2006.10.06 | Georges Azar coiffure aux Lilas


c’est à cause d’eux les apprentis coiffeurs
et des textes que le mercredi ils m’écrivent les textes graves les cris rauques les récits de la vie pas tendre que nous voilà
nous voilà pour Arte chez Georges Azar aujourd’hui

j’ai de nombreux amis poètes
je ne suis pas poète
mes amis poètes n’ont jamais écrit de poème sur Georges Azar Coiffure
il pourrait y avoir Conort Noiret Emaz Dupin Noël Ancet Gellé Rouzeau Suel
on viendrait se faire coiffer tous
ah si Pennequin ah si ah si
ou Yvon oui si : Yvon saurait
pourraient écrire de Georges Azar coiffure
aux Lilas près du carrefour aux immeubles

il faut dire que j’écris en ce moment sur Dylan
je lis sur Bob Dylan j’ai Bob Dylan tout le temps dans les oreilles
alors j’écris moi de Georges Azar Coiffure aux Lilas
je dédie à Paul Valet en frère mon poème c’est un poème maintenant par
Azar je suis
par Georges et Paul aussi poète
c’est dans le train du retour j’ai passé une après-midi favorable
accueillis avec Cazeneuve par Georges et Raymond Azar

nous avons ces temps-ci vie de salon
nous venions filmer Jennifer qui parfois écrit son nom Jennyfer
« ça dépend des jours »
j’ai la tête qui résonne des textes de l’atelier mercredi d’écriture
écrits sur Rimbaud directement Rimbaud
un poète pas de hasard Enfance
des phrases graves ici rien de grave

les gens accueillent on boit le thé à la menthe sauf
à cinq heures l’heure du café on vient se faire coiffer
Georges et Raymond appellent les clients par leurs prénoms
avec ses enfants dans les genoux et même un bébé noir d’un mois et demi demain
c’est shabbath
la maman des quatre frères habite l’étage au-dessus
et il y a dans l’arrière-bureau la télé du Koweit et Jésus-Christ polychrome
dans l’arrière-bureau les frères ne savent plus sourire ils fatiguent c’est comme nous en fait
avant la scène et puis on rattaque
on était bien chez Georges
et chez Raymond
Azar

les visages en très gros plan
dans la caméra les miroirs les gestes mobiles
et les gens fixes
on fera poètes de caméra poète de miroirs et des mots qu’ils nous disent
« alors t’es prête / à changer de tête »
les immeubles autour et la galerie commerçante où j’ai acheté un bloc-notes
à un euro soixante

et le type dans l’escalier du métro porte des Lilas en repartant
je lui aurais bien donné l’adresse
« Raymond m’apprend le métier Georges m’apprend la vie »
nous avons filmé Jennifer
chez Georges Azar coiffure aux Lilas



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 21 octobre 2006
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