le roman de Rudy Brindamour

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13. Échouer ou réussir n’a pas d’importance


proposition de départ

Le fait que je m’allongeais sur un sol froid à des moments particuliers, s’ils résonnaient à l’angle des espaces obscures, en me sentant comme celui qui n’est pas, doit être une raison du tracé de ce chemin de corps, chemin avec des mains en trains de s’installer dans leur fuseau horaire, une particularité de corps avec ses mains qui se sont séparées, mains à une époque plongées dans des papiers à la recherchent d’informations jamais découvertes, obligeant ce corps à se projeter dans un ailleurs et qu’il définira par le terme ailleurs assurément ailleurs chaque fois répété comme une nouvelle perspective, dans une continuité de l’origine et donnant à dire le fait que je n’ai rien trouvé m’a poussé dehors, dans la rue avec ce sac d’os qui terminait son cycle d’expérience de substance allongée déjà remplie de souvenirs et du fait que dans les revues qui traînaient sur la table basse du salon au domicile familial, il y a eu ces lieux situés en France et ces objets du quotidien, ces mécaniques de déplacement, ces réceptacles de corps, j’ai pensé entreprendre mon aventure, si ce n’est qu’à mon jeune âge, avec ma naïveté, mes perspectives que je n’ai pas su mener bien loin, j’ai conçu un monde intérieur avec une porte et devant cette porte s’est dressé un personnage habillé du costume des forces de l’ordre, c’est lui qui a commencé à entretenir le rapport, il m’a regardé et en disant du fait que votre naissance se présente de façon si désastreuse, du fait de la configuration de l’appartement, la fonction du couloir, le noir avec sa porte dérobée, du fait que vous vous êtes sauvé pour vous asseoir au milieu d’inconnu — il applique sa réalité sur ma peau en expectorant une matière qui résulte de lui et va à lui munit de ses grands yeux globuleux en train de sortir de son corps qui devant la porte me bloque le passage — alors du fait qu’il était là et aussi en raison de ces siècles d’attentes, j’ai fini par questionner les vecteurs, je me suis demandé par où je serai en mesure de passer, est-ce que je pourrai un jour me représenter la réalité de la vie au lieu d’en gober les représentations que l’on me suggèrent, est-qu’un jour il y aura un sujet qui sera dialoguer de l’autre côté de la frontière bloquée par ce personnage issu des forces de l’ordre, qui ne sera pas accusé d’un tas de choses, qui s’extraira du contexte qui dit du fait que j’ai mis mon corps dans une certaine posture dès les premiers instants et cela contraint par les évènements extérieurs je ne peux accéder à tout un pan de l’espace, exclus de ce monde situé à un pas d’ici qui écrit dans l’environnement la vérité de ma vie clairement défini par, du fait que tu n’es pas encore remonté à l’origine je ne te laisserai pas découvrir ce territoire, mais alors jusqu’où je dois remonter, je ne peux pas comprendre ce qui se passait avant mes expériences de la table basse sur laquelle reposait les premières marques de graphie qui m’attiraient et ces images sur papiers glacées, je ne peux pas découvrir l’histoire du corps avant qu’il ne s’allonge sur le sol à la merci des bruits environnant du fait que le secret de famille s’est mis en place, je n’ai cessé de dialoguer avec une partie de moi-même qui est le lieu où je me suis rendu du fait des portes fermées à la construction d’un rapport essentiel nous liant à l’histoire et à notre environnement dans notre constitution, parce que oui le fait est que nous possédons tous une énergie vitale, elle est pour chacun une dynamique, nous évoluons porté par notre carte génétique ainsi que ces éléments de l’éducation relevant de notre relation avec le père et la mère, seulement du fait que la mère du sujet à l’étude sur cette page est inexistante de tous temps, du fait qu’elle n’a jamais voulu se montrer afin de mettre en œuvre le dialogue nécessaire à ces constructions psychiques et aussi du fait que le père n’a jamais accepté la vision d’un enfant de moins d’un an seul dans une pièce vide, du fait que cette pièce resta une situation psychique continuellement dans cet état, permis au gardien de déployer toute l’énergie mentale lui donnant la possibilité de trôner devant le sujet, puis du fait que plus de quarante années se furent écoulées sans remettre en question cette situation et que l’enfant devenu adulte entraîné dans les péripéties de sa vie, eut connaissance il y a quelques semaines du décès de sa parente, il alla devant le gardien pour lui dire : ô grand gardien qui te sers de ce silence uniquement pour user d’un pouvoir, maintenant que me parviennent les nouvelles libératrices, je me présente encore une fois face à toi, porté par le tumulte formateur ramené d’un territoire que j’ai exploré de fond en comble, territoire aujourd’hui on ne peut plus épuisé du fait que je le parcours depuis si longtemps, et qui m’ouvre la porte d’un horizon par lequel je viens t’annoncer ma décision prise à partir d’une date de l’année 2020, le 18 du mois d’août précisément, qui est celle du rejet sans reste de ta machination psychique incarnée sous la forme d’un gardien s’attelant à conserver mon lieu de vie dans un contexte des plus arides, l’établissant à la frontière et qui utilise le trou situé chez moi dans l’espace non constitué, espace de machination qui se joue de ma personnalité en formation, à cause de la rupture béante fondée sur un scénario écrit juste après la naissance où se mêle l’histoire des parents lorsqu’ils portent l’enfant que je suis, avec ce passage où il me livre sur le tarmac accidenté afin de mettre en scène la dégringolade personnelle au sein de deux appartements situés dans la rue Oberkampf et sur le boulevard Voltaire, tout ça étant possible en raison du fait que les termes génétiques de chaque espèce rentrent en relation avec les sentiments qui s’implantent tout au long des rapports familiaux et du fait que ce dialogue tinté de la génétique projette le nom dans un monde prolixe en influence et du fait que le gardien du lieu joue de la problématique qu’il y a dans ce dialogue afin de m’envoyer loin d’ici et du fait que je me suis battu comme un fou stimulé par un sentiment de vie, une lumière intérieure, du fait que j’ai maintenant épuisé la totalité des possibles, revenant porteur de la connaissance des origines — naissance et mort à reconsidérer comme un personnage issu de la génétique, de l’éducation et des évènements extérieurs — j’avance en criant : ô grand gardien tu possèdes les caractéristiques d’un évènement extérieur, comme le sont la guerre froide, Hiroshima, la chute du mur de Berlin, mai 68, le passage à l’an 2000, les mythes de l’Odyssée et de l’Iliade, le survivalisme, l’écologie, les concepts ; ce sont les effets d’une causes amenant à dire, ô grand gardien du lieu qui possède ta cause, qui suit comme toute cause le schéma universel de naissance et mort, tu voulais me donner à croire à une réalité figée, à un point vers lequel tout est obligé de converger, alors que l’on peut se libérer de cet élément conditionnant, venu je ne sais d’où, en ne s’accrochant pas à la perception de l’évènement qui nous est donnée, cela du fait que ces histoires finalement, quelle qu’en soit la couleur, ne sont rien d’autre qu’une construction mentale, qui ne veut surtout pas émanciper ces personnages du lieu unique, pour les porter là où toute chose change et se transforme et se conçoit libre de définition préétablit, face au visage originel découvert au bout de la route Nicole Léna-Anaëlle, amené à la forme désentravée, à l’amour des origines.

Le titre, échouer ou réussir n’a pas d’importance, ouvre des portes inimaginables et ça vient d’un tandem. Ce n’était pas comme ça la veille lorsque je m’accroche à des remontés impulsives, mais maintenant déterminé face à l’obstacle, les évènements prennent une tout autre tournure. C’est une action entraînante et pleine de tort aussi parce que je dis de même que le poète lorsqu’il devint un opéra fabuleux, « l’action n’est pas la vie, mais une façon de gâcher quelque force, un énervement ». Devant la porte je parle au langage qui fait défaut depuis le début, je parle à l’origine qui est obstruée par le personnage malfaisant. Maintenant que j’entends, du fait que je possède encore le visage originel dans mon esprit – ce qui est encore trop – l’espace m’annonce, ce n’était que silence à l’origine, viens. D’un coup le terrain sent la vérité.

12. Vision par delà


proposition de départ

Il n’y a plus rien là ce n’est pas ça tu as dit je ne vois plus du tout la nécessité de lui causer d’établir une conversation avec sa fonction de main sans langage plus rien avec celle-là ou celui-là qui te collait à la peau celui-là qui t’accompagnait ce passager de ta vie l’inquisiteur de rêverie d’espace obligatoire de teneur en globules rouges blancs noirs elles te quittent ces images passagères avec les mains retirées de la boue gluante afin de les glisser à l’intérieur du trou au côté du couteau et de la bille sur le terrain accidenté de la maison

Une transparence de bille caractéristique d’un point que je pris le jour où il me fallut permettre au temps de passer et de vivre sa vie par l’intermédiaire des corps multiples d’une histoire lointaine qui compte au moins deux cent cinquante ans d’existence sans action constructive étant donné l’éloignement d’origine de la lumière avec les pièces du jeu lumière qui attendait les mains n’en pouvant plus de patienter sans parvenir à la décomposition parce qu’elle en avait assez la bille de son lieu de vie son trou elle n’en pouvait plus de résister comme un corps solide à l’épreuve du temps verre bille horrible au cœur de l’espace clos d’un terrain une accumulation de pensée négative à l’intérieur de la déchetterie une enfant fille le long de l’enceinte posant ses mains sur le mur sur les pierres mains qui creusent avec le temps fondent un passage là où les portes ont disparu mains coupées d’un coup tombées dans le trou afin de donner vie à ce qui n’avait pu être

Une parole buttant contre la tête les membres le torse loin de l’autre côté séparée de la paire de mains toutes les nuits en suspend lorsqu’elle rentre dans le sommeil de personne à la lumière de la nuit et de ses cheminements secrets cette obscurité de porte en porte Minuit Est la vraie lumière L’aube N’est pas claire dit Taisen Deshimaru

Mais tout cela manque de compréhension et découle uniquement du rejet systématique que je fais sur le chemin sans forme dont ma manière de concevoir la multitude me conditionne à mettre d’un côté les principales parties du corps que sont tête torse membres inférieurs et supérieurs sans les mains et de l’autre ces mains qui se trouvent dans un trou de bille élargit qu’éclaire la caméra venue surplomber le secret s’accompagnant d’un commentaire explicatif affirmant qu’elle n’a jamais bougé de là depuis l’origine du désastre qui n’est pas l’origine de sa naissance uniquement l’origine de sa mise en terre une fois qu’il fut décrété que l’objet devait devenir un déchet et finir dans le trou à cet effet situé au bout du jardin couteau bille et main ensembles sortis d’une sélection d’un jugement d’une mise en catégorie

Journal d’un corps abandonné et d’un objet poursuivit qui n’est plus rien qu’un point mouvant une vitalité dans la nuit-jour pour se répéter à chaque seconde en dévoilant le visage par lequel je dis ses cheveux sont tombés sur le sol c’était beau de découvrir le rejet la fuite l’abandon la coupe sévère très abrupt de ses illusions dans l’action nue dépouillée et simple qui déposa le troisième nom concluant l’histoire une neutralité originel un visage sur lequel s’accole un prénom afin de concevoir le triptyque Nicole Léna-Anaëlle

Abandon de la multitude d’objet inutile qui s’emploient à écarter qui m’éloignent de la hutte façonnée de matière végétale abandon pour N. de la maison foisonnant d’occupant néfastes abandon pour R. des doutes puisque les personnages ne sont rien d’autre que les fictions du spectacle

Le prénom ne parvient pas à se caractériser uniquement de sa substance propre il n’arrête pas de solliciter un surplus il ne réussit pas à marcher seul au milieu des épines il répond à une entité technique mise en place avant tout pour satisfaire les corps la jouissance des corps le confort des corps la paresse des corps la fragilité du corps-esprit ses rêveries son paradis artificiel dans lequel l’entité technique ne cesse d’inventer les désirs qu’auraient ce nom après l’apparition du corps sans conscience qui n’a pas demandé pourquoi cet extérieur plutôt qu’un autre pourquoi ce flux sans substance de circulation constante

La curiosité le désir l’envie la colère ne sont pas neutres et mes mains vous les avez sanctionnés vous les avez relayés à l’extérieur de la ville là où la trace ne s’en ira pas là où la trace vit sur le territoire de l’errance au milieu d’un langage qui lui est propre au carrefour d‘une naissance au carrefour d’une manifestation prise dans une courbe jusqu’à ce que tout soit recouvert des feux de l’accomplissement

Finalement Nicole Léna-Anaëlle accompagnent le recouvrement de la matière organique les derniers jours des mains le rapport qu’elles persistent à maintenir avec la ville qui n’a jamais été une expérience directe mais uniquement l’artifice de la rêverie collective

D’ici l’un des noms éclaire la vision dynamique du sens de l’histoire en contradiction avec la suprématie des sensations et des sentiments par le corps dans la zone souterraine qui continue à transporter des substances obstruant l’implantation d’une la liberté totale

Un des points structure son assise sur le ni devant ni dernière aucunement au centre sans être pour autant sur les côtés tout en ne s’envisageant pas en dehors de cela

D’ici s’engage l’exploration immobile le déploiement dans tous les sens du joueur de théâtre qui n’aurait pas idée en dehors de la scène de se prendre pour les personnages qui changent de vêtements d’allures de pensées et se donnent aux autres lancés dans la dynamique de perspectives phénoménales venu chez l’auteur le temps d’une représentation

ô fabuleux vêtement sans aspect liberté de toutes les formes lorsque tu circules sur les scènes du monde par les portes qui ne cessent de se multiplier à travers les règles auxquelles il t-est interdit de déroger

Les mains sont au centre, elles ont cheminé dans leur monde sans connexion du reste du corps. Il y a toujours une disjonction, seulement elle devient consciente. Un troisième personnage apparaît, il se prénomme Nicole, il apporte une neutralité au rapport extérieur-intérieur, positif-négatif. Toute opposition par l’intermédiaire de ce nouveau terme devenant personnage s’apaise. Il devient personnage, il apparaît à peine, il a besoin de recevoir une quantité importante d’événement pour pacifier les parties du corps, dont les mains en trains de se faire enterrer.

