« the web does not allow the emergence of literary works, because »


« Le web ne permet pas l’émergence d’un travail littéraire, parce que... » Thèse de doctorat qu’un rusé arrangeur de destin pantoufle m’envoie, et sous cet énoncé dans le pitch en anglais à la première page, il passe le tiers de son pavé à recopier le mandarin pantoufleur ancien qui lui sert de caution et dirige sa thèse, ledit mandarin n’ayant garde d’aller contester une thèse dont chaque page produit un ou deux ou trois recopiages de son plus récent ouvrage en 2004 (le web n’a pas changé depuis lors, ces gens voient tout d’avance – il n’y a qu’à regarder la modernité de son site d’ailleurs) – son protégé exercera avec doctorat, aura droit d’enseigner etc, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, grande peine qu’un ami proche se soit fait piéger dans le jury et ait cautionné ce combat d’arrière-garde.... Je comprends mieux ce qui s’est passé le mois dernier quand D. V., l’ami en question, a pris la mouche d’un débat qui s’était lancé sur ma page Facebook, comme si souvent et si librement (et alors, ça gêne quelqu’un, qu’on cause ?), sous prétexte que n’étant pas sur Facebook lui-même nous n’avions pas le droit d’évoquer une belle conférence sur le contemporain qu’il venait de donner chez Verdier à Lagrasse et que Verdier, plutôt que d’assumer le débat et comme si cette conférence n’était pas 10 000 fois plus intelligente que cette thèse reçue là, en janvier 2015 alors que soutenue en février 2014 – belle mesure du courage du monsieur, ou de sa conscience qu’à ce genre de jeu pas clair y aurait forcément des chapeaux à manger un de ces jours –, Verdier a donc purement et simplement supprimé sa vidéo. C’est quand même plus vivant et ouvert de ce côté, le nôtre, où ça cherche, partage, publie, invente. Bon, j’aurais pas dû passer 2 heures mardi soir à lire ce pavé inepte et dont personne n’entendra plus jamais parler, mais chaque fois triste constat : ça vous salit dedans, on a des envies de refermer la boutique, garder ça juste pour les happy few comme si ce n’était justement pas ça, le web et ce qu’on y a appris, ce qu’il a changé en nous : cette confiance dans l’échange, cette ouverture dans l’écoute, et que justement c’est là où s’ouvre la langue neuve. Ça m’a énervé de trouver des inexactitudes ou erreurs par paquets quasi à chaque page quand ça parle de web, au début on se dit que c’est par paresse après on vérifie bien que c’est seulement pour tordre son discours dans le bon sens. Et erreur type pensée totalitaire dès le titre : « le blog d’écrivain » comme d’autres disent « le livre », ou « l’armée », ou « l’agriculture » (Monsanto ou Petit Gibus à Saint-Cyr sur Loire même combat) – un et un seul, l’uniforme et si ça ne rentre pas dans le modèle on ne regarde pas, faux prédicat qui fiche l’ensemble en l’air mais eux ça ne les gêne pas. Approximations syllogistiques : la preuve que « Bon » n’écrit pas de la littérature sur son site, c’est que si on regarde son journal c’est un journal (« avec des photographies de zones industrielles », me concède-t-on). Plus gênant, côté Sorbonne (dans le même temps où la même université confie à Milad Doueihi une chaire d’humanités numériques, donc c’est jamais perdu mais quel courage il va lui falloir, à Milad... ceci dit tous des universitaires que je fréquente à P1/4/5 comme Gefen et les autres, ou cette intelligence l’autre jour qui circulait dans le colloque Rabelais, je suppose qu’aucun ne se serait fait piéger à un tel ramassis de poncifs), plus gênant donc l’indigence de pensée : il se trouve que parler du web littéraire c’est parler d’un objet en mouvement, d’un objet ouvert, d’un objet constituant expérience après expérience ses formes et ses contenus en lien avec l’évolution technologique de ses modes de lecture, des usages sociaux et savants ou artistes de ces lectures (plurielles), déplacement de la notion d’auteur par les collectifs et les revues en ligne, initiant précisément un salutaire secouage des vieilles formes et de la vieille crétinerie verticale. On n’appréhende pas un objet mobile avec de la pensée statique (il y en a quelques pages ici, sur site Sorbonne officiel). Ami D..., tu n’as pas été choqué par des formules comme « canonisation d’un auteur contemporain par l’université » : les saints nous regardent de bien haut, désormais. Ou comment la bibliographie, y compris sur le web (soi-disant, parce que franchement on n’a pas la même), évite soigneusement toute publication uniquement web. Bon, oublions, comme ce morne pavé sera oublié. C’est juste ça, qui crée de la peine : indépendamment du temps que ça nous fait perdre, que pour continuer on ait une fois de plus à se laver, s’alléger, trier... Dont acte, et retour aux fondamentaux : qu’est-ce que ça fait du bien de reprendre la photo rituellement faite de Nanterre depuis les matins RER, et d’oublier l’université tout entière, on la réinventera quand on aura le temps (mais avec les mobiles et les solides, pas les immobiles cireurs de pompes à leurs profs momifiés). Ce qui me peine, c’est que l’aspirant docteur se soit contraint à rédiger pendant des mois sur un objet qu’il méprise : il n’avait donc rien qu’il eût pu admirer, ou étudier pour s’agrandir ? Ç’aurait été moins souffrir, ceux que je connais qui sont en thèse, ça peut être un si beau voyage intérieur. « Le web, qui donne à tout le monde le moyen de diffuser des contenus », voilà donc, dès l’ouverture, énoncés notre immense crime et notre châtiment volontaire – un type un jour a écrit que « la poésie doit être faite par tous, non par un », tant pis de tant pis, c’est de côté là que je suis. Il a aussi écrit, le même type mort à 24 ans : « toute l’eau de la mer ne suffirait pas à laver une tache de sang intellectuelle », c’est ce dont on les plaint, celui-là, son directeur aux pompes toutes les trois pages cirées et le jury qui cautionne l’entourloupe. Puis quoi, un peu marre d’être pris pour le bouc-émissaire sous prétexte que dans la corporation des auteurs avec un H comme dans Hécrivains aucun ne sait ni se servir d’une cafetière électrique ni s’installer un site quand ici est mon plaisir, et qu’à l’inverse ceux-là se boucheraient le nez à cliquer un lien vers n’importe lequel de nos blogs... Pas envie d’être le paillasson des gens de ce cette sorte. Because, mon gars, because toujours.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 22 janvier 2015
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Messages

