branchages


... la double inhumation qui consiste à déposer d’abord le cadavre dans une fosse couverte de branchages au centre du village, jusqu’à ce que les chairs se soient putréfiées, puis à laver les ossements dans le fleuve, les peindre et les orner de mosaïques de plumes collées, avant de les immerger dans un panier au fond d’un lac... Brusque sentiment que Bernard-Marie Koltès, écrivant au Nicaragua son Combat de nègre et de chien (1979 ?), avait emporté avec lui Tristes tropiques. À part le camion, tout y est, et bien sûr la langue – quelle langue...



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 21 mars 2010
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Messages

  • Rien dans la correspondance ou dans les entretiens qu’il a donnés ne laisse penser qu’il avait lu Tristes Tropiques... (à cette époque, c’était Under The Volcano, et la littérature sud-américaine qu’il lisait surtout) - mais je vais mener l’enquête de mon côté... Étonnant en tout cas...

    (ce qui est sûr, c’est que Koltès avait l’habitude de noter tout ce qu’il entendait autour de lui, d’amasser toutes sortes de récits composites et de bouts d’histoire quelle qu’en soit l’origine ("comme une éponge, écrit-il, ou un banquier") — alors, il aurait entendu ça quelque part, ou on lui aurait mis ce passage entre les mains ?)

    ... ?

    Voir en ligne : carnets

    • c’est bien cet intérêt pour Amérique du Sud qui aurait aussi pu lui faire approcher Lévi-Strauss, et faire qu’il l’ait eu dans son sac lors de ce séjour Nicaragua -

      avant ce passage très troublant sur le rituel "branchages", avais eu ce pressentiment aux descriptions de villes (New York, Chicago) et le passage où il veut mettre toute l’humanité dans des immeubles sur grand comme un département

      à suivre - mais il y a eu une telle "religion" autour de "Tristes tropiques" que ça a pu le dissuader d’en parler - pour ma part, ça m’avait bien dissuadé de le lire, alors que depuis 10 jours je suis époustouflé, émerveillé et autant par l’intelligence (l’actualité de) que par la langue, ces descriptions de villes notamment

    • Oui - ce qui est un peu étrange, c’est que l’idée de la pièce lui est venue sur un chantier en Afrique (en 78) - il a d’ailleurs écrit au Nigéria une ébauche de la pièce (dont on a le manuscrit, ça s’appelle : Pour Nwofia), mais qu’il ait eu besoin d’aller ailleurs pour l’écrire (mais toute œuvre est écrite dans une sorte de langue étrangère, non ?) - qu’est ce qu’il a trouvé là-bas, sur les bords du Lac Atitlàn, en dehors de cette étangeté ? Qu’est ce qu’il a appris de sa propre langue et des rites nouveaux pour la défigurer ?

      En tout cas, faudrait regarder si ce rite y est déjà, dans la première ébauche - ou si c’est effectivement le contact avec l’Amérique du Sud qui fait naître tout cela -

      et vraiment, merci d’attirer l’attention sur ça : pressens que ce n’est pas tout à fait anodin, l’inclusion de la parole de l’autre, de la culture qui ne soit pas folklore (et qu’il avait en horreur), mais plongée aux racines de l’histoire des gestes, et le déploiement d’histoires que ça implique :

      À Hubert Gignoux

      Ahoada, le 11 février 1978
      (…) Voici, pour finir, le rêve que je fais chaque nuit depuis la première de mon arrivée à Lagos jusqu’à la dernière, hier soir : 
Au milieu de ma chambre, à Paris, est un tronc d’arbre tropical, immense. (Ne t’empresse pas de rire : peut-être est-il une symbolique nègre qui règne ici, tout éloignée du freudisme, et dont les clés nous sont secrètes !). Et presque au plafond se trouve cet endroit où les branches rejoignent ensemble le tronc, et forme un cœur. Je monte à l’arbre, plonge ma main dans le creux, et en tire un jouet – dont je croyais avoir oublié l’existence mais dont maintenant je me souviens très bien, et qui doit remonter à ma première enfance. Puis, un à un, je tire du fond de l’arbre, puis jette sur le sol, toute une série d’objets très précis, reconnus au fur et à mesure, comme des tranches de vie ; chaque nuit en découvre un nouveau, très enfoui dans ma mémoire, aucun plus tardif que mes douze ou treize ans ; ainsi à chaque rêve revient une période oubliée sous la forme d’un objet ordinaire que je reconnais, comme des accessoires de théâtre que je tire du creux de l’arbre et laisse tomber sur le sol.