11. Alors, si tu n’as pas de tête...


proposition de départ

Mes mains ne se rapprochent jamais plus de rien. Je ne leur permets plus de vie en dehors d’action séparée, elles ne savent plus réellement ce que c’est, elles sont trop loin. Il y a ici une histoire plutôt triste, puisque c’est une fin d’existence, un enterrement des mains. Ça se passe sur le périmètre qui a toujours été le lieu où elles ont évolué. Un territoire aride, une zone sauvage soumise à des températures élevées, en dehors de la ville et de ses activités. Ville d’amour et de haine, ville où l’on façonne et détruit, ville de sentiment. Les mains créent des catégories, sur le sol où elles se sont ancrées, elles accusent la ville de se perdre dans des artifices. L’erreur des mains est d’avoir mené une vie de l’autre côté de la bande et maintenant qu’une partie du sujet rejoint le territoire urbain elles en paient le prix. Vous avez laissé échapper le véritable sens de l’existence. Vous devez assumer votre état. Vous vous trouvez à l’origine de ce qui est. Je relate les conséquences de ce lieu d’installation situé de l’autre côte de la ville, après qu’elles est fait leur déductions et décidé de s’en aller. Pour raconter il y a deux éléments, le terrain et les mains tranchées du reste du corps. Le premier se prête à un exercice, il veut donner à comprendre au deuxième ce qui est à l’origine de son erreur principale. Vous les mains ne connaissez que des propositions obscures, qui n’avancent rien d’autre que de la confusion. Elles sont distantes et de leur lieu il m’est difficile de déchiffrer ce que sont les intentions de la peau, de la chair, des pulsations artérielles. Il aurait fallu qu’elles laissent un message verbal pour aiguiller ma compréhension. Pourquoi ne parlent-elles jamais comme il faut, avec suffisamment de clarté ? Pourtant, pour elles aussi le soubassement a écrit une histoire, même si elle manque d’intérêt. Une histoire qui n’est pas compliquée. Elles cheminaient en ne voulant plus être de ce temps et de cet espace. J’ai entendu l’écho émis depuis la période d’une activité entreprise sous la direction des mains, il y a des petits objets qu’elles ont façonné, ces objets remontent au début de cet entreprise au allure d’aventure. Tout ça n’est n’est pas très clair, il n’y a dans l’air que des sensations qui s’estompent au moment de l’enterrement. Pour autant, sans aucun doute je peux conclure que l’écart d’un centimètre au départ, dans la persistance des mains, a mis en place un fossé infranchissable. Elles sont deux, elles ont touché des choses dans le noir, sans savoir. Elles ne se sont jamais séparées l’une de l’autre, l’option d’une existence où elles ne sont pas ensemble n’a pas pu s’envisager. Le territoire où elles résident relève d’un secteur inconnu, situé loin de l’activité du monde, dans un petit tas de boue tout sec. La scène que je peux vous jouer se trouve dans une zone éloignée. Il y a eu un soleil intense tout au bout, sur le terrain où elles se sont retirées. La chose reste visible d’un observateur qui se tournerait dans leur direction, vers là où elles se sont repliées. Pour l’instant quelque chose continue à agir, il y a des phénomènes reliés au corps, une pensée rattachée à un flux. Il n’y aurait rien à redire si le résultat des interactions sur le terrain construisait une réalité . Il n’en est rien, les mains meurent dans une grande solitude.

Si j’ai annoncé un enterrement c’est à cause du temps qui passe accentuant la séparation. C’est en raison de la cristallisation des événements. Vent et soleil sont deux éléments à l’œuvre dans le trou du bout de la terre, baignant les mains dans une eau épaisse et qui les soumettent à des vibrations inhérentes à ce terrain. Elles ne l’ont même pas décidé, elles subissent la poussée de l’histoire d’un corps. Je dis qu’il faut parler du corps. L’origine du corps, le spermatozoïde qui rencontre l’ovule, la croissance dans un ventre, l’accouchement préalable à la naissance qui met au monde une potentielle histoire avec des mains. Il faudrait aussi apporter des éléments sur le cour des âges qui oblige à ce séparer et à se dire par le biais d’un cheminement de pensée : notre vie de mains sera trouver son compte là-bas, en dehors d’un état de nuisance constant. Et pourquoi un jour elles comprennent leur erreur.
Aujourd’hui les mains se sentent très loin des mots pour dire le quotidien. Mots de la rue, mots que l’on emploie dans la ville, mots du dialogue, mots de la construction d’une conscience collective, mots pour décrire le visage ; environnement pour me retourner, avancé la main, geste d’accueil, signe de vie, expression comme le fait un visage. Aujourd’hui si les mains se sentent si loin, ce n’est pas en raison d’éléments cachés, ce n’est pas une dissimulation qui ferait défaut, mais plutôt le résultat d’une méconnaissance. Pour les mains il y eut des canaux de communication. À l’extérieur de l’agglomération elles pensaient suivre des traces, d’anciennes pistes qui recevaient une quantité d’expérience diverse, hors champ. La mise de l’époque fut importante. Je me pose la question de l’origine des mains d’hominidés. Quel est le critère pour affirmer, je suis cela. Histoire du corps auquel les mains se rattachent. Histoire de la pensée qui détermine le cheminement. Contexte et construction en mesure de définir le qui suis-je dans un trou de boue. Au loin la ville et ses lumières, les étoiles dans le ciel. Au loin, pour payer quelque chose qu’elles ont fait, un frémissement dans un trou d’eau boueuse. Le corps et la pensée ne peuvent me mener à une compréhension. Rentrées dans l’écho d’une vague portée par le vent, les mains se souviennent de ce qu’elles ont mis en forme certains jours alors qu’elles étaient perdus sur le chemin. Cinq doigts pour tenir un objet, donné corps à une idée, cinq doigts s’activant à matérialiser des sensations. Le corps se trouve dans un processus et les mains voudraient le matérialiser.

Ce n’est pas compliqué, il y a naissance d’un corps. Ce corps peut se soumettre à un découpage. Une tête constituée d’une bouche, de deux yeux, des oreilles ; les membres inférieurs avec les pieds, la puissance musculaire des mollets et des cuisses ; le torse qui reçoit un nombre important d’organe vitaux ; les membres supérieurs au bout desquelles se trouvent les mains. Elles font donc parties d’un organisme globale ne pouvant vivre une vie coupée de cette interdépendance. Seulement la société ne se construit pas convenablement. À l’intérieur, le corps et la pensée sont obligés de se fausser compagnie, de se falsifier. Je ne peux pas reprocher à mes mains un écart, étant donné le pas qu’il y eut après l’origine. Si elles sont en désaccord rien de plus normal et lors d’une convulsion elles ont fini par prendre la parole malgré leur fonctionnement dans le non verbal. C’est à partir de ce genre de traces que je mets en place mes déductions.

Les mains qui devraient se raccorder au corps en sont séparées. Elles ont vécu la majeure partie de leur temps en dehors de la vie du corps. Le corps lui se situe dans la ville, il n’a bien sûr aucun autre endroit pour envisager son existence et les mains elles, dans une décision au commencement de leur activité, se sont installées en dehors de la ville, sur un territoire aride. Le temps de la séparation voit les mains dépérir, elles sont sur le point d’être enterrées.

9. Le rivage


proposition de départ

Hélène, ici tu dois lire le carnet de bord du marin ! Commence par la page du précipice, en nous apportant des précisions sur son état d’esprit ! C’est ce que je pensais faire, mais pas en le lisant, je vais plutôt te la raconter et te présenter son histoire en m’avançant sur le devant de la scène, là tu vois ? Oui, si tu veux Eh bien je t’explique. Il lui fallait trouver un titre pour se dire. Il y en avait plusieurs susceptible de décrire sa conscience. L’exposition, le rivage, histoire de la violence, souvenir de L. De l’inattendu rentré dans sa vie l’invita à choisir le rivage. Plus tard il faudra s’expliquer, apporter des éléments sur son état impossible, afin de donner à comprendre pourquoi la représentation erronée a fini par s’échouer. Pour l’instant cet inattendu lui présente les perspectives d’un nouvel horizon. Les trois quarts de la traverser déjà effectuées lui avait demandé beaucoup d’énergie. Il s’était allongé en début de soirée sur la banquette de la partie cuisine du bateau. Il avait dormit plus qu’il n’envisageait et il fut obligé de se précipiter à l’extérieur alors que le vent commençait à grossir dangereusement. Il percevait la présence d’un rivage relativement proche. Après la longue période de haute mer aux odeurs uniques d’océan, de cuisine vite réchauffée, de café et de quelques agrumes emportés pour la longue route, ce fut une autre odeur, inhabituel pour le marin qu’il était devenu alors qu’il avait passé toute son enfance sur la terre ferme. Il sentait l’odeur de la terre. Serait-elle concilier les contradictions. J’aurais pu porter d’autres éléments à la lumière, mais non ça se présente sous cette forme. Il ne me sera pas possible de rejoindre le rivage avant la fin de la tempête. Il s’assit à la barre et se résolu à garder ses distances avec cette terre ferme qui pourrait le voir débarquer.

Ici se trouvent les arbres, la terre, la roche, les insectes dissimulés, les rongeurs dans les tanières. De son rivage Anaëlle suit la lueur du bateau. Regard perçant qui possède un corps bien singulier pour percevoir au loin. Elle voit une forme se précipiter sur le pont arrière, une tempête les sépare pense-t-elle de son regard encore lointain. Il n’y a rien à faire contre ce vent en train de porter la situation de l’autre côté, sur une des plages éloignées. Le destin ne cesse de nous vendre des formes imaginatives, c’est le danger dans lequel il n’est pas encore sorti. La situation crée des espaces inutiles, des zones de fatigues. Là où il lui faut reprendre des forces, il s’allonge quelques minutes. S’il se sépare de toutes ces choses passées, à son réveil nous pourrons nous retrouver de l’autre côté, sur ce territoire qu’il ne connaît pas. Ne suis je pas en train de l’y emmener. Depuis des années il suit ce périple illusoire. Il ne s’est pas rendu compte de la fatigue accumulée, elle a eu raison de lui, elle invente un sommeil. Sous forme de représentation illusoire elle est le sommeil au-devant de moi pour l’empêcher de voir. Le danger est porté par les vagues. Il ouvre les yeux à la lumière du cockpit vacillant. Il se précipite à l’extérieur pour reprendre le contrôle de l’embarcation. Il se demande ce qu’il va lui arriver. Peut-il percevoir les vies dans la pénombre de la nuit tombante. L’aveuglement de l’espace et du temps nous séparent. Se souvient-il de ce court laps de temps avant qu’il ne s’endorme ? Odeur d’océan sur la fin de sa course, repas encore et encore répété pour marquer le temps, cet infatigable représentant de l’usure des corps, ainsi que du café et des agrumes vidés de la cale du bateau où ils se retrouvaient stockés, pour n’être plus maintenant que présent dans la terre en train de croître.

En raison du rayon lumineux que je suis, je me retire. J’ai déployé ma manifestation sur l’océan. Je suis un rayon blanc constitué de plusieurs couleurs visibles en arc-en-ciel après la pluie. Je me transforme et ressurgis sous une nouvelle forme. Rempli de mon absence, la place libérée laisse apparaître des potentialités. Le bateau se situe à faible distance du rivage. Il a crié en sortant de la cabine. À sa façon de tituber, il devait s’extirper d’un sommeil. Avec l’entrée dans la nuit les repères se perdent. L’odeur du repas déjà estompé, celle du café est venu prendre place avant de se laisser submerger par l’océan. Dans le noir je surplombe les eaux et je me précipite à l’extérieur. Ici surgit le rivage, je suis aussi cela et de ce point je le regarde. L’apparence de son bateau. Son apparence en train de glisser sur un terrain plus propice. S’il y a des yeux pour voir, j’apparais. Je me montre à qui ne ferme pas les yeux, à qui ne se trouve pas du mauvais côté de la nuit, à qui ne dort pas en plein jour. La nuit est sévère et l’approche extrêmement incertaine. J’ai voulu lui montrer des couleurs en ouvrant l’arc qu’il portera en lui, en sélectionnant celles de l’histoire à venir. S’il veut emmener un peu de ma réalité, disponible pour chacun, je deviens la bonne mesure maintenant visible.

Sur le sable encore chaud et alors que nous allons construire un espace personnel, faisons en sorte de nous façonner de notions résistantes au temps. Portons notre réflexion sur ce qui ne se détériorera pas, comme une roche de la nature, un arbre plusieurs fois centenaire, afin de durer dans le tout. Méditons ce qui se cache de l’activité mortelle de l’humanité en mouvement. Aucun n’entend l’objet caché dans le sol et son potentiel en sommeil quel que soit le temps. Deux petits objets poursuivent un dialogue sans rentrer dans le siècle. Nous poursuivons nos activités sans comprendre le domaine désœuvré du personnage extérieur à la graphie, d’avoir résidé dans la maison située en dehors de tout scénario écrit. Le marin sur l’écran raconte sa vie vagabonde, d’un endroit à l’autre, une évolution personnelle à dater avant l’écriture. La redécouverte de la plage suggère l’idée de son changement. Un regard l’a poussé à ressortir, il appelle ça la rencontre. Une fois suffit se dit la pensée lors de son contact avec la pensée. D’avoir développé ce sens de l’histoire, avec ces sensations à l’intérieur du domicile, là où il cherche ce qui dure, n’est pas possible, c’est un échec. L’odeur du café succède à celle du repas déjà dissipée. Après le sommeil, l’océan porte le bateau et s’apprête à déposer le sujet sur le rivage afin que la pensée rencontre la pensée enfouit dans le sol. C’est un saut qualitatif sur la plage. Ici les yeux sont actifs et les mains commencent à fouiller le sol à la recherche d’une histoire. Il y aurait un élément, une valeur façonnée à une époque, en mesure quel que soit les histoires, de valoir sans la moindre déperdition.

