2010.01.06 | Québec sous glaces


Je connaissais le mot embâcle, et souvenir une fois, fin 1995, d’avoir vu se former sur la Loire ces crêpes de glace dérivantes. Mais rien de commun avec ce fleuve dont personne ici ne prononce le nom, tellement sa christianisation est dérisoire – mais le Canada n’a pas encore entrepris la cure d’athéisme qui lui serait pourtant si nécessaire. Mouvement puissant de ces formes circulaires épaisses dérivant à la surface de l’eau sombre et ici, à la pointe de l’île – à 20 minutes à peine de la ville avec la petite Toyota Yaris -– elles s’accumulent et s’entrechoquent. Dans Résurrection de Tolstoï il y a ces bruits et craquements du fleuve devenant progressivement solide. Ici, ce qui surprend, c’est la façon hiératique de la ville, surplombant pour 4 mois les glaces. On révise en marchant les lectures accumulées qui touchent à l’imaginaire nord : il suffit de regarder un peu plus longtemps, et on a Thulé ou Anticosti – probablement que les amis québécois ça ne leur suffirait pas, mais c’est l’avantage des premières fois.


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 6 janvier 2010
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