journal | de quoi la Fnac morte est-elle le signe ?


Combien de mes ordis successifs en 25 ans j’ai achetés à la Fnac ? La Fnac Digitale, en s’installant boulevard Saint-Germain, mais de l’autre côté, vers les éditions Eyrolles, avait été le signe d’un tournant : un lieu voué uniquement à ce nouveau monde où nous avions accès à du matériel professionnel, où le numérique gagnait la photo, la vidéo, le son et bien sûr les ordis. Avec des aléas, présence des Mac, puis plus de Mac, enfin retour des Mac. On faisait volontiers le crochet à pied pour s’y rendre : on était dans le pays technique, on pouvait discuter avec les gars – ou leur demander des bricolages, augmenter la carte-mémoire et on repassait deux heures après ça y était etc. Puis déménagement à Odéon, à proximité immédiate écoles et facs, dans le coin le plus symbolique et historique du boulevard Saint-Germain. On a bien vu, ces deux ans, que ça flottaillait. Les vendeurs n’aimaient plus guère parler, et on trouvait de moins en moins ce qu’on cherchait. Là ce midi j’avais besoin d’un petit disque dur pour stocker des photos, ç’aurait été 100 euros une fois de plus parti dans le grand ventre de l’empire Pinault, et la porte condamnée. Il n’y a plus de Fnac Odéon, Digitale ou pas. En juin j’y avais acheté mon Canon, je me disais que peut-être j’irais dire un mot au gars avec on avait discuté à ce moment-là, et qui m’avait conseillé – on a de ces rêves. J’espère que ces gens qui y bossaient ils les ont recasés dans d’autres de leurs établissements. Ce soir, je commande le disque dur par correspondance, sur Amazon, il sera là après-demain matin. Ce sont des petits bouts de ville qu’on nous enlève un par un, mais des petits bouts de nous aussi, notre propre histoire en ces lieux, la mémoire des objets qu’on y a achetés (ou qu’on achetait plus, autre histoire : les coffrets de logiciels, ou bien auparavant, les CD ou les livres...). De quoi la Fnac morte est-elle le signe, qui nous concerne autrement que comme dent cariée sur le vieux boulevard ?



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 18 novembre 2013
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Messages

  • (l’un des parrains du faubourg ce matin se baladait avec un drapeau algérien sur les épaules) (y’a du foot alors sans doute) ([drôle de mecje vais le rechercher, pas pu prendre la photo) pour la mort de la Fnac, je crois que la mort d’Amazon serait même combat (ce que j’en dis) (en même temps j’ai reçu le gros catalogue de cadeaux de noël et on y vend des cafetières, des bouilloires et des grille-pain : dans ces conditions, fermer le rayon livres, qu’est-ce que ça pourrait bien leur foutre ?) (j’ai retrouvé ça, c’est plutôt bien pour le début de l’hiver)

  • il est là, si je mets deux liens dans un message commentaire y fait la gueule le spip (en même temps, si tu comptes, je crois que ça fait 5 ans que je commente ce petit journal) (je pense à philippe lejeune des fois) (je mets quoi, pour commémorer cinq piges ? une photo de librairie rue cujas, en face du cinoche) (je la mets parce qu’elle date de 2008) (décembre pour être précis)

  • et puis non, ça fait six ans (jle crois pas) (comme quoi le temps passe) (je me demande si la mémoire des chiffres n’est pas en train de me fuir, par exemple tout à l’heure passant devant la bijouterie de la rue de belleville que j’ai situé, il me semble au 35 elle est au 43 : c’est grave docteur ? pfff, on s’en fout) (ça c’est un type qui répare les machines magnétoscopes ou autres dans la rue jp timbaud) (je suis allé chercher ce livre de socio recommandé par gunthert chez libralire, en passant)

