2019.08.26 | le non-paysage est encore un paysage


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Dans l’habitude à quoi je me contrains d’avoir de plus en plus de façon permanente mon appareil-photo à dispo, s’éloigne la tentation de ces réflexes smartphones avec leur capteur gros comme même pas un demi-ongle, un algorithme prédictif épais comme sa coque à mettre dans la poche arrière, et la sanctification universelle de l’image plate. D’où l’accumulation progressive de ces images à rien faire, dont j’ai quand même un peu plus de 12 000 sur ce site. Par exemple, hier matin, du 4ème étage de l’hôtel Première Classe à Nice (donnant de l’autre côté sur le bout de l’aéroport, ça ressemblait comme un jumeau aux hébergements Cergy mais bon, ça rentrait dans le budget), il faut quoi, quarante secondes pour emporter dans la carte SD la vue de la fenêtre, et son pigeon indifférent. Est-ce que j’ai goût pour ces assemblages ? Pas besoin. Est-ce que cet assemblage exige qu’on le photographie ? Encore moins. Alors quoi ? Rien, ce qui est.

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 26 août 2019
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Messages

  • C’est cette façon de garder et de se remettre en mémoire qui emporte la pratique. C’est juste là et comme c’est la c’est juste. Ça vient de sonner 8 heures tout le monde dort fait frais. Ici hier soit vers 21

  • J’ai redécouvert le Château de la Chasse, au cœur de la forêt de Montmorency, lorsque j’ai travaillé à la librairie Au Connétable. Je le connaissais de ma forêt d’enfance et puis n’y était pas retourné depuis des vingt ou trente années.
    Au même moment ou peu auparavant, nous passions à la course à pied, de là très vite au trail : lorsqu’on est citadins, courir hors du bitume fait du bien. Dès lors le château de la Chasse devenait un point de passage, en gros hebdomadaire, obligé.
    Je prenais au vol une photo d’étape. Brumes d’hiver, feuilles d’automne, héron de printemps, promeneurs de l’été.
    Ensuite, des changements dans la vie, changements de travail, un parent puis un autre décédés, d’autres lieux d’entraînements, des dimanche à trop pas le temps et c’est seulement ce dimanche-ci de fin d’août que nous y retournons et que je prends ces lieux en photo. Les mêmes, mais (déjà) différents et sans doute moi aussi, pas tout à fait la même, de l’autre côté de l’appareil.
    Photo et écriture, jalons calmes face au temps filant.
    La video me le fait moins, qui n’a pas ce côté temps d’arrêt.