2019.11.22 | photographier la photographie

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de Paris à Mantes un dimanche

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Ici à Liège j’ai appris l’histoire du cavalier Fonck et pourquoi l’école d’art et design (industriel et archi intérieure) s’appelait caserne Fonck. L’agrandisseur dans le couloir pour support aux plantes vertes m’a tout déclenché : à Cergy j’en ai toujours entendu parler, mais jamais vu rien en sortir (c’est fréquent, dans les établissements nationaux) : démolir en partie les 7 labos chambre noire au premier étage, position centrale, où jamais vu chaque année au mieux qu’un ou une étudiante s’y affairer (mais bien sûr, rien pour elle ou lui, il faut maintenir), et faire une vraie salle scan et Lightroom, au lieu de les voir s’entasser à 6 dans ce petit bocal de 11 m2 où l’oxygène en fin de journée, ben... Là, on est à autre échelle, et la photo un peu plus prise au sérieux : alors, quand tu photographies les salles où on apprend la photo, c’est un peu en miroir de ce que tu cherches toi-même ici à apprendre. Moi ça va, j’ai mon GH5 et mon Lightroom, je n’ai pas envie de tirages ni même de cartes postales, mais quel bel outil pour publier, ce blog –– m’intéresse que la photo avant tout soit récit, toute image est récit et ça s’analyse, ça s’apprend, c’est ce que j’aimais aussi discuter à Cergy, tout en haut dans « ma » 303, j’ai même respect envers la discipline des photographes (les mangés par) que pour celle des peintres (les mangés par). Entre les celles.ceux du film et de l’écrit c’est plutôt la fraternité des saltimbanques du petit arrangement, plan ou page à filmer ou écrire c’est pareil –- et les écoles n’en sont pas encore à s’intéresser à ce qui se passe sur YouTube. N’empêche que, les labos photos désaffectés voilà à ce qu’ils servent, décor film Halloween pour la championne des YouTubeuses du lieu (114 000 abonnés, Shayna, respect !). Après il y a quand même un point commun, de Cergy à Liège Saint-Luc : la photo ça se réfléchit, c’est sur table aussi. Accessoirement, qu’est-ce que ça soulage le mental, une école gardée nickel par ses usagers, pas de tags ni graphs, même dans les toilettes (peintes noir pour dissuasion ?) figurez-vous. Un peu ras-le-bol, cette culture du fond de culotte. Après, on en parlait avec Vincent Gérard hier : –- Mais t’aurais pu rester un an de plus ? — Tu parles, au prix qu’on était payé, et TGV à ma charge etc, j’aurais perdu de l’argent par rapport à mes 36 ans de cotise Agessa... (Encore que c’est total secondaire, la question thune : plutôt l’urgence qu’il y avait pour moi à retrouver le risque, le chemin noir du seul.) — On te regrette. Parce qu’il est gentil, mon Vincent, toujours pas titulaire d’ailleurs et moi plus aucune nouvelle de ce micro-bain communautaire, par contre la liberté retrouvée de s’enfoncer hors contrôle, et non pas en appui de ce qu’elles.eux, étudiant.e.s, ont à trouver et conquérir (et la peine où on est toujours à tenter de leur faire savoir que c’est difficile, que c’est la guerre, qu’on n’a rien à économiser, ni la tête ni le corps, qu’il y a à lire, apprendre et c’est bien lassant des fois ces demi-mesures cool des études d’arts chez nous). Vincent m’a dit aussi qu’ils avaient reçu 60 candidatures pour le poste de création littéraire que j’ai laissé vacant, et pour cause : tant mieux. On pourrait le faire savoir aux autorités du lieu, qu’avec ces dossiers on a de quoi fournir à tous les postes qui manquent, en France où il y a 3 postes écriture sur 42 écoles d’art. Et même des noms sympathiques, tant mieux aussi — raison de plus pour laisser la place, toujours pensé, au royaume des pantoufles reines et de l’absentéisme chronique (ça ne valait pas pour le petit noyau de mes copains profs bien présents, elles.eux, et ça aussi me manque, tout d’un coup, remettant les pieds dans ce genre de couloir), que les contrats de profs écoles d’art, territoriales comme nationales, devraient être limités à 5 ans renouvelable une fois, ou 3 ans 2 fois renouvelables comme les dirlos, je crains de n’être pas entendu d’ici longtemps. Enfin bon, longtemps que je n’avais pas arpenté une école d’arts, j’étais tout remué d’aller explorer leur couloir photographie, même si après tu recoiffes ta vieille peau. J’ai même réussi à quand même finir sur Vilèm Flusser, l’aprem, juste le couloir d’au-dessus, forcément puisque j’avais débordé du temps.

Au fait, post-scriptum : moi aussi je vends 2 objectifs Canon, mon L 24 1.4 et mon 85 1.8, faire signe si. Je crois que là je suis accroché Lumix pour un moment.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 21 novembre 2019
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