L’attente des départs, le tourbillon dans le mouvement, l’inquiétude avant de sauter. Bien avant la rencontre, j’ai enterré deux objets dans le sol. Aujourd’hui je les ressors. Il y a une lame réduite à rien et une bille de verre. Avec l’écran latéral gauche de la scène, l’individu en arrivant sur la plage montre ses tourments. Il pense que ça n’est généralement pas très intéressant les objets ressortis du sol, ils ont tendance à mal vieillir. Seulement ici nous évoluons hors temps. Une fine lame au manche de bois et une bille en verre se trouvent enfoui à l’emplacement des ordures ménagères d’une époque avant la voirie, là où il fallait creuser un trou et là où tout s’accumulait. C’est ici qu’il fallait disparaître puisque c’est accepté collectivement. Revenir devant ces deux objets, les identifier comme des rescapés de l’enterrement décrété par une société à l’encontre de ces représentations, vouloir l’écrire malgré les interdits. C’est une chance qu’il puisse encore user de sa fonction. Il comprend qu’elle sert à quelque chose, c’est une petite magie, du sable et de la mer, des mains aussi qui s’enfouissent. C’est une magie de posséder un visage et un corps, même s’il se perd. Le corps débarqué sur une des plages, pour l’objet et ses secrets, phénomène dans l’histoire sur le bord de l’oublie. Photographie que l’on prend, flash dosé et utilisé savamment. Je l’ai trouvé bien lorsqu’il a fait ses premiers pas, avant d‘essayer de se fondre dans un coin du tableau, le temps qu’il lui faut pour écouter autrement. Les matières que sont le café, l’odeur d’un repas, la connaissance de sa partie en dehors du monde, appellent des sentiments, qui eux sont au monde.

8. La rupture comme continuité de la guerre


proposition de départ
extérieur

Il s’était allongé quelques minutes sur la banquette de la partie cuisine du bateau, histoire de récupérer. Contre sa volonté, il se laissa aller à un sommeil revigorant. À son réveil l’odeur du repas pris plus tôt avait disparu. La petite lampe accrochée au-dessus de la table ondulait, sa lueur vacillait au rythme du bateau. Quelques marches le menèrent à l’extérieur où il s’inquiéta de l’évolution du temps s’annonçant sous la forme d’une tempête. L’entrée dans la nuit l’a saisi à sa sortie de la cabine. Nuit noire au milieu de l’océan dans sa navigation en direction d’un rivage. Le vent commençait à s’intensifier, les vagues allaient gagner en puissances. La luminosité décroissait, il était seul dans l’obscurité à venir.

Tu penses qu’il reviendra quand ? Il ne reviendra plus jamais, c’est fini, tous ces aménagements, je crois qu’il les rejette. La dernière fois qu’il s’est assis dans ce salon ça remonte. Ah oui. Il se tenait là sur le fauteuil de droite, je m’en souviens. Je l’avais invité à passer un moment au milieu de l’agitation, dans cet espace privatisé de dix-neuf à vingt-trois heures. Cette fois encore ça ne lui avait pas plus, il avait critiqué la musique trop sucrée à son goût. Il me disait, c’est encore des sonorités d’amourette, ça ne change pas ici, mais toi il semble que tu aimes. Il ne me connaissait pas si bien. Je lui ai répondu que non, pas vraiment. Seulement le piano là, dans l’espace ça fait son effet. Il y avait un piano à quelques mètres, noir. Un homme y jouait avec délicatesse, parfois absorbé dans ses sonorités. Un verre à pied reposait sur le dessus, protégé d’un rond en papier afin de ne pas marquer l’instrument si des gouttes se laissaient glisser. Il critiquait la musique et la superficialité des clients. De la drague, encore de la drague. Il ne voyait pas que c’était aussi ce que je faisais, je l’avais invité à venir pour passer du temps à ses côtés et le séduire. La lumière du lieu il aimait. Ambiance tamisée. Moi je regardais la fuite du couloir en face, l’ascenseur au bout. J’aurais voulu aller plus loin, seulement d’autres choses l’appelaient.

Monsieur Fioretti, le pauvre il est vraiment le type même de l’homme démuni. Toute sa vie comme ça, loqueteau, crasseux, imbécile en train de balayer la rue de madame Martin. Bien heureusement pour lui un jour, préméditant son action, elle sortit ses poubelles au moment où il se trouvait devant sa porte de bois massif. Elle avait ce mot pour l’aborder : elles sont encore là ces automobiles, encore à vous gêner le passage. Ouais qu’il répondait, elles dorment comme leurs propriétaires. S’ils pouvaient tous être aussi silencieux ça serait le bonheur. Il passait chaque matin à six heures monsieur Fioretti-Martin, de plus en plus appuyé sur son balaie. Nous étions encore en hiver, le soleil trop timide, les lumières des réverbères éclairaient la ville. Cette fois elle poursuivit de façon inattendue. J’vous ai ramené quelqu’chôse. Ah oui, quoi qu’il répondit. Un livre. Un livre, mais vous pensez que ça va me servir. Il regarda le défilé de la rue et commença à prendre peur. Vous pouvez le lire. Et qu’est-ce que je vais y découvrir. Eh bien je dirai, c’est une réalité autre que votre vêtement crasseux que vous mettez chaque jour avant le levé du soleil, avant d’aller boire votre verre au café, avant de vous rendormir. Je me dis que si vous le lisez, nous pourrions en parler après dans ma loge d’intérieure bleue.

Vous pouvez me dire tout ce que vous voulez madame Martin. Ça ne changera rien à la réalité du mur dressé devant moi. Mes élucubrations de rêveur, le jeu d’argent, les voyages, les conversations de bistro donnent une certaine matérialité à ce mur situé au bout de votre rue. Votre livre (il montre le tas qu’il a rassemblé jusque devant la porte) n’a pas plus de valeur pour moi que ces détritus. Un gobelet qui traîne, des mégots de cigarettes, des feuilles volantes, ainsi que la poussière. Vous pensez que c’est comparable ? Oui. Je suis votre seule et unique amie, alors attendez avant de vous en séparer. Lisez le, après vous viendrez chez moi en parler. En parlez ? Vous connaissez mes complications ? C’est que vous allez encore vous rendre au bout de la rue. Dites-moi donc ce qu’il y a de si intéressant ? Vous me tirez encore une fois les vers du nez, vous êtes au courant et mieux que moi, pourquoi me le demander, histoire de rêverie rien de plus. Je sais, je sais, désir de prendre part à l’exploration. Et j’en ai à vous proposer de bien concrète, si vous prenez la peine de rentrer.

intérieur

Lorsqu’il comprit la situation, son regard contemplait la mer par la fenêtre ouverte. Je vais patienter ici qu’il se dit. Je vais me glisser entre le rideau et le dehors. Le vent agitait le tissu, par moment il touchait son corps. Un tissu blanc de séparation conçut pour retenir la lumière et l’empêcher de remplir la chambre d’hôtel, lieu d’escale entre deux états. Une chambre qu’il regarda en détournant ses yeux de l’océan. Une chambre personnalisée de ces objets qu’elle avait placés pour son séjour. Objets qui lui appartenaient et qui se trouvaient aussi dans la salle de bain. Il entra dans celle-là pour la visiter. Lorsqu’il y vit la brosse à cheveux posé sur la petite étagère au bas du miroir, sa curiosité s’accrut. À côté il y avait un tube de crème, une brosse à dent, un rouge à lèvre. Sur une chaise le chemisier plié qu’elle avait mis la veille lorsqu’elle le rencontra dans une des rues de la ville. Ce sont mes habits d’extérieurs qu’elle pourrait dire, ce sont mes habits de ville, je les ai déposés ici. Maintenant qu’il se retrouvait chez elle, rien ne l’empêchait d’explorer son intimité avec plus de détail, les éléments de la syntaxe d’un corps qui se prépare, les vêtements rangés dans les placards.

En rentrant dans la pièce, les traces d’espérances restants encore présentes s’animent. Enfin vous vous risquez dans mon intérieur. Sachez que vous me faites plaisir. Votre vie de labeur là-bas, dehors, je la trouve ignoble. Depuis combien de temps vous confrontez-vous à ces situations ? Je m’y trouve depuis toujours. Bien, alors maintenant vous voilà chez moi. Ne vous laissez pas déstabiliser par ma proposition, je vous invite au changement. Tous les jours de votre vie future, la pièce dans laquelle vous êtres en ce moment, vous sera ouverte. À aucun moment elle n’irait se prendre pour ce qu’elle n’est pas. Ici ça restera l’appartement d’une concierge d’immeuble parisien. Vous aimez ? Oui, beaucoup. Je suis surpris de la quantité de livre. Vous avez des aprioris sur les concierges. Non, mais si vous m’aviez demandé avant de rentrer, quelles sont les objets de votre intérieur, j’aurai parlé de bibelots comme ceux-là, du poste de télévision, de la petite radio, mais sûrement pas d’une bibliothèque avec autant d’ouvrages. Pourtant je vous en ai donné un. L’avez-vous lu ? J’ai commencé. Je manque de confort au café. Alors qu’ici vous pourriez...Oui, m’installer dans ce fauteuil. Il vous suffirait de revenir demain. Mais je ne voudrais pas vous déranger. Ne soyez pas idiot et écoutez moi un peu.

Il est assis à la table. Autour de lui les sonorités de l’océan. La violence du monde bas dans ses tempes et résonne à l’intérieur de sa tête. Qu’est-ce que j’ai donc été imaginer. C’est dans une tête qu’on imagine, je me demande bien pourquoi faire. L’histoire et la vie répondent à du concret. C’est un maelström tourbillonnant qui au fur et à mesure des années attire le sujet vers les profondeurs obscures de la conscience en perdition. Alors que la tempête déferle sur l’écran, l’intérieur de la tête du personnage ne se sort pas de sa crise. Il crie : mais qu’est-ce que j’ai été imaginer. Le laissé aller cause une dépression sévère. Ce sont donc ces idées de fêtes, d’images, de désir ; des projections multiples drainées par ces stimulations de la société, qui continuent à revendiquer un devenir, esprit de compétition, aspiration à ressembler aux autres, goût pour les possessions et les accumulations, macération dans la problématique du regard de l’autre. Ce sont les éléments en crises dans son intérieur en train de se visualiser sur le mur. Un œil sort de la baleine, il gagne la surface et rentre dans le bateau embarqué au milieu de la tempête. Il est sur le point de nous donner les évènements résidents dans la cabine.

D’un seul coup les objets de la cabine se sont mis en mouvement. En direction d’un rivage, c’est ça. S’ils débarquent, pour eux c’est une évolution dans de nouveaux lieux. Pour l’instant ils n’y sont pas. La scène suivante voit la bouche de l’animal se refermer, l’œil agit de l’intérieur. Avant la possibilité du rivage, ils s’agitent à l’intérieur au rythme des vagues. C’est tout de même un mouvement d’ensemble, aucun ne retombe, ils ne se percutent pas, l’esprit du cockpit est à l’œuvre. L’espace s’est refermé, il ne donne plus prise à ces éléments de l’extérieur. Bien évidemment les vagues qui sévissent dehors ont une répercussion sur les objets de la cabine. Par la transparence d’un plexiglas la présence au milieu des objets attendant aussi d’arriver sur le rivage, regarde dehors. Ce qui est dehors reste dehors et ce qui est dedans reste dedans. C’est un impératif s’ils veulent parvenir à destination. Les objets ne savent pas où, la présence non plus ne sait rien.

L’idée de roman n’a aucun avenir sans l’idée de théâtre. Il n’est pas possible d’envisager une visualisation sans représenter l’espace comme scène de théâtre. Les personnages, les impressions, l’espace temps se construisent sur un plateau ainsi que sur des écrans. Les deux lieux de matérialisations donnent la possibilité d’exprimer le monde intérieur et le monde extérieur. Ici il y a des états d’esprits, des atmosphères. On y retrouve des personnages, un microcosme où se manifestent des sentiments, des états d’esprits, des peurs, des impossibilités, des injonctions au changement. Madame Martin et monsieur Fioretti sont les personnages principaux, mais ça pourrait être Léna-Anaëlle et François habillés de vêtements particuliers. Le bateau fait partie de l’histoire, c’est un état intérieur, on y à entendre les angoisses, les dangers. Le bateau sur l’océan sait aussi être calme, le soleil brille parfois de toute sa splendeur au-dessus de lui. L’idée de jeu est central. Mais comme le nom des éditions Joca Seria, le jeu est sérieux. La maladie du sujet le rend inapte à tout mensonge. Les mots sont vrais, la scène oscille entre artifice et réalité. L’idée de bannir l’imagination gagne du terrain.

