chantiers de l’Atlantique (du web et de la durée)

une incursion dans les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire


reprise, 5 juillet 2012, du web et de la durée
Quel est le plus ancien billet de ce site, compte tenu que je l’ai passé en spip en janvier 2005, mais qu’il comporte encore, avec liens ou sans liens, nombre des pages de la période précédente (lancement septembre 2007), ainsi ce dossier wcam (qui a des parties plus anciennes, mais sous clé). Est-ce que moi-même je suis encore capable de mémoriser l’ensemble de ce que contient ce site ? Comment différencier aussi ce qui s’écrit directement en ligne, des archives écrites pour des médias non web, mais intégrées ici ensuite ? (et quel statut les textes que je n’ai pas voulu reprendre, qui cessent par cela même de figurer dans ce qu’on appelait autrefois bibliographie d’un auteur, de laquelle j’ai repris possession y compris dans ce que je gomme ?) Du coup, relecture de ce ce billet parce qu’un de mes premiers probablement à être accompagné de photographies numériques, bien sûr réalisées sans autorisation.

présentation initiale, 14 juin 2006
Les éditions de la Découverte, en 2003, une série thématique sur la France contemporaine. Arnaud Viviant m’avait demandé de participer au livre intitulé Ouvriers, et je leur avais proposé ce compte rendu d’une visite aux Chantiers de l’Atlantique. Ces derniers mois, à l’Imprimerie nationale, ou chez Alstom Grenoble, j’ai pu à nouveau entrer dans des lieux industriels, comme pour Paysage Fer un peu plus tôt, c’est une nécessité d’ordre esthétique. Ce qui se fait là déplace notre rapport au monde, la perception qu’on a de ses objets, la notion des outils. C’était bien avant l’accident de la passerelle du Queen Mary, et on nous avait bien spécifié que les photos étaient interdites.

 

De bleu et de noir


C’est dimanche. On travaille quand même aux Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire. Je suis sur la galerie qui longe, côté forme sèche, le grand atelier de soudage. Quatre cent cinquante mètres de long. Des robots clignent, hissés sous des portiques jaunes. Les hommes en bleu sont dispersés près des tôles en avancée lente, pour la coque et les structures d’un paquebot à venir.

Longtemps, pour aborder ce texte, j’ai pensé à ceux qui n’étaient plus. Le vieux Raoul sur son estrade de tour, dans le fond du garage, ses lunettes de sécurité relevées sur le front, sous la lampe jaune de la machine. A cet aiguilleur unijambiste, à Longwy, du temps des aciéries, qui, chaque vingt minutes, devait actionner un levier pour envoyer tel wagon de minerai vers un haut-fourneau ou l’autre. J’en dressais la liste : aucun ne travaillait plus. Aucun des lieux où ils étaient ne fonctionnait en tant qu’atelier. On aurait pu imaginer un grand tombeau de la fonction ouvrier, à rassembler ainsi, même juste aperçues, les visages et le geste. Bâtir un musée à l’ouvrier inconnu.

Ici, aux Chantiers de l’Atlantique, ils sont 5000, de tous corps de métiers. Electricité, tuyauterie, mécanique, peinture. Et ceux qui, dans les bureaux d’études, s’assemblent aussi à plusieurs centaines pour qu’on passe de ces tôles à plat sous le ciel, à peine grenaillées, à ces blocs compliqués soudés culs par dessus tête, plafonds en bas, et qu’on assemble comme une pyramide, commençant par le milieu du bateau au fond pour l’élever et que tout colle au millimètre : ils ne sont pas les fils ou les neveux de ceux-ci qui, à la génération précédente, traçaient à la craie bleue le profil à assembler directement sur le quai plutôt que de le calculer sur l’écran de l’ordinateur ? Au-dessus du champ des tôles mises à plat, un portique roule, les prend avec son électro-aimant, deux plaques se soulèvent, la deuxième retombe, la tôle de quatorze mètres part au grenaillage puis au découpage, au formage, et rejoindra ensuite l’atelier de soudure. L’homme, là-haut dans le portique, qui commande aux électro-aimants, à douze mètres du sol : ses pensées, et s’il écoute une radio, et comment lui-même conçoit ici son statut ? Et l’autre pontonnier, au-dessus de la forme sèche, quand on a dix heures pour retourner et reposer au millimètre un bloc assemblé de cinq cents tonnes, ouvrier ?

