journal | de la pub prédictive et moi pas


Le livre se raidit et tombe, la presse papier a de l’avance sur ce terrain-là, ce sont des mutations graves parce que liées aussi à des enjeux de démocratie, de transmission et de création, même si tous ces terrains se sont déjà en partie reconstitués ailleurs, et quand c’est la pub qui s’effrite qui s’en plaindrait, on en est saturé, soûlé – difficile de comprendre tous ces sites qui ne comprennent pas qu’ils bousillent tout leur contenu avec ces pavés ineptes, qui gâchent tout leur espace graphique, au mépris d’ailleurs de qui vient les lire. Alors d’accord on peut commencer par aller dans « Préférences », puis « Vie privée », puis « supprimer les cookies », ou rajouter sur son Firefox des plugins comme AdBlock qui mettront des trous blancs au lieu des pavés de pub mais dans le principe ça ne porte pas atteinte au parasitisme.

Dans ce qui naît côté industrie de la recommandation, la constitution du web en bassins de big data change la donne pas seulement quantitativement mais qualitativement – et c’est assez fascinant de voir l’ancien monde du livre totalement incapable de changer mentalement de paradigme, même confronté à sa propre érosion.

Passionnant, par contre, de discuter avec des nouveaux arrivants comme Soundytics... Des tas de questions juridiques qui lèvent : une enseigne de magasins de vêtement qui change sa musique d’ambiance selon la reconnaissance automatisée des visages, tranche d’âge, encombrement du magasin, est-ce qu’elle s’occupe aussi de l’indice de réfraction de la peau, non non, juste densité technique dans le blanc/noir... C’est si différent de Kobo ou Kindle traitant en direct votre avancée dans le livre numérique acheté, et quelle page vous avez surlignée ?

Bon, le droit plus ça va moins on lui accorde d’intérêt, il semble paumé dans toutes les grandes questions qui bougent, mais nos usages s’établissent là où il ne les encadre plus : les machins #ReLIRE ou obsolescence des droits d’auteur ça ne m’intéresse plus dès lors que je m’occupe de mon site web et de rien d’autre à côté, passé beaucoup de temps là-dedans ces 5 ans c’était vraiment gâcher je sais même plus mes riffs Chuck Berry à la gratte. Mais questions qui imposent de ne pas rester à côté s’il s’agit de main-mise politique ou économique de ces recommandations, de normalisation esthétique, de remparts à la curiosité transgressive que nous avons sans cesse à éduquer.

Ceux qui suivent ça d’un peu près – par exemple les recommandations que vous envoient Amazon tous les matins, jusqu’à être capable une fois par mois de vous recommander votre propre livre, ou la façon dont, de mois en mois, Spotify vous encercle de choses déjà entendues ou analogiquement proches de ce que vous avez déjà écouté (donc une pratique de cocon alors qu’on rémunère précisément leur service pour mise en dispo de l’imprévu), savent combien on est dans un terrain de haut risque. En même temps qu’il nous autorise paradoxalement, parce que nous avons nos propres objets de création chez Amazon ou Spotify, à placer au coeur de la vague notre propre et minuscule trou de données singulier et portant en lui des pistes d’échappée. Mais on doit aussi éduquer notre vigilance à des formes d’algorithmes et d’outils qui jusqu’ici étaient en dehors de notre territoire.

On le voit bien là où ça barbote. Par exemple, si Soundytics est génial, et qu’Amazon et Spotify ont des armées d’ingés sur ces problèmes, la Fnac ou Facebook n’en sont pas encore là.

Facebook dispose de mon âge : quand j’ai eu mes 60 balais, en mai dernier (ô le bel âge pour devenir prof stagiaire débutant), j’ai eu droit à ma carte SNCF Senior Plus, mais mon contexte Facebook a changé quasi du jour au lendemain. Là ce soir c’est : vos soins dentaires en Hongrie avec 50% d’économie, soignez votre arthrose, et une très belle chaîne de maisons de retraites avec faux arbres en pot et chaises-longues sous ciel bleu, qu’on peut commencer à payer tout de suite pour s’y réserver une place bientôt. Hier c’était même carrément une proposition d’épargne funéraire anticipée. Je préférerais payer Twitter (grâce à Echofon Pro je n’ai pas de pub sur ma timeline) et Facebook au mois pour un service sans pub, mais ça n’intéresse pas leurs marketeurs – au point qu’une intelligence comme celle de Marc mont-de-sucre Zuckerbeg on se dit qu’à me conseiller des maisons de retraite et des funérariums parce que j’entre dans la tranche des plus 60, c’est plutôt de la sale tronche de ses annonceurs qu’il se moque, en leur faisant croire que c’est de ce genre de conseil que j’ai besoin. S’en fiche que je clique, mais s’en fiche de me polluer, et de toute façon la monnaie c’est pour lui pas pour moi.

