journal | André Joyland Malraux


Étrange depuis une bonne semaine, le soir sur le Kindle PaperWhite (incroyable souplesse et résistance du bousin, plus de 2 ans d’usage toutes conditions atmosphériques et fond de sac, dans tout ce bashing Amazon quand même bizarre l’absence de références à ce prédicat : leur matos tient la route) j’alterne Joyland de Stephen King et relecture des Antimémoires de Malraux. Voisinage bizarre mais c’est comme ça. Les traductions françaises de Stephen King me barbent en 5 lignes, mais en anglais c’est chaque fois le même bonheur de le suivre : son 22/11/63 est vraiment un grand livre, d’harmoniques puissantes, avec du balzacien. Là, Joyland c’est juste pour la fraîcheur d’avancer des pages le soir, mais un vocabulaire et des syntaxes qui fouettent l’english. Je lis de plus en plus indifféremment en français et en anglais, et je suppose que ça a dû arriver à d’autres traducteurs : tellement enfoncé des fois dans le texte de Lovecraft que sans faire attention je découvre que depuis 2 ou 3 lignes au lieu de traduire je pierreménardise et le réinvente en anglais au mot près sans m’en apercevoir, ce qui n’est pourtant pas de la recopie ni de l’inadvertance. Bon, dans ce cas on fait une pause. Pour Malraux, retrouvailles régulières, m’y suis remis en juin (sur Kindle aussi) avec L’homme précaire et la littérature. Dans les Antimémoires, cette sorte de forge où le politique, l’art et la syntaxe se fondent au même point exact, et c’est un vrai besoin dans les ombres du présent, ça rehausse. En même temps, ce parler de haut que nous ne saurions plus emprunter, et heureusement – la dislocation du sujet chez Saint-Simon pour moi plus profitable. Mais s’endormir sur de la syntaxe française qui tienne, c’est vieille discipline, et nécessaire – le vieux Gustave disait 45’ au moins. Alors qu’est-ce que ça m’a fait bizarre, vendredi à la fondation Maeght, sur cette vidéo du jour de l’inauguration avec les bonnes bouilles de Chagall et Miro, de le retrouver de visu, avec cet appareil photo d’un côté et le micro tendu de l’autre. Je crois que c’est posture des épaules penchant obliques vers l’avant dont j’avais besoin : je ne savais pas, sinon, comment faire entrer Malraux plus près, je crois que c’est ça, la posture quand la phase oralement se fait, qui m’a attrapé, alors que j’étais en pleine lecture. Quelle hauteur, le vieux fauve, qu’est-ce que ça fait du bien dans ces temps d’avachissement résigné, ô nos politiques en bocal. Gaullien ? Non, d’un autre pays, justement : le nôtre.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 18 août 2014
merci aux 616 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • (voilà les impôts qui la ramènent, comme si ça ne suffisait pas comme ça) (et l’assurance maladie prof lib aussi, tu vois le topo) TNPPI ne se souvient plus de rien ; elle me dit "c’est toi, zio ?" comme si j’étais le frère de sa mère (elle l’appelait zio, je m’en souviens, il s’appelait Victor) (c’est pas le seul avec ce prénom dans la famille, certes, mais me prendre pour lui ?) elle me dit "je vois que tu vas bien, tu es bronzé c’est bien"
    (à l’image gauche cadre la chemise verte -4e, je le sais j’ai acheté la même en bleu clair- ça fait jamais que quatre vingt dix fois moins cher que rue de la Paix, c’est rien- offerte par ma fille l’année dernière)
    elle me raccompagne, mes soeurs (dont l’une tournée vers le mur, la couverture sur la tête) "je vous présente mon fils" un clin d’oeil, je l’embrasse, elle me reconduit, sourit m’envoie un baiser de la main (comme les choses, les roses sont tout le temps les mêmes)

  • après avoir fait le boulot bricolo/enduit/peinture (dlachiotte) pizza (merci...!!) : ici le pizzaiolo qui sort sur la rue, il s’assoit à la terrasse, boit de l’eau pétillante, rentre, démet une table, apporte des couverts à une autre,du pain ici (en attendant- c’est pas le pizzaiolo, c’est le patron- les prix pratiqués à table sont assez excessifs -15 balles la pizza, tu pousses un peu je crois- à emporter c’est dix mais quand même...) (on se souvient de celles de mattinata, on se rappelle le soleil, les oliviers, la mer, l’huile piquante et les merguez ça ne fait rien) (d’ailleurs parler de "balle" pour les euro froisse un peu mon ancienneté sur cette planète et je me souviens des difficultés de ma grand-mère pour parler en francs lourds, anciens nouveaux années soixante et ses boucles de cheveux un peu blanches)

