Simenon sur France-Culture

Simenon voyageur, par Pierre Assouline


Les choix étaient évidemment tous douloureux : probablement qu’ici au Québec tout est disponible en bibliothèque, mais il y a un noyau incompressible de livres à poser auprès de la table de travail, et ça fait vite des kilos. L’oeuvre complète de Simenon (collection Bouquins), jamais été question de l’embarquer, je dois avoir au moins 20 des 27 tomes du Tout Simenon : mais pourtant comme elle est usée, déformée, jaunie, pas des bouquins qu’on lit sur la table d’étude.

Comme je regrette, pour Simenon, la frilosité des éditeurs sur le numérique : c’est pile ce que je serais prêt à acheter : non pas un ou quelques Simenon, mais la totalité des Maigret, et ça tiendrait si facilement dans la carte SD de ma Sony (ou de l’Opus que je vais bientôt recevoir, ou de la nouvelle Sony 600 qui va remplacer mon actuelle). Non pas un Gracq, mais l’oeuvre complète de Gracq, pour travailler.... Faire comprendre aux éditeurs que le développement numérique impose de penser autrement ce qu’ils nomment produit.

En attendant, j’ai déjà dit l’importance de Simenon pour moi : dans mon enfance vendéenne, en ces années 50 quasi préhistoriques, la musique ou la peinture ne venaient pas, mais les livres si. Et, en plus, comprendre (y compris via Perochon) que le monde décrit dans les livres pouvait être le vôtre (tant de Simenon à Fontenay-le-Comte, Les Sables d’Olonne, L’Aiguillon-sur-Mer, ou le pont du Brault...) et qu’il fallait quelqu’un pour les écrire : cette madame Ponetta qui avait été sa dactylographe, et lui-même, pendant toute cette période de la guerre où il vivait près de la Rochelle, prenant son essence à Saint-Michel en l’Herm, et faisant la conversation à ma grand-mère, pas grand-mère alors, qui pompait son levier.

Pierre Assouline, qui a fait autrefois le voyage de Noland, en Suisse, propose toute la semaine une série sur Simenon voyageur (voir présentation et programme), chaque émission étant basée sur un lieu d’écriture. Lire sa présentation, sur le mystère que représente cette oeuvre avec tant de cailloux durs, tant de déplacements de la langue qui dit la ville, une voix, une ambiance. La dominante (Pierre Assouline le piste aussi) de la notion de tragique. Et le mystère le plus haut, celui que Pierre Assouline nomme intuition animale.

Alors ce sera ma première expérience ici de France-Culture écouté via le web...


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1ère mise en ligne et dernière modification le 17 août 2009
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