vases communicants, cru solide

désormais une sorte de grande vague lancée, qui se renouvelle toute seule, les 2 ans des "vases communicants"


Voici donc les 38 blogs participant aux vases communicants de juin.

Si mes souvenirs sont exacts, c’est précisément il y a 2 ans que l’aventure a commencé, suite à une invitation de Jérôme Denis à écrire sur son site, que j’avais proposé d’élargir. Désormais, le premier vendredi du mois, c’est comme d’ouvrir un livre, où les thématiques se répondent et correspondent, où on retrouve noyau solide de participants (mais ça n’empêche pas de passer son tour), où les binômes se réservent parfois 2 ou 3 mois à l’avance (je l’ai vérifié !).

Mais je crois que ce qui nous fascine les uns les autres, tient à deux raisons :
- la première est évidente : écrivant chez l’autre, on écrit dans l’intérieur de son dispositif de publication. On glisse son écriture dans un contexte, à la fois graphique et fictif. Ce n’est pas l’autre qui accueille votre écriture (et réciproquement), c’est votre écriture qui vient se désaxer et se constituer selon une autre proposition – d’où le grand mystère et la couleur particulière de ces textes. À preuve que, depuis quelques mois (ce n’était pas une contrainte de départ), les binômes se constituent souvent sur un thème commun (ainsi, une phrase de Jean Rouaud entre Michel Brosseau et mon frangin Jacques Bon). Au point que souvent désormais, sur les sites participants, une rubrique "vases communicants" qui les rassemble.
- la deuxième, c’est que dans le rythme percussif des blogs, un billet chassant l’autre, chacun suivant sa voie, soudain se crée un objet – imprimé, il serait livre, ou revue, ou anthologie. Virtuel, il est une construction provisoire, le temps qu’on mettra chacun à se lire les uns les autres. Mais il est une construction avec définition de frontière – un territoire d’écriture, le livre comme architecture –, livre qui se constitue par l’ensemble du dispositif, nuage flottant entre les blogs et les stabilisant un instant dans un flux temporel alourdi et commun. Chacun renvoie à sa façon à l’ensemble, les liens de navigation (ou ce qui en rejaillit par twitter) contribuant à l’organicité de cet objet lecture.

Et quand je découvre ce matin que Nathanaël G., voyageur ayant posé sa cantine auprès du musée Balzac de Saché, dont il assure des visites guidées dont la réputation s’élargit largement aux environs, échange avec Franck Q., bibliothécaire à Saint-Raphaël dans le Var, reprenant la trace d’une voie ferrée abandonnée, je me dis que le succès ou la pertinence de nos vases est peut-être seulement dans ce fait qu’on y brise le silence du lecteur – une relation personnelle et amicale s’est établie, au travers même de la dispersion géographique du web.

Un merci particulier enfin à Brigitte Célérier – c’est elle qui constitue avec le rendez-vous des vases la tour de pilotage de l’ensemble, sans parler de sa traditionnelle mais si incroyable compilation du lendemain sur paumée.

Deux regrets :
- que ne nous aient pas rejoints les blogueurs du numérique, on reste entre littéraires, c’est dommage. Suis sûr qu’on gagnerait à mêler les cartes, créer d’autres regards.
- les blogueurs québécois s’étaient mêlés de nos échanges (ils n’avaient pas le choix, j’étais au Québec, je poussais !) – Josée Marcotte, Mahigan Lepage, Michael Trahan ou Marie-Hélène Voyer sont avec nous de façon intermittente, mais on devrait peser plus pour éclater l’hexagone – un spécial transatlantique à programmer pour l’été ? Nous dire si volontaires ?... En attendant qu’on se fasse des franco-allemands ou des franco-italiens, en s’y prenant à l’avance pour les trads.

Photo du haut : Draguignan, ancienne voie ferrée, dans Le chemin de fer où plus aucun train ne passe, Franck Queyraux chez Nathanaël Gobenceaux.


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1ère mise en ligne et dernière modification le 3 juin 2011
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