Je roulais en voiture. Moi-même j’ai quitté ce monde. On en a toujours témoignage, par les voisins, la famille. Les petites brimades, les histoires de chefs et de cantine. Les licenciements par vague qui vous lèchent. Au long de la route, c’est la mode en ce moment, dans les départements, ces silhouettes de bois noir. A chaque virage ou chaque carrefour, parfois par bouquets de deux ou trois. Parfois, même, l’icône de bois est fleurie. Cela représente les morts sur la route, c’est censé effrayer (on en doute) le pilote de la petite 205 qui vous double à toute allure malgré la ligne blanche continue. Ce texte aurait pu être ainsi une suite de silhouettes noires : on marcherait à pied à Vitry-sur-Seine, à Toul ou à Ruffec, et près de chaque bistrot désert aux coins de rue il y aurait les silhouettes noires de ceux qui travaillaient ici et il n’y a plus personne. A Sciaky Vitry, en 1977, on était 1300, et plus que 950 fin 1980 quand je suis parti, et à peine 400 maintenant. C’est aussi que la vie a changé : à quoi bon les fonderies s’il n’y a plus de radiateurs en fonte, d’usines de pignons et arbres pour boîtes de vitesse à La Rochelle (et on construisait pour les 2500 ouvriers qui, il y a moins de trente ans, quittaient pour cela leurs fermes mourantes et les villages du marais poitevin, des immeubles de six étages au bord de la rocade neuve, vue imprenable garantie sur la mer à l’horizon), si on ne répare plus les boîtes de vitesse et qu’elles sont livrées toutes prêtes du Mexique et d’Espagne, les mêmes pour toutes marques de voitures ? Silhouettes de bois noires en paquet de mille sur la rocade de La Rochelle et de tant d’autres villes.

Chantiers de l’Atlantique. Après le premier robot jaune qui procède à la mise en place (une salle de contrôle étanche et climatisée fait face à la galerie où je suis, là-bas à l’étage deux hommes et des écrans, derrière la vitre bleutée), une poignée d’hommes en bleu procèdent, avec masques et baguettes, à un agrafage. La tôle rampe lentement sur les rails. Le second robot, sous gaz neutre qui limite les déformations, soude automatiquement les zones droites. Nous concevions et fabriquions, à Vitry, ces machines à souder : je sais ce que recèlent les deux têtes mobiles du robot piloté là-haut par les ordinateurs. A l’époque, la fabrication à Vitry d’une machine à souder rassemblait des dizaines de corps de métier dans un grand hall (on disait fièrement, nous aussi, que c’était comme construire un paquebot), là où l’assemblage du robot est une tâche miniature, technologique et précise. Il y a de grandes caisses blanches marquées « air respirable », cela met un peu mal à l’aise, vu de loin, parce qu’on s’imagine soudain que son propre air ne l’est pas du tout. C’est pour les autres hommes en bleu, là-bas, près du robot, en combinaison étanche. On les alimente en air ventilé, les poussières au-dessus d’eux sont aspirées, et tout près de la chaîne des bouteilles d’eau minérale leur sont livrées en palette. A eux seuls de faire les angles, à eux seuls de souder ces colonnes d’acier spéciaux rouges qui serviront, dans la coque et les structures du paquebot déformable, à la transmission des efforts. Aristocratie du geste ouvrier, de ce qu’il y a d’irréductible au geste maître de l’homme quand c’est au fer et au feu qu’on touche. J’ai connu des ouvriers soudeurs un peu partout, à Longwy, quand à l’été nous autres, jeunes blanc-becs en école d’ingénieurs, nous louions comme ouvriers pour la réfection des laminoirs, ou bien à Prague et Moscou, quand la bouteille de lait offerte chaque jour (paraît-il, pour limier la dégradation des yeux de qui manipule huit heures d’affilée l’ultraviolet) ils la ramenaient à la maison pour leurs gosses. Ou à Bombay, ceux qui soudaient pieds nus, assis par terre, la peau constellée d’étoiles par les éclats durcis de fer, que j’avais exigé, Européen fier, qu’ils soient dotés de chaussures de sécurité comme ici, et que revenant l’année suivante toutes les chaussures avaient été revendues. La même aristocratie pourtant, à qui sait tenir à bout de doigts la goutte en fusion du métal sous l’arc et en organiser la lente translation sans bavures ni coulée.