Sur le ciblage personnalisé et la pub comportementale creusant sa tombe en même temps qu’elle soigne la nôtre, lire l’indispensable Hubert Guillaud dans Internet’Actu.

Pour la Fnac et toutes ses sous-filiales depuis que le livre n’est plus chez eux qu’un petit machin près des cafetières, c’est encore plus caricatural parce que les ingés porte d’Ivry doivent se compter sur les doigts d’une main et encore. Donc, en juin dernier, pour le projet Fos, je passe enfin au Reflex numérique, je m’achète un modèle Canon de base, le 700D, petit capteur APS-C. J’aurais dû faire ça bien plus tôt, mais le respect pour mes potes photographes faisait que je ne m’en croyais pas capable. Aujourd’hui, je rêverais même de m’équiper d’un truc un peu plus pro, de même que mon ordi est un outil pro. Surtout, faut comprendre comment ça marche, les corrections à l’intérieur d’un objectif, les moteurs à ultra-son, les grands angles à retournement... Alors tu fais quelques pointages chez Tamron, Sigma et les autres. Juste par besoin de savoir, parce que là si j’ai pas une thune pour acheter ce genre de truc je vous dis pas.

Et ça suffit : depuis 4 ou 5 jours, sur n’importe quel site que j’aille, le Monde ou les autres journaux, Facebook évidemment aussi, et même les trucs amerloques, je suis poursuivi par Miss Numérique et les pavés de la Fnac : en bannière de toutes mes pages web, et en vertical sur les bords, des kilomètres, des cimetières d’objectifs Tamron, Sigma, Sony ou Nikon plus rien que ça. Quoi que tu regardes, même Radio France qui n’a pourtant pas besoin de ces miettes de sous ? Les cookies sont une respiration nécessaire de l’interaction web, c’est leur détournement marchant qui m’insupporte.

Sûr de sûr, si un jour je m’achète un biniou de ce genre-là (si les temps deviennent meilleurs, mais on n’ose même plus se dire une phrase comme ça tant le politique est pauvre), ce sera évidemment chez B&H 34e rue, et pas chez Fnac ni chez Miss Numérique.

Vous nous emmerdez, avec vos publicités jusque dans ce qu’on a de meilleur pour voir et dire le monde : notre écran. Photo ci-dessus : souk de Marrakech, 9 décembre 2013 et ci-dessous Radio France en pleine démo d’intelligence prédictive.

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 5 janvier 2014
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Messages

  • en gros, c’est vrai, je m’en fous un peu, mais j’aurais plus une tune pour aller au ciné, ça m’emmerderait (vu vraiment bien "tel père tel fils" un peu manichéen, mais quand l’histoire reste sur le père, elle bifurque-la place aux femmes quand même) faut foncer alors je fonce alphonse (suis allé boire un café avec le frangin et voilà que le barman s’attable et mange son steak frites demi-pichet de rouge, trois heures et demi) (en l’attendant, j’écrivais mes cartes de voeux) (on les avait achetées hier en allant voir une expo à beaubourg, même pas envie de vomir-en même temps elle est finie, on s’en fout- art contemporain désaffecté : c’est bien cette époque, tiens, mais si l’art consiste à n’être que le reflet de l’époque alors merde à l’art putin)

  • (putin trahi par la technique, ça m’apprendra à m’en prendre à l’art tiens) (en même temps ça balançait le barman sans trucage, c’était un peu gonflé) là est-ce que c’est en sortant de pompide (la grande maison disait la claude) ou en y entrant attendant que tu aies fini le clopo ? je ne sais n’importe, quatre janvier le temps file, l’hiver veut pas venir et pourtant de la bonne glace à fendre les pierres, ça manque (pas envie de rigoler en même temps) (j’ai fini le boulot corrections fichier "clean" comme ils disent, ça veut dire quoi, faudra demander jm’en fous, mais j’ai pas de boulot et ça me faiche)

