l’esprit informatique


C’est en passant devant cette maison, ce matin, à Manosque. Hier, nous étions reçu à la fac d’Orsay par un jeune chercheur en informatique, et on avait déplié son histoire. Peut-être pour cela que l’enseigne l’esprit informatique, sur la maison apparemment en voie d’abandon, et l’enseigne elle-même déménagée ou fermée, m’a happé au point de sortir le petit Canon du sac. Ce soir, je la regarde à nouveau. Ces maisons signent un certain temps révolu de la ville, de même que la signalétique. Mais revient l’enseigne : l’esprit informatique, ce que ça peut vouloir dire, et savoir si j’en serais doté, voire même si j’en serais victime, ou bien si je m’obstine ici alors que j’en resterai toujours à distance, pareil que cette maison me restera fermée. Je n’ai pas la réponse. Je vois pourtant le rêve qui a pu y présider. On avait des magasins d’électro-ménager, des magasins de réparation électrique, des magasins d’objets seconde main, l’éclatement de l’informatique a provoqué l’éclosion de milliers d’officines, avec matériels d’occasions, services de proximité, réparations et échanges. Et puis les bulldozer de la consommation de masse, les vents du renouvellement accéléré sont passés. La box que vient vous installer votre fournisseur de ligne ADSL renvoie à la préhistoire les anciens laborieux réseaux. L’esprit informatique ne pouvait rien contre ces machines-là. Vivons-nous un monde sans esprit ? Un peu plus loin à gauche je bifurquais centre-ville pour les Correspondances. Et peut-être que tout simplement l’entrepreneur était en clientèle, avec une camionnette qui explique que sa porte, ce vendredi un peu avant midi, soit restée fermée...



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 29 septembre 2012
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Messages

  • (pour entrer, pousser sur les gueules) (pauvres bêtes mises à toutes les portes) (des rois, oui, mais d’un territoire malingre) il y avait cette idée qui traînait du fils d’un buraliste (un type à vomir, une horreur) qui serait le héros du bouquin fiction à venir (mais rien ne vient) (mais c’est le vert de la porte qui est assez joli) (qui ferait un peu penser, de loin, de très loin, au roi des aulnes)

  • (je crois que ce type a déjà été pris par le paparazzo) (c’est le chapeau blanc et noir et la chemise noir et blanc qui a attiré le cliché) (le parapluie aussi) (j’en avais un-rouge - dans ma poche, je lis "le ventre de Paris" et vais à Clichy) c’est qu’il ne sert à rien d’attendre, c’est pendant le week-end qu’on échafaude des idées (vu hier soir "le cercle" Jafar Panahi, 2000, scénario d’airain film désespérant sur la condition humaine, fut-elle féminine, c’est une horreur : ensuite il faut en parler, en parler, et essayer de ne pas croire qu’il s’agit de la réalité agissante en Iran) (je pose la photo taleur)

  • la voilà, lion d’or à Venise en 2000, film magnifiquement mis en scène tournoyante (le lion,ça a quand même une autre symbolique que la palme canard de Cannes, non ? ) (même si on appelle ça un palmier) (des lauriers, oui, des lauriers)

  • peut être la fatigue ou bien trop rêver en marchant - alors chute dans la longue rue du savant - une main et une voix qui dit ça va - et moi je suis désolée - c’est rien ça arrive - oui ça arrive comme les classeurs volants du dernier rêve : une réunion une furie des chiffres et tout vole

  • on s’apprête à construire, rue Piat, juste en face de la fameuse friche : ce qui interroge, un petit peu, ce sont ces cabanes en bois, là (les arbustes sont à dix mètres du sol, là, mais tiennent bon) (il y avait un groupe de musique dans les jardins de belleville taleur, là où un jour on avait vu Daniel Melingo chanter et danser)

  • c’est le soir, il fait beau, c’est paris (Henry Bauchau, à voix nue tous les soirs, cette semaine sur france Q à huit heures : je l’adore) (un type au téléphone : "vous faites partie des trois sélectionnés pour ce travail, pouvez-vous nous proposer votre meilleure offre ?", ma meilleure offre, vous voulez dire que mon budget est trop élevé ? silence radio au bout du fil ; c’est trop cher, en fait ? silence radio, allo ? "je n’ai pas le droit de vous dire ça, mais est-ce que vous pourriez nous proposer votre meilleure offre ?" normalement, ça aurait du me faire rire, et j’aurais envoyé paître l’indigent personnage comme ceux qui me proposent de changer mes fenêtres, d’adhérer à telle association juive ou qui veulent à toute force parler à ma femme - les marketteurs sont tellement prévisibles (et tellement cons) - mais non, je n’ai pas ri (c’est que j’ai mes chances) j’ai pensé à la vendeuse de beurre, dans "le ventre de Paris" qui dit à sa stagiaire "qu’est-ce que tu veux, les gens veulent du bon marché, eh bien on leur donne du bon marché..." je n’ai rien dit, juste "je vais voir, au revoir", j’ai regardé par la fenêtre, il y avait du soleil, trois heures et quart, et je me suis dit que faire faire ce type de travail à des humains avait quelque chose d’ignoble

  • Ce Beinstingel, jte jure, le voilà dans les huit qui concourent au Goncourt (évidemment qu’on est content) (quelle affaire !!) (pour fêter ça, un peu de papier peint au fond d’une caisse, allez)

  • drôle d’impression pour les cinq semaines à venir : commencer un travail qu’on sait devoir interrompre ( fin de contrat)-

  • C’est l’histoire de "Aux bonheurs des dames" qui se répètent, mais ne désespérez pas, nous tenons bon et nous nous adaptons !
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    Voir en ligne : Dépannage informatique