je suis né dans la rue


La rue Nationale, à Tours, c’est pour le chantier du tramway alors on ne s’étonne plus de rien. Et comme dans toutes les préfectures de la misère Sarkozy, les trottoirs sont pour ceux qui n’ont rien, et mendient. Mais la ville de Tours s’enorgueillit des personnages célèbres dont elle se moque bien par ailleurs, voir comment ils ont laissé saccager la maison du Curé. Voici donc, c’est prouvé, que dans la rue élargie on fait naître Balzac à même le trottoir. C’est ici, encadré, pour bien nous montrer le lieu de l’accouchement. Nous, on ne s’en étonne même plus.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 7 juin 2011
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Messages

  • (repassé là, voilà) (elle est pas mal non plus) aujourd’hui, suivre les pas des bouquetières, costumières et autres habilleuses, le théâtre fin de siècle, le cinéma et ses réalisatrices (le festival de Cannes cette année : au palmarès, pas une seule femme réalisatrice-dans la sélection, elles étaient 9 sur 20-... c’est probablement que les films qu’elles font sont moins palmables-et donc moins "bankables" comme ils aiment à dire, eux, les producteurs, les banquiers, les financiers : un gouffre qui sépare les hommes des femmes au cinéma ; et ailleurs...?) assez écoeurant, c’est le monde tel qu’il est (voire les femmes africaines et leurs hommes qui traînent tandis qu’elles bossent) (voire les femmes d’ici qui, non contentes d’être payées 30% de moins qu’un homme pour le même poste, se trouvent en fin de jour à recommencer encore une double journée non encore suffisamment remplie) : c’est rien, c’est notre monde

  • C’est au sortir de la réunion mensuelle des lecteurs fous de l’Attrape-Cœurs, une belle conversation (Monika Falgerholm, "La scène à paillettes", tous d’accord pour être épatés, embarqués, stupéfaits, deux personnes seulement, sur 12, laissées sur le quai) et de l’habituel after, joyeusement arrosé, que nous avons croisé ce Père Noël délaissé, sur son skate en plein mois de juin. Mais si je recueille les livres, les Père Noël, moins, alors je me suis contentée de le photographier, sa présence incongrue. Qui l’avait eu en sa possession ? Et pourquoi (étrange objet) ? Où peut-il être à l’heure qu’il est ?

    Voir en ligne : traces et trajets

  • je me suis garé sur une place interdite (mais rien ne l’indique), je suis passé au dessus de l’écluse, longeant le chapiteau, un peu vers la droite, pris l’escalier qui va au moins un comme on dit, et là, ils étaient assis à attendre quelque chose, à manger un morceau de pain, pourquoi seraient-ils tunisiens, je n’en sais rien, il y avait derrière eux comme le reflet du monde et du ciel, il faut travailler, j’y vais

    • il m’arrive de prendre des photos en conduisant, celle-ci en est une : démantèlement de la centrale, elle s’en va en morceau, petit à petit, ils descendent la cheminée, ils éventrent les réservoirs, ils démontent pièce à pièce... mettront-ils à la place un immeuble d’habitation ? brrr, le monde ouvrier est mort en ville (on voit sur le mur d’enceinte les graffs de da cruz et consorts)

    • j’avais laissé mon appareil faire son bruit de déclencheur et je sais qu’il s’agit là d’une photo de ma veste et de ma chemise (blanche) : malencontreuse photo, mais un résultat spécial

  • salut l’artiste, et merci pour "Z" (Charles Denner, Yves Montand, Marcel Bozuffi) , "l’écriture ou la vie" Ramon Mercader et Maurice Halbwachs et tout le reste (la vérité, ta vérité sur le communisme)

  • dans un sale état quand même (passage Georges Lesage, paris 12 - un architecte paraît-il)

  • le vieil indien que je croise et salue, qui marche avec sa canne anglaise (on appelle aussi ça une béquille, mais ça vous a quand même une autre allure) porte toujours ce costume et ce chapeau, va faire ses courses au franprix d’à côté (ne boit pas de vin), habite au 5 tout comme moi, a dans les yeux quelques larmes souvent, je l’aime bien mais je ne sais pas, est-il indien, pakistanais, srilankais, mauricien ? j’en sais rien, il est là, le voilà

  • je me demande souvent ce que font ces plaques, là, sur les murs, informer que ces chambres ont l’électricité, cuisine gaz et quoi d’autre ? toilettes à tous les étages (j’ai toujours, avec ces hôtels hors étoile, le même souvenir de Jean Gabin (le nom du prolo qu’il interprète : François, ouvrier sableur) qui dit à Jules Berry (le nom du salaud qu’il interprète Valentin, dresseur de chiens) en lui tirant dessus : "mais tu vas la taire ta gueule, tu vas la taire ta gueule...!" (Marcel Carné, Le Jour se lève, 1939)

    • de lundi à demain me suis trouvée et me retrouverai dans des lieux ici dans la/ma ville de mon passé - passé fort - ici le café du Luxembourg rencontre de mon premier grand amour et là un vieux théâtre où joué pour la première fois un spectacle de théâtre très particulier ( inspiration butoh sorte de voyage à l’intérieur du corps humain) et demain ferai une apparition éclair dans un spectacle de danse