90% des interrogés n’envisagent pas de lire un livre numérique

de l’art des questions qui rassurent, via #sofia #sne #sgdl


La spécialité de la France c’est les études et rapports qui ne servent à rien mais qui engouffrent un argent fou, de préférence à des gens qui sont contents que vous leur offriez.

La spécialité de la France c’est la bureaucratie qui produit des monstres (loi du prix unique du livre numérique, 1001 libraires, le cafouillis des oeuvres indisponibles etc) qui s’écroulent droit debout et donc il faut vite agiter de la fumée pour qu’on n’en parle plus.

Libre au SNE, le syndicat de l’édition, d’utiliser son argent comme il veut, à voir le nombre de ceux qui veulent acheter Flammarion ils en ont plein les pantoufles. La SGDL aussi, plein de fonds en réserve et ça ne me concerne plus, sauf que la représentativité unique parce qu’on le décrète soi, ça finira par faire grosse ficelle. La Sofia c’est de l’argent perçu en notre nom, comme la Scam et la Sacd, alors ça m’énerve un peu plus.

Mais cette gigantesque belle étude auprès de 505 personnes qui ont vu quelqu’un qui dans le métro a vu quelqu’un qui lisait sur une liseuse, ils n’ont pas osé dire combien ils ont payé, sauf qu’ils avaient la réponse avant que les questions soient posées (on sait jamais à qui ils téléphonent, d’ailleurs, les spécialistes de l’échantillon représentatif des questions posées) – il s’agissait avant tout de répondre comme tous ces messieurs l’ont répété à longueur de semaines : le numérique ça ne prendra pas, le livre numérique c’est un épouvantail à moineaux etc.

Et donc justifier l’attentisme, justifier leur absence de tout débat où l’interprofession aurait vraiment de l’importance, paiement à la recette, limitation à 10 ans du contrat d’édition (comme partout ailleurs au monde, et comme l’imposent les agents littéraires), prêt de livre numérique en bibliothèque, établissement d’un contrat d’édition standard pour la diffusion numérique ainsi que pour l’impression à la demande, rémunération des auteurs qui soit un peu moins la jungle....

Seulement voilà : à vouloir contourner, repousser, éviter, tout en payant grassement le cache-sexe à ne pas voir le numérique, le SNE, la SGDL et la SOFIA se prennent depuis 3 jours un buzz sur le web dont ils auront du mal à revenir...

Et l’ami Daniel Bourrion (son site, ses textes sur publie.net) y met ce soir le point d’orgue via belle suite twitter, à question majestueuse, nos réponses majestueuses aussi !

Et rien de trop grave dans tout ça, commissions, subventions, subventions, commissions, ces braves gens à cravate savent ce qu’ils font et pourquoi, nous pendant ce temps-là on est tranquille pour avancer.

FB

Vous trouverez l’original en sa splendeur en téléchargement PDF sur le site SGDL.

Photo ci-dessus : les étudiants de L3 Poitiers ce dernier vendredi en interruption pouéthique organisée... ça met de l’air plus pur !

 

Daniel Bourrion | #sne #sofia #sgdl


Avant j’envisageais pas de prendre le TGV “@St_B : « 90% des interrogés n’envisagent pas de lire des livres numériques ». #sofia #sne #sgdl”

Avant j’envisageais pas d’utiliser un 24 pouces “90% des interrogés n’envisagent pas de lire des livres numériques". #sofia #sne #sgdl”

Avant j’envisageais pas de faire un courrier email “90% des interrogés n’envisagent pas de lire des livres numériques". #sofia #sne #sgdl”

Avant j’envisageais pas de vivre 100 ans “90% des interrogés n’envisagent pas de lire des livres numériques". #sofia #sne #sgdl”

Avant j’envisageais pas de mettre un texte en ligne “90% des interrogés n’envisagent pas de lire des livres numériques". #sofia #sne #sgdl”

Avant j’envisageais pas de vous parler à distance “90% des interrogés n’envisagent pas de lire des livres numériques". #sofia #sne #sgdl”

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Avant j’envisageais pas des chirurgiens opérant online “90% des interrogés n’envisagent pas de lire des livres numériques" #sofia #sne #sgdl

