#40jours #35 | Kafka 2, dans notre ville on bâtit continuellement

au défi d’un exercice quotidien d’écriture pendant 40 jours


 

 abonné·e·s : accès direct sur Patreon avec document d’appui –- et note à l’ensemble des inscrits : merci prévenir si compte auteur pas mis en place sur le WordPress, ou présence dans sommaire auteurs etc, ou si souhait lettre d’info parallèle au message Patreon ;

 inscription permanente via le Patreon (niveau 3, atelier) (abonnement) ou via la librairie du site ;

 l’inscription est nécessaire pour : accès privilégié aux propositions, aux documents complémentaires et fiches ressources, accès à la plateforme de publication collective et aux Zooms hebdo et leurs archives ;

 lire les contributions à l’exercice et publier la vôtre.

 retour sommaire général de la série ;

 

#40 jours #35 | Kafka 2, dans cette ville on bâtit continuellement


Dans cette première moitié de notre quatrième décade, l’idée était de se concentrer sur la recomposition mentale, la forge des images mentales, avant même leur condensation en récit et leur recomposition en roman, film, voire essai mais en tout cas retrouvant interaction avec le réel via la publication.

La question de la recomposition permanente et sourde de la ville, comment sans cesse elle se reconfigure, est donc une figure à double sens : à la fois ce dont on va tâcher de se saisir depuis cet espace mental, et à la fois ce qui, dans le monde réel, via l’approche urbanistique notamment, sert en miroir de métaphore à l’écriture.

C’était cela sur la route, et ce texte de Kafka s’est glissé à ce moment-là comme rassemblant cette double instance : la recomposition en tant qu’elle se fait, en permanence, en tant que la recomposition urbanistique, qui détruit, remplace, refait, se déplace, est un mouvement permanent en partie indépendant des objets urbanistiques qu’il réarrange.

Il y a chez Kafka une nappe sous-jacente, parmi d’autres très identifiables aussi, qui consiste en proses ainsi presque poétiques, même si l’instance narrative y est toujours réglée, précise, tendue, sans irruption de personnages, mais où la question même de la ville (ou du village, du hameau, du pont, de la gare, du paysage) constitue la matière même du texte, mais où s’effectue ce double jeu de métaphore : texte qui nous aide à voir autrement le réel, saisie du réel qui nous permet d’établir un autre type de texte, et s’en constitue la métaphore.

Dans ce texte étrange de Kafka, voir document joint, une page et demie, la première phrase pourrait suffire à notre proposition : « Dans notre ville, on bâtit continuellement. » L’adverbe en 6 pieds qui remplace le complément d’objet direct, fait du verbe un processus indépendant de son but. Le verbe « bâtir » bien sûr comme ce processus de recomposition (on ne bâtit pas sans démolir ni remplacer). Et ce « notre » du « notre ville » qui fait bien plus que qualifier la ville : la poser comme instance même de la communauté, instance même du nous, et cette traversée par quoi la métaphore vaut pour les deux sens.

D’où le jeu proposé ici, a priori simple : on reprend littéralement, en l’écrivant, en le recopiant au clavier, cette première phrase de Kafka : Dans notre ville, on bâtit continuellement. Puis l’appliquer à son propre espace, son territoire urbain, ou fragment urbain, ou unité d’espace quelle qu’elle soit.

Une fois le texte écrit, effacer la phrase de Kafka qui lui sert d’incipit.

Bonnes écritures.

 


responsable publication françois bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 15 juillet 2022
merci aux 107 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page