7. le dépassement des frontières


proposition de départ

Est-ce qu’à un moment le véhicule de Léna se trouva t-il garé devant mon domicile afin que je le vis. Cela particulièrement pour que nous eûmes la possibilité de voyager. Dites moi, est-ce que nous le fîmes ce périple ou bien le moyen de transport resta t-il figé sans jamais parvenir à s’engager. Et si nous le fîmes, peut-on dater l’évènement. Un matin d’une année incertaine, durant un mois de l’été, Léna emmène sa troupe de théâtre sur les routes. Le jour est tranchant, un soleil de midi élève les esprits. Ici vous rentrez sur le seuil d’un jour à inventer. Vous me connaissez, dites-moi est-ce que vous me connaissez ? Elle attend une réponse franche, elle n’accepte plus les hésitations. L’autocar est garé en bas. Je l’ai choisi rouge, parce que pendant tout le temps de notre déplacement, je vous demande au moins une chose, c’est de jouer avec votre sentiment. Autorisez lui un emploi dans des formations plus complexes. Mêlez le à de nouvelles formes. Changez de vie en le tirant de ses torpeurs. Il est nécessaire aujourd’hui de l’extraire des mécanismes de son éducation d’origine. Le départ est imminent. Ce soir, nous jouons à l’extérieur. Nous avons de la route et il nous faut toute une panoplie d’accessoire. Vêtements de toutes sortes, objets professionnels du médecin, du mécanicien, de l’horloger, objet du quotidien. Pour le voyage vous allez aussi me charger ce qui exprimera des impressions. Le souvenir du passage d’une porte mystérieuse, celui retenant un certain nombre d’aventure ; paysage, environnement, déplacement dans des lieux maintenant perdus. Il faut absolument élargir le cercle, sortir des noms de villes connues, de pays mille fois traversés, des notions cristallisantes qui figent le visage, abîment la personnalité et veulent affirmer, je suis François, tu es Charles, elle est Éléonore. Tous ces livres lus qui n’ont laissés que peu de souvenirs attendent une redécouverte de l’autre côté de la frontière. Moi je ne suis ni anglaise, pas du tout française, aucunement américaine, australienne ou sud africaine, je suis un personnage de fiction. Je vous propose une expérience de quelques soirs pour commencer, à prolonger au fur et à mesure de la matière accumulée. Je suis un personnage de fiction et avec moi vous allez rejoindre les rouages artificiels du poste de télévision. Vous allez traverser la toile numérique du mur déployé sur toutes les places. Ce soir, nous nous appuyons sur de l’image et du son. Avec les impressions d’enfance vous me chargez le grand écran de quatre mètres sur trois. S’il fait beau la représentation se tiendra en plein air. Dans le cas contraire, ça n’a pas d’importance, le véhicule se conçoit à toute épreuve. Il faut aussi quelques téléviseurs. Je veux créer une désorientation, avec des sonorités diverses qui se parasitent. Pour l’expérience de ce soir nous ouvrons par une tempête enregistrée en pleine mer, qui suivra l’ouverture du rideau. Entre les rafales, des phrases matérialisées sur l’écran disent : « La vie sauvage fut pour moi une grande félicité. Le temps de l’enfance, les pavés de la cour tout au long du dédale. Un chemin de dépense d’au moins trente ans, une existence porté par un sourire de caverne. Le potentiel en attente dans un espace parallèle va commencer à décroître. Mon espoir maintenu sans faille, je n’ai pas perdu pied ». Un coup de tonnerre déchire l’espace. Le degré de lumière monte juste avant mon entré. Sur l’écran central du fond, nous laissons s’agiter les vagues, un bateau s’approche du phare, les mouettes suivent jusqu’au niveau des falaises, l’image les suit. Pour la mise en place de ces scènes, ce soir nous avons besoin d’un maximum de matériel. Il faut se dépêcher parce qu’en plus du boulot qu’il nous faut abattre avant de rejoindre la salle, nous devons aller chercher François. Il va jouer ? Il jouera la sortie d’une torpeur. Au point où nous en sommes avec mon idée de spectacle, d’artifice et de représentation, je veux mettre en place un jeu sur les costumes. Je ne veux pas trop vous en parler. Il faut imaginer une panoplie de vêtement permettant d’incarner plusieurs personnages. C’est de l’impro encore, c’est toujours de l’improvisation, on se perd à chaque fois. Mais Marc, de là les choses émergent. Elles me perdent, j’en ai la tête qui tourne. Des costumes en coulisse c’est très bien, seulement comment on fait ? C’est simple, tu entends sur la scène quelqu’un qui dit, j’ai besoin d’un docteur, toi qui est sur le point de sortir après avoir donné ta réplique, tu revêts le costume de docteur et retournes sur scène jouer le personnage. Hélène c’est pareil, tu entends une voix sur scène en train d’affirmer, il me faudrait monter ce mur et arranger ce toit, savez-vous à quel endroit je pourrai trouver un entrepreneur ? Eh bien Hélène, dans les coulisses tu prends le costume de l’entrepreneur pour venir interpréter ce personnage, avec le sentiment adéquate. Là, nous ne sommes plus au milieu de la tempête ? Si, mais une qui est tout autre. Et François nous le récupérons où. Dans la rue à côté de l’esplanade.

Plusieurs personnes se déplacèrent en groupe jusque devant la porte. La question de la représentation fut le sujet d’étude en se projetant dans l’espace qui fut appelé le monde extérieur de la troupe. De là les personnages se retrouvèrent à l’orée des phénomènes. Leurs présences se confronta aux situations qui se mirent en place afin de créer ce qui fut sur la scène. Nous vîmes les couleurs, les perdîmes, le rapport à nos années fut de plus en plus complexes. Les visages révélèrent des faiblesses. En fermant les yeux des formes se déploient sur la conscience, des enveloppes se dessinent. Les structures sembles posséder une vitalité. À deux pas le début du désert et ses personnages se lancent dans un périple. Ils traversent de grands espaces sous l’impulsion d’objets sortis du mental. Ce sont des aventuriers embarqués dans le tumulte d’un temps au-delà de toute connaissance. Des mondes se tiennent à la porte. La réinvention de l’histoire est à l’œuvre, une réinterprétation du corps global qui depuis trop longtemps subit des falsifications. M’apparaît de nouveau des architectures aux toits élevés. La lumière des lieux sur plusieurs étages laissent de grands pans dans l’ombre où se succèdent intérieur et extérieur. Les voix s’extériorisent par différents points. Les impressions du corps nous mettent à rude épreuve, nous sommes en train de nous réduire au fur et à mesure de l’écoulement du temps, les corps sont soumis à une pression. Dans son esprit la mise en scène envisage des descriptions comme éléments du spectacle. Le travail sur l’espace abolit les délimitations entre spectacle et spectateur, les noms de Virginia, Léna, Anaëlle semblent indispensables. Dans le véhicule la répétition commence. Tu as des difficultés pour définir ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, l’artifice des sons, de la lumière, de toute la mécanique à l’œuvre te submerge d’une énergie, une matière située hors de ton contrôle grandit. Certaines des constructions mentales deviennent défaillantes. Je pense à des photographies de Francesca ; à Charlie glissé à l’intérieur de l’aquarium. Nous le découvrons juste après l’éclat violent des vagues sur l‘écran. Ce personnage incarne une réflexion à développer. Francesca oblige ce Charlie à s’entourer de parois en verres qui constitue un aquarium. Sur le mur se matérialise une phrase de Picasso. « La peinture n’est pas une question de sensibilité ; il faut usurper le pouvoir ; on doit prendre la place de la nature et ne pas dépendre des informations qu’elle vous offre ». L’analogie avec le système est à méditer, pour ne pas dépendre des informations qu’il nous offre. Sur le seuil de la porte, un pied posé de l’autre côté, un des personnages manque de maîtrise, la nouvelle mise en scène prévoie d’y remédier. Elle, sans visage, sans rien, vide de ne plus proposer de parole fixe, exprime une idée. Je ne suis pas, je m’échappe de mon sujet, il me prend comme exemple, il me suit, il me rend visite, j’apparais puis disparais. Je vais lui proposer de mettre en place une façon de voyager. Je vais lui demander de questionner plus intensément le passage des frontières. Comment changer de vêtement, comprendre les tableaux ? Vous observez les représentations picturales, leurs beautés, les traits et les touches qui se sont formés. Du jaune au rouge, en passant par le orange, la légèreté de l’être en situation de spectacle ne se laisse pas uniquement prendre dans de l’amusement, il est sérieux au milieu d’une production d’illusions. Conjugaison de forme particulière d’un pays à l’autre, spécificité d’une histoire, aspiration vers un but, désir où pas de porter le vivant. Des acteurs jouent les personnages. La troupe travaille à transporter un sentiment authentique qui se veut de plus en plus consistant. Généralement sans s’en rendre compte les choses se défont. Je me retourne vers Léna, comme si je m’apprêtais à commencer une conversation fleuve avec elle, qui porterait sur une théorie du dialogue dans le théâtre, abolissant les frontières. Nous jouons ça si tu veux. Chacun rentre et sort de scène en répondant aux demandes de personnages. Il faut successivement changer de peau et ne pas écouter la critique. Elle veut nous convaincre qu’au cours de la même représentation on ne peux pas jouer un anglais après avoir incarné les traits d’un américain, juste du fait que l’anglais possède des spécificités inconnues de l’américain. Vous ne serez pas rire après ces larmes versées cinq minutes plus tôt sous un autre costume dit-elle, pour vous être trop identifié. De quelle manière jouez-vous les sentiments, sont-ils votre propriété, la tenue vous appartient-elle, reste-t-il sur le vêtement certaines de vos particules une fois déshabillé. D’ici, la toile a besoin d’incarnation. C’est tout à fait possible de développer une narration avec ou sans Charlie, avec ou sans Léna, Anaëlle, François. C’est tout à fait possible de réinventer les vies. Je demande, qu’est-ce qu’un sentiment ; Léna affirme, ne venait pas sur scène sans en avoir. Qu’est-un qu’une sensation ; Picasso dit, la peinture n’est pas une question de sensation. Qu’est-ce que le raisonnement ; la page de son côté à besoin de clarté.

Une aventure attendit de se faire. À l’époque pour la rendre concrète, il ne sut pas se lancer dans le bon espace temps. Elle dut le forcer. Pour cette raison elle fut obligée de le menacer. Resta-t-il penché au-dessus du vide ? On peut le penser, puisqu’à aucun moment il ne prit en main la forme qui devait être. À ce-moment là, elle l’emmena dans une des chambres de l’hôtel Majestic. Il leur fallu passer le portique d’entrée, puis le hall avec à droite et à gauche des petits salons pour s’installer. Après ils durent rentrer dans un des ascenseurs. Je n’arrive plus à compter le nombre d’année Charlie. C’est trop, vraiment trop, rentre dans cette chambre. Je l’ai réservé exprès, faut qu’on parle de la scène. C’est important la mise en scène si l’on veut laisser s’exprimer toute la cruauté de la vie. Ils sont tous en trains de jouer en bas dans les casinos de l’hôtel. Ils sont en trains de bâfrer répartis sur plusieurs niveaux dans les restaurants de l’hôtel. Ils sont en trains de rire dans les salons, salles de jeux et autres lieux de divertissements de l’hôtel. Ils se délassent aussi. Les jacuzzis sont ouverts, avec les salles de massages. Je crois que le corps veut tout le temps se satisfaire. La réussite individuelle lorsqu’elle dispose de moyen dit, satisfaisons le corps. C’est inévitable, le principe se généralise. De la nourriture à en vomir juste pour le corps. Des formes de désir juste pour le corps. De la reconnaissance juste pour le corps. Pas de conscience ? Richard se présente en allié, ses mots relèvent le corps en train de sombrer. Richard tu dis en parlant de tes textes littéraires, moi je ne suis pas de la syntaxe, je suis de la syncope. C’est ça qu’on cherche Charlie, parce qu’à travers ce genre d’approche, il est possible de sortir de la boulimie que l’on nous impose. Tu sais moi maintenant je le sais Léna, je suis aussi un gars de la syncope. Mais sur ce sujet je ne m’inquiète pas, tu me comprends. Oui, mais tu ne voudrais pas changer d’environnement, explorer de nouveaux territoires, reconsidérer tes habitudes, je dirais même changer de modèle. Dans ce cas tu connais l’obligation, il faudra passer la frontière et rompre avec le passé. Petit aparté, Francesca Woodman est une jeune femme admirable, photographe. Elle meurt à vingt-deux ans, suicide. Artiste magistral, elle eut votre serviteur comme modèle. Elle a marqué ma présence sur des photos. Cette situation avec le corps, je ne parviens pas à en sortir. Si l’on se résigne, j’ai l’impression qu’il veut nous asservir en nous obligeant à le satisfaire, alors pour le voyage j’ai peur que nous soyons l’un et l’autre prisonnier du lieu, là où il est impératif d’explorer de nouveaux horizons. Je veux sortir persuadé de l’existence de ces autres mondes, seulement je reste figé sur le lieu qui m’a vu naître. Tu as raison, en dehors de la syncope, pleins d’autres éléments attendent. La syncope ce serait le personnage que tu nomme Sylvia. Oui, j’en ai déjà donné une description. Après guerre, attablée au café, sa cigarette entre les doigts, son esprit part, assaillit d’images. Elle voudrait sortir de son corps. Lorsqu’elle se fige sur sa chaise, ce sont des désirs d’assouvissements qui la gagnent. Assouvir quoi, je ne sais pas, cette question ne s’est jamais élucidée. La scène passe par là. Un individu se déplace entre les salles d’un musée. Certaines peintures restent de leur époque là où d’autre conservent une réalité valable pour chacune de celles passées et futurs. Dans ses années d’apprentissages, le peintre travaille la syntaxe, c’est la technique des proportions acquises dans la jeunesse. Puis ce qui voulait s’épanouir n’a eu d’autre choix que de se confronter à ce désir perpétuel de mort. Charlie, en filigrane du spectacle ne cessons jamais de montrer la mort à l’œuvre. Si nous sortons de cet espace Léna, tu penses que nous pourrions nous en libérer ? Tu me demandes s’il existe une syntaxe qui reste libre, ça sera la question des prochaines années. Il est compliqué ce jeu de scène où l’on prend un vêtement dans les coulisses pour incarner totalement le personnage, sans rien négliger de son intensité. Si l’un de nous appelle cette scène, toi tu sais ce qu’elle représente. J’ai ressenti quelque chose devant le tableau d’Otto Dix, je suis sûr de parvenir dans certaine circonstance à retrouver cette sensation et d’y mettre du sentiment aide à l’imposer, il ne manque plus que les mots pour la dire. Léna, pourquoi appelles-tu le spectacle le tableau d’une exposition ? C’est pour la mémoire de ce qui représente le passé. Le tableau d’une exposition porte en lui son histoire. C’est une vie qui s’expose au travers de différents encadrement. Maintenant tu dois comprendre. Mais tu m’as menacé ? Si je ne t’avais pas fais monter tu serais encore à t’aveugler du cinéma. Je n’ai pas d’autre choix et ce n’est pas le moment de s’arrêter. Maintenant je voudrai entendre à un moment, lorsque sur scène l’un de nous dira, amenez-moi le gamin, que tu t’habilles comme il faut pour apparaître sur la scène. Vous allez la laisser sortir la mère du personnage, elle n’est pas née pour satisfaire un plaisir étranger qui ne se connaît pas lui-même en se revendiquant mécaniquement. Vous allez la libérer et exprimer une parole qui la concerne directement. Elle n’est pas là pour satisfaire un plaisir. Tu possèdes les mots pour dires ça. Tu me parlais de ta pensée paralysée. Oui la couleur seule prend la fuite, elle se retourne, esquisse un geste, dans une expiration de dernière minute je la comprends.

