son élégance dévastée

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2012.04.06 | étrange atlas Balzac

J’ai commencé dès 1983 à gamberger à un livre sur [...]. Et puis il y a eu un déclic, en 1996 : je pouvais écrire sur [...] à condition de raconter tout le contexte, tous les personnages, toute l’histoire, et ça a fait un livre de 1000 pages. Je ne peux pas tout raconter dans ce site. En octobre, ce qui aurait dû être une belle commande, ce qui a été une belle commande, mais projet tombé bec dans l’eau. Rude coup, puisque pas mal de trucs avaient été réorientés entre temps pour laisser du temps à ce travail. Et, très concrètement, pas loin de 4 mois de révisions intenses concernant [...] et ses copains. Une masse considérable d’écrits. Surtout, une position dans la vie. La conscience du destin d’artiste, et l’humilité aussi – même sur une montagne d’arrogance – devant une énigme qu’ils sont mieux à même que nous autres, dans nos chemins ordinaires, de fréquenter à plein corps, à échelle disproportionnée. Et puis l’obstacle de la langue. Dans le livre de 1000 pages, il y a une fausse rencontre, une fausse interview du copain chanteur de [...]. En octobre dernier, ou par là (oui, j’allais à La Roche-sur-Yon, la date doit être facile à retrouver), je me mets à twitter des phrases qui se rapportent à cette énigme. Comme elles sont en français, je leur donne un nom et un corps. Puis je les insère sur Tiers Livre. Et puis ça coinçait, le corps en question était trop petit : il fallait entrer au point où c’est un autre derrière lui qui chante à sa place, et les concours de sosies, et la difficulté élocutoire. Je suis resté longtemps dans ce blocage. Et puis la belle commande s’est effondrée, moi dans la reprise pour édition numérique (sur publie.net, at home) du livre de 1000 pages, révisé et augmenté, ces phrases restaient là. Elles devaient revenir au patron, son élégance dévastée. Après son autobiographie, pas mal d’entretiens audio, sa voix, son impossibilité à clore une phrase, mais sa ténacité à toujours revenir à ce qui pour lui est mystère, c’était là. Une fois fait en 3 secondes le chercher/remplacer pour remettre le vrai nom, le texte s’est déplié bien du double de sa longueur initiale, et comme naturellement. C’est vraiment ce que j’avais envie d’écrire.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 14 juin 2012
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