#été2024 #27 | imaginaires du livre, Manganelli 2

le cycle été 2024 de Tiers Livre



 sommaire général et présentation du cycle été 2024 (plus inscriptions) ;

 la page unique Patreon avec récap des consignes écrites et téléchargements fiches d’appui (ou via lettre mail dédiée pour les participant·e·s non abonné·e·s) ;

 l’ensemble des participant·e·s à ce cycle reçoit directement par lettre mail dédiée les nouvelles propositions, le journal de bord, et les fiches d’appui ;

 problème d’accès WordPress ou réception lettre mail : nous écrire !

 

#27 | imaginaires du livre, Manganelli 2


D’emblée, non pas des excuses, mais une précaution : cette proposition ainsi que les deux suivantes vont probablement se révéler plus funambule.

Tout simplement parce que bifurcation du cycle : ce qui va rassembler rétrospectivement les textes, et leur donner l’inertie minimum pour sédimenter au-delà d’eux-mêmes, nécessite qu’on s’écarte du simple ajout de matériaux, d’expérimentation de formes, mais qu’on s’interroge sur l’imaginaire même du livre, ce que chacune et chacun d’entre nous en porte.

Et surtout, sans vouloir se rien prouver à soi-même, ni que ça ne marche pas, ni que ça tombe tout droit dans l’assiette. On va procéder par variations, superpositions, transparences. On ne va surtout pas essayer tout de suite de rassembler les textes (vos vingt-six contributions déjà en ligne, plus le prologue) mais on va jouer de leur organisation selon différentes figures.

Et, pour la première, même si on va avancer à tâtons — je répète, sans rien chercher à prouver, ni solutionner, juste amorcer des recompositions, des transversales -, un livre légendaire, même si beaucoup plus connu partout en Europe qu’en France Centurie de Giorgio Manganelli, ici avec la chance et d’une traduction de Jean-Baptise Para, et d’une introduction d’Italo Calvino.

Paru originellement chez Rizzoli en 1979, Centurie a été traduit aux éditions Christian Bourgois la même année que Bruits ou voix, en 1994. On a la chance d’une étonnante republication aux éditions Cent Pages, véritable réinvention graphique.

Pour travailler à cette proposition, je ne vous propose pas d’extrait, mais une recomposition complète de l’édition Bourgois, usage personnel uniquement bien sûr, et ce que je vous propose : pas forcément la lecture intégrale, mais voir comment cent fois, dans les cent textes quasi d’un format identique (2 500 signes, soit une grosse page et demie), Manganelli s’exerce à une variation, que lui présente comme un roman complet.

Et c’est cela qui va nous aider : dans Centurie, il ne s’agit pas de cent débuts de roman. Et il ne s’agit pas de résumés de romans, comme on rédigerait une « IV de couv ». Manganelli, qui connaît probablement les plus célèbres anamorphoses des églises romaines, nous suggère qu’il s’agit bien d’anamorphoses : un roman de 200 ou 400 pages, mais qui s’écrit en une page et demie lorsqu’on le voit dans cette déformation optique.

Et nous, alors ? D’abord repérer, en lisant sur vos écrans le PDF de Centurie, les récurrences : les récits qui commencent par un homme qui, les récits qui associent deux personnages, en général un il et un elle, les récits avec fantômes, ou les récits avec ville, ou avec animaux.

Ce qui compte, c’est la démultiplication. Je vous suggère (d’où mon avertissement préalable, trois propositions successives qui seront une bifurcation, mais vont demander une approche différente — quitte d’ailleurs à y revenir une fois qu’on aura repris, pour la troisième et dernière boucle des quarante exercices, un cours plus classique) de prendre le temps d’écrire trois textes brefs (ou pas, d’ailleurs !), qui seraient chacun un début de roman (version simple), ou une « image » (anamorphose) d’un roman complet.

Mais surtout, et j’insiste et répète, sans jugement, sans demander au texte une preuve. On est dans l’étude. On s’en tient, on va s’en tenir pour cette proposition et les deux suivantes, à trois ébauches et pas plus.

Ici, pour cette #27 dans le sillage du Centurie de Manganelli, sur quoi prendre appui ? Et c’est vraiment une demande insistante, parce que la #28, sur une autre piste de départ, procèdera de façon similaire : prendre appui sur trois de vos contributions déjà rédigées et publiées. L’imaginaire du livre, c’est ce livre inconnu dont, trois fois, trois de contributions ont été un fragment retrouvé, quelque chose comme les manuscrits dispersés de Qumran.

Donc, rebalayer vos contributions (c’est facile : il suffit d’ouvrir le fichier traitement de texte où vous les rassemblez et mettez en page, pour l’instant dans leur ordre chronologique, je suppose, et sans lien ?), et en sélectionner trois (trois) qui pourraient (pourraient) être le fragment conservé d’un livre effacé, perdu, ou tout simplement pas encore écrit...

Et vous écrivez trois fragments qui sont, comme le fait Manganelli, un livre complet mais qui, si on le développait, inclurait cette contribution que vous avez sélectionnée, et de même pour les deux autres.

Alors oui, je me répète et répète : ne rien forcer. Si ça ne marche pas, ça ne marche pas. Déjà, on aura pris distance, on se sera éloigné des textes pour les considérer dans leur ensemble. Si cette proposition n’est pas bonne clé d’entrée, celle qui va suivre, la #28, ou celle qui suivra, donc la #29, vous laisseront passage. Cette bifurcation est trop importante pour dépendre d’une mécanique.

Mais aujourd’hui, avec ce livre de légende, on ouvre une porte : on écrit, rétrospectivement, depuis la collection arbitraire, disjointe, de vos 25 contributions précédentes, l’imaginaire du livre fictif qui pourrait inclure, en tant que fragment réalisé, cette contribution. Et on a cent pistes pour le faire, rien qu’à feuilleter Centurie !

Et surtout, ne pas en demander plus à ces trois fragments qui vont en résulter : trois « imaginaires » brefs, trois contributions parmi vos vingt-cinq déjà écrites. Une ébauche, et c’est ce procédé qu’on va répliquer, au moins deux fois.

Prendre le temps de laisser ça décanter, avant d’écrire — ou la symétrique : aller dire qu’on cale !

Bien convaincu de la prise d’élan à suivre !

 


© François Bon & Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales & e-mail
1ère mise en ligne et dernière modification le 18 juillet 2024
merci aux 307 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page