journal | le monde vu par Internet


Cette confiance dans le blog comme travail principal n’est pas si facile à assumer : on s’est mis à côté des circuits principaux, parfois ils vous le font durement sentir, et pourtant ce sentiment que c’est là que ça se passe, là que ça s’invente. Malgré la fragilité : par exemple revenir à des pages ou des images rédigées ici il y a seulement 5 ou 6 ans, et se dire que bien sûr on les ferait autrement, qu’il y aurait plus d’images et mieux faites, que les billets se seraient succédé plus serré. Puis finalement ce n’est pas si grave : l’histoire du blog devient progressivement l’histoire de l’outil à notre disposition. Ce qui est nouveau, de plus en plus, c’est comment notre posture écran devient le principal de notre rapport au monde. Si le prochain RER à Cergy est dans 3 ou 20 minutes, et on passe par l’écran. Se renseigner sur un point précis d’actualité ou de savoir, direction web. Quelle est cette ville dont me parle cet étudiant quand il dit que la terre y est rouge et la pluie bleue, on clique. Et c’est peut-être là que ça s’enracine, cette confiance : ce n’est jamais le monde exactement, qu’on regarde, mais la façon dont le web s’est saisi du monde, donc selon ce qui en a été proposé. Alors à nous de proposer, non pas notre perception du monde (c’est justement en ce qu’elle est inconnue, qu’elle nous pousse à la construire), mais ce qu’on demande au monde – y compris par géométrie, couleurs, vision rapide de nos transits face monde – et que ce que nous voyons en chaque instant c’est d’abord notre rêve du monde. C’est maintenant que ça commence, l’expérience web plus forte que l’expérience livre, qui nous a elle-même porté là et construit l’exigence à y avoir. Nous produisons par le web l’existence concrète du monde de nos fictions.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 29 mars 2014
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Messages

  • (ils ont retiré les grues sans m’en avertir (faut dire que ça faisait un mois que je n’étais pas allé au turbin ; c’est regrettable) ; mes factures sont encore coincées dans un vague bureau d’une vague secrétaire qui ne répond pas aux mails ni au téléphone ; lundi matin (nouvelle heure dlamerde) première heure téléphone, comptabilité banque dlamerde) (je fatigue tu vois, mais je retranscris le cahier doucement ; je termine belleville doucement-365 commerces pour 351 numéros, va comprendre tiens ; je pense au site, ça m’empêche de dormir doucement ; tout ça me fâche) (car je suis poli) demain je bosse, et je vote, t’as qu’à voir le chantier (la facture de la plus grande salle consacrée à la symphonie au monde -ils disent 2400 places, coquet inutile et merdique je trouve - est passée de 118 millions d’euros-la vague paille- à 320 -3 fois stuveux... non mais sinon, y’a pas d’argent, tu vois sauf pour c’est qui qui construit ça, déjà je sais plus, celui qui a une télé de merde-pardon de maçon- qui rachète je ne sais plus quel réseau téléphone pour 1,3milliards, enfin naaan je mélange tout) (les affaires marchent, le bâtiment aussi : tu as vu cette horreur ?)