2008.06.10 | Bagnolet, fraises des bois


En plus du choix de la couverture, la sortie d’un livre c’est la rituelle photo de l’auteur. Albin-Michel a choisi pour le reportage Marc Melki, un nom lié pour moi à Métis et aux années Libé.

Marc souhaitait un décor urbain prononcé, ça me convient. C’est par SMS dans le métro, je lui propose « Rendez-vous Galliéni ? » et il me précise « Gare Eurolines ». Puis, alors que je passe sous le Père-Lachaise, nouveau SMS : « En haut escalator, suis assis devant bus 4 ». Longtemps que j’avais envie d’explorer un peu mieux ces spirales où l’autoroute A3, venant de Roissy, se greffe au périphérique, et que s’y greffe à son tour un immense Auchan, plus ce terminus de lignes qui s’en vont dans toute l’Europe. Pas un détail de rien : à Bagnolet on a un centre d’accueil pour ces personnes jetées soudain là, parfois sans argent et plus de vie en arrière.

Les vigiles viennent nous voir à plusieurs reprises (« Il y a deux personnes, là, ils se photographient les uns les autres », au talkie-walkie), mais finalement décident qu’on ne fait de mal à personne.

Et nous voilà dans cet immense tambour en spirale de béton. Les lumières conviennent à Marc, qui travaille avec un vieux Minolta cabossé (et pellicule donc), et, plutôt que la cellule photo-électrique, tend sa main devant lui comme nous on fait pour voir s’il pleut.

Curiosité, savez-vous : dans le bas herbu de notre tambour sous périph, copieusement alimenté par l’hygiène des chiens des vigiles, on a trouvé des fraises des bois ! (Mais pas dégusté.)

Seul reproche à Marc, qui vit à Bruxelles et y est reparti ensuite : son site Internet c’est vraiment, mais vraiment pas un modèle ! Mais on s’est bien entendu, et tout de suite. C’est pas si fréquent ! Ma tribu de photographes s’est agrandie d’un numéro !

Quant à savoir pourquoi Bagnolet ? Repassez dans le hall d’Eurolines, sortez par le Mac’Do (excellente wifi gratuite, même de l’extérieur), remontez 50 mètres en suivant l’indication mairie. C’est la médiathèque de Bagnolet, à 3’30 du métro Galliéni, donc. Et moi j’en ai marre de faire des e-mails à des tas de gens que je ne connais pas, ou de monter des rendez-vous compliqués pour boire un coup à la sauvette avec ceux que je connais. J’ai parlé de mon souhait d’un Ircam numérique : eh bien il est fortement question ici, l’an prochain, on le fasse en petit. Trois heures hebdo, le vendredi en fin d’aprem, une borne wifi pour les portables, et les ordis de la salle numérique de la bib, et vient qui veut : on lira à voix haute, on fera des essais de son et de vidéo, on bidouillera sur les sites des uns des autres en direct, et on fera trace live de tout ça chaque semaine. Et on aidera volontiers qui veut piger les templates, les rss (présence probable de quelques BTS congnoisseurs)... Ça vous dit ? Suis sûr qu’on va en faire quelque chose, de notre permanence web non-virtuelle : Marc, tu passeras, qu’on t’arrange ton site une bonne fois ?... Mais bien sûr c’est secret encore, même si j’en parle ici !



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 10 juin 2008
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