Avant j’envisageais pas qu’on aille sur la Lune “90% des interrogés n’envisagent pas de lire des livres numériques" #sofia #sne #sgdl

Avant j’envisageais pas ma vie en ligne (pourtant...) “90% des interrogés n’envisagent pas de lire des livres numériques" #sofia #sne #sgdl

Avant je n’envisageais rien et pourtant tout est là “90% des interrogés n’envisagent pas de lire des livres numériques" #sofia #sne #sgdl

Bref - Allez lire des textes, des vrais, sans vous préoccuper du support - le reste viendra tout seul #sne #sofia #sgdl




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1ère mise en ligne et dernière modification le 19 mars 2012
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Messages

  • il faut aller voir ici : http://www.observatoire-des-sondages.org/ pour comprendre comment on parvient à faire dire ce qu’on veut à n’importe quel sondage, notamment en se renseignant sur l’institut qui a commis l’étude (opinionway pour ne pas le nommer) qui est le même qui produisait pour l’hôte du faubourg saint honoré (pour quelques trop longs jours encore) des « éléments de langage » en forme de nombre sur la plupart des « opinions » dictées aux personnes interrogées...

  • C’est bien gentil, mais ce chiffre ne m’étonne pas du tout. Je suis un très gros liseur, je lis entre 3 et 4 livres par semaine, et je n’envisage pas du tout d’en lire sur support numérique pour de très nombreuses raisons. De tous les gens liseurs que je connais une infime minorité acceptent l’idée du livre numérique, et parmi eux un chiffre encore moindre posséde une liseuse numérique.

    Beigbeder donne de très bonnes raisons de ne pas apprécier le livre numérique dans son Premier bilan après l’apocalypse. Pour moi préfèrer le livre au fichier numérique c’est la même chose que de préfèrer avoir une toile chez soi plutôt qu’une photo de la même toile sur un écran.

    Voir en ligne : http://blog.romainriviere.fr

    • pourtant, en tant que grand lecteur, vous auriez vraiment tous les avantages au transfert, y compris en confort de lecture

      mais le sondage ci-dessus mentionné ne vous concerne en rien, on aurait tout aussi bien pu lui faire répondre : « 90% des interrogés n’envisagent pas de lire Samuel Beckett »

      que vous lisiez papier et moi numérique n’empêche pas que le seul et bon combat est celui de la lecture – il se trouve cependant (avec nos étudiants notamment) que leurs usages du lire/écrire étant quasi intégralement numérique, c’est dans ce média que nous tentons d’inventer formes et récits

      le « choix » que vous supposez est une fausse antinomie : les textes et expériences de lecture proposés sur publie.net n’existent qu’au format numérique, et c’est tout un pan de création contemporaine désormais qui a ses marques ici

      à preuve que vous-même tenez un blog, ce qui est le coeur même du « lire numérique »

      quant aux toiles, vous avez de bien de la chance de les « avoir » !

    • Très beau message ! Dans mon entourage aussi nous sommes contre cette chose qui est le livre numérique. Sauf pour les maisons d’éditions d’éditions 100% numériques qui sont une bonne chose. Comme c’est un énorme danger pour le livre papier, il nous est impossible d’être pour à 100%. Par contre, si ce ne serait pas un danger de mort, là aucun problème mais ce n’est pas le cas hélas. Il y à qu’à voir en Amérique et surement aussi en Angleterre ou les ventes de livre papier diminuent dangereusement. Et ce n’est que le début, malheureusement.

      Il est beau ce ’futur’ avec ses nouvelles technologies...Dans 10 ans plus rien n’existera réellement et tout existera dans des appareils comme les tablettes ou lisseuses si ça continue. Ça fait peur comme changement. Les humains vont devenir de véritables robots qui ne sauront plus rien faire de leurs mains à part tenir des appareils.

    • il fallait aussi la main pour tenir le livre, du moins depuis la fin du manuscrit médiéval, et, si ce n’est pas le cas de Gutenberg, qu’Alde Manuccio ait posé les fondations de l’imprimerie moderne...

      le livre, depuis bien longtemps, est aussi une (belle) technologie, et non des moindres...