En voiture dans la zone portuaire de Saint-Nazaire, attendant ce moment de pénétrer dans les chantiers, et la suite des enseignes sur la zone commerciale, Leroy-Merlin ou Conforama pour l’aménagement ménager, Décathlon ou Go Sports pour les loisirs, Darty et Boulanger pour les machines à laver, les réfrigérateurs ou chaînes Hi Fi calculées pour durée de vie de six ans et c’est tout : après, prière de repasser à la caisse. Le geste ouvrier était autrefois de donner solidité et durée. Il est aujourd’hui, dans la totalité des métiers, d’assembler comme en kit des choses qui vous arrivent toutes prêtes de la fabrication, qui n’auront pas à être démontées et prévues pour obsolescence mesurée. Ces séries d’enseignes sont les mêmes dans chaque ville, et leur arborescence est facile à rétablir : Auchan, propriété de la famille Mulliez, possède Leroy-Merlin, Saint-Maclou, Norauto, Kiabi, Boulanger, Kiloutou et Décathlon (on me pardonnera les oublis), comme Conforama, Darty et But c’est la même chose et caetera. Ce qu’on y vend s’abrite désormais sous des marques maison unifiées (c’est moins cher et on a des promotions), et même le plus simple tee-shirt allure sport se fabrique aux antipodes (silhouettes noires sur la région des Mauges, entre Angers et la Vendée, qui vivait depuis trois siècles de la chaussure, silhouettes noires sur les textiles qui occupaient les mains de Roubaix à Tourcoing). On est accueilli et renseigné, dans ces magasins qui ne fabriquent rien, et c’est des centaines de personnes qui y travaillent. Leurs pères et leurs oncles étaient ouvriers, eux on les prend, pour ranger les chaussures et les tee-shirts sur les rayons du magasin de sport, avec le bac et l’université. Jeunes pour ne pas être trop chers payés, et si vous trouvez mieux partez, on ne vous retiendra pas. Magie de ces marchands de loisirs mode sportive (chasse et golf plus trottinette compris, plus la randonnée sauvage et la ceinture de judo du petit à renouveler chaque mois de mai) qui mettent à leur service ceux qui réellement ont fait de ce loisir leur passion première, ça se voit rien qu’à leurs biscotteaux ou, pourquoi pas, la coupe mode des cheveux. Les caissières (pardon, hôtesses de caisse) sont les mêmes qu’au supermarché. L’entreprise devient reine parce que peu lui importe le diplôme ou la maîtrise du geste : on est entré dans l’ère géante de l’indifférencié, et silhouettes de bois noires partout sur le monde qui reste.

