2006.06.11 | marine de Loire, un dimanche soir


Pendant qu’ils construisent leurs bateaux, avec un peu de raphia, trois branches et un couteau, moi je déplie le Document D. 9 de Henri Michaux. J’y lis :

J’entends des mondes en dehors de ce monde. J’entends les mondes où s’engloutit notre monde. Ah pourquoi sommes-nous ici et vous là, quand c’était si peu la peine de se déplacer.
Glissements, glissement.
On est déporté vers les amas intermédiaires.

C’est dans le dactylogramme inédit du Document D. 9, un grand texte, texte illimité.

Au soir, à la tombée du soleil, on approche de la Loire, on installe une bougie sur les bateaux, ils s’éloignent. On salue de loin Julien Gracq aussi, pas si loin, là-bas. Mais je reste dans ces mots de Michaux : Glissements, glissement.

Dédié à Rémi Gendre (« Tu devrais mettre ça sur ton site, ça te changera des usines. »)



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 11 juin 2006
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