rêve dit de la génétique spectrale

de Marcel Proust et de l’idée de la ville dans les rêves


Dans ce rêve, comme souvent, je devais faire une conférence, et pour cela lire un passage important de Marcel Proust. Un passage dont j’étais le premier à souligner combien il nous éclairait : j’appelais ça la génétique spectrale. En fait, à bien considérer une phrase ou une page, de la même façon que sous certains éclairages un tableau révélait les esquisses, les retouches, les reprises, on pouvait pratiquer la même chose sur les textes. Révolution considérable, plus besoin d’examiner les brouillons, les versions antérieures etc. La salle était pleine, les gens attendaient. Seulement, j’avais beau feuilleter mon Proust, plus moyen de retrouver ce passage : sans lui, ce que j’avais à dire n’avais plus aucune validité ni pertinence.

Plus tard dans le rêve, le livre était transposé en grande ville : on roulait d’un quartier à l’autre, vers le nord. Il y avait des fissures, des entrées d’eaux, de grands ponts. Se garer était dangereux, sol instable. On devait pourtant continuer plus loin dans cette ville qui ne finissait pas. J’expliquais qu’un système de GPS devrait permettre d’associer, à tout endroit où là, perdus, on arrivait, tel passage du livre qui était cette ville. L’adéquation du livre et de la ville ne me semblait en rien extraordinaire. Alors, par ce système de GPS, photographies, cartes, descriptions, tout cela se superposait. C’est ce que j’expliquais, passionnément, sereinement : « les mondes se superposent ».


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1ère mise en ligne et dernière modification le 14 novembre 2008
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