L’ère géante de l’indifférencié, et la machine à laver calculée pour telle durée : face à l’atelier de soudage, la forme sèche où s’assemblent les paquebots. Fascination qu’on a forcément pour l’ancestrale passion de mer, et l’inconnu manifeste dès lors qu’il y a horizon et que l’homme s’y embarque. Trois bateaux étagés, le premier prêt à partir en armement (comme ce mot des marins est étrange, comme si l’armement ce n’était pas ici, à ceux qui plient, soudent et conditionnent les tôles, les moteurs, les efforts, alors qu’ils mettront six mois à installer, là-bas à quai, les moquettes, miroirs et lavabos), et bientôt le bateau-porte (énorme baille rectangulaire à double paroi de ciment, mais qui flotte et se déplace) laissera se remplir la cale, les sept mètres immergés (et douze mètres au-dessus) du paquebot flotteront et on le remorquera, tandis qu’on traînera dans la forme profonde le suivant, encore en attente de peinture et tout bardé d’échafaudages, sur ses tains de vieux bois (rien qui résiste à la compression comme le bois ancestral), et qu’on assemblera le prochain, en pièces sur le quai, tandis que soixante mètres plus haut un seul pontonnier veille au tout. Les paquebots ont piscine, sauna et piste de jogging, salle de cinéma et cuisines pour lesquelles la contrainte est qu’il n’y ait pas d’angle droit, laverie et système automatique de retraitement des eaux ou chaudière de dessalement pour l’eau potable, mais les passagers ne navigueront que la nuit, au jour l’immeuble flottant est à quai dans les îles, c’est un marché juteux. On payera pour les boissons, pour le casino qu’on essayera bien une fois, pour la photographie obligatoire en compagnie du commandant : le paquebot sera rentabilisé en quatre ans. A Marseille il y en a huit à vendre qui n’ont pas dix ans, allez croire en ce que vous faites autrement qu’à un produit genre machine à essorer. Le suivant est japonais, il s’appelle Lirica (là-même où l’Erica...), plus large que la moyenne pour accueillir, en mers d’Asie, des prestations de chanteurs lyriques dans la salle de spectacle ultramoderne, c’est paraît-il tellement plus beau sur la mer, les vocalises : quand on est séparé du monde de tous ceux qui ne peuvent pas payer autant que vous ? On vous dit que les Chantiers de l’Atlantique ont pour seul marché ces bateaux dit « à forte valeur ajoutée », et que pour les bateaux ordinaires on ne peut pas lutter avec la Corée ou la Finlande : à quoi cela sert donc, d’être ici le meilleur ouvrier ?

On pense à Fernand, que ses copains attachaient par les pieds pour qu’il descende la tête en bas au fond des chaudières en vérifier le réfractaire, on pense à Mathieu (c’est son nom, son prénom était perdu depuis longtemps) qui avait connu ce qu’il disait comme d’un seul tenant : « l’usine à brouettes » - je ne sais pas s’il existe encore ici en France une seule usine à brouettes, on pense à celui qu’on appelait simplement « le sourd », parce qu’il était sourd, ouvrier câbleur et qu’il fallait parfois le soir aller secouer, entre ses pinces à cosses et ses gaines, pour le prévenir que c’était fini, on pense à Yvetot, dit « Dodo », parce qu’il s’endormait à volonté, dans le métro, dans le bus qui nous emmenait au chantier, à la pause de midi, et qui vous arrangeait d’un coup de grattoir n’importe quel jeu juste glissant d’alésage, on pense à cet autre, qui picolait, et un jour vos copains avaient pissé dans sa bouteille de bière et il avait vidé ça d’un trait : silhouettes de bois noir au bord de la route pour eux tous.

