13.12.31 | du tourisme dans les glaces

la vie des promeneurs de l’extrême n’est pas de tout repos – source : Guardian Science


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1 _ COMPRESSION

Longtemps, on partait voir les villes. Ou les îles, très loin de l’autre côté des mers. On paye l’avion, on loue voiture, on se baigne dans les eaux transparentes. Non non ça n’a rien d’un tour organisé. Ou bien on va mourir dans l’Himalaya, mais cela exige une bonne condition physique. Alors vive le marché de la singularité. Et ça permet de vendre plus cher. Ne va pas en Antarctique qui veut, même si bientôt ce serait Mars et la Lune qui seraient à la mode. Est-ce qu’ils savent l’histoire de cette conquête, d’abord venue par le calcul (on ne savait pas le rejoindre, ou plutôt en revenir, mais les physiciens avaient calculé la présence de cette masse forcément là), et tous ceux qui l’avaient payé de leur vie – on venait même de retrouver, il y a quelques jours, ces plaques photographiques conservées cent ans de l’expédition bloquée de Robert Falcon Scott. Donc les glaces s’étaient refermées sur le bateau et ses 20 hommes d’équipage amenant 50 touristes prendre l’air au pôle Sud. Les deux brise-glaces qui s’étaient détournés pour les libérer n’avaient pu parvenir jusqu’à eux. Un hélicoptère affrété avait dû faire demi-tour, sûr qu’ils auraient des souvenirs en proportion de l’argent dépensé.

 

2 _ RENVERSE

Quand ils s’étaient retrouvé pris par les glaces, montant sur le pont du bateau confortablement aménagé, bien sûr l’émotion les avait pris : une émotion grandiose, et soudain bien plus près le souvenir de ceux qui ici étaient venus périr. La majesté du continent blanc, aussi, sa sauvagerie, la nécessité de le préserver intouché. Des brise-glaces allaient venir, on continuerait la promenade. Le premier brise-glaces dut renoncer, le second vint tout près mais lui aussi dut reculer. On avait rassemblé les cinquante passagers dans la salle de cinéma et spectacle du bateau. On leur avait expliqué tout ce qui était en cours. L’affrètement d’un hélicoptère. La possibilité d’un transit vers un autre bateau proche, et de là vers un camp australien, avant rapatriement. On n’était plus aux temps glorieux mais hostiles des expéditions disparues. Avaient-ils des questions ? Oui, ils en avaient. Quand ils seraient évacués par hélicoptère, que pourraient-ils emporter de leurs affaires. Et puis : rapatriement, d’accord, mais quand pouvaient-ils réserver les billets d’avion et se faire rembourser les retours initialement prévus. Non, pour une fois on n’est pas ici dans la science-fiction, juste dans le spectacle du monde – du pauvre monde.

 

3 _ SOURCE

THE GUARDIAN

heureuse conclusion ce jeudi 2 janvier 2014, on s’en réjouit bien sûr.

LES MOTS-CLÉS :

françois bon © Tiers Livre Éditeur, tous droits réservés
1ère mise en ligne et dernière modification le 31 décembre 2013
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