art trompeur des statistiques

tiers livre remercie ses lecteurs, mais n’en trouve désespérément pas au Groenland


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Reçu l’an passé par la commission Patino, quand Bruno Patino demandait, à la toute fin, cinq suggestions, j’avais dit que ce serait peut-être bien de disposer d’un outil fiable d’évaluation d’audience. Non pas dans un but d’audimat ou de chasse à la pub, mais simplement parce qu’il s’agit d’un phénomène de société, sur des enjeux culturels décisifs.

En effet, c’est le grand flou : si je regarde non pas le diagramme ci-dessus, mais les statistiques brutes, il y a de quoi tourner la tête [1]
 : centaines de visites envoyées tous les jours par Google et qui repartent en quelques secondes, une fois constaté que la page n’est pas pour eux. Et cet essaim bizarre des robots spammeurs : dès qu’il y a une brèche, on les voit qui s’engouffrent, en attendant, ils tentent de forcer la porte.

Il y a les outils de classement comme technorati ou wikio : sur les 18 000 000 et quelques de blogs indexés par technorati, je suis vers les 50 000 mondial, c’est pas si mal (chanson... pas si mal). Wikio, on comptait dessus : mais leur comptage remis aux mains d’un bricoleur d’algorithmes dont la tâche est de changer les règles chaque mois, avec des catégories où – pour ce qui nous concerne – « tout le reste est littérature », je ne vais plus y voir.

 

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J’ai donc recours aux statistiques fournies directement par mon interface spip, avec un gros avantage : le compteur spip se déclenche seulement au bout d’une minute de présence sur la page, et ne compte pas les visites successives en provenance d’une même IP. Mode de comptage fiable pour ce qui me concerne, mais c’est définitivement comme ça : pas de traçabilité ou d’évaluation globale sur le web.

Il y a sinon les algorithmes Google : une drôle de mixture, où compte l’ancienneté du site, la place du mot recherché (dans le titre, ou combien de fois dans les 1500 premiers signes de l’article, ou – surtout – le nombre de liens pointant vers tel ou tel de vos articles, et émanant de quels sites). Là aussi, évaluation grossière : ceux qui payent passent les premiers. Vrai problème lorsqu’on cherche une information de contenu sur un livre et/ou un auteur : il faut passer toutes les adresses de vente en ligne pour commencer à voir apparaître autre chose.

 

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C’est beau, donc, la statistique ci-dessus ? Oui, et je remercie mes visiteurs et lecteurs, quand bien même venus là certains (qu’est-ce qu’on prend sur le dos, ici et là, de gens qu’on ne connaît pas et à qui on n’a rien fait : chose qui m’a toujours étonné grandement sur le web) pour la surveillance. Moi aussi je le fais, un onglet spécial Netvibes pour des sites dont je ne voudrais pas salir mes liens. Passons : c’est une statistique folle, ci-dessus, à cause d’un seul article concernant Face Book, mis en ligne au tout début de l’apparition du réseau social, et complété à 2 reprises, mais c’est la loi du pot de miel : plus il est consulté, plus ces imbéciles de moteurs vous envoient du monde, et donc il continue d’être sollicité, presque 1200 fois par jour, ce qui représente la moitié de mon audience ! [2]

Mais c’est bien quand même de donner aux lecteurs quelques repères sur le lieu qu’ils honorent, et ce serait bien, là ce début février, avec l’ensemble des stats 2008 visibles, si d’autres se prêtaient au jeu. Rappelons que Henri Michaux affirmait sérieusement que s’il dépassait 800 exemplaires vendus il y avait tromperie, j’ai fierté à constater qu’après 3 semaines un article sur les écrits poétiques de Christophe Tarkos a retenu plus d’une minute un peu plus de 700 visiteurs, ça donne une idée de la moyenne – le fait que cette page sur les coulisses du site sera sans doute nettement plus consultée qu’une page sur un de nos nécessaires poètes incite aussi à beaucoup de prudence, et finalement, le constat prévisible que le Net a rejoint, largement, les autres médias littéraires, mais n’élargit pas leur public pour autant.

 

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Le Net est un exercice dangereux et usant. On le constate chaque année au décompte des absents. Des outils nouveaux continuent de se faire jour, on s’équipe pour la veille rss qui permet, d’un coup d’oeil, d’appréhender quelques centaines de sites et blogs dans la masse mouvante. On apprend à mieux gérer soi-même les temps de concentration, déconnexion, lecture dense. Et bloguer n’est pas difficile : pour ma part, je ne sépare plus trop le temps de mise en ligne et le temps de réflexion ou de consultation. Autrefois je devais consacrer une bonne heure quotidienne aux journaux et l’information, ça n’a pas dû changer (mais comme j’étais surpris, il y a quelques jours, chez un ami libraire, de retrouver le Monde plié sur la table...). Et puis la notion même de virtuel a changé : le plus matériel de notre vie sociale est là, dans ces pages et ces échanges, via la plaque tournante de nos flux rss.

Voici donc quelques éléments d’appréciation, en se promenant dans les statistiques de janvier de Tiers Livre. S’étonner d’un visiteur en Australie, mais déplorer n’en trouver point au Groenland. Découvrir qu’une presque moitié s’acharnent encore sur Explorer, et pas plus d’un gros tiers sur l’étonnant Firefox. Pas plus d’un sixième sur Mac, mais quand même. Et suivre aussi la discrète progression des consultations de tiers livre depuis iPhone.

 

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Raison aussi, tout cela, de lancer aujourd’hui projet qui me tenait à coeur depuis un bon moment, un petit récap du web littérature pour les visiteurs anglophones tiers livre, english version (ça débute, mais on va améliorer). C’est fait, et l’occasion aussi de jouer avec le nouveau WordPress 2.7 parce que ça aussi ça fait partie de la révolution des outils... Et symbolique pour moi, alors que se confirme le projet d’aller mener hors de France la poursuite de la migration virtuelle.

Merci donc à vous tous, les visiteurs de ces pages Tiers Livre, le plus souvent écrites dans le train, quand on ne saurait faire autre chose, ou chaque fois que le travail ici, à la table, fait surgir l’envie d’une petite lucarne sur son propre écran...

la belle progression de publie.net, à peine 1 an d’existence !
géolocalisation visiteurs tiers livre, janvier 2009
stats par navigateurs, tiers livre janvier 2009
stats par OS, tiers livre janvier 2009

[1Les voici cependant :

tiers livre, stats brutes 2008 "visites"

tiers livre, stats brutes 2008 "pages"

Effectivement délirantes, pur artefact technique, pour un site de littérature contemporaine. Mais ce sont souvent les statistiques fournies sans autre précision par les sites – il ne devrait jamais y avoir de citation de statistiques de consultation sans précision sur les conditions de mesure.

Il suffit de moduler par les deux graphes ci-dessous, suffisamment explicites – je rappelle que le graphe en haut de page est ce qui reste une fois tous ceux-là repartis !

[2Rien à voir avec la pourtant très grosse consultation des pages consacrées à la Sony PRS-505, indicatrices de l’onde de choc qu’on représenté ces machines, même si on semble désormais s’orienter, via les NetBooks mais pas seulement, sur une nouvelle configuration écran/lecture/écriture, d’où notre proposition d’abonnement publie.net lecture en ligne seulement...


responsable publication françois bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 1er février 2009
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