À un moment donné le véhicule passa-t-il la frontière. La troupe de théâtre qui n’arrêta jamais de se déplacer, stimulée par l’idée de mise en scène qu’instaura Léna, parvint-elle à passer la frontière pour ne pas se scléroser dans son espace habituelle. Parvenu aux deux tiers de la représentation nous allons faire un saut. Il faut comprendre les raisons de la fille, devenue mère, d’agir avec autant d’incompréhension aux yeux du fils. L’enfermement est la question fondamentale de l’enfant. De ce point commence la prise de parole. Jamais je ne vais affirmer une certitude ! Eh bien je veux y remédier en mettant en accusation le nom du père. Vous voulez pour mon bien me donner en mariage, dit-il en prenant la voix de la mère. Je vous entends me dire : avec un mariage ma fille, votre éducation sera l’honneur de votre mari. Je ne vais pas m’y résoudre en acceptant cette injustice. D’après vous, puisque la transmission du nom vient du père je ne peux aucunement vous porter un refus. Il n’y aurait pas de vie possible sans votre consentement, vous allez me renier. Si vous pouvez m’écouter père, vous allez entendre le fond de ma pensée. Mon esprit ne sera comment passer dans ce trou si exiguë, je ne crois pas cette chose possible sans qu’il y est des dommages. L’impossible réalisation découle de ce nom du père. Si l’on est une femme il faut subir l’asservissement du mariage. Rester à la maison, ranger et cuisiner, s’occuper des enfants, accueillir le mari le soir, le servir. Cela occasionne une puissante pression mentale, un carcan si injustement imposé. J’en viens à penser qu’il y a une cause pour ces folies de grandes créatrices maintenues dans un état d’asservissement pour le bien et la jouissance du corps de certains, parce qu’elles n’ont pas droit à la même place, au même regard. Camille Claudel n’obtient aucune autorisation dans sa vie si elle veut montrer son torse en criant, je suis ce que je suis et mes mains veulent le dire, donnez-moi de la terre, du marbre, autorisez votre regard à observer sans préjuger. Lucia Joyce à la porte de sa conscience, aimée de son père, peut avoir subis son époque. Si elle existe dans Finnegane Wake, cela sous-entend un pouvoir d’inspiration sur son père ? Aurait-elle été une grande danseuse reconnue du grand public si elle avait vécu dans le corps d’un sujet de sexe masculin. Emily Dickinson aussi, aurait-elle été moins sujet à des crises d’épilepsie sous une autre condition. Je vous donne des noms, celui de Francesca Woodman née aux États-Unis en 1958, morte 22 ans plus tard d’un suicide, âme Rimbaldienne qui aurait pu partir dans des périples si sa tête n’avait pas tourné jusqu’à l’emmener au tragique, en se défenestrant. L’impossible découle de vous. Vous n’êtes pas du même avis que moi concernant la raison de l’établissement de l’ordre moral ? Vous ne pensez pas qu’il est uniquement là pour satisfaire un corps physique, qui vibre suivant des processus spécifiques. Je suis devant le mur, avec les noms de ceux qui ont subi des séquelles de s’être extraits d’un environnement, ou ne pas s’être résolu à rentrer dans aucune condition. Je me creuse les méninges parfois devant l’absence de culture liée à notre maison. Pour Virginia Woolf, n’est-ce pas une pression de se construire libre ? Le nom du père à des questions à se poser. Je pense aux nouvelles maladies de l’âme de Julia Kristeva. Les conditions de nos sociétés contemporaines créent par la pression qu’elles exercent, un contexte dans lequel s’établit la difficulté du sujet. Là où il s’engage dans un processus l’emmenant à devenir lui même, il est bloqué. Ce sont les conséquences de la société de domination dans laquelle le nom du père joue un rôle important. Cette réplique n’engage que moi et aucunement Julia Kristeva. Père, j’aime Léna. Que je sois fille ou garçon, je ne vous ai pas connu puisque vous avez rejeté toutes réalités féminines autour de vous. Aujourd’hui je ne vois plus rien qui puisse m’empêcher de vivre mes aspirations. Vous ne le pouvez pas et la société dès cet instant où je vous le dis ouvertement, ne dispose plus de moyen pour me contraindre. L’amour que je porte à Léna ne rencontrera plus d’obstacles.

Le sujet principal est celui d’une troupe de théâtre amenée par Léna. Le projet est multiple, mettant en œuvre le mouvement, la mise en scène et le dépassement des frontières. Il y a aussi une chose qui a surgit au court de l’écriture, la question du nom du père, l’inégalité entre homme et femme dans ce rapport de transmission du nom. Comment construire une société où les femmes et les hommes sont égaux lorsque si on se marie certains des enfants perdent le nom du père.

6. le passage


proposition de départ

J’ai toujours pensé qu’un jour je devrai éclaircir la raison de mon rapport particulier à la planète. Un rapport renversé d’une manière si subite, lié à des rencontres, qui viennent accorder mon centre de gravité avec ce qu’elles sont. Un retournement de l’espace depuis la présence d’une personne, ouvrant un enchaînement de nouvelles perspectives. Cela a dû commencer avec Léna. Bien sûr Léna c’est comme Anaëlle, Virginia ou Sylvia. Il fallait bien débuter part quelqu’un en mesure d’affirmer, je suis à l’origine. Léna c’est surprenant, lorsque nous nous sommes croisés pour la première fois, je ne l’ai pas réellement vue. Non, à aucun moment je peux dire que mon regard est venu dévoiler les formes de ses contours et que sa présence dans l’espace c’est imposé directement. Non Léna je l’ai connu la première fois avec ma perception sensorielle, comme beaucoup d’autres évènement de ma vie qu’ils soient ou pas important. Ce fut une longue période, aujourd’hui de plus en plus évanescente. Je venais de rentrer dans une pièce, elle se trouvait assise sur le côté. Il y avait Marc et Chloé, nous parlions ensemble, nous venions de remonter d’une salle commune dans laquelle avait eu lieu un discourt, qui à l’issu laissait libre les prises de parole. Tout cela nous avait agité. Imprégné d’une électricité nous avons pris la direction des étages, jusque dans les bureaux. C’est à ce moment que je fis la rencontre de Léna. Nous nous sommes salué en passant, presque indifféremment. Plus tard je me suis dis, après avoir quitté tout ce monde, que s’est étonnant la personne qui m’a été présentés du prénom de Léna, je l’ai à peine regardé, pourtant elle s’impose et met en cause mon indifférence. Je commence à nommer Léna, mais ce pourrait être Anaëlle, si j’exclue ce rapport à la sensation comme perception première, parce que la vie est une infinité de communication subtile. Tous ces noms sont des rencontres, même si certaines se font dans les livres, c’est le cas de Virginia, où dans une peinture pour Sylvia. Anaëlle est calme et secrète, elle cultive l’inaccessible. Ce n’est pas une posture, mais plutôt un monde de prédilection commençant de l’autre côté du miroir, comme une vie nouvelle, pas du tout disparue et que l’on redécouvre en faisant des fouilles archéologiques. Mon attention c’est trouvée attirée la fois où je l’ai vu sur une photo plongé dans une tombe ancienne, avec le squelette tout proche. Son sourire intérieur disait, nous avons une vie, je la prolonge. Sa vie je l’entends comme j’entends Virginia Woolf prolonger son corps, avec sa tête en train de se glisser dans la terre, d’affirmer ensemble le masculin et le féminin, une tête qui porte une voix pour l’animal, le lac en soi, l’attente de ma main enfin décidée à saisir le livre dans la bibliothèque depuis ce temps qui n’arrête pas de se prolonger où je remets le geste au lendemain comme un incorrigible procrastinateur. Un jour j’ai pensé à Virginia au travers d’un personnage sur les routes. C’était déjà une scène, même si les manifestations mentales sont toutes récentes, c’était une scène venue de la couleur, qui elle n’était pas tombée du ciel. Nous étions à plusieurs dans un autocar rouge. C’était le véhicule d’une troupe de spectacle avec lequel nous allions d’une salle à l’autre pour nos représentations, Virginia conduisait. Elle n’arrêtait pas de répéter, le tableau d’une exposition vous comprenez ce que ça doit être, un espace où toute la représentation doit se trouver. Le tableau, c’est Sylvia. Elle ne représente pas une exposition totale, elle se tient dans un petit espace qui est pourtant significatif. Elle est un état charnière d’un passage. Je l’ai découverte pour la première fois au musée d’art moderne de Paris. Son titre est, la journaliste Sylvia Van Harden. La toile est du peintre allemand Otto Dix. Elle est une situation d’après guerre, sûrement le résultat d’un constat meurtrier, une imprégnation de la mémoire. La journaliste assise à une table de café tient une cigarette dans sa main droite, habillée en rouge, baignée dans un espace rouge aussi, elle vient nous enseigner que la beauté porte différent visage. Je l’entends avancer sa proposition : regarde moi, je me déplace avec mon histoire. Bien sûr, je ne passerai pas de l’autre côté. Je sais très bien qu’il n’y a aucune possibilité pour nous de nous retrouver là où tu t’engages, seulement j’imprègne la marque. Il ne faudrait pas oublier de creuser des trous pour y rechercher les choses authentiques qui font partie de ce que nous devons être. Dernièrement j’ai posé la question à François. Lui il me vient à l’esprit par la présence de François d’Assise. Il possède sa règle de vie radicale érigée pour permettre de sortir de la vie généralisée sur le mode de la consommation. Le sentiment profond, véritable, authentique a toute sa place dans mon existence me laisse-t-il entendre. Seulement il n’a pas su répondre. Il y aurait comme un trou à creuser l’amenant en direction de l’inapparent. Le personnage historique porte des vêtements constitués de trois fois rien, il a une instruction minimale. Il sait livre, oui. Il connaît le latin sans être érudit. Les spécialistes affirment que la bible n’a pas de secret pour lui. Serait-il une autre personne s’il choisissait de retourner sur les bancs de l’école afin de poursuivre des études ? Oui bien évidemment. Et qu’est-ce que cela lui apporterait-il ? Eh bien des connaissances. À quoi cela sert-il ? Ça met de la matière dans le propos. Par exemple, je vais faire le parallèle avec la musique. Hier sur le web j’écoute du Bill Evans. Sur la page Facebook d’une connaissance qui s’appelle Olivier, je découvre le morceau -– Waltz For Debby. Je me dis ce Bill Evans, c’est la grâce. À croire que d’autres mondes existent par la musique. Mais voilà la musique est une science. Bien sûr on peut jouer avec trois accords. Nous avons le blues et le rock qui font dates dans l’histoire. Seulement ce n’est pas tout, si nous voulons comprendre le jazz de ce pianiste, comme celui de Nina Simone, il est nécessaire de posséder des connaissances plus approfondit, une technique dite savante. Rimbaud écrit dans conte « la musique savante manque à notre désir ».

Présentation des différents noms qui jalonnent mon écriture avec leurs incarnations.

5. hôtel Majestic


proposition de départ

Parfois seule la nécessité parvient à forger la raison. Ce que l’individu ne serait mettre en œuvre de son plein gré, la contrainte de l’espace l’y oblige. Tenu d’obéir sous cet état de fait, une femme et un homme passent le portillon roulant de l’hôtel Majestic. Cri-cric, vous avez une arme entre les côtes, avancez. Elle le tient sous sa menace. Le hall du palace est revêtu d’une moquette bordeaux, avec quelques fauteuils de cuirs marrons sur les côtés.

Rends-toi compte, c’est enfin le jour que nous attendions, l’esplanade nous appartient, nous allons rentrer dans l’hôtel. Voilà la magie, tu te souviens qu’en nous en parlions, pour toi c’était impossible qu’un jour nous arrivions là. Ah oui, je te disais : le Majestic, jamais nous n’y mettrons les pieds, avec ses petits salons de cuirs marrons, son sol recouvert de tapis. Les pas y sont feutrés, la lumière varie dans son intensité suivant les heures.

Se diffusant dans le hall de l’hôtel Majestic, la musique d’un piano crée une atmosphère feutrée. Extérieurement les états d’esprits semblent dissout, aucune identité ne veut sortir du fluide déployé par les sonorités, les pas ne s’entendent pas, les visages immobiles vont des fauteuils marron à la réception. Seul ou accompagné les gens rentrent et sortent par le portique d’entrée. D’un coup surgissent deux personnes. L’une des deux enfonce sa main dans le flan droit de l’autre. Elle pourrait tenir une arme.

Mais oui j’avance, t’en fait trop là. Jamais tu vas me faire confiance. Aller où, tu crois que je vais me barrer, tu crois vraiment que je vais me mettre à courir ou crier. T’as pas confiance lorsque je te dis, tout est dans la chambre et tu auras les papiers, l’argent, les vêtements. Le petit salon donne au sud, tu verras, mais seulement là maintenant que nous passons le portique, cesse de me trouer le flan comme tu le fais. Regarde à droite et à gauche, tout ce monde dans les fauteuils et à la réception. L’hôtel Majestic, c’est un peu chic quand même, avec le marron du mobilier et le bordeaux du sol.

Deux amoureux sont allongés dans une chambre de l’hôtel Majestic. En début d’après-midi le soleil tape fort et la fenêtre ouverte ne suffit pas à rafraîchir les corps nus. Une légère brise passe dans les rideaux tirés, ils ondulent. Le poste de télévision diffuse un film policier. Les dialogues suivent la brise, ils caressent les esprits. Il faut aller chercher le magot dans la chambre, magne-toi. Y a du monde dans la piaule qu’elle demande. Non. Quoi ta femme n’est pas là. Non y a personne, je t’assure. Très bien, alors accélère, il faut y aller avant qu’elle ne revienne. Les deux franchissent le portillon de l’hôtel. Dans le hall des fauteuils de cuirs marrons, le guichet de la réception, puis l’ascenseur.

