journal | quand le préfet dort


À passer souvent sur la dalle qui longe la préfecture de Cergy, l’avantage de cette utopie architecturale – mais l’utopie est mort – qui devait rêver d’administration transparente. Selon les heures et les lumières, on arrive à attraper un par un, au zoom, les bureaux jusqu’au 4ème étage. Certains font des barricades de dossiers et cartons pour éviter qu’on les prenne pour des poissons rouges dans leur aquarium. Mais j’aime bien faire ça aux heures vides. Le poids bureaucrate est énorme en France, et encore plus quand on essaye de faire tenir une EURL ou de se lancer dans quelque chose par ses propres moyens, et donc on se demande toujours d’où ça vient, ces taxes, ces paperasses infinies. Et on regarde le bureau calme : on se dit que c’est peut-être le bureau qui agit tout seul, quand tout le monde est parti, dans sa sérénité vide.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 17 octobre 2013
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