50 histoires vraies concernant les Rolling Stones, un feuilleton

fêtons dignement le 50ème anniversaire des Rolling Stones – le feuilleton d’été, c’est lancé


Demain, jeudi 12 juillet, lancement d’un feuilleton d’été : chaque jour une histoire concernant les Rolling Stones, instant charnière, fracture symbolique, fait emblématique.

Parallèlement, préparation de la version numérique de Rolling Stones, une biographie, version augmentée et révisée, ça avance bien.

Aucune limite de temps ou de quantité fixée, puisque le livre contient toutes ces histoires, mais qu’il y a plaisir à les recombiner et raconter autrement. Aventure qui se fait en marchant, mais pour les 2 mois à venir, évidemment largement ouvert à discussion, compléments, interprétation...

Cinquante ans, cinquante histoires – quelques hésitations pour fixer, mais maintenant ça me paraît d’évidence.

 

Le 12 juillet 1962, The Rollin’ Stones jouent pour la première fois au Marquee Club de Londres.

C’est déjà toute une histoire qu’il vaut de laborieusement démonter – à ce prix, de comprendre pourquoi eux et pas nous, dans la grande mécanique qui s’inaugure.

À pareille histoire il n’y a jamais de vrai début. C’est la magie de l’art biographique, d’aller reconstituer un nuage avant qu’il catalyse.

Ce soir-là, le Blues Incorporated d’Alexis Korner (où joue Charlie Watts) est invité à jouer en direct à la BBC. Korner invite un chanteur déjà reconnu (Long John Baldry, qui fera plus tard des essais avec Jimmy Page pour la formation de Led Zeppelin) et un groupe débutant (The Rollin’ Stones, donc), à le remplacer au Marquee.

Tout simplement parce que deux des membres des nouveaux Rollin’ Stones le guitariste Brian Jones et le chanteur Mick Jagger (qui s’appelle encore Mike), lui doivent suffisamment pour qu’il n’ait pas à craindre qu’ils lui volent la place. Le blues électrique n’est guère toléré des jazzmen (le Marquee est un club de jazz), et leur base à eux tous c’est plutôt ce tout petit local du Ealing Jazz Club.

Ce 12 juillet 1962, Brian Jones (dont le pseudonyme est encore Elmo Lewis), Mick Jagger et Keith Richards, avec au piano de l’autre fondateur des Rollin’ Stones, avec Brian : Ian Stewart (comme il a un travail salarié, on ne donnera que son surnom, qui d’ailleurs cette première fois ne sera pas orthographié Stu, mais Stew comme le ragoût), seront accompagnés à la basse par Dick Taylor (un copain de Dartford, membre avec Keith et Mick du Little Boy Blue and The Blue Boys) et un batteur de remplacement (ils sont rares et très demandés), Mike Avory.

On jouera une spécialité de Brian au bottleneck (Dust my broom d’Elmore James), Bright Light Big Cities qui est un très beau morceau lent, spécialité de Mick, un Chuck Berry (Back to USA où ils ne sont jamais allés), et le Down the road apiece de Willie Dixon qui sont la spécialité de Keith. Et Mick Jagger déclarera à Jazz News : — J’espère qu’on ne va pas nous prendre pour un de ces groupes de rock’n roll...

Moi je n’ai pas 50 ans de Rolling Stones, mais 30. C’est quand paraît mon premier livre, à Minuit, en septembre 1982, que je comprends avoir à aller faire un tour dans les racines autobiographiques, et que je rachète (en cassettes) mes anciens disques des années 60. Dès 1983, je commence à collectionner les livres qui les concernent, parce que j’ai compris, dès le premier, acquis par hasard chez un bouquiniste de trottoir, à Marseille, au printemps 1983, que cette histoire est comme un chantier de fouilles archéologiques documentant la nôtre.

Le 50ème anniversaire des Rolling Stones, je le prépare depuis octobre. Il y a eu quelques aléas, un gros projet qui m’a plongé dans 2 mois de révisions intenses, 1 mois de rédaction, l’accès assez merveilleux à un continent d’archives inédites. Parallèlement, avec un peu de retard (le projet publiepapier c’était beaucoup plus de travail que nous l’avions supposé !), suis dans version révisée et augmentée de mon livre Rolling Stones, une biographie, paru chez Fayard en 2002, en version numérique sur publie.net. Mais beaucoup de travail pour le faire bien, donc je vise plutôt 10 août. Beaucoup hésité aussi sur la forme web à prendre – réservé différents noms de domaines, stones50.com, rolling50stones.com (à vendre si intéressés). Et la forme, la voilà, elle s’inaugurera ce jeudi 12 juillet 2012, ici-même.

Un accompagnement quotidien pendant 50 jours ? En cinquante ans de carrière, il y a la matière. Dès cet été 1962 et le grand lancement de 1963 (Edith Grove, le Station Hotel Richmond, le 1er package tour...). On pourrait même pousser jusqu’à 500, ou jusqu’à l’autre date symbolique, celle de ce matin du printemps 1964, où ils s’envolent pour les USA – alors tout est définitivement lancé.

Il n’y aura pas de chronologie, il n’y aura pas de hiérarchie. Ce sera, chaque jour, une intervention brève ou moins brève sur un instant de l’histoire très complexe des Rolling Stones, depuis l’enfance et la formation jusqu’aux péripéties actuelles. Ce sera bien sûr ouvert à discussion et commentaires.

Un feuilleton, une sorte de défi personnel, aussi, ou comme une dette : aucune idée préalable de comment ce travail de fragmentation et constellation va déplacer ou renouveler l’approche exhaustive de la biographie. La contrainte de l’intervention quotidienne va provoquer un arbitraire, un paysage qui s’invente à mesure qu’il s’accumule. J’en serai donc le premier spectateur.

À jeudi !

 

Photographie : Los Angeles, 1965, de cette belle série inédite de Bob Lewis, © Rolling Stones, 2011.

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1ère mise en ligne et dernière modification le 11 juillet 2012
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