  • comment faire pour parvenir à des places (fameuse lutte) : voir ici, pour le plagiat, édifiant. Et ne pas perdre de vue qu’on a des (vraies) choses à faire. Courage (je mets une photo quand même parce que même si c’est pas le journal, c’est le journal quand même)

  • (comme il y avait là quelques individus, il a fallu cadrer plus serré mais on la voit quand même) c’est pas le même bleu, mais enfin, c’est le même modèle, dans lequel il y a bien longtemps, j’ai débarqué d’’un Super-contellation pour parcourir à la nuit, quelques rues de Paris (garée rue de la pierre levée)

  • (à Tunis, ils ont nommé 9 femmes ministres, pas d’ennahdha, et le nono qui fait le clown à davos, "forces vives du monde" il dit, je le crois pas) (ça a appelé, pzp, ça a demandé un complément au forfait, j’ai fait une règle de 3, le truc continue on verra bien) (ce qui m’étonne, c’est le fond vert là-bas dans l’image : ce doit être un lampadaire, mais vert ?)

  • j ’ai travaillé cinq semaines dans un lycée professionnel - deux classes de seconde une classe de terminale en bac pro commerce et une classe de TCAP vente - première expérience d’ enseignement pour l’éducation nationale - enseignante contractuelle en français histoire géo - 25/11 au 10/01 - je me souviens de la première heure de la première classe des premiers élèves - " ici t’es à B. " et ils nomment leur lycée comme un /leur territoire possible - je me souviens des premiers débordements un élève se lève puis un autre puis - un son strident - je me souviens de quatre cinq phrases belles écrites par un élève il dit " je ne sais pas où je suis " - je me souviens de celui qui demande si ici on peut étudier Baudelaire - je me souviens de James Cook de leur désintérêt pour James Cook - je me souviens d’une sortie de classe presque brutale un vendredi midi - je me souviens des questions sur Gandhi sur Poutine sur Obama - je me souviens de la classe de TCAP de ses questions pertinentes de son attitude respectueuse le 8 janvier - je me souviens de la fenêtre ouverte sur la cour - et le discours du proviseur dans une cour vide - je me souviens du silence après - je me souviens de la/ma dernière heure de cours - je me souviens du visage de M et du visage de A. - et des mots glissés pour le futur

  • (y’avait la télé alors une malheureuse est venue dire avant le début qu’il fallait éteindre ses portables et nous laisser aller à notre spontanéité puisque c’était du direct - abjecte, simplement- pas question de savoir présenter la première partie (assez légère, je crois Baptiste avec une belle guitare rouge gretsch ou gibson peut-être demi-caisse en tout cas, et une violoncelliste Maeva quelque chose, mais la télé tu comprends n’en a juste rien à foutre puisque le direct commence à 20h45) en tout cas Antonio Z, costume bleu un peu serré, cravate noire chemise blanche, était parfait, le groupe extra (et on remercie apap pour les places) : si on aime, c’est là (la photo n’est pas si réussie que ça, en même temps) (de toutes les manières il est déjà dans le journal : on ne le voit pas non plus)

