14.01.16 | la mort est un remède de cheval

nouvelle façon d’exécuter les condamnés dans l’Ohio : l’agonie dure plus longtemps avec un produit vétérinaire – source : Le Monde + The Columbus Dispatch


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1 _ COMPRESSION

Condamné en 1989 pour un meurtre particulièrement répugnant, un quart de siècle plus tard on s’était souvenu de lui et qu’il fallait le tuer. Mais la mort par injection léthale, ce n’est pas une bonne publicité pour l’industrie pharmaceutique, dont les anesthésiants ont plutôt pour vocation de soulager pendant une intervention médicale, et les fabricants refusaient de se pencher sur le problème pour lequel le docteur Guillotin avait recommandé une machine imparable, mais datée. Dans l’Ohio, où les établissements pénitentiaires s’appellent facility (Southern Ohio Correctional Facility), on essayait donc de nouveaux produits, et leurs différentes combinaisons. On abat bien les chevaux : le choix s’était porté sur un produit à tuer les chevaux. On rapporte que le condamné avait enduré une dizaine de minutes de souffrances manifestes, avec des gémissements, des étouffements et de soudaines et désespérées aspirations d’air. Au bout de vingt minutes on avait déclaré le décès officiel. Le crime de toute façon avait été aussi atroce.

 

2 _ RENVERSE

Il était clair que personne au monde (le vieux monde) n’avait rien compris à ce qui se passait en Ohio. Les condamnés à mort attendaient 25 ans ? Ils attendraient bien le double. C’était prouvé. C’était cela, la peine, qu’elle dure à l’infini. L’expérimentation avec les produits à base de pentobarbital ouvrait à une toute autre perspective : on réduisait les doses, on avait essayé les doses pour chiens et rats sur des prisonniers de moindre peine pour s’en assurer et puis on était passé aux doses pour oiseaux et insectes. Il suffisait de vaporiser, par exemple là où on fabriquait les repas pour les écoles. Ce qu’avait enduré ce condamné le prouvait : personne ne s’apercevrait, sur la durée, de l’agonie tant elle serait longue. On se connaissait tous des étouffements et des manques d’air, en ce bas monde, et particulièrement en Ohio, où la vie récompense peu. L’Ohio serait le premier État à être étatiquement digne du Dieu qu’honorait sa constitution (In God we trust) : la pénitence était pour tout le monde, et durait le temps de votre vie. Les condamnés à mort vivraient une peine atroce : la privation à jamais de cette pénitence – cela justifiait bien quelques essais et réglages.

 

3 _ SOURCE

THE COLUMBUS DISPATCH, VIA LE MONDE.

LES MOTS-CLÉS :

françois bon © Tiers Livre Éditeur, tous droits réservés
1ère mise en ligne et dernière modification le 17 janvier 2014
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