  • Avant de vivre, je n’envisageais pas de mourir un jour (en prolongation des incises de Daniel Bourrion), même numériquement parlant.

    Voir en ligne : Le Tourne-à-gauche

  • Si je suis d’accord avec les propos de François Bon et comprends les qualités des liseuses, j’ajouterai néanmoins que le livre numérique trouve incontestablement sa place chaque fois que le livre papier ne peut le remplacer. En inventant de nouveaux objets multimédia, ils pourront donner envie aux réfractaires de s’y mettre. En ajoutant, par exemple, des images qui bougent, des sons, des liens hypertexte, une voix, des notes, des renvois, des ponts vers d’autres œuvres, etc., des auteurs donnent naissance à de nouvelles formes d’expression que seul le numérique autorise. De nouveaux outils donnent toujours naissance à de nouvelles inspirations. Et Gauguin mit le tube en plomb dans sa poche et s’en alla peindre sur nature.

    Dans l’autre sens, les défenseurs du disque physique (CD ou 33tours), opposés au virtuel, doivent repenser la présentation des œuvres en les mettant graphiquement en valeur, en en faisant des objets que l’on ait envie de tenir entre ses doigts.

    À chaque support correspond un type d’œuvre. À chaque œuvre correspond un support qui lui convient mieux que les autres. Aucune forme n’en remplace une autre. Elles sont complémentaires.

    • Jean-Jacques Birgé écrit :

      En ajoutant, par exemple, des images qui bougent, des sons, des liens hypertexte, une voix, des notes, des renvois, des ponts vers d’autres œuvres, etc., des auteurs donnent naissance à de nouvelles formes d’expression que seul le numérique autorise.

      Notre monde très « mathématique » donne l’impression qu’ « ajouter » (une fonctionnalité, un objet, une idée ...) fonctionne comme l’addition
      à savoir que le résultat est PLUS que ce qu’il y avait au départ.

      Dans le monde du vivant, le potentiel de la personne s’ajuste au possible ouvert par l’environnement où elle peut s’exprimer

      Aussi, ajouter conduit toujours à retrancher

      Le travail de l’innovateur honnête serait de préciser à chaque fois ce qu’il ajoute au possible et ce qu’il y retranche.

      Tout lecteur sait (?) que ce qui caractérise sa liberté est notamment le fait que son activité n’est pas liée à un temps imposé,
      les images mentales qu’il crée, aidé par ce qu’il puise dans l’écrit, se déploie dans son esprit à un rythme qui n’est pas lié, comme l’aiguille d’une horloge (ou les images d’un film de cinéma) à des rouages dont la cadence est prédéfinie (globalement ou par morceau)

      Ajouter du bougement, ou un lien,
      donne
      et retire

      Comme le dit JJ Birgé ; des réfractaires s’y mettront
      et c’est une bonne chose
      mais si l’enfant ne se voit plus proposer que ce type de support propre à attirer plus facilement (côté ludique) vers l’activité « lecture avec éléments de contrainte supplémentaire » on lui retire une autre lecture, plus libre, plus créative.
      (l’image qui bouge et le lien hypertexte sont d’abord des contraintes de même que le chemin au milieu des pelouses - il faut alors oser marcher sur l’herbe, quand c’est permis)

    • Inventer, ce ne peut être que des nouvelles formes et quand cela concerne l’écriture, il y va du travail de la matière langage (surtout pas d’inspiration, à la rigueur de la transpiration) et les supports, les outils plus performants n’engendrent pas des oeuvres plus inventives, ni l’inverse. La question n’est pas là.

    • Dommage que vous ne vous référiez ni l’un ni l’autre à mon exemple des impressionnistes ! J’aurais pu citer Gütemberg... À quoi bon si l’on ne veut voir chez les inventeurs d’outils que des réducteurs de têtes ;-)
      Il est néanmoins juste qu’il ne s’agit jamais de progrès, mais de mutations. On y perd autant qu’on y gagne probablement. Pourtant la plume d’oie ou le papyrus offrirent aux scribes de réaliser certains de leurs rêves jusqu’ici impossibles...