[LE LIVRE & CORTI | contes, Fabienne Raphoz]

L’aile bleue des contes : l’oiseau – libraire Le Livre, à Tours, avec Fabienne Raphoz, le 23 avril


La librairie Le Livre vous invite à une rencontre le vendredi 23 avril 2010 à 20 heures

avec
Fabienne Raphoz 
à l’occasion de la parution aux éditions José Corti
(collection merveilleux n°41) de
L’aile bleue des contes : l’oiseau
une anthologie commentée & illustrée de dessins originaux de Ianna Andréadis
suivie de l’oiseau-monde, une omniprésence.

Cent un contes et mythes de tradition orale de tous les continents sont ici donnés (ou traduits) et commentés qui, tous, illustrent la fascinante figure de l’oiseau, lequel réalise l’image première dont parle Bachelard : « celle que nous vivons dans les sommeils profonds de notre jeunesse ».

L’anthologie est divisée en deux grandes parties : les contes d’oiseaux et l’oiseau des contes. De la première, consacrée aux contes d’animaux proprement dits et aux mythes des Nations Premières, il semblerait ressortir que le gouffre n’est plus si grand entre l’occident des contes et les sociétés totémiques (aborigènes) ou animistes (amérindiennes) telles que les a définies Philippe Descola, dans la mesure où les contes d’oiseaux témoigne d’une certaine forme de continuité entre l’homme et son environnement. Dans la deuxième, l’oiseau, tour à tour héros, aide, plus rarement, adversaire, intervient dans toutes les fonctions du conte merveilleux. Les plus séduisants sont les mieux connus, ce sont les oiseaux fabuleux, oiseaux d’or ou de feu ; ce sont aussi les moins typiquement oiseaux d’entre eux, ces humains métamorphosés, princes aux ailes bleues, femmes-cygnes, frères corbeaux…

Les notes portent sur la structure du conte lui-même et ses variantes et sur l’oiseau en tant qu’espèce lorsque les commentaires ornithologiques s’imposent.

Tous les oiseaux de ces histoires sont aussi présents par l’image. Soixante-dix d’entre eux ont été spécialement dessinés par l’artiste Ianna Andréadis tandis que le cahier central et le dossier complémentaire poursuivent les portraits et les analogies.

L’anthologie est suivie d’une postface : L’oiseau-monde, une omniprésence ; elle comporte trois index (oiseaux, animaux, pays) et la liste typologique des contes du volume.


Quel est l’état civil du conte ?

« C’est malheureusement un genre réservé aux universitaires ou aux bonnes femmes. Quand on est adulte, on est sérieux, donc il faut parler de Leskov ou de Walter Benjamin pour faire passer la pilule du conte : pour l’anoblir. Le conte est pourtant le récit fondamental. Quand vous êtes enfant, un adulte vous raconte une histoire et vous êtes tranquille ; soudain, à l’intérieur de cette tranquillité, apparaissent des fantasmes concrets, des histoires terrifiantes. Et des désirs frustrés. Le conte s’organise presque toujours autour de quatre thèmes : le manque, la quête, l’interdit, l’accession au trône. Chemin faisant, il présente des énigmes, des actes incompréhensibles et violents, des épreuves étranges et menaçantes. Elles sont là comme des portes mystérieuses que le narrateur, très elliptique et très rapide, n’ouvre pas : jamais le lecteur ne saura ce qu’il y a derrière. Le conte rappelle que le vrai récit porte le désir à son comble sans l’assouvir. Il y a une grande violence dans l’expérience de sa lecture. »

Entretien avec Fabienne Raphoz recueilli par Philippe Lançon, © Libération du 13 novembre 2003

Fabienne Raphoz dirige avec Bertrand Fillaudeau, les éditions José Corti. Elle a notamment publié : Les Femmes de Barbe-bleue, une histoire de curieuse, Métropolis, Genève, 1995 ; La Poussière du ciel, édition Filigranes, 1997 ; Des belles et des bêtes, Corti, 2003 ; Pendant 1-62, Genève, Héros-Limite, 2005 ; « Jeux d’oiseaux dans un ciel vide, augures », à paraître aux éditions Héros-Limite.


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1ère mise en ligne et dernière modification le 10 avril 2010
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