journal | bloqueur de majiPaduscules


Dans la série des icônes vintage destinées à repérer des usages numériques pourtant neufs, Apple joue la sûreté : nous serions vexés si Cupertino supprimait la corbeille de notre bureau d’ordinateur, mais point trop si Pages n’était pas représenté par un encrier avec porte-plume et Safari par une boussole (ce n’est pas forcément le Nord qu’on cherche sur le web). Mais sur les murs du métro, que penser de cette pub pour l’iPad en forme d’ancestrale machine à écrire ? Discret éloge de l’écran Retina par l’impression de relief et de précision des touches rondes et de leur inscription à l’ancienne, dont MAJUSCULES et BLOQUEUR DE MAJUSCULES, ou l’idée de livre en train de s’écrire, que pour écrire un livre il faut l’ancien levier calé sur interligne, interligne et demi, double interligne (ce dont Pages s’est débarrassé plus élégamment que Word), et qu’évidemment sur sa page neuve un bon écrivain commence par dactylographier le mot Chapitre... J’aurais trouvé plus culotté une pub iPad avec en démo des possibilités neuves du récit l’application Daedalus. Au moins ont-ils eu la grâce d’un clavier AZERTY, mais que ferions-nous d’un clavier sans l’arobase (notre cher @, que Novarina nommait l’atchoum) ? En tout cas bien content pour le copain Hubert Haddad, ça devrait faire bondir haut les ventes ! Ils ont dû réfléchir longuement entre ses différents titres, les marketeux d’Apple France, hésitant entre celui-ci et La culture de l’hystérie n’est pas une spécialité horticole (du même auteur, dont je recommande évidemment toujours et toujours Le nouveau nouveau magasin d’écriture).



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 10 septembre 2013
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Messages

  • (punaise je suis crevé et je dois me taper le ménage) (déjà tapé la lessive tu me diras) (bon d’accord j’ai été voir mon frère qui en a presque fini, il était tout joyeux) dans le métro, je croise souvent de mêmes gens (lui a une queue de cheval) (tu sais le style le petit truc qui pendouille, doit être cuisinier ou quelque chose) je le vois souvent, il descend à je ne sais plus exactement (odéon ? je crois) (en même temps il faut que l’autre voyageur mette son journal devant pour qu’on ne puisse pas voir l’élégance capillaire) (pfff)

  • non, mais c’est vrai, on dit le onze septembre, le onze septembre, c’est vrai, mais est-ce qu’on n’avait pas aussi, il y a quarante ans, ce dégoût, cette haine, cette hargne contre l’étazunien ? Je me souviens de Salvador Allende, je me souviens de l’image qu’on en a vu ensuite, avec son casque qui n’était pas attaché... Je la présenterai un jour, parce qu’elle compte aussi... Moi je me souviens de ce jour-là, mais on ne l’a jamais su que bien après : ce qu’il y a sans doute, c’est que, en 2001, les images ont tourné en boucle toute la journée, toute la nuit et encore ensuite (et quand on se souvient aussi que les images ce sont les exportations étazuniennes, on se dit qu’il y a là quelque chose d’un peu biaisé) (tordu) (les étazuniens ne firent pas tourner en boucle les images du Chili en soixante treize stuveux) (il n’est pas question de faire des surenchères aux horreurs ignobles dont les humains sont capables, évidemment) (je mets du ciel noir parce que c’est comme ça, le monde est comme ça, on le voit venir, il se charge et il fond sur nous) et je me souviens de la joie des Chiliens, oui, je me souviens de la dignité retrouvée et de la force de cette révolution, et de l’horreur ressentie lors des massacres perpétrés par l’armée, les stades, Victor Para et tant d’autres... je me souviens

  • drôle de journée - m’improvise aide sociale pour celle qui trop jeune trop vite vit et l’argent ne compte pas / plus - alors rendez - vous avec l’huissier explication - et le sofa le sofa est à moi

  • septembre file -la toute petite à la maternelle et sa façon belle de parler - et de chanter- je lis les Suppliantes -

  • l’automne s’installe sur la France - la culture pour tous les idées pour chacun - blablabla de FC -

  • (d’ailleurs, dans le livre de Thierry Beinstingel, le "héros" est un VRP papiers peints) (depuis quelques semaines, il n’y a pas moyen de tenter d’écrire ne serait qu’une ligne) (j’ai comme le sentiment que, puisque voilà 5 ans demain qu’elle aura disparu, il y a là quelque chose qui m’étreint) (ça n’a rien à voir, ça ne marche pas comme ça, et d’ailleurs ça ne marche pas tout court) (à l’image, devant chez momo, une petite chienne - nommée anita- qui attend son maître qui a beaucoup d’humour) (c’est ce type d’humour de mes contemporains que je ne goûte pas du tout) (tout dans cette photo tient de la haine que peuvent susciter chez moi ces abrutis de bipèdes)

  • (non mais il n’y a rien à dire : le zoom de ce nouveau téléphone est une vraie merde) (pas de discussion) une petite voiture (électrique probablement) qui roule dans le parc (je m’en fiche je m’en vais) (mais le boulot, plus ça va plus il n’y a pas d’espoir, j’ai demandé un étalement des barres de l’urssaf, qui m’a été accordé, mais comment je fais pour payer, même en douze fois ? l’histoire reste muette ; l’espoir n’est évidemment pas la vertu cardinale du boulot, vu que quand y’en a j’ai pas envie de le faire, quand y’en a pas, je me demande comment je vais faire) (ce qui ne m’a pas empêché d’aller foutre mon poste de télé à sa place, à la décharge qu’il y a sous le métro à la chapelle) (en caisse bien sûr)

  • (jm’en fous, je m’en vais) (back mardi) (je laisse les chantiers comme ils sont et je vais voir la lagune) (je veux dire que je m’en fous du treize septembre en même temps) (le temps passe, il fait moins beau et la pluie, c’est rien) (y’a aznavour qui chante "non je n’ai rien oublié" et ça me ramène à genève) ("je croyais que tout meure avec le temps qui passe" y dit le petit mec) n’importe je m’en vais (jl’avais pas calculé le type qui s’impose gauche cadre)