  • hier, la boulangère (elle coince son téléphone dans son foulard, elle sert en même temps sans calculer le client ni rien) était heureuse : "je pars 4 heures, c’est les vacances il faut les prendre de temps en temps, quinze jours... Je vais à Hammamet cinq jours dans un hôtel, un ami de mon fils... Et après à Béda... (je ne sais si ça s’écrit comme ça, mais enfin...) la banlieue de Tunis, tu ne connais pas ?" non, je ne connais pas... (à l’image la brunette de la bouteille d’ouzo- chose promise- qui serait plutôt dans les couleurs de l’Italie) ; à présent l’un de ses fils (ils sont 4 ou 5 je ne sais pas) (ou sont-ce des cousins ? j’en sais rien) (de la boulangère, pas de la brunette hein) sert à son tour et me donne du "monsieur"

  • je descendais la rue, taleur, et je suis tombé sur cet étalage dans la vitrine de mon épicerie favorite (l’une de mes : l’autre est sur Simon Bolivar, mais elle a adopté, à présent une sinistre mémoire) (la chiotte encore ne marche pas : le type est venu, l’a montée à l’envers, j’en sais rien ça fuit, faîche) (jsuis fatigué, mais ça fait rien, je continue)(elle s’appelle le caire en même temps)

  • hier, un de mes coreligionnaires (tendance dure) passe (cette religion, je m’en passe et m’en tamponne allègrement mais, comme dirait le tordu du cigare, le nom du père l’emporte quand même) , je suis assis aux amis (le type qui tient le café a changé le nom, il l’a nommé paris plage ; c’est bof ; il y a sur le bord du canal une extension du domaine de la plage urbaine mise en place il y a quelques années -jamais lu ce prix goncourt- il a mis des tables et des chaises genre plage sur sa terrasse) (pas le prix goncourt, le cafetier) il y avait là, -derrière, en polo rouge le meneur- quelques blakettes qui répétaient une danse quelconque (photo recadrée dans un instant) ; ni une ni deux, la photo ; évidemment madame avec son sac passe en même temps : c’est un peu toujours pareil avec les retards de photo ; c’est rigolo ; en attendant, les dranoks ne répondent ni aux mails ni au téléphone : les factures restent impayées, j’ai emprunté des sous à une amie (qu’elle soit ici remerciée) mais il y a quelque chose de pourri dans cette boite, c’est déjà arrivé il y a deux ans, ces retards de factures, on a fait ce qu’il fallait (lettre au président ; lettre au contrôleur d’Etat ; visite à icelui etc etc...) ; mais j’en ai ma claque de demander simplement que les choses soient faites comme il faut (dlamerde)

  • elles sont là (six) lui aussi (rouge truc là) on ne voit rien (ce téléphone et son zoom de trukàlak faîche vraiment-il a quinze mois, je m’en sers mais il me fatigue aussi) (en vrai, je suis fatigué : il y a effet d’âge, il y a effet d’ennui des conditions de vie, de travail, d’existence ; il y a aussi effet du froid, si j’avais la foi encore, je m’en tirerai par une pirouette genre dieu l’a voulu, mais même pas) (dlamerde) (écouté les émissions sur Franki dans le poste : édifiant sur cette période où, dans le petit salon téléphone de la rue L. je jouais aux petites voitures trop content d’avoir échappé à la demi-pensionqui, pour ma mère, avait un goût de nirvana : pas pour ses quatre mômes...) (en s’en allant, on croise un 8 avec barreurs, et le barreur qui dit à son équipe (son staff c’est mieux) : "il faut que vous m’obéissiez au doigt et à l’oeil", on avait bien envie de lui foutre un bon coup d’aviron sur la gueule à ce connard de barreur de merde)

  • revenant du louxor, hier soir, après avoir vu "sils maria" (O. Assayas, 2014) - légèrement affecté, un peu long, mais la Juliette Binoche formidable, et doté d’un scénario en acier (trempé : les interventions contemporaines des divers objets-liseuses, téléphones, les ragots et les personnages ; moins les longueurs du serpent de nuages) - on fait la photo (ce n’est pas une habitude, mais le lieu est tellement photogénique avec sa lumière et ses courbes) le train là, qui va vers l’Angleterre, avec son conducteur chauve dirait-on, et cette inscription que je n’arrive pas à lire “”