L’entreprise s’est dissoute. A évoquer Yvetot ou Fernand et les autres, on repense à ces cages obscures rajoutées dans les recoins de l’usine, où se tenaient les magasins, les services d’expédition ou toutes autres fonctions réifiées : on en avait même un dont la seule fonction était la récupération de boulons. L’entreprise a fait le ménage dans ses recoins. On avait les contremaîtres et les chefs. Alors c’était simple, c’était aussi celui qui se portait en avant quand il fallait œuvrer en commun, celui qui retroussait les manches et montrait. On s’engueulait et même parfois on se battait. Le contremaître avait comme arme l’étude des fiches d’heures, des affectations. On avait des guerres froides et rageuses, chacun sur ses positions, sans qu’un mot évoque entre vous le différend. L’entreprise est plus lisse. Les paquebots sont construits selon le principe de la pyramide, lourds blocs assemblés l’un à l’autre depuis la cale en son milieu : les services de pilotage de l’entreprise sont invisibles et loin, sans prise, eux-mêmes soumis à leur balayage interne. Soixante-dix personnes à la Défense vous contrôlent tout un réseau de stations-services sur les autoroutes et rocades du pays. La famille Mulliez tient avec deux cents de ses membres tous les rênes d’Auchan, Attac, Leroy-Merlin, Décathlon, Kiloutou, Kiabi, Norauto, Saint-Maclou, Boulanger et les autres et il faut sans doute être de province pour comprendre comment ceux-là et trois clans de leurs pareils vous encerclent pour ratisser toute la vie ordinaire. On se promène encore une fois dans les rayons des grands entrepôts à bandeaux bleus ou rouges consacrés au commerce des loisirs, on fait le calcul du nombre de paires de chaussures vendus et de ce que cela représente de profit pour Nike ou Reebok qui les fabriquent en Thaïlande. Dehors dans la ville les blocs d’immeubles sont propres, si les salaires ne sont pas gras on se débrouille à vivre, la pyramide a réglé cela, que la ville n’enserre plus ses ghettos des mains noires (les ghettos qui restent sont assez grands, ils sont plutôt pour ceux que l’entreprise délaisse), on n’a même plus soi-même de quoi saisir dans ses mains les signes de la pyramide. Je repense à ce jour où Auchan avait phagocyté Mammouth : les dirigeants évaluant la rentabilité au chiffre d’affaire par mètre carré de carrelage. Passer de 900F par jour et mètre carré de carrelage à 1200F par jour et mètre carré de carrelage. Et le mètre carré de carrelage, quand j’allais chercher le lait et la viande pour mes gosses, c’était beau comme du Rothko : défilement jaune au travers des lignes fixes d’inox gris du caddy, mais les billets n’y poussaient pas comme cela. Les métiers des ouvriers ont cessé, parce que les pare-chocs de nos voitures sont en plastique comme nos chauffages, et que même la machine où vous alignez les signes sous l’écran couleur est en plastique venu de Corée.

Où sont les rouages qui nous aidaient à comprendre le jeu du monde ? J’étale sur la table une poignée de photographies prises ces jours-ci dans les entrepôts de la RATP : dans les dépôts des autobus, ceux qui le soir les lavent et passent l’aspirateur industriel. Dans les bouts de ligne de métro, ceux qui les hissent sur fosse pour démonter les boggies et changer la butée conique des essieux. Dans le « parc de la voie » ceux qui s’assemblent à minuit pour que leurs « trains de travaux » avant cinq heures du matin aient soigné les rails et les stations. Le monde des mains noires est présent encore et invisible. Il n’est plus la dominante pour comprendre la pyramide lisse dont nous participons, comme ces passagers de croisière, entre couchettes, repas et piscine, se moqueront sans doute que la traction du navire soit électrique et non plus par arbre de transmission : sur le paquebot même, les métiers seront trop multiples pour qu’on les assigne à un mot, on a peur que tout cela qui pour l’instant reste d’un peu d’équilibre (voitures neuves sous les immeubles, chariots pleins au sortir de l’hypermarché du samedi, foules aux soldes des rues piétonnes) soit aussi provisoire que ce temps d’illusion qu’ici aux Chantiers de l’Atlantique les hommes en bleu sur fond de tôles noires leur soudent et leur forment.


responsable publication françois bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
1ère mise en ligne 14 juin 2006 et dernière modification le 5 juillet 2012
merci aux 4901 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page