À la réception ils n’ont rien pu dire qui permettre à l’enquête de progresser. C’est du cinéma monsieur le commissaire demande la femme interrogée, parce qu’on dirait vraiment un film votre truc. Ben quoi, il en passe trente à la minute des couples. Tenez regardez, là. Un homme et une femme sont en train de rentrer à l’hôtel Majestic, ils regardent à gauche et à droite. Ils pourraient s’asseoir dans les fauteuils de cuirs. Qu’ils viennent à moi pour me demander des renseignements, je vais aussitôt les oublier. Commissaire, j’en sais vraiment rien. Je suis désolé de ne pouvoir vous apporter mon aide.

Tais toi, mais tais toi un peu et avance. Je n’arrête pas, seulement ton idée je la trouve trop risquée, on ne devrait pas. Cette fois on va changer de méthode, je ne vais pas une nouvelle fois t’écouter, alors avance je te dis. T’as vu ce qu’on a perdu depuis qu’on suit tes plans. Oh bien sûr, ça va être de ma faute maintenant, je ne peux plus rien avoir à dire, parce qu’on foire à cause de moi. Et la dessus tu choisis le Majestic, tu as une raison pour ça ? Eh bien pourquoi pas. J’y suis déjà venu et ça a de la classe, j’aime bien. Le soir tout est calme, on s’entend parler. Et puis avant l’action, c’est ce qu’il nous faut. Quelle action ? On passe à l’action je te dis, avance où tes côtes tu vas mieux les sentir, je vais continuer à y enfoncer mes doigts.

Ils arrivent monsieur le commissaire. C’est bien elle avec lui. Ils sont en train de passer le portillon d’entrée. Ses cheveux sont attachés en queue de cheval. Elle a une veste noire et un pantalon clair. Lui porte un ensemble bleu foncé. Vous aviez raison ils ont choisi le Majestic, ils s’offrent le haut de gamme. Elle n’a pas l’air commode, elle le pousse. Faites gaffe ils se dirigent du côté des fauteuils en cuirs. On laisse faire, ils vont prendre une chambre. Il faudrait qu’on voit si c’est juste un manège à deux, ou s’ils attendent d’autres personnes. Faut voir commissaire, mais je pense plutôt qu’elle va rester seule en haut avec lui jusqu’à demain matin, on devrait pas les lâches.

Je vous explique la façon dont vous allez procéder. Vous devrez arriver au Majestic en début d’après-midi. Vous êtes un couple sans bagage. Vous demandez votre chambre à la réception, avant de monter vous vous renseignez sur le casino. Dites leurs que vous venez pour jouer. Vous restez quelque temps dans votre chambre, profitez-en la maison régal. À cinq heure vous descendez dans le petit salon de cuir et vous commandez à boire. Ne faite pas les idiots, dès le passage de la porte d’entrée on repère ceux qui ne sont pas habitués de ce genre d’établissement.

Sur la brochure de Hôtel Majestic c’est le grand luxe. La photo de la première page montre un couple à l’entrée qui semble se diriger vers la réception, leurs visages tournée en direction du personnel de l’hôtel en trains de sourire. Les photos suivantes permettent de découvrir les deux salons de cuirs luxueux. Il y a une légende ventant la tranquillité du lieu. Femmes et hommes d’affaires en discussions , tête à tête amoureux, rencontres entre amis. L’hôtel Majestic est un privilège que vous vous octroyez.

Au début du travail sur la proposition, j’ai réfléchi sur la scène à répéter. Il m’est venu celui d’une ou deux personnes en train de rentrer dans un hôtel. Le nom de Majestic me semblait approprié. Puis j’ai cherché à placer, le passage du portillon d’entrée, la présence d’un salon de cuir marron, le nom de l’hôtel, dans chacune des scènes.

4. point charnière


proposition de départ
sous un angle doux

Ici je décris l’odeur du matin sur le passage affilié au vivant et à la fluidité. Temps de la réception dans un environnement ouvert sur le dessus. Ce devait être la première fois dans l’espace en train de fendre l’atmosphère. Ce devait être une fois comme jamais, en plongeant dans l’eau pour me baigner. De l’air, de l’eau et quoi encore ? Des pensées en circulation, la vitalité des creux, les matières venant à moi pour exacerber mes sensations. Il y a eu l’aube remplit abondamment de nouveaux questionnements. Comparé à la veille les impressions sont tout à fait différentes, plus intenses, elles me rendent extrêmement présent. Je suis sur la route, mes pas me mènent et je ne me soucie plus de rien. Je crois que je m’évade dans les couleurs chaudes et douces qui s’accroissent sous la chaleur. Ces instants se gravent sur la plaque argentée, ils s’incrustent pour toujours. La délicatesse du printemps transforme un simple parking en gare de départ, elle sublime la moindre particule. Tout est question de vêtement revêtu le matin. Tout est attention dans la journée pour ne pas défaire ses fils. Dans cette relation la simplicité convient, il suffit de s’accorder sur le tissu, de s’assurer des accords avec la peau. Bien des contradictions subsistent, mais la tête s’évade. Justement pourquoi la tête devient-elle si légère, quelle forme de pensée si plus rien n’accroche ? La liberté des fleurs insérées dans les jardinières, la fleur de jasmin sur la boutonnière, les parterres de couleurs odorantes accessibles en ouvrant la grille du parc à neuve heure du matin. Un jour je rentre ces impressions dans ma peau sans me questionner. Je m’assois sur le banc comme à un carrefour de ma jeunesse. Ce devrait être le moment de refuser les associations simplistes. Installé dans la rue pour la première fois en jeune homme inexpérimenté je regarde. N’est-ce pas une erreur de se perdre de cette façon. Je ne m’en souciais nullement. Je n’ai pas trouvé de nom, ni de conception valable, uniquement le bruit d’une expansion située de l’autre côté de la porte. Les opposés se rejoignent, les dunes se succèdent, elles sont de milliards de grains de sables, elles sont jaunes très jaunes, baignées de soleil, elles montent et descendent, elles exemptent le sujet de questions superflus. Qui, quoi, où ? Je ne sais pas, je te dis je ne m’en soucie guère, pourquoi insister. Je n’avais pas de pensée, alors ça m’a paru impossible de t’emmener. Pardonne-moi, les soleils ne sont pas si simple à convoquer, ceux de midi et minuit si je peux me permettre. Il y a au moins vingt-cinq années maintenant, fleur d’orange à insérer dans la préparation des viennoiseries avec le levain. Le boulanger se lève très tôt, il ouvre la porte du four à bonne température pour recevoir la pâte des brioches, il glisse le tressage qui va gonfler et répandre ses odeurs de partout. La croûte elle aussi jaune évoque les dunes du désert ou l’on dort la nuit du voyage la tête posée sur son sac, le corps recouvert pour se protéger du froid libéré par le songe d’une nuit d’été. Les voyageurs se présentent à la première heure. Ils passent commandes, ils disent qu’ils vont marcher, avec ce beau soleil il ne faut pas rester à l’intérieur, la vie est ailleurs, ne pensez-vous pas. C’est épineux pour le corps de le soumettre à ces questions, il est assis et le soleil est jaune, quoi d’autre ? Il éclaire, illumine l’espace dans lequel baigne les corps. Ici c’est au-dessus de la tête, là-bas c’est en dessous des pieds. Ce sont de légères images mentales venues de l’origine, de mémoire d’humanité idyllique, pour nous rappeler l’époque d’avant le commencement, avant qu’il se dise, ici il y aura un inférieur et un supérieur. Avant que ça ne s’impose nous étions légers, je t’explique, sans complication, sans rien à cacher, les couleurs sorties du rayon blanc, déclinées en jaune orange rouge vert bleu violet indigo, se mélangeaient sans contrainte et les résultats donnaient des centaines de variantes encore un peu présentes dans les tableaux de l’Italie baroque. Il a ouvert la porte sans résistance. Le battant paraissait glisser tout seul, pas le moindre obstacle dans son système. La perception qu’il développait se caractérisait par un retrait minime de l’activité de ses sens. Il les percevait tout de même, chacun se déployait pour entendre, percevoir, vivre les éléments dévoilés de ce nouveau territoire. C’est ce qu’il décrit aujourd’hui, comme si tout avait eu lieu ainsi. En fait ce retrait de l’activité des sens il ne l’a compris que plus tard, il a su pour cette nécessité seulement après son passage dans le territoire du dessous. Il a inventé une histoire qui aurait dû être caractérisée par le soleil de midi. Il y a une vie de l’autre côté, une vie d’aventure à travers les dunes, une vie où s’épanouissent de petits groupes d’individus implantés au milieu des sables se mouvant sur les points de la surface, contactant la mer de temps en temps, le bleu de l’océan. De petites communautés qui posent leurs pieds sur des milliers d’années d’histoire. Un jour une personne au visage inconnue déterre un objet de l’âge de bronze, une histoire de mille huit cents ans avant un certain personnage fils du dieu unique, une histoire débutant bien avant, qui a succéder à d’autres histoires. Il marche sur cet inconnu ensoleillé, en train de se demander ce qu’il va pouvoir trouver comme soutient à sa compréhension de ce qui était. La civilisation c’est dressée grâce à la transmission. Ici nous avons eu le soleil jaune, puis le noir qui nous a fait perdre, seulement des traces subsistent.

sous un angle rude

Ici je décris l’odeur du matin sur le passage affilié au déplacement lourd et asphyxiant. Je veux croire au résultat d’une illusion, pas du tout à du réel. Temps de la réception dans un environnement ouvert sur le dessous. Ce n’était pas comme ça l’autre fois à la naissance du corps, en ce moment il possède les caractéristiques de la mort. Les profondes expériences ne sont donc pas définitives. Toutes ces lumières se laissent absorber par les puits boueux. Du soufre jaune sort de l’eau bouillonnante, près du volcan la lave coule rouge. M’apparaît ce qui s’est présenté dans son incomplétude, une masse de chair se laisse imprégner. Je te propose d’observer la vision quelques secondes. Un jour il y a un œil globuleux et effrayé qui regarde le mal des saisons à travers ce qui doit périr. Une présence de minuit au-delà de celle de midi pour continuer après et l’appeler à dérouler le temps. Sur la route où les pas me mènent je me remplis d’inquiétude, l’angoisse gagne. Je me laisse emprisonner dans la cage suspendue au-dessus des scènes qui passent, appelé par la gesticulation du spectacle et des corps kitsch comme le décrit Milan Kundera dans l’insoutenable légèreté de l’être, kitsch qui se constitue pour évoluer, se reconnaître sur la photo de famille, kitch de l’uniformisation et du sentiment de bonheur jetant à la trappe tout élément contredisant sa représentation, le cadre de son identification, kitch qui se construit une image de la vie, où minuit et midi trouvent leurs points d’assemblages sans plus de questions, redonnant tout à la mort, élaboré pour l’oubli, kitsch de la sauce où différence et contradiction n’ont aucune place. Qui dit, à la fin c’est toujours la mort qui gagne, je ne me souviens pas. Les lieux de départs ne sont plus que des parkings, des emplacements destinés aux stationnements. Les boutiques et enseignes m’appellent à travers les publicités, le printemps les galeries Lafayette les galeries marchandes de France et de Navarre le traçage des actions sur la toile afin de me proposer de l’adéquate, mais à quelle fin pourriez-vous me demander. Je ne le sais pas. La tête ne s’évade plus, pourquoi se trouve-t-elle si lourde ? Ce doit être de les avoir suivi et d’avoir donné du crédit à ces croyances idiotes, lorsqu’ils affirment mieux vaut rien que quelque chose qui m’échappe. Ne me parlez pas du principe de réalité. Comment m’a-t-il saisi, c’est à cause de la légèreté, l’insoutenable légèreté de l’être qui c’est laissé aller à son affirmation, elle a dit : ce n’est pas la peine d’enterrer les corps décédés puisque les corps à la fin du parcourt pourrissent jusqu’à décomposition. N’est-ce pas que le sapiens sapiens possède un corps ? Donc le sapiens sapiens est voué à se décomposer. Cette personne n’a jamais eu l’occasion d’écouter les paroles de Bacon dans le corps au travers du temps : « je suis contre l’incinération, parce que, dans des milliers d’années, si le monde existe toujours, ce sera ennuyeux, s’il n’y a personne à déterrer ». Le soleil de minuit réverbère celui de midi. Dans le sol l’histoire persiste peut-être, non ? Sur le sol de l’âcre évolution, sorti de la terre noire au côté de quelques bactéries oubliées, parce qu’on les pensait toutes anéantis après la coulé rouge et les explosions portées par les profondeurs, la victoire des corps progressent. Rien ne se perd, tout se transforme. Ici c’est en-dessous des pieds, là-bas c’est au dessus de la tête. De mémoire d’humanité meurtrière, ce sont des images mentales dans la chute de presque tous les temps, pour affirmer l’être humain règne sur le monde, son regard est là pour soumettre le vivant, sa raison justifie ses choix. Il souffre et nous le découvrons dans certaines expressions et des absences de manifestations, lorsque les couleurs ne se mélangent plus, lorsqu’elles ne donnent plus de variantes, mais laissent vivre un cri, celui du constat de la guerre passée dans laquelle il s’est retrouvé les armes à la main, ou bien dans la mélancolie de ce il était, en souvenir du bonheur. La réalité est bien qu’il ne décline plus les couleurs, pour autant il ne néglige pas les études, la chute dans les degrés est minutieusement notées, à sa façon la tête se convoque. Création de multiple forme imaginative, élaboration d’un observable. Le personnage des autres mondes ouvre la porte maintenue fermée depuis si longtemps. Il ne serait dire le dernier vivant, s’étant aventuré au-devant de tant d’obscurité, dans du si sombre, à l’intérieur d’un environnement si vide, si le lieu peut se caractériser comme un territoire réel. C’est qu’il paraît y avoir eu ici une sorte de mécanisme subtilisant l’atmosphère. Tout corps devrait disparaître, pressé, compressé, réduit à rien par l’entreprise d’un phénomène. Plus personne ne s’y risque, parce qu’on sait maintenant pourquoi aucun ne revient. Au début nous pensions qu’ils avaient découvert le lieu et qu’ils y étaient resté. Maintenant l’on comprend l’inadaptation des corps et le péril de leur aventure. Pour autant il ne faudrait pas abdiquer devant le manque de connaissance, il est possible de traverser le territoire, je peux le faire, mon corps sera supporter la pression, je vais y aller. Ce n’est qu’une question d’attention. Le même problème se rencontre sur les océans, lorsqu’on se risque avec la petitesse de l’embarcation sur ces incalculables mètres cubes de liquide, attiré par les musiques alentour, avec d’autres corps qui t’appellent afin que tu te délasses avant ton arrivé. En passant la porte sans lumière les monstres et bêtes démoniaques existent, seulement l’aventure n’est autre qu’un voyage dans la tête.

