15 | cette boulangerie près de l’ENS Lyon

tags : Lyon, 20117, Philippe Liotard


Ce texte est un fragment d’un travail en cours, amorcé le 20 décembre 2020 et non destiné à publication hors site (pour l’instant).

Le principe est d’aller par une phrase par lieu précis de remémoration, et d’établir la dominante sur la description même, si lacunaire qu’elle soit, du lieu — donc public, puisque bar, bistrot, resto — de la remémoration.

La rédaction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s’appuie principalement sur la navigation par mots-clés depuis la page des index lieux, noms, dates.

Point régulier sur l’avancée de ce chantier dans le journal #Patreon.

 

15 | cette boulangerie près de l’ENS Lyon


Et parce que la première fois que tu étais venu pour ces deux fois deux jours de stage à Lyon, à ce qu’ils nomment École nationale supérieure, mais tu n’y connais personne, dans les couloirs vides du vendredi soir et du samedi, dans ta salle une quinzaine de visages non francophone mais champions dans leur discipline, entrant dans cette boulangerie au carrefour tu avais aperçu ces quatre tables entassés dans ce qui n’était même pas une arrière-salle et avais demandé si tu pouvais y prendre ton café double, il y avait juste un homme voûté et plus que vieux, marmonnant bizarrement (mais l’enregistrer n’aurait pas été assez discret, juste l’appareil photo posé sur un coin de table près de ta tasse déclencher à la volée et tant pis si le marron de la table prendrait la moitié de l’image et la silhouette, elle, bougée), étaient venus s’ajouter les quatre éboueurs du boulevard, le camion clignotant en stand-by sur le trottoir d’en face, comprenant que tu avais pris leur place, mais ils avaient gentiment pris la place d’à côté, l’importance du journal local commenté quand tu ne connais plus, pour toi, d’usage du journal local et les quatre années à suivre (puisque cette année supprimé sans même en parler, le stage, et comme tant de choses peu probable qu’il reprenne) chaque double samedi matin tu avais repris au même endroit à la même heure un café double identique et la même viennoiserie encore toute chaude, voisinant avec des couples improbables ou d’autres vieilles personnes comme échouées là pour une heure, mais laissant leur table libre aux éboueurs qui immanquablement surgissaient, mais peu probable qu’eux d’une année à l’autre te reconnaissent, c’est un des ingrédients du jeu (et parler des fish & chips avec Philippe Liotard, mais pas tout à la fois).

 


responsable publication françois bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 16 janvier 2022
merci aux 53 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page