  • (on est obligé de structurer ou bien ? en tout cas, je continue cette petite affaire sans but ni sens) (souvenir peut-être)
    le 14/09/12 la vierge les coptes et moi
    le 12/11/11 il était une fois (mais alors quoi, j’en sais plus rien)
    07/09/12 broken
    08/09/12 the human factor
    le 16/04/12 I wish (tiens "tel père tel fils" avant hier aussi)
    le 06/01/12 Louise Wimmer (juste deux ans tiens)
    le 12/10/11 drive
    le 9/10/11 maison de la photo
    le 17/01/12 histoire de voir
    le 04/05/12 coluche président
    le 08/07/12 abbaye de fontevraud
    le 05/08/11 voyez comme ils dansent
    le 12/03/11 avant l’aube
    le 29/07/12 les enfants de belleville
    le 17/07/12 holly motors
    le 22/09/12 quelques heures au printemps (je crois me souvenir)
    le 28/09/12 le cercle
    le 11/08/10 palazzo berberini
    le 26/02/12 la désintégration
    le 29/10/11 l’exercice de l’Etat
    le 08/07/10 les moissons du ciel
    le 23/10/10 les rêves dansants
    le 27/08/10 la rivière Tumen
    le 25/06/12 Star 80
    le 17/09/11 Sogno d’oro
    le 12/03/13 Intervallo
    le 26/02/13 Wadjda
    le 28/12/12 Tabou
    le 20/06/12 Rapt Venise (?)
    le 21/10/11 Et maintenant on fait quoi
    le 17/06/12 Les femmes du bus 678
    sans date ticket 9 LBLV (?)
    le 29/09/12 Exodus
    le 23/02/13 les anges déchus

  • je suis allé voir TNPPI (il paraît que des bénévoles viennent la voir pour lui faire des "visites d’amitié") (j’apprends de ces trucs parfois) (je crois qu’elle n’entend plus très bien- avant elle faisait semblant de ne pas entendre, à présent elle n’entend pas) (dans le métro, un vieux couple, la femme l’aide à s’asseoir, tu vois le type entre 90 et 80 ou plus, qui lui jette sec "mais laisse moi tranquille...!" elle le regarde une sorte de blessure, attendrie, blessée, quelque chose (elle a dans les 80 90) tu vois le genre) (si un jour cette putin de maladie d’Alzheimer me tombe dessus, je prends des contacts avec l’association pour mourir dans la dignité) (c’est gai tout ça) (ça fait penser aux pubs funéraires reçues par l’hôte dont je serais un sous-marin) (à l’image la jeanne qui boute l’anglais hors devant l’échafaudage du Louvre) (à ce propos, l’article du monde sur le dirlo de centre pompide vaut son pesant de lexomil putin)

  • j’y ai apporté des roses (à TNPPI, pas à jeanne) mais y’en avait pas en bouquet (9 e le truc tu vois ça ?) elle l’a posé près du poste en me disant que c’était joli (d’hab j’ai droit à tu embellis ma vie) (mais d’hab il y a une douzaine de roses) (j’ai même plus un tune pour lui acheter un bouquet à 12 ou 15, tu vois le truc ? je fais attention) elle s’est mise au lit, en me disant "tu permets ? tu sais je sors je dois faire mes courses" et moi ça me déglingue un peu, d’entendre ça, parce que si elle sort c’est juste dans sa tête (le canard est passé à 2e-papier, je veux dire, le quotidien de référence qui paraît l’après midi)

  • (paraît qu’il faut se battre : en réalité la plupart sont de couards et juste montrer qu’on est là suffit) (je déteste cette partie du monde, celle du travail je veux dire) (ce soir au théâtre tant mieux) ça bosse : "le potager de belleville" plus le resto qui était derrière sont en travaux (c’est au coin faubourg-boulevard- louis bonnet) (comme la plupart bossent au noir - on devrait dire au jaune en l’occurrence- faire des photos a quelque chose de risqué : ça n’aime pas être dans le cadre, en réalité et ça n’aime pas qu’on immortalise les actions)(ça a quelque chose à voir avec le paparazzo) (tu as déjà écrit une lettre à ton union de recouvrement ? d’un jour sur l’autre, la même personne te dit exactement le contraire : si tu comprends, tu m’expliques : je fais quoi, je me bats ? dlamerde) (non,, ça n’a rien à voir non)

