14.06.17 | d’un fabuleux océan sous la terre

à 400 kilomètres sous nos pieds, un océan plus grand que tous les océans – source : Notre Planète


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1 _ COMPRESSION

Des mesures compliquées de réfraction d’ondes semblaient le prouver : entre 440 et 50 kilomètres sous la surface de la Terre, presque juste à la limite d’où le manteau devient ce noyau pâteux sans lequel nous ne serions pas, les roches pourraient contenir des molécules d’eau. Et qu’est-ce que la vaine profondeur de nos océans devant cette masse ? Ils recouvrent les cinq septièmes de la surface terrestre, mais jamais plus de trois ou quatre kilomètres de fond, hors quelques fosses ou fissures aux animaux étranges, dans leur vie nocturne et immuable. Plus d’eau qu’ils n’en contiennent eux tous, et d’ailleurs probablement ils n’en sont que le trop plein. Resterait à y descendre, dans ce fond : ah non, on n’était pas arrivé. Et puis à mille degrés de température et deux cent mille fois la pression de surface, cela méritait un peu d’organisation. Pour l’instant, c’est juste l’imaginaire qui prenait le relais : à nous l’eau pour toujours.

 

2 _ RENVERSE

On avait tellement rêvé de la quitter, cette vieille Terre, en contemplant l’infini des astres, en y cherchant une planète jumelle, ou même se réfugiant dans l’idée d’un voyage qui ne finirait jamais. À preuve tous les jouets qu’on envoyait là-haut. Mais descendre, descendre bien plus bas que ces galeries sous les villes, que ces mines étroites et dangereuses, plus bas que les racines des volcans, depuis quand n’y avait-on pas pensé ? Imaginez comme on serait, tout en bas : les misères de la vie de surface, les guerres et les mesquineries, fini. L’insécurité devant les météorites, le réchauffement climatique, la furie des hommes, terminé. Oui, pensait-on, mais là-dessous il faudrait vivre. C’est là que cette idée d’océan plus grand que tous les océans avait tout chamboulé : eau à volonté ? Alors on pouvait tout faire pousser, et se laver, et nager, et s’éclairer, et voyager des uns chez les autres. Ce n’était plus qu’une question mécanique, de puits et de stations. La molécule d’eau tenait bien, dans cette augmentation de pression, à des températures qui auraient dû sinon ne plus en faire qu’une mince vapeur : parce qu’elle était prisonnière des roches ? Alors nous aussi nous irions creuser ces roches. Vivre au fond de la terre, là où on trouvait toute cette eau, dans les couloirs des facs, dans les labos de technologie on s’y employait déjà. C’était pour demain : on pouvait réserver (presque).

 

3 _ SOURCE


- NOTRE PLANÈTE

LES MOTS-CLÉS :

françois bon © Tiers Livre Éditeur, tous droits réservés
1ère mise en ligne et dernière modification le 17 juin 2014
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