de ce qui est réel ou pas


Habiter ton site est une défense. La frontière avec le monde dehors tremble : tu ajoutes un article, tu bâtis tes cloisons d’images. Dehors, il y a pluie et vent : ce monde-là te manque, pulsion soudaine de rejoindre les villes de vent, les carrefours à ne pas tenir debout où se croisent les avenues dans Montréal, cette pointe devant la mer en bout de Bretagne, et les villes dont tu sais toute une litanie de noms. Au lieu de ça, tu sais les comptes, les tâches, et ce qu’il faudra tenir de parole. Ce qui me pèse le plus dans ce monde, et qu’enlève ce matin la tempête, c’est l’obligation de parole. Alors paradoxalement tu supportes très bien les attentes, les bancs, les salles de transit, les heures confinées dans le train. Si tremble le monde au dehors, alors se clôt la cloison tienne. Des histoires seraient là, parfois, fragiles : tu as appris le nécessaire ralenti où les accueillir, bribe à bribe.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 24 septembre 2012
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Messages

  • Je passe à la gare du Nord dans une heure, j’y verrai de ces silhouettes, de ces flous, de ces mouvements avec sillages de parfums, de ces manteaux de pluie ou de vent, de ces courants d’air matérialisés, de ces locomotives à l’arrêt comme capturées au lasso, de ces wagonnets à bagages, de ces boutiques à Coca, des ces empilements de journaux dans les Relay, de ces livres de poche (un Dylan, deux Dylan...), de ces voyageurs avec sans micros en bandoulière, de ces pas perdus pour tout le monde.

    Voir en ligne : http://doha75.wordpress.com

  • (il faut bien que nous passions, tous, évidemment, mais pour Henry Bauchau, une pensée) en allant au cinéma c’était peut-être bien samedi (le samedi soir on va au ciné) on a vu que ça continue (le bâtiment) (ce qui est un peu dur dans l’écriture entreprise c’est de raviver des moments tellement tristes et pourtant qui ne l’étaient pas tant que ça, mais parce que la lumière de ce qu’elle est devenue s’est éteinte) (sans ça, c’est rien, je continue, mais c’est pas facile)

  • on va vers le ciné, c’est normal que le bâtiment s’en aille derrière nous qui ne bougeons pas vraiment, parlant, nous questionnant, marchant tout de même mais comme un décor la ville passe et nous allons (je lis le ventre de paris, zola milou ça ne nous rajeunit pas,mais les halles (touche pas à la femme blanche) faisaient un quartier palpitant de la ville) (on datera de là et donc du centre pompide, de crâne d’oeuf (on se souvient des "avions renifleurs" ? Des diamants de bokassa ? des safaris au Kénya offerts par la princesse ? le type est à l’académie, ça baigne), des premiers "chocs pétroliers" les premières déliquescences des villes en lieux subordonnés au luxe en partant de leur centre) (les centres piétonniers, ces horreurs des villes de région-ahahahah- en sont l’amère excroissance) (en ville on construit et, parfois, le plus souvent il faut quand même le dire, ça pue)

  • partez tranquille, Employée : voici le type dont on parlait la dernière fois et voilà le garçon qui ferme ses rideaux de fer : y verra-t-on jamais un parrain ? je ne suis pas sûr (ou alors la couverture est parfaite) (hein) (je l’ai attrapé ce soir, en passant, il est un peu trouble, je le reconnais) (le trouble et aussi le type chef du bazar)

  • (je devrais mettre tous les jours les trajets ce serait d’un rigolo) je suis descendu à saint paul chercher tes lunettes, puis j’ai marché, au bazar, j’ai regardé les téléphones, cherché les disques durs, pas trouvé parti, pleuvait pas, marché un moment, tombé sur le graf (c’est une série) (coin Aubry le Boucher-Quincampoix) puis descendu dans la grande surface culturelle, avant pris une photo des travaux des halles, acheté un DD 1t (pas développement durable, non) que j’ai casqué quand même dans les cent dix e et rentré faire la sauvegarde de tout ça

  • ça a l’air comme ça, un truc qui va se poser, (vu une image, qui ressemble au nid d’oiseau de Pékin, là) je lis "le ventre de Paris" ça se passe là (je me dis que zola vaut balzac) (je me dis des trucs à lak très souvent) (et les rougon macquart autant comédie humaine) (je suis arrivé et j’ai fait ma sauvegarde, puis tenté de rejoindre mon frangin qui revenait de chez le docteur) (il a l’air d’aller ; voilà un an, c’était moins marrant)