  • hier matin il y avait sur paris ce joli ciel (je fais des démarches pour tenter de sortir la tête de l’eau) (j’emprunte) (j’en ai ma calque : c’est ça, travailler ?) (je lis un truc qui s’appelle "genesis" d’un certain john case, je ne vois pas ce que ce livre faisait dans la bibliothèque-une de mes filles sûrement) (on ne rit pas) (pseudonyme d’un couple, c’est amusant, et les tronches des auteurs valent leur pesant de suspens) (faut bien que je me détende en même temps) (tu sais quoi ? j’ai posté un certain nombre de voeux photo et le bataclan, pas un tiers de retours, c’est chouette la vie) (ouais, on a autre chose à foutre, je sais) (bizarre comme le simple fait de compter fait quelque chose qui ressemble à l’impérialisme hein) (évaluer il en restera toujours quelque chose)

  • ça y est, c’est fini, ouverture demain, un truc genre la chaîne qu’on trouve sur les autoroutes, j’espère que ça va être calibré (baguettes à 1, trad à 1,2 etc... ) (pendant 14 heures par jour, vas y mollo quand même mon bichon) ça ne me plaît pas, mais j’ai plus de cent quarante photos de ce bazar, je m’en vais en faire quelque chose (quoi ?) en tout cas, demain matin si je peux, à 6 et demi, je m’y pointe (histoire de rigoler) (c’est pas drôle : en réalité, la vacuité de toutes mes actions pèse la plupart du temps sur mon moral, qu’est-ce que je fais ? je vais au séminaire à dédé, d’accord mais après ? perspectives : zéro) (j’aime pas être comme ça donc ça ne va pas durer mais c’est lourd des fois) (j’ai même pas attendu qu’un métro passe sur le viaduc faut-y être con quand même)

  • hier soir c’était "dom juan" à la française comédie alors entre le 3 et le 4 on va fumer dehors (les jeunes gens fument, les vieux restent à l’intérieur ; je suis un transfuge et mon métier, c’est imposture) (ça s’énerve à dire que l’un crie que l’autre pleurniche que le décor les sons) (on s’en fout en même temps, ça peut penser ce que ça veut, c’était chouette : mais le théâtre avec ses acteurs sa scène surtout, ses lumières le mur immense et rouge qui change de place, le rideau, c’est une merveille) (en même temps c’est sûr que je ne vais pas croiser un des parrains ici) (c’est surtout la façon de se tenir de cette partie du monde, tu vois, le public là, costard cravate robe chignon enfin le topo juste du premier arrondissement parisien) (pas d’ostracisme s’il te plaît) (photos interdites et moi comme un con je me conforme) (je pose une photo de photo taleur si je peux) (aujourd’hui journée connard)

  • tiens voilà un des jeunes qui sort fumer (ils sont taquins, c’est certain, dès qu’ils aperçoivent un paparazzo en train de prendre une photo il faut qu’ils s’y précipitent) (au moins y’a un peu plus de point quand même) (il paraît que l’administratrice, une marette nommée parle minuscule à talonnettes, muriel (y’a sa tronche dans la distribution sur le programme édité grâce à l’apport d’une marque de champagne etc... mécénat à la merdenbarre) n’en a plus pour longtemps, t’as entendu parler de ça ?)

  • une image de celui de denfert qui domine la situation (photo charles lansiaux 1914) (on n’a pas fini de se faire braire) (ou rugir, c’est selon) (on ne sait attribuer de nom, ou état, ou lien de parenté avec l’opérateur, à la situation en question)

  • hier soir allant vers asnière et partant vers courbevois (tout le monde peut se tromper) pour une exposition j’ai trouvé un salon "l’art de pl’hair" qui est du meilleur effet, qui m’a fait penser, regardant les clichés ce matin à ce que c’est qu’un portrait quand ceux desquels on le tire se prêtent au jeu : ce matin, traversant devant mon auto voilà ce type avec son chapeau, sa trogne de quoi au juste, je ne sais, mais j’arme cependant et je clique parce que je tente de ne pas laisser passer les occasions de garder de mes contemporains quelques traces. Voilà ce que fait le sujet : il se tourne. Pfff.... Ah bah, n’importe, la vie est courte et belle...