  • ion se rapproche "mon premier train" parvient-on à lire (on ne voit pas ce que ça vient faire là, probablement une accroche marketing de cette société de m...) (dedicated to Michel Polac et le dessinateur Wiaz) (pendant ce temps-là, écrivant ces mots à ma table, j’entends dehors une manifestation pro-palestinienne, "israël assassin, hollande complice" crie-t-on, ou "djihad résistance") et tout à l’heure, croisant la république, une dizaine de cars de gardes mobiles (je ne suis pas militant, la guerre me fait peur, cela fait-il de moi un couard ou un lâche ? tu sais quoi ? ce monde me blesse chaque jour un peu plus ; ce n’est pas que je la haïsse ou que je veuille le quitter brutalement, mais y subsister et y demeurer est chaque jour un peu plus douloureux) (le temps d’écrire et ils se sont tus)

  • Cher Piero de Belleville, si je peux me permettre, j’ai souvent (ou parfois n’exagérons pas) vu des nez de locos diesel ou des museaux de TGV affublés d’un bandeau "Mon dernier train" en gare du Montaparnasse monde : il s’agissait de derniers services de futurs retraités, et quand le train entrait en gare, les collègues étaient à l’attendre avec des bouquets de fleurs. Dans votre cas, il s’agissait peut-être au contraire d’un tout début de carrière ? - Encore que la calvitie tendrait à infirmer mon hypothèse.

  • Peut-être, peut-être, chère lectrice, mais ce cas, cet esprit d’entreprise me ferait frissonner... (une autre image de la même gare un peu moins au point, par la grâce de mon appareil) (ça me fait penser illico à ce chanteur -Franki- qui avait une pièce dévolue, dans sa maison de Palm Springs crois-je avoir entendu, à ses trains électriques, et d’appointer une personne pour les faire circuler ; il en est de même de Neil Young ; le monde est peuplé d’enfants, n’est-ce pas...)

  • (drôle d’idée que ce journal, il dure depuis novembre sept cependant : drôle d’idée) (triant des photos pour les carnets, je me souviens de l’aéroport de Nice Côte d’Azur ; l’arrivée un jour de quatre vingt, en mai, Cannes et ses stars, alors qu’on allait vers Vintimille, enquêter une semaine nuit et jour le Turin-Vintimille) (le travail me fuit, il n’en est plus question avant octobre, sait-on jamais ce qu’on va devenir ?) (la rue du général Lasalle-militaire napoléonien mort à Wagram-monte vers les Buttes Chaumont)

  • il y a une glace sur l’appui de fenêtre, ça donne un autoportrait au selfie (à moins que ce ne soit l’inverse) (ça m’insuporte cette affaire de "selfie") (mais il faut sacrifier à la mode, il semble) (la pluie toute la journée, ça fait mal) (vu ma soeur qui sortait son chien, tiens, un coker qui s’appelle kola) (fait de la peine, sans déconner) (et la pluie avec ça tiens) (s’il avait un jumeau, on l’appellerait koka, ça ferait la paire)) (si tu regardes bien, gauche cadre, tu vois le bleu du jean, c’est pas beau ça ?) (je veux dire c’est un selfie là, sur le bleu, sinon ma foi, c’est mon téléphone de maçon)

  • (on ne voit rien : en vérité lorsqu’on manque une photo, c’est parce que la lumière ne veut rien savoir : ici il y avait sur l’espace entre les porte avant et arrière un petit V8 très joli - 32 soupapes, 4litres, 300 chevaux, enfin une petite bestiole- à gauche comme à droite ; la voiture était verte et stationnait tranquillement sur botza ; il était tard, j’ai pris la photo : voilà) (c’est dans une sorte de caisse de cet ordre qu’ont succombé la femme et les deux enfants de L. et c’est ainsi que les choses se rappellent à moi, parfois, tout comme le garage Robert du bas de l’avenue de France, où officiait ce type qui se prénommait Habib - ça veut dire Heureux- qui portait une de ses incisives supérieures en or) (je regarde les annonces, tu sais pas ce qui va arriver, et toc sur ton réseau social préféré (?) tu tombes sur des publicités de cet ordre-là) (pas encore de pompes funèbres : quand ce sera le cas, on vire)