      Voir en ligne : carnets

  • elles sont venues jouer un morceau de jazz, m’ont laissé un mot sur la petite ardoise de la cuisine (je ferais une photo) puis sont reparties comme elles étaient venues, doucement, simplement, calmement (elles répètent quelque chose de jazz, piano- violon- alto) (au loin, la choucroute) (la haine pour monsieur thiers) (en attendant, le petit locataire bourré de tics du faubourg saint honoré l’a profond, et ça, c’est bien)

    • et ses encouragements ... à l’arrière d’une voiture , regarde le corps des arbres , les brefs passages de lumière

    • Jean léon Pallandre que les albigeois( et ceux de passage ) pourront écouter dans le cadre des " Journées électriques " d’Albi du 25 au 27 mars ( et le 23 mai ) dans le cadre du festival "MUSIQUE ACTION " à Vandoeuvre ( près de Nancy)

    • c’est, en plus des cours, préparer des évenements chaque semaine, du genre St valentin, vendredi de la pizza,+ animer des clubs, cartooning, robolab, +surveiller récrés, faire le ménage de la classe,+remplacer les collègues absents, si l’on est malade une journée,envoyer les préparations avant 7h30 du matin, réunions à midi pour écouter le boss au lieu d’avoir sa pause repas(20 minutes, d’habitude)+ valider des compétences 237 pour un élève de cm1, 68 compétences en anglais ; les profs sont convoqués pour des bulletins jugés trop durs.
      il s’agit d’un court extrait d’un mail envoyé à une jeune collègue de banlieue parisienne par une collègue de lettres qui a suivi son mari parti travailler à Totonto.

  • Jusqu’où aller, quelles limites respecter, question qui se pose ces jours-ci sans arrêt. Contrainte d’aller vite, j’ignore si du temps sans maladie me sera accordé, et en même temps devoir le laisser faire pour apaiser avant d’obéir aux mots.
    D’avoir trop morflé et de continuer, je n’ai plus d’amour-propre, pas une once de fierté, c’est comme si je n’étais plus qu’une seule porosité. Alors les limites c’est envers et pour les autres que je dois les trouver. Y compris et surtout ceux qui n’ont plus su m’aimer, alors qu’ils l’avaient avant si bien fait.

    Ce dimanche-là la parole de Bergounioux vaut les tendresses du monde. Heureuse d’être à Paris.
    (et en bonne compagnie)

    Voir en ligne : traces et trajets

  • Bon il est là... belle journée, belle journée, belle journée (rien à voir avec Milou) (je veux dire Mr. Coué) (le petit mot de N. si mignon) (l’ardoise des courses est un chat, oui)

  • parfois, l’après-midi, le soleil, comme ces jours-ci, la terrasse, le monde, le bruit flouté des voitures, la fumée des cigarettes (depuis qu’on ne fume plus dedans, les terrasses ont fleuri partout, malheureusement elles sont devenues, très, mais très tabagiques) (jm’en fous un peu, j’aime l’odeur du tabac)(sans doute le goût me manque-t-il, voilà six ans)

  • c’est le temps de l’élagage de l’arbre de ma cour

  • je suis allé acheter les études "édition" à la doc française sur le quai voltaire, lu le premier chapitre à la terrasse du resto du même nom (le repas à 150, réservez aujourd’hui pour début mai, pas avant hein) (sauf si vous vous appelez chirac) (le type - un black, fatalement- nettoyait les vitres, photo à l’aveugle)