  • ce que je faisais dehors à cette heure-là je me le demande, mais j’ai quand même croisé le parrain avec son châle en forme de drapeau de l’Algérie apparemment qualifiée pour la coupe du monde de foot (paraît que la France a acheté via un émirat ou le Qatar -qui en est un d’émirat ou bien je déconne ?- sa qualification face à l’Ukraine, mais ces bruits qui trainent sous prétexte que les ptits bleus ont joué comme des manches (ou des pieds) (au foot, ça compte) , c’est d’un commun) (j’aime pas le foot, remarque même pour y jouer) (j’ai plus la télé) pas lu le journal depuis deux jours - je suis parti en Catalogne - il paraît qu’ils ont plus ou moins mis la main sur le tireur -dingue mais médiatique- de cette télé de merde et de ce journal de rothschild ? je m’en vais aller l’acheter demain, ce journal) (les Ibères en savaient pas mal, mais ils parlent et écrivent en ibère, catalan ou castillan, je ne sais, mais en tout cas je n’entrave pas le dialecte) (à ce propos lu dans libé -mais sur la compagnie low coast empruntée (y’avait ce type, Alain Minc là, au premier rang dans l’avion - il a du choisir sa place, il fait partie du conseil de surveillance du monde ou de libé ? j’ai manqué la photo...- c’est con, mais il a vu que je savais qui il était- jl’aime pas) on ne donne pas de canard-sur air france oui- lu donc ce soir que le guide suprême de l’Iran donne du "sous-homme" aux sionistes : il me semble que c’est le discours employé il y a quelques années par certaines chemises brunes et autres joyeusetés qui ont mené pas mal de monde à la solution finale, non ? Personne ne dit rien, à libé, de ce qui est écrit en bleu et en intertitre (zeugme) ? cherché l’article sur internet : pas trouvé...) (furieusement politique, ce soir, tiens, allez je vais me coucher)

  • (ah putin j’arrive à rien)(je commence même pas) (je suis fatigué, juste bon à faire ménages lessives et lettres àlak payer des factures avec chèques en bois) (dlamerde) (entendu Pïerre Bergounioux avec son style : quand on l’entend, on a l’impression que ce qu’il dit est dingue, dingue, dingue et justement, c’est juste vrai) (jm’en vais le lire tiens)) (j’ai pas de photo mais je vais en mettre une de l’aile la mer l’astre et je m’en vais aller pleurer tout l’hiver)

  • lorsque de telles scènes se produisent dans le métro, c’est là qu’on comprend que notre monde est dans un état de terrible décrépitude : la jeunesse des deux visages, leurs ignobles sourires (même leurs rides sont laides) comme leur abject système pileux, leur contentement fat et égo-centré, la honte de voir collée sur les murs l’image de ces types qui se permettent de nous regarder comme pour qu’on soit témoin de leur réussite à vomir, tandis que les musiciens vivants et pauvres regardent ailleurs, âgés et ensemble : l’humanité dans toute sa splendide et haineuse réalité... (métro belleville, hier soir)

  • ma rue comme une frontière (il faut bien commencer quelque part, ce sera à la porte) (c’est par là qu’on entre d’habitude) d’un côté le 20 de l’autre le 19, et au milieu, le métro (mais dessous) (ici une devanture au trois cent vingt six postée pour l’invent’hair) (je ne sais pas où je vais, mais j’y vais) (saisie ; billet 1960 ; ménage et course, plus cuisine carottes rapées nouilles au fromage-c’(est pas non plus d’une gastronomie échevelée) (fait froid) (hier une soupe) ( :°))

  • (jm’en fous pas mal/ski peut m’arriver, n’importe quoi/ jm’en fous pas mal j’ai mon passé qui est à moi/ c’est ptête banal/ mais ce que les gens pensent de vous/ça m’est égal / jm’en fous) c’est un peu toujours pareil quand je vais la voir, "regarde tu vois je marche", je m’en vais, oui je reviendrai, je l’embrasse, je m’en vais oui, "oh merci ça enjolive ma vie", oui, voilà (je m’en vais, oui, je tourne le coin de la rue, les boutiques de luxe, les touristes et cette rue peinte par Pissaro, je m’en vais je marche, jm’en fous pas mal)