Codicille :

Le personnage se déplace vers un point charnière qui déterminera les éléments de son expérience future. Il s’apprête à passer la porte. Ce n’est pas le premier à entreprendre cette aventure, seulement aucun ne sont revenus, on ne parvient pas à dire quoi que ce soit des espaces de l’autre côté. Pour autant nous pouvons dire que les expériences à venir sont liées à l’état d’esprit du voyageur. Il connaît tout de même une chose, comme la parole de Nietzsche il vit l’éternel retour. Il se retrouve continuellement devant cette porte. Il expérimente le cheminement sous deux approches différentes. L’une à lieu à la lumière, l’autre dans l’ombre.

3. la frontière indépassable


proposition de départ
rythme roman

Dès mon plus jeune âge je pensais quitter la ville. Mon corps baigné dans les rues et avenues de mes premières années percutait les bruits, les objets, il entendait les possibles. Inconsciemment je me confrontais aux échelles du monde ; l’arbre, la façade de l’immeuble, le quartier. Chacun né quelque part sur la planète, dans un des pays de la sphère globalisée. L’Amérique latine, l’Amérique du Nord, l’Afrique, les continents Arctiques, l’Océanie, l’Europe et l’Asie se remplissent de ville. Moi je viens de France et des trente-six mille communes qui composent le pays la ville de Paris m’a vu naître. Un jour à ma manière, alors que l’enfant veut s’appuyer sur des perspectives, je dis quitter la ville. Il ne formule pas clairement les causes de ce désir d’inconnu. Il a onze ans puis dix-sept ; rien ne change, le mystère du pourquoi reste complet. Lorsqu’un jour on perçoit la dégradation de ces ailleurs assujettis par les villes, on comprend qu’il y a eu une grave erreur de commise par celui en quête d’expansion urbaine et celui en recherche de nouveauté se situant en dehors des villes. Nos entreprises de vies sont des mécaniques séparées de l’espace extérieur. Le sujet en mouvement ne cesse d’être séparé, l’action n’est rien d’autre que séparation, succession de distanciation. L’attitude à l’encontre de l’ailleurs laisse une trace négative. L’ailleurs subis le développement des villes, qui sont l’alpha et l’oméga des perspectives humaines. Le voyageur s’y projette comme un enfant. À l’origine de quitter la ville il y a donc ce besoin de sortir et d’aller vers l’inconnu. Il est différent pour chacun, on s’en satisfait où bien il déçoit. Quitter la ville, c’est comme vouloir la retrouver sous d’autres formes, ça résulte de l’insatisfaction de vivre dans le lieu où on est. Ne serait-ce pas cela le moteur principal du mouvement et n’aurait-il pas perdu le contact de la matière vivante ? Aujourd’hui j’interprète, je regarde les étapes derrières moi, j’analyse, je parle. Il va me falloir raconter l’expérience que je fis de la plage. Il va me falloir expliquer les deux époques différentes, décrire les changements. La plage est celle de saint-Anne en Guadeloupe. La ville perd les mots pour se formuler, elle devient évanescente, sans personne, sans l’appui d’une phrase pour passer l’aube. Paris et saint-Anne dépérissent chacune à leur manière. Il va me falloir parler de la disparition d’une forme de représentation façonnée par la nature, de la passion à l’origine de la perte. Combien se laisse lier par l’histoire familiale, comblé par la découverte au bout de la rue, heureux de la production mentale, la production humaine qui s’acquière toute proche. Les vies se complexifient. On y inclus les multiples conditions et nécessités individuelles. Sortir de la ville en guerre, fuir un contexte où il n’y a rien à part la mort des perspectives, mais aussi se retrouver en quête de l’étrange, du nouveau, de l’inconnu. Il n’est pas simple de s’orienter dans cette multiplicité des devenirs. Le projet de ces écrits sera de formuler ce que je suis dans ma relation à la ville en voulant la quitter puis la retrouver. La quitter avant de la connaître pèse négativement sur la balance. Si l’individu évolue en dehors des signes, il n’a pas la moindre possibilité de se comprendre et s’il ne se comprend pas, son dialogue avec l’extérieur se construira dans un univers séparé. Je pensais au fond de moi n’être rien pour la ville multiple, je me trouvais étranger à ce qu’elle représentait, je n’avais pas d’autres solutions que de m’en aller. Ce n’est pas compliqué, sur le seuil je me dis, la vie existe mais elle ne se trouve pas ici. Mes compagnons étaient-ils des songes, des perceptions subtils. Il y avait bien quelque chose en train de se formuler, comme deux éléments complètements distincts à trouver. Pour moi le caractère de la ville est réticent à se donner. Pour autant il possède une forme, un langage propre, des traces restent longtemps visibles. Ce sont des éléments qui à un moment ont éveillés mes sensations. Malgré ça, entre et au dehors des murs, l’absence d’intentionnalité laisse le personnage dériver. Y a-t-il un voisinage ? Les escaliers de l’immeuble montent et descendent. Les portes se succèdent sur des paliers identiques. Les sonneries sont toutes similaires. Le matin tôt ce sont les premières agitations. Vers dix heures tout se calme. Seule la concierge passe, il n’y a plus grand monde. Curieuse elle colle son oreille aux portes. Son ami le balayeur passe dans la rue avant le levé du jour. Elle sort systématiquement sur le trottoir pour le voir. Ce matin encore une fois elle rit de lui, elle se paie sa tête. Il n’est pas dérangé par cette légère méchanceté qu’elle croit lui avoir exprimé. Elle est comme ça la concierge de l’immeuble au 114-116 du boulevard Voltaire dans le onzième arrondissement de la capitale, elle taquine avec ses mots, parce qu’elle le connaît. Alors, t-es encore là, toi qui chaque matin en passant avec ton balaie me répète : eh bien là j’vous dis au revoir, j’crois c’est fini j’men vais. Elle rit en lui demandant : eh vous allez où mon bon ami, vous n’allez quand même pas me quitter, c’est un loto que vous avez touché qui vous donne de l’élan où bien juste le fait de passer devant moi, comme vous m’aimez bien, ça vous donne de l’entrain à la rêverie. Son ami le balayeur poursuit son geste mécanique en maugréent. Le même scénario se répète, elle qui sort, lui qui passe et se perds dans l’aube montante, madame Martin qui lui demande les nouvelles du jours. Pas bonne, non vraiment pas bonne, pas mieux que la veille.

La condition humaine commence à changer après six heures du matin, le monde se laisse entourer de couleurs. Juste avant le lever du jour les verts jaunes et bleus attendent en retraits, ils dorment dans des images, ils se reconnaissent au sein de formulations verbales. Les couleurs ne disent rien. Tout est écrit sur la page. Les mots sont restés sur le dessus de la table basse. Un titre accroche. Celui qui sait lire y voit marquer « Le Particulier ». Madame Martin si elle se trouvait devant le gamin elle lui dirait qu’il n’est jamais rentré dans la vie de la cité ce monsieur Fioretti avec qui elle blague tout les jours. Tu vois cette fois encore ses mots le font fuir, au café ça le poursuit avec son verre de rouge, accompagné de rêverie sur les départs. C’est au saint d’Assise que l’on pense en entendant le prénom François. Si la possibilité était donné de descendre de nouveau les escaliers, de venir s’asseoir à ses côtés sur le bord d’un trottoir et d’écouter une de ces fables inventée sur l’histoire du monde, je le pousserais en dehors de sa zone de confort ce Fioretti, je l’inciterais à rentrer, je permettrais aux deux âges de se retrouver, je les lierais avec des mots, je les glisserais dans de vraies péripéties. Ils finiraient par ne faire qu’un ces deux âges. Il existe des textes et œuvres d’arts suffisamment bien conçus pour les éveiller. À l’aube naissante il ne possède pas la connaissance des choses situées de l’autre côté de l’horizon. La concierge pourrait l’inviter à rentrer dans sa loge pour lui raconter une histoire, la sienne. Lui il l’étonnerait avec certains secrets qu’elle ne soupçonne pas. Ils se découvriraient dans le journal, dans le feuilleton quotidien des dernières pages. Il meurt d’envie de lui lire un article du journal glissé dans la poche de son vêtement de travail, en connaissance de ce qui s’y passe, comme si pour une fois lui il savait. Madame Martin le rejoindrait, ils se colleraient l’un contre l’autre pour s’écouter, créant le contact nécessaire à la relation qui s’installe. Ils le pourraient s’il y avait à un moment donné une confrontation, une rencontre, une situation ouverte à un échange. De l’autre côté de la porte l’intrigue grandit. À dix heures madame Martin monte les escaliers et colle son oreille sur les parois. J’entends rien, il n’y a personne dans cet appartement, ils sont tous partis ? Quitter la ville c’est comme quitter le monde. Il y a plusieurs manières de s’y prendre, il serait salutaire pour moi de raconter différentes existences lancées dans cette entreprise au demeurant extrêmement séduisante, mais qui au final laisse des cadavres dans le caniveau, comme si quitter un lieu correspondait à quitter un corps incompris à qui on ne veut plus demander de répéter. Ah tu me soûles, j’en ai plus que marre de toi, je m’en vais. Ne sois pas dépité de venir t’asseoir une nouvelle fois prés de moi pendant ma lecture du journal. Je vais te lire un article qui dit qu’à partir du 15 juillet, à l’exposition appelée « d’une guerre à l’autre », consacrée au peintre allemand Otto Dix (1891-1969), y seront exposés au premier étage du centre d’art moderne de Paris, des dessins et peintures de guerre, des dessins intimes, des triptyques de l’artiste, qui sont des expressions de son expérience de la première guerre mondiale. Madame Martin : il n’y a personne ? Pas d’enfant, ni d’adulte, je n’entends rien. Tu ne veux pas t’y rendre, la place va rester vide, sans trait, tu ne seras pas représenter par la perspective, alors que tu rêves sans oser y aller. Ce n’est pas une histoire à considérer ce que tu me suggères. Comment ça ce n’est pas une histoire à considérer, tu ne connais pas la journaliste Sylvia Von Harden. Elle est accrochée sur un des murs. Rouge à une table, assise au centre d’une atmosphère électrique dans le café, une cigarette dans la main gauche, des cernes sous les yeux, une jambe superposée sur l’autre, marqué au fer, plongeant dans l’obscurité de l’ivresse. La concierge lui demande, tu ne l’as pas rencontré dans ton café, ça pourrait changer complètement le cours du temps.

rythme nouvelle

Jeune déjà je cherche à quitter la ville, les arbres, la façade de l’immeuble, le quartier. Je ne comprenais pas ce qui se passait, je naissais dans la sphère globalisée. Qu’est-ce qu’une ville de France dans ce vaste monde, une goutte d’eau. La voilà qui veut se mêler au grand océan. Existe-t-il un sentiment naissant dans l’aventure ? Un jour la goutte d’eau dit quitter la ville. Est est une particule infiniment petite qui ne veut pas se laisser assujettir. Elle veut se libérer en s’évadant. Pourtant elle aussi abîme. La goutte d’eau porte la trace de la ville qui détruit. Elle vivait dans un verre d’eau posée sur la table de l’appartement, là-bas elle entendait l’océan. Comment parvenir à sortir de l’immeuble ? Sur le palier se trouve la gardienne, elle se nomme madame Martin, elle lave le sol avec ses produits, son eau mousseuse. Elle est curieuse madame Martin, lorsqu’elle a terminé ses discussions avec monsieur Fioretti, le balayeur du quartier, elle colle son oreille sur la porte pour écouter. Jamais rien ne passe sur le palier, c’est donc impossible ? C’est vrai le constat est clair, tout est engloutit dans le séparé. Je voudrai parler de la goutte qui ne réussit pas à rejoindre la zone vaste située dans un inconnu. Il y a contradiction entre l’eau du verre, celle du seau d’eau de la concierge et l’océan. Il y a monsieur Fioretti empêché dans son quartier. Il raconte des banalités, il ressasse ses rêves. Il dit que c’est son dernier jour, cette fois réellement le dernier. Madame Martin lui demande s’il a touché le loto. Tout en poursuivant son travail, il se tait. Son journal glissé dans sa poche tombe. Généralement il ne parle pas, il ne répond pas aux méchancetés de son amie. Il les sait fondées, parce qu’elle n’a pas tort de le critiquer sur ses perspectives toujours reportées. Seulement cette fois il veut lui donner des éléments sur un lieu qu’il connaît. Je vais te lire un article qui dit qu’à partir du 15 juillet, à l’exposition appelée « d’une guerre à l’autre », consacrée au peintre allemand Otto Dix (1891-1969), y seront exposés au premier étage du centre d’art moderne de Paris, des dessins et peintures de guerre, des dessins intimes, des triptyques de l’artiste, qui sont des expressions de son expérience de la première guerre mondiale. Tu ne connais pas la journaliste Sylvia Von Harden. Elle est accrochée sur un des murs. Rouge à une table, assise au centre d’une atmosphère électrique dans le café, une cigarette dans la main gauche, des cernes sous les yeux, une jambe superposée sur l’autre, marqué au fer, plongeant dans l’obscurité de l’ivresse. La concierge lui demande, tu ne l’as pas rencontré dans ton café, ça pourrait changer complètement le cours du temps.

Le cadre de l’histoire se situe dans un immeuble parisien. L’enfance et l’âge adulte s’y retrouvent. La concierge du nom de madame Martin est le pivot du dialogue entre l’enfant de l’appartement et le Balayeur de rue monsieur Fioretti. Son nom est en rapport avec François d’Assise pour le vœux de pauvreté qu’il fera.