  • (paraît que Christian Bouche-Villeneuve avait une montre qui faisait appareil-photo et qu’ainsi il prenait des photos de gens ; pour sa part, le photologue -c’est moi, ça - j’ai décidé il y a peu d’adopter un nouveau pseudonyme, Bernard Soarès, on le saura - le photologue donc a son propre dispositif, se placer devant la première porte de la rame, ; attendre que celle-ci s’ouvre (la porte, pas la rame) (la première oui) et prendre la photo du premier voyageur qui monte, si c’est une voyageuse, c’est égale (l’appareil est un téléphone portable qui se déclenche dans la seconde suivante, lorsqu’on appuie assez fort sur l’écran) (en clair c’est une merde obsoprogue) ; comme on voit le dispositif est au point, mais parfois ça ne fonctionne pas si bien que ça) (on fait une série, c’est une série, ça commence quand ça veut, ça finit quand ça voudra)

  • le fait que la gauche anti-libérale ait gagné en Grèce me fait chaud au coeur (tu remarqueras qu’aucune chaîne, aucun média, radio en continu de merde ou télé de bouze, j’ai pas retenu le nom de cette radio de chiottes, enfin aucun de ces organes n’en fait trop par rapport à ça : donnez leur de bons meurtres, bien sanglants, ils bousculeront leurs "programmes" débilitants ; mais une victoire démocratique et qui défie le monde du grand capital, niet (j’adore cette expression , marchaisienne en diable (rouge)) - mon dieu, le fmi ; par la madonne, la chancelière doit chanceler ; nono quand à lui, continue à se redorer un peu la popularité... quel pays jt’assure, quel continent, et quel monde...) (là, le type fait un regard caméra du meilleur aloi, mais il ne sait pas qu’il est pris en photo, comme quoi...)

  • (y’a le zoo qui bouge... on va bien voir, on me demande la version papier du bordereau de prix unitaire, signée) (hier, c’était "discount" (2013, Louis-Julien Petit) tout à fait recommandable - perdu mes lunettes, retourné et retrouvées comme quoi) (j’écoute Antonio tout en faisant mes papiers, dlamerdenboite) (j’apprends qu’on va commémorer l’ouverture des camps, je vais voir sur google sv quand même, à l’image la vue satellite de là où fut assassiné mon grand-père) (pour les autres camps ce sera bernique : plus rien ne reste, paraît qu’on a retrouvé l’emplacement de Sobibor l’année dernière avec certitude) (les ordures savaient effacer leurs traces) lever le poing au ciel, ni dieu ni maître, il ne me reste rien

  • sur le chemin du retour (j’ai pris le 21 en partant du café avec l’Employée) j’ai trouvé que le quai des Orfèvres, la préfecture de police sans doute avait beaucoup d’imagination : on pose à présent (déjà vu ça sur le Ritz) des toiles à l’image des immeubles qu’on restaure afin de ne pas gâcher la vue que le monde peut avoir sur la publicité (immense et immonde) qu’on pose sur le reste du chantier (c’est Paris, merci madame la maire) (on la voit pas parce que non seulement c’est moche mais en plus c’est dégradant ; on va dire que ça paye les travaux, je pense que non seulement c’est complètement faux mais qu’en plus, un paysage de ville où il y a des travaux est ce qu’il est comme il est)

  • (la journée sur l’appel d’offr’e aux caisses, jte jhure skifaut pas faire...) quelle misère... je suis sorti deux minutes - pain, tradition, 1,10e - j’ai fait à manger (y’a ma fille qui rapplique apparemment) j’ai pris une photo, je rentre, je lis un peu, mal au crâne, pas envie du tout mais pas envie du tout mais tant pis, je porte le truc demain (beurk) (mais pourquoi je le fais, si c’est si désolant ? eh ben j’en sais même rien, trouver du travail ? c’est pas du travail) (le type est là, sept heures du soir, en train de finir sa pose de linoléum...)

  • Insolite. Decu que mediateur ait pris un decision a phoneme effet injuste, le tennisman ukrainien Serhiy Stakhovsky a sorti son telephone portable pendant plein match nonobstant video camera cachee (www.lazappette.com) prendre unique negatif du pays de Roland-Garros, jadis, quand avec a elle defaite representation au Francais Richard Gasquet. Regardez. Sur seul autoroute, rare ourse noire a ete apercue pendant rail en compagnie de empiler timbre ourson a abri, dans cela paturage national en tenant Kootenay, en Colombie-Britannique. Le projet Solar Roadways consiste a recouvrir digue, trottoirs et abri avec dalles munis avec capteurs. Bizarre campagne Indiegogo selon cours computation lever 1 duree en meme temps que dollars. Comme interpreter incident qui deroule recemment dans Californie ? Retrouvez decomposition a egard de Carine Belleville, comportementaliste puis educatrice canin. ONG Human Right Watch alerte de avenement avec telles armes autonomes, dont pourraient etre "operationnelles ceans 20 a 30 an". Parmi Goutte Gozlan Indubitables chercheurs britanniques etudient cette pressentiment stereoscopique en tenant cet insecte predateur a collaboration confirmes davantage lapidaire lunettes du monde. 03.06.2014