224; une les &#233;tapes dans ce genre de boulot, il &#233;tait convenu que c'&#233;tait pour la vie &#8212;, je devais seulement l'assister pour une d&#233;mo, dans ce chantier naval gueule ouverte sur la Baltique, d'une machine &#224; ventouse (on pompait jusqu'au vide pour qu'elle s'applique de fa&#231;on &#233;tanche &#224; la coque) susceptible de r&#233;parer hors d'eau ou en bassin des fissures ou faiblesses ou t&#244;le remplac&#233;e sur les coques de leurs sous-marins, non pas nucl&#233;aires comme les n&#244;tres &#224; l'&#206;le-Longue mais traditionnels, sauf que oui, de la Baltique aux fonds arctiques &#231;a pullulait dans le coin les sous-marins, et encore tout r&#233;cemment un submersible russe qui s'&#233;tait &#233;chou&#233; dans leurs eaux territoriales, moi je m'occupais des jointoyages, des transfos et pompes &#224; vide tandis que Ducros d&#233;finissait ses param&#232;tres et protocoles, avant que les &#233;chantillons soient sci&#233;s en deux et partent en labo, on s'en &#233;tait parfaitement tir&#233; m&#234;me si en fin de compte c'est &#224; nos concurrents allemands qu'ensuite ils ach&#232;teraient leur ventouse et moi c'est une collection &#233;clat&#233;e d'images qui parviennent : le hall g&#233;ant mais absolument vide de ce chantier maintenant reconverti &#224; la recherche, on pouvait y tirer une fr&#233;gate au sec mais jamais, jamais je n'avais march&#233; dans un espace int&#233;rieur de cette taille et &#231;a m'a bouscul&#233; des ann&#233;es durant mes r&#234;ves ; les parois bois&#233;es de la chambre d'h&#244;tel o&#249; forc&#233;ment le soir on se r&#233;fugiait puisque d&#232;s 15 heures il faisait nuit ; qu'avec Ducros on &#233;tait all&#233;, dans un auditorium en ovale au plafond tout entier bois&#233; aussi, &#233;couter du Bach sans que je me souvienne mieux mais c'&#233;tait du Bach ; que seul, le samedi, j'&#233;tais all&#233; au mus&#233;e et &#233;tais rest&#233; comme t&#233;tanis&#233;, immobile presque &#224; paralysie, devant un Edward Munch l&#224; juste en plein dans l'entr&#233;e m&#234;me si c'est seulement au retour, &#224; cause d'un film sur la vie de Munch, que je mettrais mieux en place qui il &#233;tait et pourquoi cet effet-l&#224; (je connaissais peu les mus&#233;es, pas du tout l'art, c'&#233;tait comme un court-circuit &#224; partir de quoi tout plus tard se rassemblerait) ; qu'un soir de la fin de ces dix jours le responsable de ce labo soudage sous-marin qui nous accueillait, dont le pr&#233;nom &#233;tait Niels (le contraire de Ducros, lui c'est le patronyme qui m'&#233;chappe) avait pr&#233;texte que notre Ford Fiesta de location b&#233;n&#233;ficiait d'un toit ouvrant coulissant &#8212; moi, ma surprise, c'&#233;tait plut&#244;t l'impossibilit&#233; d'en &#233;teindre les phares, m&#234;me dans les quatre br&#232;ves heures de jour conc&#233;d&#233;es en cette saison, pour qu'on l'emm&#232;ne en p&#233;riph&#233;rie acheter un sapin de No&#235;l qu'on avait rapport&#233; plant&#233; vertical dans la toute petite voiture, comme un m&#226;t de voilier et par moins quinze ou moins vingt dehors, jusqu'&#224; son domicile dont je n'ai pas souvenir sinon qu'il y vivait avec sa compagne et des chats, je revois un int&#233;rieur molletonn&#233; et encombr&#233;, mais qu'on y avait mang&#233; &#224; la fa&#231;on traditionnelle su&#233;doise et que c'&#233;tait un accueil parfaitement sans faute ; mais surtout et voil&#224; ce qui l&#233;gitime l'insertion ici de ce r&#233;cit : chaque midi, apr&#232;s travers&#233; ce hall sans limite et d'une hauteur encore plus impressionnante que ce que je d&#233;couvrirais bien tard &#224; l'aci&#233;rie de Fos-sur-Mer (parce qu'ici c'&#233;tait vide alors qu'&#224; Fos c'&#233;tait pour y envelopper les machines g&#233;antes de la coul&#233;e puis du laminoir ?), on parvenait ensemble avec Ducros et le vieux Niels, son bonnet &#224; pompon retombant fa&#231;on carte postale, &#224; une cantine o&#249; &#224; peine on &#233;tait quelques dizaines de types dispers&#233;s l&#224; o&#249; quatre cents auraient pu s'asseoir &#224; l'aise (c'&#233;tait forc&#233;ment tr&#232;s masculin, les chantiers navals, &#224; cette &#233;poque) et que sur le plateau on vous posait d'embl&#233;e un verre de lait quasi d'un quart de litre, je n'avais pas d&#251; en boire le premier jour et puis finalement si, je ne sais pas m&#234;me si ce n'&#233;tait pas consid&#233;r&#233; comme obligatoire pour les soudeurs, en France aussi on avait une loi en ce sens, et ce go&#251;t du verre de lait et l'immensit&#233; du hall vide je les associe d&#233;finitivement, en tout cas &#224; quarante ans de distance, &#224; cette grande fa&#231;ade vitr&#233;e d'o&#249; le soleil bas de l'hiver nous &#233;clairait horizontalement pleine face, tandis que d&#233;filaient au ralenti dans le d&#233;troit d'&#233;normes cargos et porte-conteneurs russes tout charg&#233;s de stalactites &#233;tincelantes &#8212; je les revois comme si j'avais fait des photos.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