  • voilà une des photos de salon (on avouera que à ce point de concaténation -allier la séduction au jeu, tout en magnifiant l’apostrophe qui rappelle l’accroche coeur, évidemment- l’intitulé tient de la plus grande faculté de l’imaginaire. Enfin, ce que j’en dis, en même temps, hein (j’adore le phatisme) (on parle d’autre chose tout en ne parlant de rien, passe juste quelque chose, mais qu’est-ce ?)

  • c’est la semaine dernière la voix de la secrétaire dit me dit : ça ne va pas ça ne va pas du tout le recto/ verso pour les bilans c’est interdit et pas d’agrafes et - je dis oui je vais refaire recto solo - oui d’accord oui - du travail et de son ridicule

  • mon travail c’est écouter des voix - pendant trente cinq heures - à chaque heure une voix - et parfois durant trois heures une dizaine de voix - écouter des voix ces voix c’est le plus important - pour le reste je suis je tente de suivre les consignes les cahiers des charges et tout le reste -

  • redescendre à pieds passer devant les folies café à la mode ils sont là sur la terrasse boire et fumer onze heures du soir (après le ciné "philomena" histoire édifiante fort bien interprétée-Stephen Frears 2013-pas de quoi en faire un fromage mais dialogues de cristal)

  • Oh me rends compte que je n’ai même pas lancé mes bons vœux au patron d’ici et du tiers livre et des amis du petit journal alors bonne route 14 !

  • "Euh bonjour monsieur, je suis madame T. je voulais vous remercier d’abord, c’est tellement gentil à vous de m’envoyer vos voeux, de toutes façons je me permettrai de vous retéphoner euh... peut-être lundi ou dimanche dans la journée en tous les cas un grand grand merci pour vous et tous les vôtres je vous souhaite aussi une bonne santé et beaucoup de joie... Au revoir, monsieur" c’est ainsi que les choses vont et ce seul message enregistré répond, avec quelle soyeuse amitié, à tous ceux (sur les 75 envoyés, 33 réponses) envoyés ici ou là (à l’image les boîtes aux lettres de l’immeuble faubourg)

  • (par ailleurs le texto "la p’tite mère a bien reçu tes voeux et te remercie. Elle te souhaite plein de bonnes choses pour 2014. Elle t’embrasse et moizitou." est aussi de la même eau) (ce n’’est pas qu’avec les 12 lustres, je sois passé d’un autre côté, mais simplement que le monde est tel qu’il est) (je n’en changerai pour rien au monde) (au monde ? dehors il fait beau) (ce sont les reflets qui sont plutôt les bienvenus, mais je n’ai pas attendu le passage du métro : j’ai tenté de capturer le viaduc qui fait ses deux virages là, mais bof, je me cache aussi pour faire des photos) (je suis timide)

  • on se perd en conjectures : les immeubles "sociaux" suivis depuis trois ans dans les avancées de leur présence sur Terre se parent de couleurs vives : qu’y comprendre ? Que la grisaille qui envahit les esprits nécessiteux (déjà pris, ce mot, mais ici il est adjectivé) demande cette vivacité dans les tons ? (ici l’immeuble du boulevard qui se termine lui aussi : ce jaune d’un aloi des meilleurs qui soient fait pièce aux oranges des deux autres, mais les boites aux lettres n’y sont pas encore posées) (une mode puante)

  • (ça n’a rien à voir sauf peut-être à peu près l’âge) (et le voyage : c’est plus pour ça) arrivée à Paris, il fait 5, je viens de Johannesburg, ou de Singapour, j’en sais rien, ce que je sais c’est qu’il y faisait 25, et sans cheveux, fait froid, j’achète une casquette à l’effigie d’Enzo, notre maître à tous (je veux dire les mécanos, les acharnés du 12 cylindre en V ou du dix à plat) (le cheval cabré, le trident, le jaguar et la victoire de Samothrace) (l’autre est un des parrains)

  • tu vois ça, ton bureau qui donne sur la rue, le téléphone, le siège "direction" la rigolade au bout du fil, les oreilles et les tifs, les lunettes : tout mon portrait (putin c’est dingue j’ai l’impression de me voir) (comme quoi, facile la projection) (le nécessaire à café est magnifique, boîte en forme de coeur s’il vous plaît- et surtout l’orange du satin) (tout est faux, bien sûr, même le satin - de l’atlase, dont parle Hoda Barakat dans "Le laboureur des eaux") (il porte le même duffle coat que moi,tu me diras) (pas sûr qu’il se le soit procuré chez ding fringues en même temps) (hein)