1965 | jouer avec le feu

télévision, 1965 : comment change soudain le message


Curieuse séquence télévisée de l’émission Shindig, 1965 : pour Playing with fire, au lieu des musiciens jouant le morceau on a une scénographie qui annonce les futurs vdiéo-clips. Mais scénographie paradoxale, embryonnaire : Mick qui chante, et les 4 autres qui attendent (la mine de Charlie Watts...). Qui plus est, appuyés sur le symbole absolu de l’argent et de la tradition : la Rolls Royce blanche (peut-être celle de Lennon, empruntée... ou louée, eux n’en avaient pas encore). Et il y a quoi, de rock’n roll, dans cette vidéo ? Bien, pas grand-chose. Chanson à voix nue sur guitare acoustique de Keith, le schéma qu’avec Andrew Loog Oldham ils proposent aussi, à même période, à Marianne Faithfull entre autres. C’est les paroles, qui deviennent la transgression, et non plus la musique : joue avec le feu, petite, viens donc jouer avec moi. Et pré-éminence du chanteur : seul Mick agit quand les autres sont au repos. Ne referont plus. A noter, 1 : le pull à col roulé blanc. Nous nous mettrions tous à en porter, et j’étais bien fier du mien. A noter, 2 : regarder aussi Jimmie Rodgers qui les suit sur la vidéo, étonnante prestation. Puis Satisfaction, évidemment aussi en play-back : mais cette fois c’est le rôle de Keith, qui devient manifeste – intro, solo, composition, choeurs –, et Brian aux utilités. Je ne résiste pas, dans les merveilleuses archives Shindig, à placer ensuite cette vidéo qui donne bien le contexte 65 – cette fois avec Gene Pitney dans Oh Carol, puis différentes interprétations des classiques rock, jusqu’à Maybellene : le rock n’est plus une transgression, il est devenu un signe d’époque, et un spectacle de variété, aussi réglé que les majorettes. Les Stones, eux, sont partis ailleurs.

 

 


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1ère mise en ligne et dernière modification le 28 mai 2012
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