poussière d’espace


Pendant plusieurs années, le mot espace a vraiment été mis à toutes les sauces de l’étalement urbain et culturel. Depuis quelque temps, c’est relayé par pôle. On manque de statistiques globales, mais elles seraient curieuses à établir. Le supermarché a cependant un temps de retard : il aurait dû proposer un pôle poussière. Et s’il s’agit de nettoyage, comment intégrer la détermination négative : on ne peut pas appeler le beau présentoir espace saleté, ni pôle anti crasse. Mais comme on a les attrape-nigauds, ils ont dû être bigrement heureux et ne plus rien faire de leur journée, le matin où ils ont trouvé espace attrape-poussière (au singulier, on n’en attrape qu’une, ou en masse diffuse comme de la poussière d’étoiles). Et j’ai adoré, vraiment, les deux balais stylisés, avec reflet. Elle va descendre à ces sombres lieux, à ces demeures souterraines, pour y dormir dans la poussière avec les grands de la terre..., Bossuet, tiens, qui revient – ô grand de la poussière...



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 13 avril 2011
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Messages

  • (juste une image mentale qui m’est propre et qui devrait être dessinée par Gotlib quand j’entends "on demande un responsable liquide" dans le micro, vision entre deux têtes de gondole d’un seau se déplaçant tout seul, une serpillière sur son rebord, mais ça n’a rien à voir)

    • entendu hier :" près de l’espace porte, il fallait trouver un lieu où le canapé puisse s"exprimer" !!!
      c’est quoi, l’espace porte, un trou d’air ??
      pauvre canapé, s’il ne peut pas s’exprimer, il va lui falloir une cellule de soutien psychologique.
      Faut-il pleurer, faut-il en rire ?......
      Anne-Marie

  • ...c’était "point" (c. 1985) : "point coiffure", "point boulangerie", "point photo", etc. On y aura au moins gagné en dimension.

  • comme lorsqu’il faut bien choisir quelqu’un qui va avoir l’avantage de répondre à l’enquête au hasard, dans le parc ou ailleurs (c’est un état d’esprit : si ce n’est pas un avantage, il ne répondrait pas) il faut bien se fier aux apparences : voici un garçon en costume, chemise à carreaux cravate le tout dans une sorte de camaïeu de bleus, une gourmette (point étrange pour l’hexis), une montre de prix (si je cherche... noire et lisse), et des chaussettes bleu clair (cheveux blancs clairsemés, lunettes, serviette, j’aime ça) (et son âge) (il s’assoit en face de moi, je lis "Brigate Rosse, une histoire italienne", Mario Moretti avec Crala Mosca et Rossana Rossanda, Amsterdam)

  • il y a à Belleville comme il y a eu à Oberkampf, cette appétence pour le quartier de la part des jeunes gens, qu’on retrouve le matin vers 7 heures devant le zorba fortement imbibés, roulant parfois des yeux exorbités, toujours un peu à la mode tout en n’y étant pas vraiment, en avance ou en retard, c’est assez difficile à déterminer (en avril ne te découvre pas d’un fil, dit la tradition) (pas en mars) (même si c’est le dieu de la guerre) j’aime à les voir, à les capturer, une sorte de bestiaire ou de livre de d’images qui me raconterait ce que c’était que le temps d’alors lorsque je vivais là

  • ils sont deux, je crois qu’ils sont jumeaux, il me semble, ils sont monté à Pyrénées, en face d’eux un jeune garçon un peu effrayés, le type aux lunettes prend une de ses nombreuses tétines, la suce en lui souriant (Paris midi moins le quart, dimanche)

    • je descends ; ils restent ; je retrouve ma rue, le type du 3° qui hurle sur les mômes qui jouent aux cartes et qui se disent "t’inquiète pas il est fou", et le type du troisième "je fais ce que je veux chez moi, commencez pas à me chauffer, j’ai des potes à rebéval, à riquet à...à qui ont failli venir, boucler les deux bouts de la rue, et tirer dans le tas alors vos gueules hein..." et les autres "mais qu’est-ce que t’as ? ça va laisse béton va laisse fais ce que tu veux..." et ils s’en vont... (Belleville, 17 avril, une heure moins le quart) (les deux frères dans le métro, avant que je ne m’en aille)