journal | blog et blog inverse, une idée


J’hésite beaucoup à lancer un nouveau blog, un blog juste pour moi – anonyme ou pas –, où j’inclurais chaque jour une de ces ces curiosités observées sur Internet. Une sorte de leçon de monde, ou de compilation du monde réel par prélèvements. Et puis, je pensais, du coup chaque chose prélevée à la pipette web dans tous ces articles qui nous passent chaque jour dans les mains, comme autrefois le journal papier national ou local lentement et exhaustivement lu, il pourrait y avoir le même blog, en passant d’un clic du billet A au billet B (en détournant la fonction de bilinguisme, par exemple, texte en français / texte en anglais), on aurait la même chose mais récrite en toute liberté comme dans un monde inventé, ou renversé. En fait c’est allé plus loin que ça : un moment j’ai eu une lumineuse idée de nom de domaine, et dans ces cas-là pour moi c’est irrépressible, je vais sur ovh et je l’achète pour 1 an avec l’hébergement de base. Le plus souvent, au bout d’un an, je les abandonne à nouveau. Celle-ci on verra. Aujourd’hui, par exemple, j’ai vu cette exhumation de momie chinoise de la dynastie Ming sur le site du Telegraph, j’ai lu ce passage d’Umberto Eco à propos des souterrains donnant sur cette fausse maison du 145 rue Lafayette, et suis resté longtemps à détailler le fait qu’on pouvait s’acheter soi-même son propre drone et l’équiper : qu’est-ce qu’on pourrait inventer, en littérature, si on remplaçait notre appareil-photo par ce machin-là, ou qu’on s’y suspendait soi-même ? et j’ai déjà probablement oublié d’autres choses ainsi vues ou lues ou parcourues, parfois reprises en lien sur Twitter qui me sert d’archive et de mémoire, mais qui, dans un blog qui leur serait consacré, deviendraient une histoire, un monde parmi des milliers d’autres bulles-mondes. Internet nous émerveille, en prendre acte. Et puis voilà, ça finit dans Tiers Livre, qui est quand même mon propre monde. Et puis, les idées de ce genre, c’est juste l’indication qu’on est en panne sur les projets principaux, qu’on passe les heures comme ça à se balader sur des détails (on le faisait pareil avec les journaux et magazines et revues du temps papier), ou qu’on n’a pas avancé dans les 3 articles en retard etc.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 28 août 2013
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Messages

  • on a été voir l’expo au jeu de paume (photo en sortant) on a ôté grande roue et manèges du jardin (l’expo ne valait pas un clou) on a marché (concorde rambuteau en parlant), et aujourd’hui aussi, d’ici à nation (mon pote a pris un coup avec son oreille meynier quelque chose) il faisait beau (au menu tomates-mozza-basilic et rôti échine-courgettes champignons poivrons) (on cherche du boulot et on n’en trouve pas) (aujourd’hui je est on)

  • en se promenanrt, on traverse la rue Oberkampf, à hauteur du coiffeur "tif & tif" (qui est à l’invent’hair) on avance dans cette rue qui va vers celle des bluets (maternité réputation je ne sais plus c’était il y a plus de vingt ans) (c’est l’avenue Jean Aicard) (tsais qui c’est ? moi non plus, je demande à Hillairet : auteur dramatique et poète) (ça me dit quelque chose pourtant) et un garage ouvert et là, une machine et son manomètre

  • ah il n’ a pas pris la photo on s’éloigne (mais la photo est prise) (j’ai demandé à Larousse, histoire de me renseigner -j’ai pas l’habitude de demander à wiki tu vois- "’célèbre pour son roman Maurin des Maures (1908)" me dit-il) je me suis éloigné un peu (j’ai entendu Pierre Jourde parler dans le poste, dix ans plus tard, qui disait "ce qui importe à la littérature, c’est la vérité" j’aime assez entendre ce type de définition) (la deuxième photo avant de reprendre la promenade qui nous mènera à la Nation) (j’ai écrit cinq lignes de description de la maison, mais les souvenirs me sont revenus, et des choses passent "comme au ciel passent les nuages" il me semble de la chanson du légionnaire, non ?) (la 2 va mieux il me semble)

  • Ma nébuleuse de blogs, la plupart strictement personnels, surtout après la rupture de juin, le #fail bref mais pas passé inaperçu de mot de passe sur l’un d’eux, et une question ridicule de notoriété qui soudain entre en jeu, est à peu près au point. Chacune de mes idées farfelues a désormais son logis que j’alimente quand je peux, à l’heure du tri (des notes prises en vrac, des photos). Il tombent parfois d’eux mêmes en jachère, passée la bouffée d’intérêt qui les avait fait naître. D’autres au contraire, un jour, commencent à prendre tournure. Les véhicules, par exemple, commencent à dessiner quelque chose. Et si je chôme un peu, j’ai bon espoir de parvenir à une intéressante dimension de recul temporel dans la mémoire des lieux. Parfois quelqu’un développe une idée qui m’avait simplement effleurée et j’aime beaucoup constater que d’une certaine façon quelqu’un d’autre s’en charge (par exemple les jeux de mots des noms de salons de coiffure, dont le Notulien s’occupe avec soin) ; d’autres fois, comme avec les objets oubliés je continue quand même ma petite collection car elle tient beaucoup d’une part intime qui ne peut faire l’objet d’aucune délégation.

    Parfois une simple catégorie dans Traces et trajets me suffit. Ainsi ces photos de la température locale prises Porte de Clichy depuis l’été dernier, étrangement comme si j’avais pressenti que l’hiver serait particulier et jouerait les prolongations].

    Finalement pour les curiosités, les informations un peu étranges, ou celles dont je souhaite me souvenir, j’ai opté pour un usage un brin déviant de facebook ; sans y être vraiment (1), j’épingle sur mon mur. Du coup les amis peuvent les voir aussi. Quand ça peut, ou que je sais qu’un article pourra intéresser telle ou telle personne en particulier, je partage aussi sur G+ ou twitter.

    Ces derniers temps, souvent sur l’impulsion d’amis ou de belles retrouvailles (comme celles de ma cousine roumaine perdue de vue pendant une trentaine d’années), j’ai effectué quelques plongées dans mes archives d’avant l’internet - carnets de bord mais aussi vieux dossiers plein de coupures de presse historiques ou foutraques - mais qui procédaient déjà des mêmes démarches et nécessités intérieures. Elles m’ont confirmé que ce petit boulot du quotidien, ça n’était pas pour rien, et que l’ensemble bonifiait solidement d’intérêt en vieillissant. Pas à titre personnel (sauf à se faire marrer soi-même rétrospectivement, ce qui est déjà beaucoup) mais pour d’autres passants éventuellement sensibles à cette récolte inlassable de chasseurs de l’air du temps.

    (1) l’onglet est souvent ouvert, mais je ne le consulte que ponctuellement ; ce qui me vaut parfois quelques reproches puisqu’on me croit présente et que je ne réponds pas, et aussi que certains pensent que j’y passe beaucoup de temps, alors que c’est à la revue de presse qu’il est consacré (or je lis très vite), l’épinglage se faisant le plus souvent d’un simple clic.