#Evry #09 | villes anciennement nouvelles


Evry corps béton, roman-photo, le sommaire
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J’attends. Dans la tête l’accumulation se refait, de pointes, de passages, de vides dans les blocs. D’habitations et de vides, d’abandon, de deal et de travail. La résignation devant la crasse et l’illiicite. Le rêve d’un béton qui autoriserait la marche de l’humain vers lui-même et voilà, ça n’a pas marché.

Qu’est-ce qui t’y retiens, alors. Sans doute ces endroits où tout à la fois semble s’être retiré, où tout à la fois semble résonner de présence.

Il y a dans cette ville des terrasses. Dans le défi que serait l’immense pesanteur compressée de ces blocs, comme une ville en effondrement, un amas séparé du monde, sinon ces lois de deal et de la crasse (la résignation collective à, l’inclinaison devant), l’idée que des plaques planes, face au ciel, et seulement contemplée par les fenêtres vides et teintées des bâtiments à l’abandon, se dire que c’est à elles que tu te raccrocheras — aux terrasses.

Il n’y aura pas de roman. Inutile est de faire roman, c’est vain devant la terreur et la misère du présent. Inutile le roman, c’est affaires de petites mains, quand le présent déjà nous déchire au dedans.

Évry n’est pas poème ni roman. Évry est un déséquilibre où nous venons face au ciel et aux bétons pour dire que nous flottons, qu’encore et malgré tout ici entre béton et ciel nous flottons, nous flottons bien même tout le béton en abandon s’effondre.

Tu te prépares à monter aux terrasses. Tu regardes de nouveau le monde des cages, des reflets, des passages, des arbres morts. Curieusement une ville de tels courants d’air qu’elle est ville sans odeur. Tu reviendras sur les terrasses pour cela, connaître le vent, et ce que le vent de tout cela pense.

Revenir. Tu te prépares à. Ce que tu cherches de toi-même par revenir. Ce qui n’est pas épuisé, dans les mots et les photos, sinon à revenir.

 

 


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 17 février 2020
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