  • vais apprendre à retenir ces soixante nouveaux prénoms à bien les dire ( Aber/ Abir)- vais me lancer avec eux pour même pas deux mois à parler la belle " langue de l’intégration", et après - cut final du super CAE à 740 euros /pièce -

  • (photo dans les premières prises avec le téléphone-n°31) c’est que je garde les photos du jour (vu le frangin qui m’a raconté l’histoire du bouquin - on est dans les mêmes lieux bizarrement, ou pas d’ailleurs) (le pont juste à côté de où vécut ma mère pendant quinze ans, premier étage d’un petit pavillon) (à côté ambassade d’Autriche si je me souviens bien) (trop de pluie) (l’ao quanti bpi niqué) (si je peux me permettre : la lettre type avec accusé de réception est à vomir- comme toutes les lettres type, c’est juste une honte - l’administration inhumaine et imbécile) (une lettre de la cinématèk qui me donne deux exo contre les billets que j’ai renvoyés à son directeur : voulu voir exodus, mal garé, arrivés trop tard, repartis déçus) (on ira peut-être le voir samedi- trois plombes en même temps, faut pas avoir peur)

  • il a failli faire beau (des draches hein Gilda) il faut juste travailler, c’est pas compliqué mais le style la forme l’histoire et la narration ça vous a quelque chose de difficile (jte parle même pas de l’histoire) (c’est le ciel de ma fenêtre, vers six heures ce soir) (en plus les jours raccourcissent, ces connards) (même s’ils n’y sont pour rien, il faut bien qu’on s’en prenne à quelqu’un) (hein)

  • il y a quelque chose avec les chinois (les présupposés, c’est quelque chose) : ils aiment bien se marrer (remarque, je dis ça, c’est parce que les autochtones, ici, font la gueule à longueur de journée : on ne sait pas exactement bien pourquoi, mais ils la tirent - quoi qu’en dise la charmante) voilà des types qui se marrent, ils arrivent de quelque part (ils ont des valises qu’on ne voit pas) ils se marrent, voilà tout

  • j’attends le métro (c’est peut-être pour quoi les parigots-parigottes font la gueule c’est possible, toujours attendre, quel ennui) c’est vendredi ça revient du marché, ça pose ses pochons sur le quai en attendant (au fond de l’image, deux jeunes femmes qui s’embrassent à bouche que veux-tu) (hey, à bouche que veux-tu, c’est pas mal comme expression) (comme quoi, on peut bien faire la gueule, il reste quand même l’amour) (quelle affaire) (j’ai la photo de face des filles, assises dans le métro, qui se tiennent la main, c’est chouette, je la pose taleur) (faut balancer)

  • c’est comme ça, l’amour

  • (on balance mais on sait quand même s’arrêter) (car chacun ses moeurs) (vive l’amour ?) (on se retrouve dans les années soixante ou quoi, qu’est-ce que c’est que ce bordel ?) là le type marche avec son casque sur les prolongements du quatrième, c’est deux heures et demi, on se demande où il va, on rentre travailler (putain, les connards qui traitent les AO - tu sais les nouveaux qui ont les dents qui rayent le parquet quand ils avancent avec leur complet de merde, leurs chaussures pointues et leur cravate à la con, de couleur vive parce qu’ils savent l’élégance, leur coupe de cheveux à 80e et leur bbw de merde, tu vois le genre ?- commencent à me courir, mais je ne dis rien, je lis "le ventre de Paris" et ça va mal finir) (y’a des baffes dans la gueule qui se perdent) (le coup de l’ascenseur dans drive) (tiens celui de l’immeuble remarche)

  • (l’ascenseur remarche, pas le coup hein) voilà le travail c’est du joli, c’est du propre... (je sais pas, j’ai comme quelque chose qui me parcourt le dos quand je vois ce genre de construction, je ne sais pas, bien sûr ce n’est pas habillé, ce n’est pas caché ni recouvert, pas de peinture, rien, brute oui, mais quelle brutalité ) (je m’en fous, je vais au ciné) (y’a johnny qui chante "allumez le feu" - ou alors "allumer"- dans le poste, mais je préfère quand il pousse sa chansonnette Diego là) ("quel est ce pays // où frappe la nuit //la loi du plus fort" bon, c’est pas non plus Hugo mais enfin)