2. le hasard


proposition de départ

Le hasard est un protagoniste de l’histoire. Depuis que le monde est monde, il élabore les évènements à sa guise. Un jour il amène Léna devant François, ils se retrouvent. Assez surprise elle ne laisse pas s’échapper cette occasion. Elle a des choses à lui dire. Le dessein au dedans de notre roman de vie aurait très bien pu se façonner différemment. Depuis des années elle attendait le jour où elle pourrait passer à l’acte. Je suis consciente de t’avoir proposé un choix compliqué, seulement il me fallait bien définir un angle. Combien de façon différente avons-nous de mettre en œuvre un dialogue, je veux dite un dialogue intelligent ? Si nous ne voulons pas nous perdre dans les limbes, il y en a très peu. À la regarder il comprend, son sentiment est fait de ça, d’intelligence, il a un but et une fonction global. S’il était art il serait l’art total, projection de tout l’être dans la vie. Combien de façon alors en dehors de la mienne ? Tu ne sais pas, ça t’échappe, tu résistes et puis tu finis par comprendre. Il n’a pas voulu, une partie fâcheuse de lui c’est rebellé. Il s’opposait, elle l’a contraint, avec le temps les mots ont poursuivis leurs progressions. Après les avoir avalés ils ont plongés au fond de sa gorge, emmenées par l’impératif hautement désagréable d’un : il le faut. Une vallée de désespoir, montagne infranchissable, océan sans aucune terre visible. Le personnage avec qui elle dialogue vient de loin, le travail qu’elle entreprend semble impossible, pourtant elle rejoint un espace de certitude. Elle va devoir trancher. Je ne t’expliquerai pas, se serait peine perdue, tu verras plus tard si tu es encore là. Même pas le regard, même pas le contact physique, rien lui demande t-il. Non strictement rien. La situation est à vif, le corps de l’homme subis des dommages, celui de la femme rend grâce, visiblement elle pénètre dans les églises, elle doit communier, elle participe à la vie de la communauté pendant que lui accuse le coup et continue à ne pas comprendre ce que les gens font. Elle lui laisse différent points à élucider, elle lui fait confiance. Tu évacueras ce qui n’as aucune raison d’être. Tu sais, je crois franchement à l’absence de toute brutalité dans l’amour. Elle en a connu certaines de ces brutalités, softs mais douloureuses. Vu du dehors ce qui la mine est visible. Il faut savoir qu’elle conserve un secret. Elle dissimule une blessure, sa chair vient d’être meurtrie. Si il a l’intention de lui parler, ce n’est vraiment pas le moment. Son sentiment à vif, elle maintient une certaine distance. Un jour nous pourrons échanger autour de tout ce dont nous voulons, pour l’instant ce n’est pas possible. Léna va lui envoyer un message, en utilisant le non verbal. Tout cela vient de toi, non de moi, je resterai silencieuse. Lorsque François reçoit la correspondance, au moment de l’ouvrir aucun mot ne sort de sa bouche. Ce retour à l’envoyeur sans verbalisation est sans ambiguïté, elle part. Tu ne vas sûrement pas saisir la raison si subite de ce changement radical dans le rythme de ma vie. Je sais que tu voulais que nous échangions en tête-à-tête. Au téléphone il ne sait pas comment s’y prendre pour qu’elle le comprenne, pour la convaincre qu’il a des mots profonds à sortir de sa personne. Il a observé son malaise. Il ne trouve rien de plus bête dans son attitude que de lui montrer qu’il connaît l’origine de ce déséquilibre qu’elle a eu du mal à cacher un jour. Le téléphone à l’oreille à deux cents mètres, les yeux cernés de sa nuit, Léna est en conversation avec une personne inconnue de François. Ça n’a pas l’air d’aller, nous ne sommes pas compris peut-être ? Silence, ça n’a rien à voir, j’attends autre chose. Non mais je sais. Elle ne veut plus de ces histoires insignifiantes. Tu ne peux pas me mentir, ton malaise de l’autre fois, si tu n’as pas envie de m’en parler c’est bien normal, mais je sais ce qui a eu lieu dans ton dos. Cette banalité de la vie, elle la conservera pour elle. La douleur reste vive et la chair à vif influence le futur. François cherche la solution pour prolonger ces instants. Autre chose que ses dérives personnels. Il faut bien passer par soi sans mentir sur sa vraie nature. La folie comme idée de salut, il garde dans sa poche une réplique romanesque, la mise en œuvre d’une phrase qu’il lit dans son Van Gogh. Permet-moi de te voir autant de temps que ma main restera au-dessus de cette bougie. Elle envisage de le mettre à l’épreuve. Hésitante dans son appartement, la lettre entre ses mains le paquet qui l’accompagne est ouvert en face d’elle. À l’intérieur y est communiqué le glissement de François. Si nous pouvons dire qu’il y a eu correspondance, c’est lui qui a commencé. Elle prend son stylo, résolue après une longue réflexion. Lorsqu’il connaîtra la profondeur du sentiment amical nous pourrons parler ensemble. Il faut que nous remettions notre dialogue à plus tard. Je vais lui faire découvrir cette pierre utilisée pour la construction des lieux où j’aime à résider. Si je lui présente mon âme comme espace d’étude et territoire intérieur diminuant la fonction du désir charnel il me regardera comme une fille prête à rejoindre un monde clos, alors que tout au contraire, désintéressement gratuité partage aux travers d’objectifs communs ouvrent un espace vaste. Là où il s’essaie sans succès, j’ai trouvé la clef. Il lui semble qu’autour de lui se monte des murs munis de griffes continuellement projetées sur chacun afin de saisir, maintenir et garder à la merci. Alors, parlons de désir, d’envie projeté dans le corps de la centrifugeuse. Tu auras des marques indélébiles, tu seras dans des oppositions insurmontables. Reflet, profit, identification, la voix des murs empêche l’idée en germe d’une construction harmonieuse de prendre un élan et se déployer de toute part dans l’espace. Qui es-tu ? Une main tendue propose une rencontre. Elle fonde son territoire d’exploration au-devant du chemin à parcourir. Détrompe-toi sur le lieu, écoute, observe, sent les caractéristiques de l’environnement, les variétés d’espèces en croissances. Fibres, sèves, écorces, humus. Tous ces éléments sont de la vie en mouvement au dedans du territoire libéré de la contrainte d’un corps unique. Avant les âges de l’évolution animale ils étaient là sans la moindre attache, matière vivante des premiers jours. Vêtement souple déposé par-dessus avant l’invention du mot de fondation, édifié afin de se rendre en direction de lieu maintenant flou. Le départ vers ce point de désir ne se départit jamais d’un désir de mort. Pense à celle et à celui qui ne désir rien de périlleux pour la vie. Pense au détachement de la jouissance personnelle. Pense à ce qui jouerait avec une eau qui s’échappe. Se retrouver en soi et en dehors de soi. Travailler à un déplacement au sein de cette sphère. Dedans ce serait ne pas rencontrer le vide, mais bien une consistance et dehors sur le chemin de l’étrangeté la main irait toucher la matérialité. De plus, dehors il y aurait des portes donnant un accès au chemin du dedans inconnu. Les sphères sont en mouvements, tu ne trouves plus personne. Lui se demandait si leur pensée pourrait se consacrer. Dans sa tête il entant ces mots : ce qu’il n’y a plus dans le nouveau, révèle ce qu’il y avait dans l’ancien sans que tu le voies.

Léna et François sont sur le point de reprendre une conversation. Une histoire de correspondance non verbale les a mal engagé dans la démarche qui doit advenir. Léna serait depuis longtemps dans ses illuminations, alors que François enfermé dans ses saisons en enfer, tourne dans le feu éternel. Léna essaie de lui apprendre des choses essentielles.

1. une façon d’être au monde


proposition de départ

Les événements quotidiens se manifestent dans la vie comme un jeu. Ce n’est pas de la légèreté, non. L’activité en cours dans la ville où je veux descendre doit s’aborder avec le plus grand sérieux, mais aussi de la distance et une forme d’humour. Pour m’extraire de l’impasse le constat est clair, mes rapports avec le monde ne seront jamais conventionnels. Je le sais aujourd’hui, je devrais continuellement faire œuvre d’invention si je tiens à maintenir une liberté dans le jeu quotidien. À l’image du théâtre, artifice et réalité ne se dissocient pas clairement. Jusqu’à présent en tout cas, à l’heure où il m’est impératif de démystifier les voix dans ce qu’elles veulent donner à entendre, il y a un enchâssement d’état sur la scène où il n’est plus possible de différencier le vrai du faux. Je dois plutôt comprendre et me dire, la vie apparaît sous les traits d’une fiction, la fiction elle sous les traits de la vie. Là-dessus, soumis à une origine si mince, sans espoir, origine de la lame découverte dans la terre et élimée, je prends la décision d’un changement d’espace. C’est préférable, ça ne peut que se ranger dans une case caractérisant une définition, la pâte de papier mâché qui sort des bouches, pour être recrachée et façonner un soi-disant réel. La vie dont je parle n’a rien à voir avec ce genre d’enfermement. Alors je laisse se perdre tous les événements anciens, afin de m’installer sur le nouveau territoire, malgré les histoires passées. Ici je reconsidère les voix, je scrute les présences constantes qui se sont développés sans avoir eu une vie dans le roman, je les rapproche des paroles de la bibliothèque, lieu d’exploration et de recherche, activité et archivage de la vie quotidienne, personnages en circulations constantes. Je les invite à développer la compréhension d’eux-même. C’est fou la vie en bas, elle se poursuit sur le béton tout en se déployant ailleurs. Par l’intermédiaire de la liberté des corps, chacun marche. Je me suis positionné au niveau d’une certaine hauteur, de la fenêtre je regarde les activités, j’ouvre le matériel d’étude, tourne les pages du livre, figures, épaules, jambes et bras sont observés. Tout cela de dos pour commencer. Je ne le cache pas, la vérité des yeux m’éblouis. Je n’ose pas affronter les regards, je suis inquiet de la confrontation lorsqu’elle a lieu. Je suis certain de vivre un jour cette situation, moi en bas avec les autres, en train de marcher à leur côté, fidèle à notre devenir, nous allons nous retrouver à partager nos vies. Pour l’instant ce sont des femmes et des hommes, des enfants filles et garçon, des animaux de la cité, qui sont les acteurs de l’effervescence du monde en miniature, dans le quartier établi comme lieu de mon observation. Le réel sera au moment où regard et voix des autres participent à mon roman de vie. Ce sont aussi les animaux mêlés aux gens à qui je demande, quel est votre place dans ce bazar ? Je dois approcher. Un couple marche, les pigeons s’envolent, le bruit des plumes claquent dans l’air. Ce sont deux amoureux aspirés par le béton, ils sourient. Ils se souviennent de Venise, ce voyage du début de leur relation, toujours vif à la surface du conscient. La femme veut savoir s’il se souvient de ce sentiment de liberté qui les parcourait. Nous voulions dormir dehors, nous enfoncer dans les petites ruelles jusqu’à nous perdre avec notre langue si pauvre à l’étranger. Il la regarde, lui donne d’abord un sourire puis un baisé sur la bouche. L’un et l’autre n’ont rien oublié de la place Saint-Marc, du palais des doges, des gondoles, tous les clichés touristiques auxquelles ils ont succombé. Sur l’esplanade ils se remémorent cet instant de vie, deux existences entre les mains d’un possible, se soumettant à la question romanesque de la vie afin de ne pas subir l’état de falsification. Le personnage qui s’apprête à descendre, donne ces traits aux deux passants. Une intersection laisse apparaître de nouveaux visages, ceux-là ne rejoindront pas les livres de la bibliothèque, alors que le couple si. Pourquoi ne pourrai-je pas décider du contraire, je suis l’observateur omniscient libre de déterminer l’objectif des actions de la scène et les paroles s’il y en a. Je dis ça à cause de mes incertitudes, un empêchement au déroulement sans entrave. La nuit je me confronte souvent à des événements compliqués pour le langage, alors je me réveille, j’ouvre les yeux devant cette foule. Attraper les deux personnages, pourquoi pas. De toute façon je dois comprendre et interrompre le mouvement est impossible, la vitesse investis dans les nombres va de l’avant, moi en descendant je me retrouve dedans. Quelle est la valeur de votre action ? Aucune, vous êtes bêtes, vous ne comprenez rien, l’histoire n’a pas la moindre modalité en dehors d’un esprit emprunt de gratuité. Votre valeur numérique il vaut mieux ne pas la laisser polluer le réel. Alors, tout le monde passent, les rires ne sont pas libre du tout, ici se déploie l’ironie méprisante, le sarcasme, on se gausse de la bêtise de l’observateur. Tant pis, l’action est lancée, elle se développe sur l’esplanade. Le lieu est clos, sa vitalité s’accentue par la foule, s’irrigue d’un objet commun, la volonté de profit. Seulement ici-bas deux personnages se détachent, je les reconnais grâce à une autre sorte de rire, à leurs manières de se tenir l’un à côté de l’autre. À l’intérieur de la ville, sur l’esplanade ouvrant sur plusieurs portes, ils ne sont pas communs. C’est une écriture laissée dans les livres, celle de la vie réelle vécue par le biais de personnages de fiction, qui pour certains se poursuivent dans le temps. J’ai l’intention de les faire rentrer dans la bibliothèque François Mitterrand. Ils se présenteront à l’accueil comme des chercheurs d’histoires anciennes. Nous ne voulons pas étudier la sociologie, même si nous aspirons à nous libérer au travers d’une science objective.

Le regard veut embrasser la vie dans sa totalité. Le sujet qui raconte pense que le romanesque où la littérature possède plus de vie que la vie elle-même. Il lui vient l’idée du théâtre, parce que celui-là est le lieu de l’artifice mais aussi du réel, une énergie y circule. La vie est énergie, trop d’esprit de sérieux est maladie. Il pense à des amoureux, ceux-là d’un coup disparaissent, ils sont uniquement à eux-mêmes, ainsi qu’à ce qui doit se réinventer.

 



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1ère mise en ligne 22 juin 2020 et dernière modification le 14 septembre 2020.
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